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 Simenon, Georges

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Jean François Le Deist
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Dim 25 Juin - 19:34

southfork78 a écrit:
andrea italien a écrit:
en lisant les romans de georges simenon sous pseudo.parce qu'ils nes se trouvent pas en italie(ou il sont moins cher)et parce que la lecture en langue originale c'est une autre chose

J'avais lu que Simenon avait écrit sous un pseudonyme nombreux romans populaires courts et un très long
roman .... plutôt sentimental. Vous connaissez le titre?

Merci


Andrea a écrit:
il y a plusieurs longs romans sentimental de simenon sous pseudo Rolling Eyes   Wink


southfork78 a écrit:
arzam a écrit:
bien d'accord Exclamation

pour y voir plus clair, allez voir le superbe site de Michel Martina ici

un régal, non Question

Merci Arzam !

Andrea, il ya des dernières éditions en italien de ce vaste corps?


Andrea a écrit:
ah,non, hélas


Hé si !
et à Turin, près de chez toi :


Giacomo DERSONNE : "Un bacio solo"
( Casa editrice Emilio Picco, Il mio piccolo romanzo n° 7, dimanche 17 juin 1928 )
traduction en italien de :
http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Un%20seul%20baiser.htm

G.M. GEORGES : "Una sera di vertigine..."
( Casa editrice Emilio Picco, Il mio piccolo romanzo n° 8, dimanche 24 juin 1928 )
traduction en italien de :
http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Un%20soir%20de%20vertige.htm

Giovanni DU PERRY : "Un martirio"
( Casa editrice Emilio Picco, Il libro favorito n° 99, dimanche 24 juin 1928 )

Giovanni DU PERRY : "Il pazzo d'amore"
( Casa editrice Emilio Picco, Il mio piccolo romanzo n° 9, dimanche 1 juillet 1928 )
traduction en italien de :
http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Voleuse%20damour.htm

G. MARTIN-GEORGES : "Amare !... Morire !..."
( Casa editrice Emilio Picco, Il mio piccolo romanzo n° inconnu, 1929 )
traduction en italien de :
http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Aimer%20mourir.htm

G. VIOLIS : "Per te !"
( Casa editrice Emilio Picco, Il mio piccolo romanzo n° 54, dimanche 5 mai 1929 )
traduction en italien de :
http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Rien%20que%20pour%20toi.htm

G. MARTIN-GEORGES : "Ladra d'amore"
( Casa editrice Emilio Picco, il mio piccolo romanzo n° 64, dimanche 14 juillet 1929 )
traduction en italien de :
http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Voleuse%20damour.htm


Il y en a certainement beaucoup d'autres, j'ai la liste ( pas complète ) des éditions Emilio Picco mais beaucoup de titres sont encore sans le nom de l'auteur.

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Jean François Le Deist
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Dim 25 Juin - 20:32


Il mio piccolo romanzo n° 30 ( dimanche 18 novembre 1928 ) : "Gli amanti della soffitta"

Je ne connais pas l'auteur en Italie, mais ça ressemble beaucoup à :

http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Amants%20de%20la%20mansarde.htm


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Jean François Le Deist
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Dim 25 Juin - 20:36

Il mio piccolo romanzo n° 40 ( dimanche 27 janvier 1929 ) : "I cuori vuoti"

Je ne connais pas l'auteur en Italie, mais traduction probable de :

http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Coeurs%20vides.htm

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Jean François Le Deist
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Dim 25 Juin - 20:44

Bon, j'arrete là mes pointages dans mes bibliographies, je viens de m'apercevoir qu'un ouvrage était paru en Italie recensant toutes les parutions italiennes des fascicules :

https://issuu.com/edizionicinqueterre/docs/simenon-in-italia


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Andrea
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Lun 26 Juin - 0:16

merci Jean François
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Ven 24 Nov - 11:48

Citation :
Giovanni DU PERRY : "Un martirio"
(Le Edizioni Moderne/Casa editrice Emilio Picco, "Il libro favorito" n°99, dimanche 24 juin 1928)

