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 Richard Bessière

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Maciste
Zigomar
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mar 5 Juil - 9:34

Charlotte, sans-culotte, mais aussi sans soutien-gorge, semble-t-il, sur cette illustration de Jacques Leclerc! (Bon, je sais, il s'agit sans doute d'un anachronisme...)
Une fois de plus, adressons nos félicitations à TontonPierre pour ses recherches pointues, qui éclairent les relations entre auteur et agent littéraire.
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 6 Juil - 10:33

Maciste indique :
Citation :
qui éclairent les relations entre auteur et agent littéraire.

Attention ! Il ne s’agit là que d’hypothèses… C’est-à-dire de réponses proposées à une question ou une situation donnée.
Il n’est pas toujours aisé, après coup, de « faire parler les faits » ; mais on peut toujours essayer… à partir du moment, évidemment, où l’on est en présence d’un faisceau d’indices cohérent et pertinent.

TontonPierre
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Jeu 1 Sep - 10:45

Les pseudonymes de Richard Bessière

Avertissement

Dans les différents messages qui vont composer cet article (un par pseudonyme), je ferai régulièrement référence à propos de Richard Bessière à ses “mémoires”, à son “entretien” avec Philippe Marlin de 2004 et à sa “bibliographie”. Ce sont là trois parties (parmi d’autres) qui composent l’ouvrage réalisé par un Collectif et qui lui rend hommage :Richard Bessière, une route semée d’étoiles”, publié en 2005 par les Éditions Œil du Sphinx ( ISBN : 2-914405-27-8 ).

Par ailleurs, souhaitant confirmer le positionnement du prénom “Richard” parmi ceux cités par Richard Bessière lui-même dans son entretien avec Philippe Marlin (Henri, Richard, Michel, Philippe – page 129), je me suis fait délivrer une copie intégrale de son acte de décès - acte qui par définition fournit l’intégralité des données d’état civil de la personne concernée.
Deux points sont à en retirer :
1. Il n’y a pas de prénom “Richard” parmi ses prénoms déclarés, les seuls étant Henri (le premier) et Michel. Ce qui veut dire que le prénom “Richard” n’est qu’un prénom d’usage, qui lui fut attribué par sa famille, ou que peut-être il s’attribua à lui-même et qu’il utilisa, comme le dit Rémy Lechevalier dans un post de 2006 sur le forum BDFI, « à partir de la toute fin des années 40, pour la partie “spectacle” de sa carrière, les chansons, les opérettes qu’il a signées ».
2. La date de son décès, annoncé notamment le 23 décembre 2011 par le Midi Libre comme étant survenu la veille, est à revoir. Son certificat de décès indique que Henri Michel Bessière, né le 20 août 1923 à Béziers, est décédé dans la même ville le 23 décembre 2011 à zéro heure quarante-cinq minutes.
La date à retenir pour son décès est donc le 23 décembre 2011, et non le 22.


TontonPierre
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Jeu 1 Sep - 10:46

Les pseudonymes de Richard Bessière

F. RICHARD-BESSIERE, RALPH ANDERSON, R. B. DELERAULT, Jerry CRAYTON, F.-H. RIBES, LEO BARTEL, H. SIBERE, Ted O’CONNORS… autant de pseudonymes attribués au romancier Henri Bessière, mieux connu sous le nom de Richard Bessière - identité que nous utiliserons dans la suite de l’article à propos de cet auteur.

Certains de ces pseudonymes ont été imaginés par son éditeur du moment, ou par son agent littéraire François Richard, tels Jerry CRAYTON, RALPH ANDERSON, H. SIBERE, Ted O’CONNORS ; alors que d’autres sont des signatures composées, reflétant sans aucun doute un contrat liant l’auteur à son agent littéraire, tels F. RICHARD-BESSIERE, R.B. DELERAULT, F.-H. RIBES, ou encore RICHARD-BESSIERE. On portera d’ailleurs une attention particulière, lors de l’étude de ces pseudonymes, à la présence ou non de « traits d’union » entre les différentes composantes de la signature.
Reste LEO BARTEL (ou Léo Barthel), formé à partir des prénoms Barthélémy et Leopold du père de Richard Bessière : un pseudonyme qui fut probablement le seul à avoir été proposé par l’auteur lui-même, en hommage à son père pour qui il avait une profonde admiration. Dommage toutefois qu’à ce pseudonyme ne correspondent que des textes retravaillés par le tandem Guerber-Dermée.

