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 Maxwell, George

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Belzébuth
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Jeu 19 Mar - 19:56

pcabriotpi83 a écrit:
L’ensemble de ces 22 titres fut interdit de mise en vente et de circulation (article 14 de la loi de 1881), par arrêté du 3 mars 1954 (J.O. du 13 mars 1954), et Georges Esposito fut condamné le 22 décembre 1956,
en même temps que les époux Dermée, pour “Délit d’outrage aux bonnes mœurs”, à une peine de 60.000 francs d’amende.
Concernant cette interdiction de la collection "Môme double Shot", peux-tu me la confirmer car je n'ai pas trouvé trace de cette interdiction dans le Dictionnaire des Livres et Journaux Interdits de Bernard Joubert.
Mais, j'ai peut-être mal cherché ? Ou ce genre d'interdiction ne figure pas dans ce dico ? scratch study
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pcabriotpi83
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MessageSujet: interdiction de la série Miss Double-Shot   Jeu 19 Mar - 21:31

Le Joubert mentionne bien cette interdiction, et à deux endroits différents :
-page 1045 dans l'annexe sur les publications étrangères interdites - année 1954
-page 675 ou Joubert rapporte quelques infos sur la séance de la Commission de Surveillance du 4 février 1954, justifiant la demande d'interdiction de toute la série et de la poursuite judiciaire pour outrage aux bonnes moeurs. (le Joubert indique en plus que Dermée sera condamné par la 17è chambre du TC de la Seine le 30 juin 1955.... mais cette condamnation semble plutôt relative aux "grands romans noirs dessinés" et à "la chair en feu" de Jacques Auburtin)

La condamnation des époux Dermée et d'Esposito relative à "la môme double-shot" a fait suite à la saisie de 12 titres (12 parmi les 22 de la collection), puis à l'inculpation en mettant en exergue pour chacun des titres saisis ses caractéristiques concluant à un outrage aux bonnes moeurs (audience du 22 décembre 1956)
C'est au cours de cette audience que Esposito reconnut avoir écrit les 12 titres en question, et qu'il fut condamné comme "complice" des époux Dermée dans cette affaire. Ces infos sont repérables, non pas dans le Joubert, mais dans le Daniel Bécourt :"Livres condamnés - Livres interdits" version d'octobre 1961.
A l'occasion d'une possible et future mise en ligne de "La Saga de la Miss Double-Shot", sur laquelle je suis en train de réfléchir, je rentrerai dans ces détails...

TontonPierre
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Belzébuth
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Jeu 19 Mar - 21:34

Merci de ta réponse rapide Wink Effectivement, j'avais mal cherché Embarassed
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pcabriotpi83
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MessageSujet: un "Tiré à part" de "Tout ou presque sur G. Maxwezll"   Mar 14 Avr - 18:53

Pour les ceusses qui seraient intéressé(e)s par la petite étude sur Maxwell que j'ai mise en ligne, j'ai "édité" un opuscule de 32 pages tout couleurs, sur papier satiné 150g, au format 14 x 20cm (= format de la revue Rocambole), qui reprend avec quelques annotations complémentaires et un peu plus de photos (37 au total), les 6 épisodes (tout de même !!!) de l'étude... moyennent évidemment une participation aux frais pour l'encre, le papier et les frais postaux.



merci de prendre contact via la messagerie privée du forum

TontonPierre


Dernière édition par pcabriotpi83 le Mar 28 Avr - 12:50, édité 1 fois
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Maciste
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Jeu 23 Avr - 16:45

J'ai reçu hier la version papier de l'étude de TontonPierre sur George Maxwell;
L'ai savourée hier soir;
Et n'ai pu aujourd'hui m'empêcher d'en faire un peu de publicité sur Le Rayon populaire.

Un grand bravo cheers

Vivement la suite des études annoncées !
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Cirroco Clone's
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Mar 28 Avr - 11:25

Yep, très chouette livret dont j'ai apprécié la belle iconographie!

Mais ce qui m'a le plus plu, c'est cette bio (sérieuse) qui tourne au noir avec une chute excellente, nous sommes fans à la maison! Merci, Tonton, pour avoir ménagé le suspense jusqu'à la dernière ligne, malin très malin Smile

(j'ai presque envie de signer Riri, Fifi et Loulou! Very Happy )
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jeandive
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Mer 28 Oct - 23:57

bon , j'esperes que la commande est encore possible : j'hallucine devant autant de précisions ! chapeau bas !

sinon concernant :

<< Heureusement pour nous, Frank Evrard, amateur et spécialiste des éditions populaires des années 50, a rencontré Roger Dermée au milieu des années 80, et a recueilli les confidences de ce dernier, notamment sur les divers écrits de Maxwell, et sur ses pseudonymes (réf. [5])>>

je ne vois pas la reference [5] en question ds le message page precedente : existe-t-il qq part le texte de ses confidences ? interview ds une revue ? sur le net ?
je reposerais la question ds la partie " question " du forum mais existe-t-il un ouvrage sur les editions populaires en france periode année 50-60 ?
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arzam
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Lun 31 Mai - 8:27

pcabriotpi83 a écrit:
“Ultra Secret” – signé James Mason en couverture et George Mason

est-ce lui aussi qui signe La panthère noire dans la collection Cristal / Editions du Champ de Mars au n°19 en 1961
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herbulot
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MessageSujet: George Maxwell   Lun 31 Mai - 11:04

Sad non monzami,rien à voir!