Il s'agit de L'heureuse fin paru en 1925 chez Ferenczi, collection "Le Petit Livre" n°645. Voir ici les détails: http://www.association-jacques-riviere-alain-fournier.com/reperage/simenon/notice_pseudo/note_pseudo_Heureuse%20fin.htm
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Andrea
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Ven 24 Nov - 13:07

alors tu confirme ma pensée
(j'avais regardé les couvertures,le titre ne corresponde pas et la collection aussi)
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Maciste
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Ven 24 Nov - 13:21

Non, il fallait le texte et le nom des personnages pour trouver l'équivalence!
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MessageSujet: Simenon, Georges   Dim 17 Déc - 11:27

Puisque c'est bientôt Noël... petit cadeau aux aficionados de Simenon :
une brève nouvelle parue dans Le Hérisson n°326 du 19 octobre 1950: Un Malade.
Peut-être que ce texte est déjà connu ?!
On trouvera ci-dessous le scan de la nouvelle, ainsi que le texte, en "citation".

Citation :
Un malade - Nouvelle de Georges Simenon parue dans Le Hérisson n°236 du 19 octobre 1950

Aux premiers temps de leur mariage, il lui était souvent arrivé d’être mordu par la jalousie à l’idée de ce premier mari
qui avant lui, avait partagé la vie de sa femme. Des paroles amères lui avaient échappé.
Et invariablement alors, elle répondait de sa voix douce, dont les accents étaient si bien faits pour les mots de consolation :
— Mon pauvre chéri ! Tu sais bien qu’en réalité tu es le premier. L’autre, c’était un grand enfant malade, à qui j’ai donné
toute ma pitié, tous mes soins, une affection presque maternelle…
Bientôt après elle ajoutait, blottie dans ses bras, avec un regard éperdu de reconnaissance et d’amour :
— C’est si doux, vois-tu, d’être aimée comme tu m’aimes, d’être chérie à mon tour, de me sentir toute petite et faible
auprès de toi ! Tu ne peux pas comprendre le bonheur de se laisser vivre, de n’avoir plus à penser, parce qu’un être est là
qui, tendrement, écarte tous les soucis, aplanit les chemins et vous emporte, radieuse et confiante, vers les horizons qu’il
choisit… Non ! Tu ne peux pas savoir.
Oh ! si, il savait ! Il comprenait ce bonheur-là, malgré son cou puissant, sa poitrine large, qui lui donnait un air de force sereine…
Souvent, quand il rentrait le soir et qu’elle se faisait toute petite pour qu’il la choyât, il avait envie de poser sa tête au creux
de ses bras blancs, tandis qu’elle murmurait pour lui les mots qui donnent confiance, qui relèvent le courage faiblissant des
enfants ou des malades.
Il se raidissait. Un sourire cachait sa lassitude. Ce sourire d’homme conscient de sa force qui la rendait si heureuse !
Ce n’est que plus tard, derrière une porte entrebâillée, que, furtivement, le visage brouillé par la peut, il auscultait son cœur,
mesurait les progrès du mal.
Elle ne saurait rien. Elle grignoterait sans remords la petite part de bonheur qu’elle avait di bien gagnée !
Un soir, cependant, elle s’inquiéta de le voir plus pâle, amaigri. Trop longtemps, elle avait connu la maladie, lutté avec elle,
pour ne pas s’affoler.
— Il faut voir un médecin ! Tu me fais peur… C’est à peine si tu manges…
Pour la rassurer, il mangea, et chaque bouchée lui valut, après, de sourdes tortures.
Mois par mois, son visage se transformait. Les yeux brillaient plus fort dans les orbites creusées. La mollesse des contours,
le teint morne, révélaient une chair souffrante.
— Il faut consulter ! Ne fût-ce que pour me rassurer… J’étais si heureuse, vois-tu !
Et, pour l’y forcer, elle alla voir un médecin, le supplia de tout lui dire, à elle, quand il aurait examiné son mari.
Elle avait peur de voir s’écrouler tout son bonheur… Leur vie, sa vie, était si belle, si douce…