Le lecteur ayant déjà une certaine connaissance du sujet notera qu’un pseudonyme parfois attribué à Richard Bessière n’apparaît pas dans la liste proposée en début d’article. Il s’agit de D. -H. KELLER, avec un “D” pour DOMINIQUE et un “H” pour HENRI. Un pseudonyme « réservé » à quelques romans de la Collection Angoisse des Éditions Fleuve Noir, essentiellement au tout début des années 1960. Certains ont vu derrière cette signature des œuvres de Richard Bessière chapeautées et/ou retravaillées par François Richard qui était alors directeur littéraire au Fleuve Noir et toujours agent littéraire de Richard Bessière. Cependant, ce dernier a toujours nié être impliqué dans quoi que ce soit des romans publiés sous ce pseudonyme, tout en affirmant que François Richard aurait utilisé des « nègres » pour l’écriture de ces romans {1}. Nous reparlerons de ce pseudonyme dans le topic qui est consacré à François Richard sur le forum ; mais en attendant, faisons confiance à Richard Bessière et écartons ce pseudonyme de son carnet de signatures.

Portons également un court regard sur un roman que Richard Bessière écrivit en collaboration avec Henri Trémesaigues - “Mourir sans risque”, et dont la première édition fut celle de 1972 dans la collection International Pocket des Éditions Transworld Publications (Roger Dermée) sous la signature de H. T. PERKINS, une signature habituellement attribuée à Henri Trémesaigues justement. Ce roman sera réédité en 1976 par André Guerber aux Éditions Beaulieu, comme unique titre de la collection Cercle Jaune, et enfin dans une version plus « officielle » en 2001 aux Éditions Cheminement, sous la signature de Richard Bessière en couverture et de Richard Bessière – Henry Trey en page de titre, avec indication dans l’avertissement au lecteur de la participation de Henry Tray (sic !) à l’écriture de ce roman (certainement la fourniture ou sa collaboration au scénario). Il y a par ailleurs de grandes chances que Richard Bessière ne fut jamais mis au courant des premières éditions de ce titre en 1972 et 1976, car il n’en est pas fait mention dans sa bibliographie.



Ci-dessus, couverture, page de titre et début de “Mourir sans risque” dans ses différentes éditions. De gauche à droite : 1972, 1976 et 2001.

{1} Dans son autobiographie insérée dans l’ouvrage “Richard Bessière – Une route semée d’étoiles”, Richard Bessière semble indiquer (page 62) que des propositions pour ce genre d’ouvrage lui auraient été faites, mais que ce fut son agent littéraire François Richard qui les utilisa à son profit. Un courrier que m’envoya Richard Bessière en octobre 2008 précise que ces romans, signés « Keller » et que s’attribuait François Richard, étaient écrits par des « nègres littéraires ».


Dans les posts suivants, nous allons passer en revue et d’une façon chronologique les différentes signatures utilisées pour les romans de Richard Bessière, ainsi que les romans ou gammes de romans correspondants.

TontonPierre

édition du 10/09 pour ajouter la première édition de "Mourir sans risque" de 1972


Dernière édition par pcabriotpi83 le Ven 21 Oct - 9:40, édité 4 fois
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Jeu 1 Sep - 10:47

Les pseudonymes de Richard Bessière

Son premier roman publié
Contrairement à ce qu’on serait tenté d’affirmer, le premier roman de Richard Bessière qui fut publié ne fut pas Les Conquérants de l’Univers, sorti à l’automne 1951 comme premier titre de la Collection Anticipation du Fleuve Noir sous la signature de F. RICHARD-BESSIERE.

Non, le premier roman fut “Le Testament du Docteur Andrew”, et il fut publié dans le journal Midi Libre à l’automne 1945 sous forme d’un roman à suivre de 48 épisodes. La signature que porte ce roman, Fr. RICHARD et H.-B. BESSIERE, se décode de la manière suivante : “Fr. RICHARD” pour François Richard, “H.” pour Henri – le prénom “officiel” du futur Richard Bessière, “-B” certainement pour Barthélémy – lepremier des prénoms du père de Richard Bessière ; “BESSIERE” correspondant à la famille Bessière. Etrangement, les tout premiers épisodes notent “BESSIERES”, avec un “S” à la fin du patronyme, semblant ainsi vouloir indiquer qu’il y eut plusieurs “Bessière” comme rédacteurs…


Ci-dessus : le cartouche présentant le roman à suivre Le Testament du Docteur Andrew,
signé Fr. Richard et H. -B. Bessière, et publié dans le Midi Libre à l’automne 1945.