Le Cristal 19 est la reprise de "SOS " no 4 "opération SOS" de Richard Curtiss(qui figure d ailleurs sur page titre du "Cristal" lol!
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pcabriotpi83
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Lun 31 Mai - 11:06

"La Panthère noire", n°19 de la Collection "Cristal" des Editions du Champ-de-Mars est signée James Mason en couverture... et Richard Curtiss en page de titre. C'est la réédition du titre "Opération S.O.S.", n°4 de la Collection S.O.S. des Editions Baudelaire (parue au 4è trimestre 1958) signé Richard Curtiss, et la réédition du titre "La Panthère Blonde", n°40 de la Collection Service Secret des Editions de la Seine, signé Donald Curtiss.
Toutes ces maisons d'éditions étaient managées par un certain et fameux André Guerber. Ce dernier n'hésitait pas à publier des titres déjà parus en changeant les intitulés, les noms d'auteurs,... tout cela bien souvent à l'insu des romanciers eux-mêmes.
Le Curtiss en question n'a pas - à ma connaissance - été identifié. Pierre Turpin avait travaillé sur ces collections au milieu des années 80 et indiquait Richard / Donald Curtiss comme non identifié...mais il semble qu'il faille exclure Georges Esposito comme auteur, même potentiel...

TontonPierre
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arzam
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Lun 31 Mai - 18:17

merci de ces précisions Laughing

pour
Citation :
La Panthère Blonde", n°40 de la Collection Service Secret des Editions de la Seine, signé Donald Curtiss
je n'avais un listing de la collection que jusqu'au n°19..., encore du chemin à faire Exclamation
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Maciste
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Mar 30 Nov - 18:32

Je me permets d'apporter un petit complément d'information à la remarquable étude de TontonPierre : je viens de m'apercevoir que Maxwell avait fait se rencontrer deux de ses héroïnes, Le Jaguar et Pearl Travers, en un crossover en deux parties, Pearl Travers contre le Jaguar (One Shot against Jaguar) et Je vous salue bien (The Second Round), n° 7 & 8 de la collection "Miss One Shot" (1956).
C'était tout de même à signaler Wink
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Lun 7 Mar - 19:18

Voici la couverture du n°1 de la série Miss Bomb Baby qui manquait à la galerie de TontonPierre :
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Maciste
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Mar 28 Juin - 16:13

Je reviens sur ce titre mentionné dans la bibliographie :
Editions S.E.P.F.E. – Collection La Grenade Espionnage
n°1 – 60/07 Ultra Secret – signé James Mason en couverture et George Mason en page de titre – couv. ill. par B. Charaz

J'ai beau tourner et retourner mon exemplaire dans tous les sens, je n'y vois pas l'intitulé "La Grenade espionnage", mais deux autres :
- Brigade secrète en page de titre
- G.Women et femmes du contre-espionnage en couverture.
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pcabriotpi83
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Mar 28 Juin - 22:30

En ces jours de chaleur caniculaire..., je ne voudrais pas que Maciste tombe en syncope ou soit victime d'une méningite aiguë à cause de ce petit problème de collection...
J'ai été confronté au même problème quand j'ai rédigé mon petit opuscule sur Maxwell... et j'en parle en pages 23 et 24 !

Oui, le nom de la collection dans laquelle devraient s'inscrire les titres "Ultra Secret" et "Avion Suspect" n'est pas le même d'un volume à l'autre... mais il y a quand même un numéro de séquence au dos des volumes qui passe de "1" pour Ultra Secret à "2" pour Avion Suspect... ce qui sous-entend qu'il s'agit de la même "collection"... mais quel nom choisir ?...
Si c'étaient deux collections différentes - c'est-à-dire Collection "Brigade Secrète" pour Ultra Secret et "Espionnage" pour Avion Suspect, alors il conviendrait de remarquer que la collection "espionnage" aurait démarré au n°2... Par ailleurs, il convient de noter que le second titre - Avion Suspect - ne fait pas référence dans les "déjà parus" au premier titre Ultra Secret... Un point pour Maciste ?!
Notons toutefois, dessiné sur les couvertures, le dessin de "La Grenade" et, sur le second titre, une correspondance de nom de collection affichée entre la couverture et la page de titre - à savoir : "Espionnage"... Ce qui m'a conforté dans l'appellation "La Grenade - collection Espionnage" pour les deux titres...


Les pages 23 et 24 de l'opuscule sur l'étude de George Maxwell mentionnaient ces divergences de dénomination d'auteur et de collection..., en notant : "Comment ne pas s'y perdre..."

TontonPierre
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Maciste
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Mer 29 Juin - 9:02

La canicule est terminée, je peux donc dire : très juste, Tonton! Je n'avais consulté ta précieuse plaquette qu'en page 30.
Dommage qu'un 3e titre ne soit pas paru, car on aurait sans doute eu droit à une nouvelle dénomination! Very Happy
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pfinge
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Dim 8 Jan - 14:07

arzam a écrit:
pour
Citation:
La Panthère Blonde", n°40 de la Collection Service Secret des Editions de la Seine, signé Donald Curtiss
je n'avais un listing de la collection que jusqu'au n°19..., encore du chemin à faire

Forcément, car Tonton s'est fourvoyé dans la jungle des services secrets ! Il s'agit de SS Service Secret chez Baudelaire
40 La panthère blonde Donald Curtis
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arzam
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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Dim 8 Jan - 14:49

ah... OK Cool
je n'ai trouvé que ce scan maigrelet pour apporter un peu d'eau à ton moulin
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pcabriotpi83
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MessageSujet: La saga de la Môme Double Shot   Ven 6 Sep - 18:43

La Saga de La Môme Double Shot
En guise d’introduction…

Qui s’intéresse à La Môme Double Shot se doit d’avoir une pensée pour son “géniteur”, Georges Esposito, alias George Maxwell. Sur ce romancier, énigmatique s’il en est, j’ai rapporté tout ce qui pouvait être raconté, grâce à la complicité de Frank Evrard, dans les posts précédents de ce même topic sur le forum.