— Il faut y aller ! supplia-t-elle… Ce n’est peut-être pas grave !... Mais je suis inquiète. J’aime mieux savoir…
Il la regardait avec une tendresse infinie, la sentant désemparée à l’idée de sa pauvre vie qui sombrait une fois de plus
dans l’atmosphère pesante et morne d’une chambre de malade.
— Ma petite ! Tu ne dois pas avoir peur.
Il bombait le torse, souriait…
— Je veux être sûre. Promets-moi de voir le médecin.
Il la prit dans ses bras et, serrant le visage troublé sur sa poitrine, il promit, avec un étrange regard.
Deux jours plus tard, elle sortait, radieuse, su cabinet du médecin…
Une heure avait suffi à lui rendre toute sa grâce insouciante de femme aimée qui se laisse aller, confiante, au fil des jours.
Elle était si heureuse qu’elle courut attendre son mari à la porte de son bureau.
— Mon grand ! Il faut que je t’avoue quelque chose ! babilla-t-elle en l’entraînant sur les boulevards. Tu ne m’en voudras pas ?...
Bien qu rassurée par toi, j’ai voulu voir le médecin qui t’a ausculté. Et sais-tu ce qu’il m’a dit ?
Il sourit, comme on sourit à un enfant pour la joie duquel on a fait un lourd sacrifice.
— Eh bien, il m’a dit que tu étais bâti pour vivre cent ans ! Il a même ajouté que, si je continuais à me mettre dans des
états pareils, je ne tarderais pas à être le plus malade des deux. Mais que regardes-tu ?
Il s’était arrêté à une vitrine quelconque, l’œil fixe, les dents serrées.
— Tu as envie d’une de ces cannes ? Viens ! nous allons te l’acheter…
Il put enfin avancer.
— Veux-tu que nous retournions en taxi ? dût-il avancer.
— Grand dépensier ! plaisanta-t-elle.
Elle ne pouvait pas savoir qu’à chaque pas il craignait de tomber.
Et câline, maintenant qu’elle n’avait plus peut, qu’elle quémandait des caresses…
Ce fut un soir que, tout à coup, en, se levant de table un sourire aux lèvres, il tomba, d’un bloc, sur le tapis, sans
prononcer une parole.
Affolée de le voir, immobile, de sentir sa main se raidir sous son étreinte, sa femme appela le médecin, cependant
que déjà les voisins emplissaient la chambre des chuchotements sinistres qui rendent la mort plus lugubre, exacerbant
la douleur en voulant l’adoucir.
Le corps paraissait plus long, ainsi étendu, et pour la première fois l’épouse eut la sensation que, sous le trompe-l’œil
des épaules puissantes, la poitrine n’était qu’une pauvre chose étroite et douloureuse.
— Docteur ! cria-t-elle au praticien qui entrait. Vous m’aviez promis qu’il vivrait cent ans !... Et voilà qu’il est mort !... mort…
L’auscultation terminée, le médecin murmura :
— Une angine de poitrine !... Il y a des années qu’il souffre… C’est un miracle qu’il soit resté debout jusqu’à la dernière
minute… Un miracle d’énergie !...
— Mais vous m’aviez dit…
Il regarda encore une fois le visage exsangue où errait toujours le sourire inachevé.
— Je ne l’ai jamais vu ! prononça-t-il alors. C’est un autre qui est venu chez moi
Et comprenant tout à coup, ému, empoigné par la grandeur du geste, le médecin se baissa pour étreindre la main du mort !


TontonPierre
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Dim 17 Déc - 13:33

on le trouve sur lectures de quinzaine du 10 avril 1926 signé georges sim
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Lun 18 Déc - 10:05

pcabriotpi83 a écrit:
Puisque c'est bientôt Noël... petit cadeau aux aficionados de Simenon : Un Malade.

N'en déplaise à TontonPierre, être malade à Noël, ce n'est vraiment pas un cadeau! geek
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Jeu 21 Déc - 11:31

Puisque les nouvelles semblent être connues, peut-être que cet "interview" de la (seconde) femme de Simenon, parue dans la revue Voir Magazine en 1952, intéressera quelques forumeurs ???
On notera toutefois que l'interview n'offre aucun intérêt, et que l'on apprend rien sur le père de Maigret... sauf qu'il offrait des pipes à ses interlocuteurs...