Ce roman ne fut jamais édité en volume. Je l’ai présenté en détail dans un post précédent {1}. Ce roman fut revendiqué par Richard Bessière (il le dit dans ses mémoires), toutefois, il me paraît certain que François Richard eut un rôle pour ce roman, mais lequel ?... Des corrections ? une américanisation du texte original ? ou une intervention auprès du Midi Libre pour sa publication ?... Au vu de la signature, je suis enclin à penser que, déjà à ce moment, François Richard, qui était encore à Sète et qui fréquentait la famille Bessière, marquait son empreinte envers le romancier qu’allait devenir Henri Bessière, alors qu’il n’avait aucune raison de supposer qu’il deviendrait directeur littéraire d’une maison d’édition… Mais il avait déjà peut-être dans l’idée de tenir le rôle d’agent littéraire pour x personnes.

Cette signature n’est pas à proprement parler un pseudonyme ; et on la retrouva à d’autres reprises pour des publications « sponsorisées » par François Richard dans le journal humoristique Le Hérisson au tout début des années 1950 {2}.

[b]Notes :[/b]
{1} Voir à l’adresse : http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t3804-richard-bessiere?highlight=bessi%E8re
{2} Il s’agit des romans « en images » Les Conquérants de l’Univers (voir le post suivant), Les Démons de l’Or Noir et Le 13ème Passager a disparu. Ces deux derniers titres semblant devoir être à attribuer plutôt à François Richard qu’à Richard Bessière.



TontonPierre


Dernière édition par pcabriotpi83 le Mar 27 Sep - 20:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Dim 4 Sep - 19:07

Quand Jean-Louis Ermine – MÉTÉORE ! L’Univers fascinant de RICHARD BESSIÈRE – cite le forum Litt’Pop’…

Dans son ouvrage (fort intéressant) publié en juin 2016 aux Éditions “Rivière Blanche” et consacré à la facette Science-Fiction de Richard Bessière, Jean Louis Ermine consacre une quinzaine de pages pour repérer les éléments biographiques et bibliographiques du romancier (pages 39 à 53).
Retraçant la carrière initiale de Richard Bessière, l’auteur prend à témoin les discussions sur la blogosphère concernant les tout premiers romans du romancier, en citant en référence le site A propos de littérature populaire et son topic dédié à Richard Bessière (voir ci-dessous).


Une citation en référence encourageante pour les contributeurs de notre Forum, toujours prêts à décortiquer les petites « énigmes » sous-jacentes à la Littérature Populaire.

TontonPierre
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Lun 12 Sep - 11:34

Les pseudonymes de Richard Bessière

F. RICHARD-BESSIERE : Les Conquérants de l’Univers… et la suite
La signature F. RICHARD-BESSIERE apparut avec la publication du premier des romans de science-fiction de Richard Bessière : Les Conquérants de l’Univers. Il fut le premier tome d’une saga qui en comporta cinq, et fut écrit par le jeune Henri Bessière pendant la guerre, avec l’aide de son père.
Ce roman fut le premier titre de la collection Anticipation des Éditions Fleuve Noir. Son manuscrit fut proposé en 1950 à Armand de Caro, directeur du Fleuve Noir, par l’entremise de François Richard. L’accord pour la publication du titre tomba rapidement, mais son édition ne vit le jour que l’année suivante, à l’automne 1951 {1}.


Ci-dessus : couverture de “Les Conquérants de l’Univers”, premier tome de la saga éponyme, paru à l’automne 1951 (ca Septembre)

En attendant sa publication, François Richard en fit publier une version « imagée » dans le journal Le Hérisson, à partir de décembre 1950. Les dessins étaient signés Marcouleta, et le texte - une version condensée et abrégée du manuscrit, fut certainement écrit par François Richard lui-même. La signature qui fut donnée à cette version en images fut du même style que pour Le Testament du Docteur Andrew : FRANÇOIS RICHARD et H.-B BESSIÈRE.


Ci-dessus : Haut de la première planche de la version imagée des Conquérants de l’Univers publiée dans Le Hérisson.