L’héroïne de George Maxwell, Hope Travers, apparue en 1952 et surnommée “La Môme Double Shot” (Double Mouche) à cause de son habileté à loger côte-côte deux balles de son calibre 22 nickelé dans le corps de son adversaire, mit fin à ses aventures début 1954, après vingt-deux récits, parfois délirants, mais qui firent fonctionner l’article 14 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, article luttant contre les publications importées et contre les publications françaises, traductions ou supposées traductions de publications étrangères, et outrageant les bonnes mœurs. Tu parles !!!…

Mais l’héroïne ne désarma pas pour autant. Pour s’en convaincre, il convient de s’intéresser à l’éditeur de la série, Roger Dermée, pour approcher les tentatives (et les réussites) de résurrection de La Môme Double Shot. En effet, car même si George Maxwell tenta de donner une suite aux aventures de son héroïne, notamment avec la “Miss Luger”, qui se définira elle-même dans la préface de ses premières aventures comme la Môme Double Shot rebaptisée, et même après que l’auteur eut donné les droits de ses livres à Eric Losfeld avant de mettre fin à ses jours, c’est bien Roger Dermée qui, au travers de multiples aventures éditoriales, aidera Hope Travers à poursuivre sa carrière… mais sous d’autres noms.

Les temps changent ; la Môme Double Shot aussi : Hope Travers, devenue Victory Trevor - alias Miss Luger - en 1958, devient Jackie Burns - alias Baby Colt - en 1968, en nous permettant d’apprécier de visu sa plastique dans cette série de romans photos, avant de se transformer en Vicky Vamp en 1972 sous la plume de Jack Bradlay [Jacques Bourdais]. D’autres projets seront envisagés, comme celui d’un film avec une hardeuse française bien connue - une idée de Jean Rollin, ou encore une réédition sous la formule d’origine, toujours sous la houlette de Roger Dermée, dans les années 1970 puis dans les années 1980 – projets non aboutis, jusqu’aux jours de 1998 où Jean Rollin, dépositaire à la suite d’Eric Losfeld des droits de la Môme Double-Shot, ressortira des abîmes de l’oubli les deux premiers titres de la collection originale de 1952-1953.

Recentrons nous donc sur Roger Dermée et sur quelques unes de ses aventures éditoriales pour avoir une vision de ce que nous conviendrons d’appeler “La Saga de La Môme Double Shot”.


TontonPierre


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pcabriotpi83
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MessageSujet: La saga de la Môme Double Shot   Ven 6 Sep - 18:45

Roger Dermée (1915-1994), belge d’origine, fut à la fois journaliste, éditeur et distributeur. Il toucha même un peu à l’écriture (ou la réécriture) de romans. Il fit partie de ces éditeurs qui apparurent à la fin de la guerre, tels les champignons, au moment où la demande « d’évasion » des lecteurs était exacerbée, et qui disparurent (pas les lecteurs, hein !, mais les éditeurs…), toujours comme les champignons, une dizaine d’année plus tard. Il fut à l’origine de ce qu’on peut appeler le genre “roman noir féminin”, dont La Môme Double Shot sera la série la plus aboutie.

Retraçons maintenant la saga de la Môme Double Shot au fil de quelques dates repères :

 1951 : sortie des premiers romans noirs avec une femme comme héroïne. Sous l’intitulé “Le Roman Noir Féminin” et publiée aux Editions “La Dernière Chance”, la série était dirigée par “Staf Erde” – autrement dit Equipe de roger dermée. Elle comporta cinq volumes d’André Héléna sous pseudonyme (Andy Helen, Mauren Sullivan et Kathy Woodfield), mettant en vedette deux héroïnes différentes (Ennie Murolas et la môme Patricia), et trois volumes, dus à Georges Roques, également sous pseudonyme.

 1951 : “La Môme Muriel” : nouvelle série de romans noirs pré-Môme Double Shot, entièrement rédigée par André Héléna sous pseudos (Budy Wesson et Patricia Welwood), aux Editions “Le Faucon Noir”, dirigées par Georges Garnot (dit Patrick Garnot, dit Moustache), avec, mais toujours dans l’ombre, Roger Dermée – sept titres parus sur 1951 et 1952 et deux titres annoncés non parus.
Un des personnages récurrents de la série – le belge Roger Crisby – “aventurier magouilleur”, est inspiré par Roger Dermée ( à noter le nom “Crisby”, à rapprocher du mot “crisbi” - selon Héléna, ou “grisbi” - selon Albert Simonin, qui veut dire “argent” en argot).

Ces deux séries ne font pas partie de la saga de La Môme Double Shot, mais elles amorcent le genre “roman noir féminin”, une “invention” française à mettre au crédit de Roger Dermée, et dont La Môme Double Shot sera le parangon.


Ci-dessus, Cette Femme est dangereuse et Moi, la Môme Muriel, premiers titres respectivement
des séries “Le Roman noir féminin” et “La Môme Muriel”, publiés en 1951.


 Deuxième trimestre 1952 : sortie du premier volume de la série “La Môme Double Shot”, intitulé Fallait pas me doubler (premier volet d’une aventure relatée sur deux volumes) et signé George Maxwell – Adaptation de l’américain par Richard Esposito, aux Editions “Le Condor”, une maison d’édition de Roubaix « reprise » par Dermée.
Sous cette signature se cache le provençal Georges Esposito, né à Marseille en 1910. La collection, à parution mensuelle, comportera vingt-deux titres, et cessera à la faillite des Editions Le Condor début 1954, avant la parution d’un 23ème volume pourtant annoncé.

La môme Hope Travers, alias “Double Mouche”, se présente elle-même dans le premier titre de la série :
« 23 ans, cheveux blonds cendrés – coupés courts et naturellement ondulés – des yeux verts, deux nichons durs – qu’ont pas besoin de perchoir – et une paire de fesses vissée solidement au bout de deux cuisses nerveuses, le tout réparti dans les plus heureuses proportions et tout à fait dans le goût des deux sexes… »
(Ça promet !…).
Quant à son adresse à tirer, elle nous l’indique un peu plus loin :
« …l’espace d’un éclair, je vois briller dans la main du fumeur de cigare un objet noir que je reconnais tout de suite. Arrive ce qui arrive ; je ne raisonne pas. Deux fois, coup sur coup, je presse la détente à travers ma poche, et je sais ce que ça donne en général. […] Deux éraflures, côte à côte et distantes à peines de trois millimètres, balafrent son poignet. Un coup que j’ai appris quand j’étais môme, la double mouche sur une surface égale à celle d’une pièce d’un cent. Ça m’a valu le sobriquet de “Shots the rights”. »
(D’où le supposé titre anglais donné à l’ouvrage).


