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 Périsset, Maurice (1920-1999)

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pcabriotpi83
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MessageSujet: Périsset, Maurice (1920-1999)   Dim 21 Mai - 10:19

L'internaute intéressé par les données biographiques de Maurice Périsset peut consulter les pages à l'adresse :
http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t5029-perisset-maurice-1920-1999?highlight=p%E9risset

TontonPierre
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pcabriotpi83
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MessageSujet: Maurice Périsset - Bibliographie   Dim 21 Mai - 10:20

“Les années d’apprentissage” (1)

Transporté soudainement à l’âge de neuf ans de sa ville natale (Montélimar) à la campagne, le petit Maurice s’enferme dans une solitude acceptée sinon souhaitée et se met à dévorer livres et magazines. Il découvre le monde de la littérature avec Dostoïevski et celui de la poésie avec Marceline Desbordes-Valmore ou encore Verlaine.

A treize ans, Maurice Perisset tombe sur un professeur de français qui ancre en lui l’amour de la littérature et qui l’encourage dans cette voie en faisant recopier dans le Cahier d’Honneur de la classe certaines de ses rédactions. Ce sera là l’élément déclencheur de sa vocation pour l’écriture.
L’année suivante, son nouveau professeur de français, un paranoïaque, traumatise le jeune Maurice qui décide d’arrêter là l’école et se consacrer à l’écriture, malgré la désapprobation de ses parents.

Il commence par placer quelques petits textes dans un hebdomadaire local, puis, grâce à sa collaboration régulière, il y crée une rubrique de critique littéraire.
Pendant l’Occupation, il semble se tourner résolument vers la poésie en côtoyant des écrivains-poètes de sa région (la Vallée du Rhône). Il se fait d’abord remarquer par une nouvelle – Banalité, Banalité, qui sera signalée par le critique de Mercure de France, et placera ensuite quelques poèmes de sa composition dans des revues « résistantes à l’Occupant » telles que “Méridien”, “Résurrection” ou encore “Confluences”.

Sur les encouragements du poète Alain Borne, il écrit un petit roman “bleu” – L’Aile du matin, qu’il propose aux Éditions Chantal de Toulouse.


“L’Aile du matin”,  premier roman de Maurice Périsset signé Michel Perry et publié à l’automne 1941 aux Éditions Chantal, Collection “Notre Cœur” #16
L’ouvrage indiquait : Location interdite jusqu’au 15 septembre 1942 ; et le jeune auteur mettait en exergue une pensée d’Alphonse Daudet :
«Plus je regarde, plus je vois et compare, plus je sens combien les impressions initiales de la vie, de la toute enfance sont à peu près les seules qui nous frappent irrévocablement. A quinze ans, vingt ans tout au plus, on est “achevé” d’imprimer»

Ce roman accepté et publié en 1941 sous le pseudonyme de Michel Perry {1}, il en propose deux autres, toujours aux Éditions Chantal de Toulouse, et encore sous le même pseudonyme : L’Anneau de paille et La belle escale qui seront publiés respectivement en 1944 et 1945. Des romans sages, de petite librairie comme on disait à l’époque, mais dont il ne parlera plus par la suite et qu’il aura parfaitement reniés.


L’Anneau de paille - Éditions Chantal, Toulouse - Collection Idylles #12 - AI mars 1944 (T.W. 12666-9-3-44 - Autorisation d’imprimer 1848)
Maurice Périsset y place en exergue une pensée de Georges Duhamel :

«Je connais les esclaves des cathédrales. C’est toujours au moment où l’on ne voit plus rien, au moment où l’on se sent perdu, c’est alors que la lueur apparaît et vous console comme dans la vie…».
Ce roman sera réédité sous forme de « roman complet » dans le numéro 43 du 08 décembre 1946 de l’hebdomadaire belgeLes Bonnes Soirées”.


La belle Escale - Éditions Chantal, Toulouse - Collection Idylles #16 – pas d’AI mais vraisemblablement 1945 T4 (Location interdite jusqu’au 15 décembre 1946).
Maurice Périsset y place en exergue une pensée de Félicité Robert de Lamennais :

«Le bonheur n’attache pas les hommes les uns aux autres. Il faut qu’ils aient souffert ensemble pour s’aimer autant qu’ils sont capables d’aimer».
Ce roman sera réédité sous forme de « roman complet » dans le numéro 36 du 20 octobre 1946 de l’hebdomadaire belgeLes Bonnes Soirées”.