Dans ses mémoires, Richard Bessière rapporte qu’un contrat ayant été précédemment signé entre son père et François Richard (peut-être à l’occasion de productions écrites en commun pendant la guerre), ce dernier se montra ferme sur le sujet {2}. D’où l’apparition de la signature F. RICHARD-BESSIERE, associant François Richard – l’agent littéraire, et les Bessière – dont le fils Henri, auteur des romans.
Cette signature « composée » perdura très longtemps : bien après la mort du père de Richard Bessière en 1959, date à laquelle Richard Bessière fit réviser son contrat avec le Fleuve Noir, et qu’il demanda pour sa signature la suppression du trait d’union entre RICHARD et BESSIERE. La signature n’évolua qu’à partir de 1965, passant de F. RICHARD-BESSIERE à RICHARD-BESSIERE, en supprimant le “F” initial, mais en gardant le trait d’union entre RICHARD et BESSIERE {3}.

Quand on considère l’ensemble de l’œuvre écrite par Richard Bessière, on constate que la signature F. RICHARD-BESSIÈRE fut réservée à ses romans de science-fiction au Fleuve Noir (98 titres, de 1951 à 1985), mis à part son roman historique Charlotte, histoire d’une Sans-Culotte, publié la même année que Les Conquérants de l’Univers aux Éditions de La Porte Saint-Martin. Notons que la présence de cette signature dans une autre maison d’éditions que le Fleuve Noir doit nous paraître surprenante, quand on aura dit que la politique du Fleuve Noir était de se réserver l’exclusivité d’un pseudonyme donné {4}.

Notons également, pour le fun, une courte histoire signée F. RICHARD-BESSIÈRE publiée dans le journal Le Hérisson du 2 août 1952 et intitulée “Des jeunes gens ont vu et touché TROIS SOUCOUPES VOLANTES”. A cette époque, François Richard collaborait au dit journal et y plaçait les écrits de ses auteurs du Fleuve Noir. Je pense que l’histoire fut rédigée par Richard Bessière, certainement eu égard à la pression médiatique de l’époque au sujet du phénomène des «soucoupes volantes» {5}.



Ci-dessus : l’histoire “Des jeunes gens ont vu et touché trois Soucoupes Volantes”,
signée F. Richard-Bessière, insérée dans le journal Le Hérisson

Notes:
{1} Voir Richard Bessière, une route semée d’étoiles – pages 130-131.
{2} Voir Richard Bessière, une route semée d’étoiles – page 61.
{3} Ce « changement » de signature apparaît pour le titre Les Maîtres du Silence, numéro 279 de la Collection Anticipation du Fleuve Noir, en même temps que le passage de l’illustrateur des couvertures de René Brantonne à Gaston de Sainte-Croix. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Si la couverture semble porter d’une manière superposée la signature Richard Bessière – sans trait d’union, ce n’est qu’un effet de style de l’illustrateur. La page de titre mentionne bien Richard-Bessière, avec un trait d’union. Celui-ci ne disparaîtra qu’après le départ de François Richard du Fleuve Noir, c’est-à-dire après 1978.
{4} Un exemple nous est donné par Thomas Cervoni, qui fit publier son premier « grand » roman au Fleuve Noir en 1953 sous le pseudonyme de Thomas Cervion, et qui dut changer de pseudonyme pour ses autres éditeurs, notamment pour Ciel du Nord et La Corne D’or.
{5} Il y eu en France dans les années 1950 plusieurs vagues « d’observation de soucoupes volantes », dont la première en 1952.

NB : On reparlera de cette signature "F. RICHARD-BESSIERE" dans un futur post : F. RICHARD-BESSIERE sur Wikipédia.

TontonPierre


Prochain(s) pseudo(s) : Ralph Anderson et R.B. Delérault
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Jeu 15 Sep - 18:50

Les pseudonymes de Richard Bessière

RALPH ANDERSON & R. B. DELERAULT : les aventures « historico-exotico » du Capitaine Tempête… et des autres.
Dans le même temps qu’il peaufinait son “Charlotte - histoire d’une Sans-Culotte” et que ses “Conquérants de l’Univers” continuaient la narration de leurs aventures, Richard Bessière s’était attaqué à un autre roman historique, intitulé “Pour le meilleur et pour le pire” (Éditions de la «Pensée Nouvelle» - Copyright Le Faucon Noir, Paris 1951, mais publication effective qu’en 1952).
L’ouvrage porte la signature de RALPH ANDERSON, et sur la page de titre apparaît la mention “Traduction et Adaptation de R. B. DELERAULT”.