Ci-dessus, les deux premiers titres de la série de “La Môme Double Shot”,
dans la seconde édition originale de 1953, illustrations de MIK (Jacques Thibésart).
Ci-dessous, publicité pour la série parue dans le numéro 382 de Détective du 26 octobre 1953.



 Début 1953 : Dermée lance la série mensuelle de bandes dessinées policières “Les grands romans dessinés”. Chaque numéro, de 48 pages et au format de 21x27 cm, présente un récit complet dessiné au lavis et adapté le plus souvent d’un roman précédemment publié par Dermée. Guy Mouminoux, Edmond Marculetta et Alfred Langlais seront les trois principaux dessinateurs de la série, tandis que Jacques Thibésart et Alex Pinon illustreront les couvertures.
Sur les onze numéros parus, trois seront dédiés à des adaptations des aventures de La Môme Double Shot : le n°1 : “La Môme Hoppy se fâche”, adapté de “Va te faire voir” ; le n°4 : “Cette fille est sans pitié”, adapté de “Fallait pas me doubler” ; et le n°5 : “Elle ne perd pas son temps”, adapté de “La belle se joue à deux”.

La collection s’arrêtera – bien qu’un douzième numéro était annoncé – suite à l’interdiction de vente aux mineurs et d’exposition/affichage demandée par la Commission de Surveillance et de Contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence lors de sa réunion du 3 décembre 1953.

Ci-dessus les trois numéros des Grands Romans Dessinés adaptés des aventures de La Môme Double Shot.

 Mars 1954 : Par arrêté du 3 mars, la série entière de la Môme Double Shot est interdite. Les romans, présentés en page de titre comme « adaptés de l’américain » devenaient de ce fait des écrits de provenance étrangère et étaient passibles d’interdiction de mise en vente en vertu de l’article 14 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la Presse. De plus, des poursuites sont engagées contre l’auteur et l’éditeur (éditeur représenté par l’épouse Dermée et son mari). Le 22 décembre 1956, les époux Dermée et Georges Esposito sont condamnés pour douze titres de "La Môme Double Shot” à une amende de 60.000 F et la confiscation des livres saisis.

 1954 : La série est interdite en France. Roger Dermée vend ses droits d’édition à une maison d’éditions canadienne – les Editions Paris Tour-Eiffel – qui rééditera les 17 premiers titres de la collection de la Môme Double Shot, avec changement de titre pratiquement pour chaque volume.
Un moyen certainement pour Dermée de récupérer un peu d’argent, et peut-être l’espoir secret mais risqué de voir les titres réapparaître en France par le biais de l’importation.


Ci-dessus, premier et dernier titre  de la série du Zodiaque –La Môme Double Shot publiés au Canada par les Editions Paris Tour-Eiffel, vers 1955 :
L’Ingénue scandale (= Fallait pas me doubler) et On cherche des femmes (= J’peux pas l’encadrer).


 De juillet 1954 à juillet 1956 : Roger Dermée s’associe avec André Martel, un éditeur dont il a diffusé les titres publiés à la fin des années 1940, pour créer la maison d’éditions SOGEDIDE et publier plusieurs séries de romans, dont deux de Maxwell/Esposito : “Le Jaguar” – une espionne “infernale et diabolique” (douze titres entre juillet 1954 et juillet 1955) et la “Miss One Shot”, présentée comme la fille de Hope Travers, c’est-à-dire la fille de La Môme Double Shot (dix titres entre août 1955 et juillet 1956).
Telle mère, telle fille : « Signalement : Pearl Travers, 17 ans, fille de Hope Travers et du Dragon Noir. Taille : 1 m 67. Poids : 57 kgs. Poitrine : 97 cms. Yeux noirs jais, bridés. Cheveux : blond miel. Voiture : Mercédès Benz, 300 SL, 265 km/h. Automatique : 9 mm. court, Beretta. Sait s’en servir… Caractère : Impossible ! ».


Ci-dessus, La Griffe du Dragon noir, première aventure de Pearl Travers, La fille de Hope Travers – La Môme Double Shot.
A droite, le numéro 7 de la série. Pearl Travers se trouve confrontée au Jaguar, l’espionne héroïne de la série précédente écrite par George Maxwell.


TontonPierre


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MessageSujet: La saga de la Môme Double Shot   Ven 6 Sep - 18:46

 En 1956, c’est une tentative de Viviane Cambon, alias Liane Méry, une ex. de l’écurie de Dermée, qui fait vivre quelques aventures à sa Miss Dynamite, aux Editions de La Seine, une maison d’éditions d’André Guerber. Rien à voir avec la jeune chanteuse Brenda Lee, surnommée à la même époque “Miss Dynamite” en référence à l’un de ses tubes, mais plutôt une version très soft, à la sauce “Double Shot” de George Maxwell. Seuls deux manuscrits semblent avoir été édités, les autres, pourtant annoncés, étant restés dans les tiroirs de l’éditeur.


Ci-dessus, le second titre publié de la série “Miss Dynamite”.
D’autres titres étaient annoncés au verso de la couverture, mais ils semblent ne jamais avoir été édités.


 1958 : Roger Dermée ayant momentanément freiné ses ambitions éditoriales, Georges Esposito se rapproche d’Auguste Pinaud - une connaissance de Dermée - à la fois éditeur, diffuseur, soldeur et libraire, …et porté sur les romans érotiques. A ses éditions “Le Pont Neuf”, Esposito va ressusciter pour deux romans La Môme Double Shot avec le personnage de Victory Trevor, héroïne des aventures de Miss Luger : 25 ans, née au Texas, les tifs couleur de miel, environ 1m70 et pas loin de 59 kg… avec un petit avantage côté balconnet que ça prend des fois des allures de balustrade…et qui rappelle au lecteur les péripéties de ses premières aventures, quand elle s’appelait Hope Travers.