Citation :
Mme Simenon : « Je plais à mon mari à cause des frites »

Depuis trois semaines qu’il est arrivé, tous les journaux ont publié un interview de Georges Simenon. Ce n’est pas faute d’imagination chez le père de Maigret, mais il ressemble trop à sa légende et celle-ci est trop connue. Alors on répète : il s’enferme pendant huit jours avec sa pipe et son whisky pour écrire. Il vit dans un ranch, quelque part entre l’Arizona et le Connecticut (les Français ignorent, c’est bien connu, leur géographie). Il a épousé sa secrétaire. Il monte à cheval et fait du bateau, pour se reposer. Le Simenon inconnu, celui que « VOIR » voulait présenter à ses lecteurs, c’est à travers sa jeune femme qu’il le fallait découvrir. Cette jeune femme, coiffée d’un diadème de nattes brunes, au visage paisible, à l’œil vif, à l’accent de vieille France à peine inflexué, par instant, de nuances anglo-saxonnes, évolue chez nous comme une vieille Parisienne.
— C’est, dit-elle, que je connaissais Paris par cœur, à travers les livres, les cartes et les récits de mon mari.
— Et vous n’avez pas été déçue ?
— Comment pourrait-on l’être ?...
Un temps, puis : « Si, au fond. Je connaissais pareillement New-York avant d’y aller. Je le connaissais si bien que j’ai été déçue de n’être pas étonnée. Tandis que Paris, c’est un étonnement constant… »

Elle passe, en voiture, avec les éditeurs de son mari, devant un grand jardin : « N’est-ce pas les Tuileries ? » Elle demande cela timidement. On oublie qu’elle n’est ici que depuis quinze jours, qu’elle n’a rien vu ou presque. Que la grande partie de son temps se passe à l’hôtel Claridge, à répondre au téléphone, à fixer des rendez-vous, à recevoir les journalistes… Secrétaire du grand romancier avant d’être sa femme, elle le reste aujourd’hui.
— C’est mon barrage, dit Simenon. Moi, je ne réponds jamais au téléphone.
Au Claridge, ils ont deux lignes spéciales, dans l’appartement, et une secrétaire française au bout de chaque fil.
« Mais lorsque je suis dehors et que je veux téléphoner à ma femme, dit Simenon, ce n’est jamais libre ». Denise Simenon ne connaissait pas que Paris, à travers les bavardages de son mari, elle connaissait, aussi, ses amis. Et rel qui téléphonait l’autre jour, s’entendit répondre : « Mais si je vous connais. Pensez-donc. Et cette bringue que vous avez faite, en 33, avec mon mari, à Anvers… »
« Une femme comme ça, il n’y en a pas beaucoup », dit l’auteur des Maigret, avec une conviction profonde.
— Oh, je ne suis qu’une petite Canadienne un peu sotte, dit Denise.
— C’est heureux, rugit Simenon. J’ai horreur des femmes intelligentes. D’abord, les femmes intelligentes n’ont pas de sexe. C’est le manque d’amour qui leur monte au cerveau.
La réplique fait rire Michel Simon, le sixième Maigret de l’écran.

C’est au club de la Casserole que Michel Simon et le ménage Simenon se sont rencontrés sous l’égide du metteur en scène actuel de Michel Hunebelle, lequel membre du Club, leur a remis à tous trois la petite casserolette, emblème des membres gourmands de ce club bien parisien.
Le numéro d’inscription de Michel Simon finit par 999.
— Quelle chance, s’écrie Denise Simenon.
— Je me suis drôlement défendu, n’est-ce pas ?
Et sans attendre, Maigret-Michel Simon allume la bouffarde que Mme Simenon vient de lui offrir et sur laquelle l’écrivain a gravé au couteau une définitive sentence.
— Où en sont vos contacts avec Paris ?
— Les tabourets des bars sont beaucoup plus hauts qu’en Amérique. La première place que j’ai connue, c’est la place du Canada (où est installée la radio). J’aimerais bien aller au théâtre, mais nous n’avons pas eu le temps. Georges et moi voudrions aussi aller voir « Panique ». Figurez-vous qu’on passait ce film à San-Francisco lorsque nous étions à New-York et à New-York lorsque nous arrivions à Frisco. Eh bien, l’autre jour, mon mari signait ses bouquins sur les grands boulevards. Et juste en face un cinéma affichait « Panique ». C’est bête…