Ci-dessus : Pour le Meilleur et pour le Pire – édition originale de 1951/52. Jaquette (cliché Oncle Archibald), couverture cartonnée et page de titre. La suite est déjà annoncée « A paraître ».
On entrevoit sur la page de titre une étiquette qui a été collée sur le nom initial de l’éditeur (Le Cormoran ?, Le Faucon Noir ?) pour le remplacer par la “Pensée Nouvelle”
.

Un descendant du corsaire Bruce Anderson, un corsaire qui aurait été un des héros de l’histoire de l’Indépendance américaine et surnommé Capitaine Tempête, aurait, selon le texte de l’avertissement au lecteur, autorisé l’accès à «de nombreux manuscrits appartenant à la famille Anderson », permettant ainsi de « transcrire la merveilleuse aventure de Bruce et Catherine». On est alors en droit de supposer que la signature Ralph Anderson fut utilisée comme étant celle de ce descendant {1}.

Pour traduire et mettre en forme ces nombreux manuscrits appartenant à la famille Anderson, il fallait un traducteur, doublé d’un adaptateur : ce fut R.B. DELERAULT. Dans l’avertissement au lecteur, le supposé traducteur adaptateur précisait, en utilisant le “nous” de la première personne du pluriel, l’objectif affiché de l’ouvrage, qui était celui de s’intéresser «à la vie de cette petite française qui joua un rôle déterminant dans la vie aventureuse de Bruce Anderson» {2}.

Un grand succès semblait attendu de cet ouvrage, comme le fit souligner François Richard dans un encart publié dans le n°318 du journal Le Hérisson du 15 mai 1952 et intitulé : «"Pour le Meilleur et pour le Pire" de Ralph Anderson sera-t-il un nouveau "Caroline Chérie" ?».


Ci-dessus : l’article sur le succès attendu de Pour le Meilleur et pour le Pire inséré dans le journal Le Hérisson du 15 mai 1952.

Cette signature Ralph Anderson réapparut pour Salomé (Éditions André Martel, Givors - 1953), puis pour le second tome des aventures de Bruce Anderson, intitulé Capitaine Tempête (Éditions André Martel, Givors - 1953), ainsi que pour A Feu et à Sang, un roman sur la guerre de sécession américaine (Éditions André Martel, Givors - 1954). Mais là… plus besoin de traducteur ni d’adaptateur !
On notera que, hormis le titre Salomé, qui fut une novellisation du film au titre éponyme de l’Américain William Dieterle sorti sur les écrans français en août 1953, les trois autres titres signés Ralph Anderson furent réédités au Fleuve Noir sous la signature de Richard-Bessière (pour les deux premiers – en 1969 et 1970) ou de Richard Bessière (pour A Feu et à Sang, en 1982).

Quant au pseudonyme R. B. DELERAULT, il se décode de la façon suivante : “R” pour Richard, “B” pour Bessière, et “DELERAULT” pour de l’Hérault, le département “34” où Bessière résida depuis sa naissance et où il fit toute sa carrière. Mais le mot “Richard” correspond à mon avis à François Richard (lui aussi né dans le “34”) plutôt qu’à Richard Bessière, dont le véritable prénom était Henri.

C’est la seule fois où ce pseudonyme apparut pour un roman publié en volume. Pourtant, on le retrouva, à la même époque et à deux autres reprises, comme signature de «romans en images» : Les Vampires du Pacifique, publié dans Le Hérisson au printemps 1952 ; et L’Agent secret, publié dans la collection Les Grands Romans d’Amour en images des Éditions Le Fétiche, au printemps 1953.


Ci-dessus : Première planche (partielle) des deux romans signés R.B. DELERAULT parus sous forme de « Roman dessiné ».
Notez le “tiret” présent entre le “R” et le “B” pour le roman “Les Vampires du Pacifique”.

Toutefois, pour ces deux « romans » signés donc R. B. DELERAULT, la paternité semble devoir aller du côté de François Richard. En effet, Les Vampires du Pacifique furent édités ultérieurement en volume sous le titre Compte à régler aux Éditions Jacquier, sous la signature de Paul Franck (un pseudo «reconnu» de François Richard) ; et quant à L’Agent secret, s’il ne fut pas édité en volume, il reprenait le même héros que celui du roman Jeu de mort, qui fut édité aux Éditions de l’Arabesque, lui aussi sous la signature de Paul Franck.
Ces éditions ultérieures au profit de Paul Franck m’incitent à penser que la signature «composée» R. B. DELERAULT est plutôt tournée vers François Richard, et qu’elle fut pour le roman “Pour le meilleur et pour le pire” une signature contractuelle entre François Richard et Richard Bessière, au même titre que celles de F. RICHARD-BESSIERE et de F.-H. RIBES.