Ci-dessus, les deux titres de Miss Luger, publiés au troisième trimestre 1958 aux éditions Le Pont Neuf.

 Au début des années 1960, Roger Dermée fait une pause éditoriale en partant pour l’Afrique avec son ami Bob Dénard. Maxwell/Esposito perd alors son éditeur fétiche. Après avoir confié les droits de ses livres à un ami, Eric Losfeld, il se suicide au milieu des années 1960.

 Fin des années 1960 : Roger Dermée reprend du service dans l’édition en s’associant à André Guerber, lui aussi éditeur, et lui aussi dans le collimateur de la censure. Qui se ressemble s’assemble…
Guerber détient les éditions Bel Air et publie, simultanément en France et en Italie – où il fait imprimer ses publications – un certain nombre de “pockets” de format #11x17cm. Parmi eux la revue mensuelle “Baby Colt”, en 1968.
« Cette Jackie Burns, surnommée BABY COLT, vous entraînera dans les plus extraordinaires aventures que vous ayez jamais lues. », peut-on lire en bande annonce dans “La morgue… Terminus !”, le titre du premier (et unique) numéro de la revue intitulée “Les grands photo-romans” des éditions Bel Air .
Bernard Joubert nous parle de cette série Baby Colt dans son Dictionnaire des livres et journaux interdits de 2007 :
« Les scénarios, signés Roger Lanson, étaient dus à Roger Dermée qui s’inspirait pour ce faire du personnage de la Môme Double Shot, une série de romans policiers dont il avait été l’éditeur, interdite de mise en vente (loi de 1881) en 1954. Jackie Burns, dite Baby Colt, était interprétée par Annie Albert, dont le mari, l’acteur Gérard Landry, mettait en scène les épisodes et jouait le rôle de Russel Donovan, un agent du F.B.I. amoureux de l’héroïne ».
Cinq numéros parurent, mais la série fut interdite de vente aux mineurs par arrêté du 19 novembre 1968, avant même le dernier numéro.


Ci-dessus, la publicité pour “Baby Colt” insérée dans “Les grands Photo-Romans” (1968),
et les recto-verso du cinquième et dernier titre –
Sérénade au clair de … colt - paru en 1969.

 1971 : Roger Dermée monte les éditions Transworld Publications. Plusieurs collections étoffent cette maison d’éditions parmi lesquelles la collection “International Pocket”, qui reprend un certain nombre de titres des années 1950.
Frank Evrard nous parle de cet épisode dans l’ouvrage “André Héléna – Les secrets d’un auteur de romans noirs” :
« Poussant à l’extrême le mode de réédition “préféré” de Guerber, Dermée retitre, coupe, rebaptise, réécrit, réactualise, emballant le tout sous des couvertures d’une réjouissante laideur.
« Son nouvel auteur maison, Joseph Benoist [= Jacques Bourdais] est chargé de transformer les Renault de la P.J. en 404 noires, Roger Crisby en Roger Rififi, d’ajouter des détails contemporains ; avec lui, les transistors supurent des “rock-folk-pop mous”
.
« Sous le pseudonyme de Jack Bradlay, il reprend aussi la Môme Double Shot pour en faire Vicky Vamp. »

Huit titres rebaptisés viendront alimenter cette collection, entre 1972 et 1974. Un neuvième, annoncé comme le numéro 50 de la collection, semble n’être jamais paru.


Ci-dessus, le premier titre des aventures de Vicky Vamp, publié comme le vingt-quatrième volume de la collection International Pocket des éditions Transworld Publications (T4 1972 – imprimé en Italie)..
En couverture, le titre est noté
“Vicky Vamp”, alors qu’il est noté “Vicky Vamp fait un carton” en page de titre.
Le verso de la couverture  présente l’héroïne. Ce titre correspond à
“Fallait pas me doubler”, premier titre de la série “La Môme Double Shot” et  publié en 1952 aux éditions Le Condor.

 1974 - 1976 : Nouvelle maison d’éditions, Beaulieu (Paris – Nice), avec encore une fois Dermée et Guerber, et plusieurs collections dont la "Collection cadre noir”, collection qui semble être une réimpression à l’identique de la Collection International Pocket de Transworld Publications avec un simple rejaquettage et des corps d’ouvrages plus petits d’½ cm.
A qui le tour ? n°8 de la collection, est une réimpression du même titre numéroté 31 dans la Collection International Pocket, lui-même correspondant au titre “La belle se joue à deux” dans la série initiale de 1952. Quant au titre Vicky Vamp rit jaune, numéro 46 de la Collection International Pocket et qui est le pendant du titre de 1953 Du Sang dans le Champagne, il sera repris comme le troisième titre de la Collection Cercle Noir en 1976.


Ci-dessus : Vicky Vamp aux éditions Beaulieu. A qui le tour ? et Vicky Vamp rit jaune.

 1977 : Roger Dermée est encore dans le monde de l’édition, et cette fois par l’intermédiaire de son fils, Patrick, qui dirige la collection Rhinocéros des éditions Oedip.
Pas de Môme Double Shot dans cette collection mais l’annonce par Dermée d’une prochaine réédition de la série. Cette annonce ne sera pas concrétisée.