Note :
{1} Maurice Périsset indiquait en 1986 dans son autoportrait inséré dans le "Panorama du Polar français contemporain" qu’il avait écrit ce roman (son premier roman !) à l’âge de 16 ans, ce qui donnerait 1936 s’il n’avait pas caché son âge ; mais dans son récit souvenir / hommage à sa mère "Le Rideau de Poussières", publié en 1999, il indique que c’est Alain Borne, qu’il côtoyait dans la librairie “Le Meilleur Ami” de Montélimar depuis le début des années 1940, qui l’encouragea à écrire «un petit roman qui, sous pseudonyme, sera publié un peu plus tard». Il est donc pertinent de situer l’écriture de son premier roman vers l’âge de 20 ans, et non à l’âge de 16 ans comme l’auteur voudrait nous le faire croire.


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MessageSujet: Maurice Périsset - Bibliographie   Jeu 25 Mai - 9:11

"Les années d'apprentissage" (2)

C’est encore grâce à ses relations avec les écrivains-poètes de sa région qu’il publie en 1943 sous son patronyme une première plaquette de poèmes – “Cruauté des Abîmes”, aux “Feuillets de l’Ilot” à Rodez, puis en 1944 un second recueil dans Les Cahiers des Poètes de l’École de Rochefort : “L’Écuyer de sel” {1}.


Ci-dessus : recto et début de Cruauté des Abîmes, premier recueil de poèmes de Maurice Périsset, achevé d’imprimer le 8 septembre 1943 par l’Imprimerie Georges Subervie de Rodez.
C’est grâce à Alain Borne que Maurice Périsset publia cette première plaquette de huit poèmes, dont le premier
– Paysage – est dédié à Henri Rode, un écrivain et poète qui deviendra un de ses amis.
Le jeune poète recevra toutefois au début de l’année suivante une critique peu élogieuse pour ce premier cahier de la part de l’abbé Louis Genet, à la fois critique littéraire et poète, connu sous le nom de René Fernandat (voir ci-dessous).


Il se fait également remarquer par une chronique sur Jean Cocteau et la tragédie insérée dans la revue “Méridien” en janvier 1944.


Ci-dessus : Jean Cocteau et la Tragédie – chronique de Maurice Périsset insérée dans le n°11 de la revue Méridien de janvier 1944.
Jean Cocteau avait accepté de recevoir Maurice Périsset, rue de Montpensier à Paris, sur les recommandations de André de Richaud.

Ci-dessous : Liberté – poème de Maurice Périsset inséré dans la revue Résurrection de mars 1944.

Note :
{1} Créés en 1937 à Rodez par le poète Jean Bigot (1912-1995), Les Feuillets de l’Ilot se présentent comme un lieu d’accueil de la jeune poésie. La guerre et la déportation de leur créateur en Prusse font que les Feuillets de l’Ilot s’éteignent en 1943, mais le relais est pris par Les Cahiers de l’École de Rochefort : la publication d’une « Entreprise de propagation poétique parmi d’autres » créée en 1941 par Jean Bouhier (1912-1999) et quelques amis (dont René Guy Cadou, que Maurice Périsset aura l’occasion de contacter par courrier en 1945) - où se retrouvent naturellement plusieurs anciens des Feuillets de l’Ilot. C’est dans ces “Cahiers” que Maurice Périsset publiera à compte d’auteur et d’une manière “clandestine” (surveillance et censure de l’occupant allemand obligent !…) son deuxième recueil de poèmes.


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MessageSujet: Maurice Périsset - Bibliographie   Ven 26 Mai - 11:11

"Les années d'apprentissage" (3)

Il a préparé depuis octobre 1940 un roman plus sérieux, un de ces drames psychologiques dont il aura le secret tout au long de sa carrière de romancier. Invité grâce à une amie à une soirée parisienne chez un grand éditeur, il donnera à lire son manuscrit à Albert Camus, présent pour l’occasion. Ce dernier encouragera le jeune auteur, tout en lui faisant quelques suggestions pour ce roman. Suggestions que Maurice ne prendra en compte que bien des années plus tard, quand il refondra son “Les Eaux Noires”, signé Maurice Périsset et publié chez Janicot de Lille en 1946, en “Les Eaux de Solitude”, publié en 1980.


Ci-dessus : Les Eaux Noires, premier “grand roman” de Maurice Périsset qu’il écrivit entre octobre 1940 et janvier 1944 et qu’il dédia à sa mère.
Il le « réécriera » et le publiera en 1980 sous le titre
Les Eaux de Solitude.

Après la Guerre, il continue ses activités de critique littéraire. On retrouve ses chroniques littéraires dans La Tribune de Montélimar, ainsi que dans Le Dauphiné Libéré. Il passe aussi à la critique cinématographique, ce qui lui vaut d’être retenu comme membre du jury de la deuxième édition du Festival International du Cinéma de Cannes en 1947.