Notes :
{1} Cependant, la version de 1969 publiée au Fleuve Noir, intitulée Capitaine Tempête et signée Richard-Bessière, indique que ce descendant serait un des arrière-petit-fils du Capitaine : William J. Anderson, installé à San-Francisco.
{2} Il n’est pas impossible que l’avertissement au lecteur ait été rédigé par l’agent littéraire de Richard Bessière, c’est-à-dire François Richard.

TontonPierre


Prochain pseudonyme : Jerry CRAYTON
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Ven 23 Sep - 18:48

Les pseudonymes de Richard Bessière

Jerry CRAYTON : Chasse aux Documents
Ce roman, dont Richard Bessière a revendiqué la paternité {1}, parut en décembre 1952 dans la série “Espions et Agents secrets” des Éditions “Le Trotteur”, une maison d’éditions créée et animée par Roger Dermée au 5 de la rue des Moulins, à Paris.
Voilà l’exemple type d’un pseudonyme imaginé par un éditeur pour doper les ventes des romans qu’il éditait : un nom à consonance anglo-saxonne (car les auteurs anglo-saxons étaient alors très en vogue), et l’apparition d’un pseudo-traducteur français. La page de titre précisait : “TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR JEAN DESCAMPS”, Descamps étant le nom de jeune fille de la mère de Roger Dermée lui-même.


Ci-dessus : Chasse aux Documents, signé Jerry CRAYTON. Recto de la couverture, page de titre et début.

J’ai présenté ce roman dans un post précédent {2}. La bibliographie insérée dans l’ouvrage hommage à Richard Bessière indique que ce roman fut le premier roman « d’espionnage » qu’il écrivit, en 1940 (page 331). Mon sentiment est qu’il fut tout bonnement le premier roman « consistant » qu’il écrivit, avant même L’Assassin de la Famille, et Le Testament du Docteur Andrew, deux romans « policiers » écrits à la même époque et où se retrouva la même galerie de personnages : le détective / agent du FBI Franck Mac Norton et son inséparable serviteur Budy, son ami le sergent Bill Stones de Scotland Yard, ainsi que Joan et Mabel, fiancées puis épouses respectives des deux amis.
J’ai donné dans ledit post mon sentiment sur le degré d’antériorité de ce roman ; et sur la manière dont son manuscrit parvint chez l’éditeur Roger Dermée : sans nul doute par François Richard, qui fréquentait depuis 1946 la “Librairie des Moulins”, fief de l’éditeur. Et j’ai également fait part de mon interrogation pour justifier le choix de cet éditeur plutôt qu’un autre, dont le Fleuve Noir, qui éditait pourtant depuis trois ans ce genre de roman dans sa collection Espionnage et dont François Richard était le directeur littéraire…

Dans son autobiographie, Richard Bessière indique (page 139) qu’il remania ce roman Chasse aux Documents pour la collection Espionnage du Fleuve Noir, sous le titre Marché Conclu. Roman qui fut son premier titre d’espionnage pour le Fleuve… et sous une nouvelle signature.

Pour en terminer avec cette signature Jerry Crayton, elle fut un « one shot » ; mais Richard Bessière réapparut chez Roger Dermée dans les années 1970, sous d’autres pseudonymes.

Notes :
{1} Selon Frank Evrard, Pierre Turpin aurait en son temps attribué ce titre soit à François Richard, soit à Alex de Perceval.
{2} Voir à l’adresse http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t3804-richard-bessiere?highlight=bessi%E8re

TontonPierre


Prochain pseudo : F.-H. RIBES
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Jeu 20 Oct - 22:35

Les pseudonymes de Richard Bessière

F. -H. RIBES : Marché Conclu et la suite ; Franck Mac Norton et Gérard Lecomte
En 1960, à la demande du Fleuve Noir {1}, Richard Bessière intégrait l’écurie des auteurs de la collection Espionnage de la maison d’éditions. Finis les romans historiques, et finie la collaboration avec l’éditeur André Martel : Après son A Feu et à Sang de 1954, Richard Bessière s’était recentré sur la science-fiction, d’abord en donnant un cinquième et dernier opus à sa saga des Conquérants de l’Univers (Sauvetage Sidéral), puis en augmentant sa cadence de production: 4, 5, 6 titres par an, tous signés F. RICHARD-BESSIERE.