 1979 ? : Jean Rollin, retrouve Eric Losfeld dans un café voisin du domicile de ce dernier, rue de Verneuil, à Paris. Losfeld lui présente son idée de lui confier la réédition de la Môme Double Shot, avec des couvertures photographiques à la manière des Fantômas d’après guerre…. C’est la dernière fois que Jean Rollin voit Eric Losfeld vivant. Il semble qu’après le décès brutal d’Eric Losfeld en novembre 1979, les droits de la Môme Double Shot aient été transférés par la veuve d’Eric Losfeld à Jean Rollin ; ce dernier aura par ailleurs un projet d’adaptation cinématographique de la Môme Double Shot dont il proposera l’idée à Brigitte Lahaye, une grande hardeuse française de l’époque

 Au milieu des années 1980, Frank Evrard rencontre Roger Dermée. Ce dernier lui fait part de son intention, toujours présente, de rééditer les aventures de la Môme Double-Shot. A cette époque, Roger Dermée travaille épisodiquement pour François Beauval, un éditeur alors en vogue, mais Roger Dermée n’a rien conservé des éditions originales, et, bien qu’il parviendra à se procurer un jeu complet des vingt deux numéros de l’édition originale, le projet n’aboutira pas...

 In Fine, citons Eric Losfeld, qui s’interrogeait sur une éventuelle réédition de La Môme Double Shot, dans son livre - souvenirs Endetté comme une mule ou la passion d’éditer (Editions  Belfond – Paris – 1979) :
« Je me souviens aussi d’un garçon très secret, taciturne, qu’un terrible accent provençal ne parvenait pas à rendre plus joyeux. On aurait dit Hamlet joué par Fernandel. Il était l’auteur d’une série intitulée la Môme Double-Shot. Seul, à ma connaissance, Jean Rollin, le réalisateur, en possède la trentaine d’exemplaires. Avant sa mort, l’auteur m’a confié les droits de ses livres. Peut-être qu’un jour, la mode rétro fera qu’un éditeur s’emballera sur les polars de J.H. Maxwell. »

…Ce sera fait en 1998 quand Jean Rollin publiera la collection “Les anges du bizarre” chez Sortilèges, et dans laquelle il réservera les 8ème et 10ème numéros pour les deux premières aventures de la mythique Môme Double-Shot.


Ci-dessus, Les deux « reprises » de La Môme Double Shot par Jean Rollin, aux éditions Sortilèges, en 1998.

TontonPierre

Nota :  Cet article, écrit sur commande en août 2009, a été avantageusement valorisé par Daniel Paris-Clavel, directeur de la revue Chéribibi. C’est tout naturellement que je recommande la lecture de l’article La Môme “Double Shot”, publié dans le n°5 de ladite revue (automne/hiver 2009-2010), qui plus est généreusement illustré.
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MessageSujet: Maxwell, George   Lun 9 Sep - 9:11

Bonjour,

Petite publicité pour la revue Cheribibi

N°5 Cheribibi Automne-Hiver 2009-2010 dont un article est consacré à "La Môme Double Shot", superbe et riche en illustrations (voir exemples)


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MessageSujet: Re: Maxwell, George   Lun 9 Sep - 9:36

Question: le texte ci-dessus, dressant l'historique des héroïnes "hard-boiled", me semble différent de l'article paru dans Cheribibi: est-ce le cas? Et donc, est-il intéressant de se procurer le n° de la revue (je sens qu'on va me répondre oui, mais je pose tout de même la question, pour la forme)
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MessageSujet: article Môme Double Shot   Dim 15 Sep - 19:13

Bibi et Chéribibi...
Ce que j'ai voulu dire, dans le nota de mon post du 6 septembre, c'est que c'est Daniel Paris-Clavel qui m'avait gentiment demandé, à l'époque en 2009, de lui fournir un "draft" pour que lui-même écrive un article consistant sur la Môme Double Shot.
A l'époque, j'avais déjà un peu travaillé sur ces héroïnes "dures à cuire" féminines, débordant quelque peu de la seule Môme Double Shot.
On retrouve en effet dans l'article de Chéribibi la trame du texte que j'avais rédigé... mais seulement la trame ! L'article de Chéribibi a enrichi mon "draft", aussi bien sur le côté texte que sur le côté illustrations...
Nota :  réponse seulement aujourd'hui à mon retour de vacances

TontonPierre
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MessageSujet: le procès de la môme double shot   Lun 16 Sep - 20:38

J’indiquais, dans mes précédents posts sur George Maxwell, qu’à l’occasion de la présentation de la Saga de La Môme Double Shot, je rentrerais dans le détail du procès des époux Dermée et de Georges Esposito qui furent poursuivis et condamnés pour la publication de la série, qui fut éditée par les éditions Le Condor. Cela va être chose faite.

C’est le 22 décembre 1956 (Joyeux Noël !!!) que les époux Dermée et Georges Esposito comparaissent, accompagnés de leurs avocats, devant la 17° Chambre du Tribunal correctionnel de la Seine, pour outrages et complicité d’outrages aux bonnes mœurs.
Il y a toutefois, un absent de marque à ce procès : François Richard, qui, bien que fortement impliqué dans ces séries de publications (choix du profil et du contenu des ouvrages), se débrouillait toujours pour ne pas apparaître comme partie prenante et n’était donc pas inquiété par la justice (Beaucoup de romanciers qui ont à cette époque été condamnés pour leurs ouvrages lui ont d’ailleurs souvent reproché cette attitude).
Douze titres – sur les vingt-deux qui furent publiés - sont incriminés. Pour certains d’entre eux, le Ministère public donne les raisons qui justifient son accusation d’outrage aux bonnes mœurs, en fournissant certains détails sur leur contenu.
On trouvera ci-après, sous forme de citations, dans leur version d’origine (y compris les fautes de frappe), la quasi totalité des minutes de ce procès.