Ci-dessus, à gauche : Début de la nouvelle Traduit du Désespoir, signée Maurice Périsset et insérée dans le #14 de l’hebdomadaire féminin Votre Amie (01 février 1946).
Encore empreint de sa période “poétique”, Maurice Périsset y associe un poème du journaliste André Maurel, mort en captivité en 1943.
A droite : Critique littéraire parue le 30 septembre 1950 dans l’hebdomadaire
La Tribune de Montélimar.
Maurice Périsset y parle notamment du roman d’aventures d’Erik J. Certön – Emeraude : « un ouvrage admirablement construit ».

A partir de 1947, il se tourne vers les Éditions de La Gazelle, à Châteauroux, où il livre, encore sous le pseudonyme de Michel Perry, cinq romans de la même veine que ceux des Éditions Chantal : “Sonate pour une ombre”, en 1947 ; “Le Temps des chimères” et “Le Cavalier du Printemps”, en 1948 ; et “Le Démon d’avril” et “L’Aube sur la forêt” en 1949.

Ce seront là ses premiers déboires avec un éditeur : ne tenant pas ses engagements de paiement de droits d’auteur, les Éditions de La Gazelle seront assignées en justice, mais feront opposition et le romancier ne récupérera même pas le dernier manuscrit (“L’Aube sur la forêt”) qu’il leur avait envoyé.


Ci-dessus : Trois des quatre romans de Maurice Périsset publiés aux Éditions de La Gazelle de 1947 à 1949.

prochain chapitre : Les années oubliées

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MessageSujet: Maurice Périsset - Bibliographie   Dim 28 Mai - 19:21

Focus sur le roman Les Eaux Noires.

C’est là le premier roman “consistant” de Maurice Périsset, publié après trois «romans pour jeunes filles pouvant être lus par tous». C’est en même temps le premier roman qu’il signa de son patronyme. Il le dédia à sa mère. Ecrit pendant la guerre entre octobre 1940 et janvier 1944, c’est le seul roman que l’auteur ne reniera pas par la suite de tous les romans qu’il écrivit avant les années 1960.

L’histoire est celle d’un jeune homme de vingt ans, Jacques, élevé à la suite du décès prématuré de sa mère puis de celui de son père par ses deux tantes. Jacques n’a de cesse de rechercher les causes de la mort de son père, causes qu’on lui cache depuis des années. Apprenant par une confidence que son père est mort de folie, il croit que lui aussi sera la future victime de cette “malédiction” qui semble peser sur sa famille. Aussi, lorsqu’il apprend que la jeune fille qu’il a rencontrée et qui l’aime est enceinte de lui, il imagine que l’enfant qu’ils auront sera, lui aussi, victime de la folie. Que doit alors faire Jacques ? sinon faire périr l’enfant porté, et avec lui celle qu’il aime, afin de faire disparaître la “malédiction”…

Le roman se passe dans le village d’Alba (Alba-la-Romaine), à quelques kilomètres de Montélimar où habite alors Maurice Périsset. Les “eaux noires” sont celle de l’Escoutaÿ, la rivière qui traverse le village d’Alba et qui deviendra pour la fin du roman le cercueil des deux amants. On notera que le nom de ce village servira des années plus tard de pseudonyme à l’auteur pour quelques romans érotiques qu’il publiera dans la Collection Cupidon des Éditions du Phénix (Villejuif).


Ce roman a une histoire : son manuscrit fut présenté pendant l’Occupation par le jeune romancier au grand Albert Camus. Ce dernier encouragea le jeune auteur en lui faisant la suggestion d’ajouter une centaine de pages au texte pour le rééquilibrer et lui permettre ainsi de se faire publier par un important éditeur. Ce que ne fit pas Maurice Périsset, ne sachant où placer cette centaine de pages. L’auteur se rabattra alors vers un éditeur de moindre importance, Janicot, pour publier son manuscrit en l’état, mais, semble-t-il, sous un autre titre que celui initialement prévu, peut-être pour laisser la porte ouverte à une refonte du roman comme il lui avait été suggéré. C’est ainsi que L’Enfer de la Solitude, annoncé fin 1945 au moment de sa demande d’adhésion à la Société des Gens de Lettres comme étant «à paraître» aux Éditions Janicot, sera visiblement rebaptisé Les Eaux Noires à sa publication début 1946 (laissant toutefois courir la mention «à paraître» chez le même éditeur d’un hypothétique “L’Enfer de la Solitude”).

En 1980, Maurice Périsset remaniera de fond en comble ce roman, tenant compte des suggestions d’Albert Camus et changeant son titre en celui de Les Eaux de Solitude, qu’il fera publier aux Éditions Ouest France.

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