Il va démarrer l’espionnage au Fleuve Noir avec un titre par an, et avec un nouveau pseudonyme, mais là encore sans pouvoir se départir de son agent littéraire. Ce sera F. -H. RIBES (notez le tiret, même s’il n’apparaît pas au départ sur les premiers titres), avec “F” pour François, “H” pour Henri (son prénom «officiel»), “RI” pour RICHARD et “BES” pour BESSIÈRE. Là encore, le “RI” correspond selon moi au début du patronyme de l’agent littéraire de l’auteur, plutôt qu’au début d’un de ses prénoms {2}. Certainement une nouvelle intransigeance de François Richard pour s’infiltrer dans la signature, et en retirer les avantages qui vont avec.

Pour son premier roman édité sous cette nouvelle signature de F.-H. RIBES, il reprit la trame de son “Chasse aux Documents”, écrit quelque vingt ans plus tôt, mais qu’il modernisa de fond en comble. On y retrouve toutefois le héros Franck Mac Norton qui, de détective / agent du FBI dans “Chasse aux Documents”, est devenu Lieutenant du C.I.A. pour “Marché Conclu”.


Ci-dessus : Marché Conclu. FN Espionnage n°245 – 1960 T3. Couverture, début du prologue et début du chapitre I.

Bientôt, dans les prochains romans, Franck Mac Norton se fait épauler par un certain Gérard Lecomte, un agent publicitaire français en mal d’aventures, qui a tôt fait de dépasser en notoriété celle de l’agent Franck Mac Norton en devenant l’agent spécial du C.I.A. Lecomte, alias KB-09 {3}.

Au total, Richard Bessière produisit 84 romans pour la collection Espionnage du Fleuve Noir, le dernier paraissant en 1985. Tous signés de cette signature «composée» F.-H. RIBES, mais il semblerait qu’il fut en cela aidé par d’autres auteurs, aussi bien pour l’écriture que pour l’apport de scénarios {4}.

Notes :
{1} Voir la partie «autobiographique» de l’ouvrage “Richard Bessière - Une route semée d’étoiles”, page 68.
{2} Dans son autobiographie (page 68), Richard Bessière lui-même explicite l’appellation “RIBES”, comme étant la contraction de RIchard BESsière, mais il se garde bien de préciser que Richard correspondrait à l’un de ses prénoms…
{3} L’alias “KB-09”, donné par l’auteur à son héros, apparaît avec le titre “Réseau Sous-marin”, au quatrième trimestre 1965, sans que la justification de ce matricule nous soit donnée.
Il n’y a que l’esprit tortueux de TontonPierre pour émettre (mais sans conviction) l’hypothèse d’un coup supplémentaire de François Richard envers son poulain Richard Bessière : “K” pour Keller (la signature que s’était approprié François Richard pour quelques romans «d’épouvante» de la collection Angoisse du Fleuve Noir), “B” pour Bessière, et 09… parce qu’on en était à la neuvième aventure de Gérard Lecomte… Peut-être faut-il voir là une initiative de François Richard pour donner, comme il était l’usage d’en donner,  un matricule à un agent secret qui jusque-là n’en avait pas ?
{4} Richard Bessière donne le genre masculin («le» C.I.A.) à l’Agence Centrale américaine du Renseignement, pourtant du genre «féminin» ; mais au moins un titre - “Réseau Sous-marin” fin 1965 -  parle de «la» C.I.A. A croire que ce n’est pas le même romancier qui a écrit ce titre…


TontonPierre

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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Ven 21 Oct - 10:16

Parmi les auteurs qui ont aidé Richard Bessière à produire ces 84 romans, figurent Roger Vilatimo et Henri Courbières.
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Ven 21 Oct - 10:50

OUI. C'est en tout cas ce que disait le regretté Claude dans son article sur François Richard du Rocambole #42.