Tandis que l’écrivain raconte des histoires américaines (les Français qui réussissent le mieux, là-bas, sont les coiffeurs pot dames et les gigolos, les merlans et les maquereaux, en somme), sa femme raconte des histoires canadiennes. L’accent qu’elle appuie, et les expressions archaïques amusent d’autant plus Michel Simon qu’il y retrouve certaines expressions vaudoises.
— Lorsque j’étais jeune fille, explique Denise Simenon, mon père m’emmena voir jouer le « Cid » par une troupe de Paris. A la sortie, j’entendis une dame de nos amies dire gentiment : « C’est très beau, mais avec leur accent, ils cassent le français. »
C’est le « Cid » également, qu’un Canadien résumait ainsi : « Tout c’train là pou un’claque sul’gueule. »
Un adorable juron canadien : « Trente-six chars de Christ à trois bancs ».
Un char est un wagon, comme l’on sait, ou une automobile. Mets-toi derrière la roue, veut dire au volant et conduire se dit « gouverner ». « Exactement comme chez moi », rugit d’aise Michel Simon qui, à son tour, raconte l’histoire du paysan vaudois, très croyant mais qui trouvant sa vigne labourée par la grêle, un matin, dresse son poing vers le ciel : « J’nomme personne mais c’est dégoûtant quand même ».

L’orchestre joue « It’s my darling » et Denise Simenon se lève pour embrasser son mari. « J’en avais envie », et retourne à sa portion de frites. Tous les deux adorent les frites. « Malheureusement, dit l’auteur de « Chez les Flamands », j’arriverai lorsque ce ne sera plus la saison, mais mon régal, à Bruxelles, c’est de manger des moules et des frites dans les bouchons.
— Avant la Belgique ?
— La Côte d’Azur, où je rencontrerai Pagnol et Renoir, et un petit tour d’Italie…
— Ah, les petits ports de pêcheurs de Sicile, soupire sa femme, il les a tous faits, sur son bateau… mais nous n’aurons pas le temps.
L’an prochain, ils reviendront.
— C’est notre voyage de noces, après sept ans, dit Denise, en esquissant un pad de valse sur le trottoir luisant de pluie.
— Oui, la première fois que l’on devait venir, elle s’est « cassé le dos ? » Puis il y eut l’enfant, enfin la guerre de Corée…
— Vous savez, la guerre de Corée, je n’y suis pour rien, précise gentiment cette jeune femme qui cache, sous sa douceur, un esprit de répartie qui fait mouche. Tout à l’heure, comme Hunebelle expliquait que chaque fois qu’il revenait en France après un séjour à l’étranger il était un peu ému : « Et encore, vous, vous ne l’avez pas quittée depuis 300 ans », répond-elle.

Poignée de mains. Simenon, tout à l’heure, nous disait qu’il « avait encore des rouleaux de pellicules plein la tête » (ce qui nous promet d’autres chefs-d’œuvre, on s’en doutait d’ailleurs). Maintenant le voilà qui promet une pipe à chacun : « J’en fais faire seize, gravées, pour les inspecteurs chefs de la P. J. Si je vous en donne une, finies les contraventions, j’espère… »
Il enfonce son chapeau sur ses yeux. Il redevient le Simenon des photos, des articles mille fois répétés. Toure mince dans son manteau noir sa femme est allée s’asseoir sur un banc. « C’est une idée, crie Simenon en nous saluant de la main. C’est mon premier banc depuis bien longtemps. »
Il prend sa femme dans ses bras ; un couple comme tous les couples : « On dirait du Carné, hein ? »
Nous les laissons là, dans la nuit. C’est la minute heureuse de leur journée trop chargée : « Et quand je pense, soupire Denis Simenon, petite Canadienne conquise par Paros, que je ne connais pas encore le métro… »
Robert-J. COURTINE
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Andrea
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   Jeu 21 Déc - 12:56

merci!
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MessageSujet: Re: Simenon, Georges   

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