Des douze titres poursuivis et de la gérante responsable de leur édition et de leur publication :
Citation :
LE TRIBUNAL,
 Après lecture de la procédure et interrogatoire, oui le ministère public en ses réquisitions, les prévenus en leurs explications et moyens de défense, les avocats des dits en leurs plaidoiries, et, après en avoir délibéré conformément à la loi, statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort ;
 Attendu que ROSSARD Ginette épouse DERMÉE est poursuivie pour avoir en tant que gérante de la Société à Responsabilité Limitée d’éditions “Le Fétiche”, “Le Condor” et “Ciel du Nord” édité, publié, mis en vente et vendu douze ouvrages intitulés :
1° “Des Camélias pour Johny” – 2° “J’peux pas l’encadrer” – 3° “T’as triché marquise” – 4° “Une gourmette pour madame” – 5° “Du Sang dans le champagne” – 6° “Au premier de ces messieurs” – 7° “C’est ma tournée” – 8° “Y manque une brique” – 9° “C’est du gateau” – 10 “Sans bavures” – 11° “Fallait pas me doubler” – 12° “Rien ne va plus” ;
 Attendu que ces livres qui ont fait l’objet de divers avis favorables aux poursuites de la commission consultative spéciale font partie d’une collection dénommée “La môme Double Shot“, interdite à la vente par différents arrêtés du ministre de l’intérieur ;
Dans ce passage, on remarque que le gérant des éditions Le Fétiche, Le Condor et Ciel du Nord, trois labels formant en fait une seule “maison” d’éditions dirigés par Roger Dermée, n’est pas Dermée lui-même, mais sa femme Ginette, née Rossard. Initialement créés et implantés à Roubaix par un éditeur du nord, ces trois labels avaient été repris par Dermée en 1952, en jouant semble-t-il sur les atouts de séduction de sa femme.
A noter que dans certaines publicités, La Môme Double Shot apparaît publiée soit aux éditions Le Fétiche, soit aux éditions Le Condor.

Ci-dessous, deux publicités de La Môme Double Shot insérées dans l’hebdomadaire Détective en 1953.
L’une précisant “Editions Le Fétiche”, l’autre “Editions Le Condor”.



Le tribunal indique que plusieurs avis avaient été favorables à des poursuites, et que plusieurs arrêtés avaient interdit la vente de la collection. “Plusieurs arrêtés” ?… le Joubert des livres interdits n’en mentionne cependant qu’un seul : celui du 3 mars 1954 !

Des deux complices :
Citation :
 Attendu que DERMÉE Roger et ESPOSITO Roger [sic !] sont poursuivis comme complices de ROSSARD Juliette [re-sic !], le premier pour l’avoir aidée et assistée dans l’organisation et l’élaboration de cette édition ; le second pour avoir écrit les livres incriminés qui ont été publiés sous le pseudonyme de “Georges Maxwell”
 Attendu que les trois prévenus reconnaissent la matérialité des faits qui motivent leur poursuite, que la femme ROSSARD reconnaît avoir, en sa qualité de gérante de la S.A.R.L. d’éditions, organisé l’édition et la publication de ces livres ;
 Attendu qu’elle prétend avoir agi avec l’assistance de son mari DERMÉE Roger qui ne le conteste pas ;
 Attendu qu’au cours de l’information et des débats il a déclaré qu’il choisissait le plus souvent les ouvrages, discutait les conditions de leur publication tant avec les auteurs que les imprimeurs ;
 Attendu qu’ESPOSITO reconnaît ainsi qu’il est dit ci-dessus avoir écrit les livres saisis et avoir reçu pour prix de chacun d’eux des sommes variant entre 30 et 50.000 francs ;
Les internautes du forum ne sont pas dupes ! C’est bien Roger Dermée qui était lui-même, et non sa femme, “LE” responsable du dispositif d’édition et de la publication de la collection. Rappelons à ce propos qu’en 1952, au moment de la publication des premiers numéros de la série, Edmond Nouveau (le futur patron de l’Arabesque) était le Chef de fabrication de Dermée, et Pierre Delalu s’occupait de l’approvisionnement des commanditaires qui fournissaient les librairies hors du circuit des NMPP. Il faut savoir qu’il arrivait parfois que ce type de “personnel” fût inquiété lors des poursuites judiciaires.

Georges Esposito reconnaît avoir écrit de sa main les douze titres incriminés. Cependant, cela ne peut constituer une affirmation à 100% que personne d’autre n’ait pris part à leur écriture, le monde des romanciers étant assez discret sur ce genre de point ; de même que cela laisse la porte ouverte à la paternité des dix autres titres non poursuivis. On peut être surpris en effet par le fait que, pratiquement trois ans après la fin de la publication de la série - qui comporta vingt-deux titres, l'accusation, dont l’objectif fut d’interdire l’intégralité de la série et accréditant George Maxwell / Georges Esposito comme auteur, ne s’appuya que sur douze des vingt-deux titres. Douze titres que Georges Esposito reconnaît avoir écrit : cela veut-il dire que les dix autres titres auraient été écrits par d’autres ???.

Notons aussi le prix de l’écriture : de 30.000 à 50.000 francs le volume ! A ce propos, Michel Lebrun rapportait dans une interview qu’il avait quitté l’écurie Dermée pour aller vers celle des Presses de la Cité, qui payait 100.000 francs par titre… le double !

De la contestation des prévenus sur le caractère outrageant les mœurs des ouvrages publiés :
Citation :
 Attendu que les prévenus contestent le caractère outrageant pour les mœurs que l’accusation reproche à ces livres ;
 Attendu qu’ils font plaider que l’évolution sociale entraîne une plus grande liberté des mœurs et une tolérance qui ne saurait leur être refusée alors que d’autres publications nettement plus licencieuses que leurs livres n’ont pas fait l’objet de poursuites judiciaires ;
 Attendu que s’il est exact qu’il peut être tenu compte dans l’appréciation des faits susceptibles de constituer un outrage pour les mœurs de l’évolution sociale de son influence sur les principes de la morale dont les conceptions et les applications varient selon l’époque, le lieu et les peuples qui s’y trouvent soumis, une telle évolution ne saurait cependant justifier ou même seulement excuser des activités qui, comme en l’espèce, dans un but uniquement commercial, favorise un relâchement dangereux des mœurs en flattant les instincts pervers d’un certain public ;
 Attendu que si d’autres publications, bien que particulièrement outrageantes pour les mœurs, ont échappé aux poursuites judiciaires, l’on ne saurait pour autant valablement déduire de cette circonstance l’argument dont les prévenus font état et considérer cette carence comme la manifestation d’une tolérance érigée en principe ;
C’est toujours pareil : les prévenus arguent que les écrits ne font que suivre l’évolution des mœurs, alors que l’accusation rétorque que, s’il est vrai que les mœurs évoluent, c'est cependant que, d’une part ces livres n’ont été écrits que dans un but commercial et « flattant les instincts pervers d’un certain public » (attention les gars… le premier qui est pris en train de lire un Môme Double Shot, dans son lit, le soir, doit être considéré comme un pervers, un sadique, un vicieux, un obsédé sexuel, et j’en passe…), et d’autre part, ce n’est pas parce que des écrits similaires ont échappé aux poursuites judiciaires qu’il faut considérer que de tels écrits peuvent être, dans le principe, tolérés.

Du contenu outrageant les mœurs des livres incriminés :
Citation :
 Attendu que tous les livres incriminés s’inspirant du même genre, ont pour thème une intrigue policière prétendue adaptée au genre américain qui sert de prétexte à de nombreuses descriptions de scènes de débauche, de tortures et de violences, dans lesquelles deux femmes jouent un rôle prépondérant et plus particulièrement l’héroïne principale surnommée “la môme Double Schot” [sic] “Double Manche” [re-sic] ou “Hopy” ;
 Attendu notamment que dans le livre “T’as triché Marquise” de nombreuses scènes de violence, qui se déroulent dans des maisons de jeux, font l’objet de descriptions détaillées ;
 Attendu que le livre intitulé “Une Gourmette pour Madame” fait état d’un trafic de femmes  que l’héroïne dénonce à la Police après avoir accepté pour atteindre ce but de faire partie du personnel de maisons de prostitution
 Attendu que l’auteur s’attarde encore à des narrations de scènes de pratiques sadiques imposées à l’héroïne comme aux autres pensionnaires avant d’être livrées aux désirs des clients ;
 Attendu que l’on peut y lire encore des descriptions de bagarres, de scènes de violences qui se produisent entre la police et les tenanciers de ces maisons ;
 Attendu que le roman “Au premier de ces messieurs” offre la narration  de scènes de trafic de dollars tandis que dans le livre “C’est ma tournée” toute une série de scènes de rapt d’enfants sont narrées ;
 Attendu que le livre “C’est du gâteau” donne matière à des descriptions de scènes de déshabillage progressif dans des maisons spécialisées ainsi qu’à des descriptions de tortures et du meurtre commis sur les filles recrutées pour ces spectacles et qui ne montrent pas assez complaisantes ;
 Attendu que le caractère de ces ouvrages est souligné dans une notice publicitaire figurant au verso de chaque couverture qui présente l’héroïne comme se montrant “toujours sensuelle et cruelle, sachant faire vibrer l’amour, la haine, la terreur, l’angoisse ou l’émotion dans un rythme brutal et hallucinant” ;
 Attendu que ces livres ont bien pour but d’attirer la curiosité malsaine d’une certaine clientèle et d’en exploiter les appétits douteux ;
 Attendu qu’ils sont outrageants pour les mœurs ;
Ah !… la môme Double Schot et Double manche…faut l’faire !
Je laisse aux lecteurs « aux appétits douteux » le soin de repérer dans les titres cités les passages adéquats. Je pense que l’ami robo32ex – à « l’instinct pervers » s’il en est selon la l’appellation du tribunal - puisqu’il a déjà décortiqué sur son blog plusieurs titres de la série, devrait pouvoir nous traiter ça…

Les jeux sont faits : Tous coupables…
Citation :
 Attendu en conséquence que le délit reproché aux trois prévenus est constitué ;
 Attendu que la femme ROSSARD en organisant et en réalisant cette publication en sa qualité de gérante de la Société d’Editions doit être considérée comme l’auteur principal ;
 Attendu que DERMÉE et ESPOSITO se sont rendus complices de ce délit au sens de l’article soixante du Code Pénal par l’aide et l’assistance qu’ils lui ont apportée ;

 PAR CES MOTIFS :
 Déclare la femme ROSSARD convaincue et coupable du délit d’outrage aux bonnes mœurs qui lui est imputé,
 Déclare DERMÉE convaincu et coupable  du délit de complicité d’outrage aux bonnes mœurs qui lui est imputé,
 Déclare ESPOSITO convaincu et coupable du délit d’outrage aux bonnes mœurs qui lui est imputé,

 et, faisant application des articles 119, 121, 125, 126, 127 du décret du 29 juillet 1939, 59 et 60 du Code Pénal ;
 Vu l’article 463 du dit code modérant les peines en raison des circonstances atténuantes de la cause ;
 LES CONDAMNE savoir :
 Femme DERMÉE née ROSSARD à la peine de SOIXANTE MILLE FRANCS D’AMENDE………………
 ESPOSITO à la peine de SOIXANTE MILLE FRANCS D’AMENDE………………………………………
 DERMÉE à la peine de CINQUANTE MILLE FRANCS D’AMENDE……………………………………...
 Ordonne en outre la CONFISCATION des livres saisis ;
 Condamne en outre la femme DERMÉE née Rossard, ESPOSITO et DERMÉE, conjointement et solidairement en tous les dépens du présent jugement, lesquels, avancés par le Trésor, sont liquidés à la somme de dix mille sept cent soixante quinze francs plus la somme de quatre cent vingt francs pour droits de poste.
 Fixe au minimum la durée de la contrainte par corps s’il y a lieu de l’exercer.
Et ben voilà !… Y’a plus qu’à raquer !… (grâce à l’article 463 qui transforme les peines d’emprisonnement en amendes plus ou moins conséquentes).
Quant aux juges, ils ont confisqué les livres saisis. Voilà de la bonne lecture pour leurs longs soirs d’hiver (ou divers)… Joyeux Noël !!!

TontonPierre


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