TontonPierre
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Ven 21 Oct - 12:50

Parfait, nous partageons les mêmes (saines) lectures!
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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Ven 21 Oct - 23:52

Les pseudonymes de Richard Bessière

Dans les années 1970, tandis que Richard Bessière s’affairait à alimenter les collections Anticipation et Espionnage du Fleuve Noir, à raison d’un total de sept ou huit nouveaux titres par an, Roger Dermée puis André Guerber publièrent en tant qu’éditeurs des collections de reprises de titres déjà édités (avec quelques romans originaux quand même), omettant assez souvent de prévenir les auteurs de ces rééditions, ou en leur octroyant de nouvelles signatures, le tout publié par de nouvelles maisons d’éditions utilisant l’Italie comme terrain d’impression. Dans ces diverses maisons d’éditions apparurent : en 1972 La collection Cible Noire aux Éditions Transworld Publications, puis en 1974 la collection Cadre Noir des Éditions Beaulieu ; puis en 1975, toujours aux Éditions Beaulieu, la collection Cercle Noir (avec son “vilain petit canard” du Cercle Jaune en 1976), puis toujours en 1975 Les Romans Noirs Franco-Américains des Éditions Beaulieu / du Bois de Boulogne, ainsi que la collection Coup de Poing aux Éditions Bastille / Beaulieu.
Pour alimenter ces collections, un vaste ratissage semble avoir été fait parmi les auteurs français alors en vogue dans les registres du polar, du roman noir et de l’espionnage. C’est ainsi que certains titres de Richard Bessière, déjà parus ou inédits, atterrirent sur le bureau de ces deux éditeurs, et furent publiés, à l’insu de leur auteur semble-t-il. C’est d’ailleurs dans ces éditions que nous rencontrerons les trois derniers pseudonymes de Richard Bessière.

LEO BARTEL (ou Léo Barthel) : Des romans « retouchés » par le tandem Dermée Guerber

Tout d’abord, en 1972, sous la signature de LEO BARTEL, c’est le titre L’assassin de la famille, revendiqué par Richard Bessière comme étant le tout premier roman « professionnel » qu’il écrivit {1}, qui apparut dans la collection La Cible Noire des Éditions Transworld Publications. La signature LEO BARTEL, formée à partir des prénoms Barthélémy et Léopold du père Bessière, fut certainement proposée par Richard Bessière lui-même. Il avait en effet une profonde admiration pour son père, et souhaita probablement ainsi lui dédier son « premier » roman.
J’ai rédigé deux posts au sujet de ce roman. Un pour décrypter l’énigme de sa soi-disant parution au début des années 1950, alors que sa première publication ne se fera qu’en 1972 ; le second pour montrer que ce texte ne nous est pas parvenu dans sa version originale, mais dans une version retouchée par l’éditeur en changeant le nom du personnage principal et en actualisant quelques éléments pour les mettre en conformité avec l’époque de parution. Le lecteur voudra bien se reporter à ces deux posts à l’adresse suivante :
http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t3804-richard-bessiere?highlight=bessi%E8re

Une réédition du titre, à l’identique y compris pour la signature de l’auteur, parut en 1974 dans la collection Cadre Noir des Éditions Beaulieu.


Ci-dessus : l’édition « originale » de L’Assassin de le Famille, en 1972 (à gauche),
et sa réédition en 1974 (à droite)

En 1974, un second roman signé également LEO BARTEL fut publié, encore aux Éditions Transworld Publications et toujours dans la collection La Cible Noire. Il s’agit de Document X. K. 17, qui n’est autre que le roman Chasse aux Documents, paru 22 ans plus tôt aux Éditions Le Trotteur sous la signature de Jerry CRAYTON, et retouché par l’éditeur. Retouches dans le même style que celles apportées au roman L’Assassin de la Famille, notamment le nom du héros, qui passait de Franck Mac Norton à Franck (Mac) Barney.


Ci-dessus : Document X. K. 17 – couverture, page d'introduction et début du texte, à comparer avec celui de Chasse aux Documents.

Une nouvelle version de ce titre, Document X. K. 17, comportant d’infimes retouches, vit le jour en 1976 dans la collection Les Romans Noirs Franco-Américains des Éditions du Bois de Boulogne sous le titre Les Requins ont la dent longue, et sous un autre pseudonyme.


Nous avons dit précédemment que le roman Chasse aux Documents fut remanié par Richard Bessière en 1960 sous le titre Marché Conclu ; et que ce « nouveau roman » fut son premier titre pour la collection Espionnage du Fleuve Noir.
Il est difficile de dire comment ce roman remanié arriva sur la table de l’éditeur André Guerber, mais en tout cas une version, elle-même remaniée par l’éditeur de ce roman Marché Conclu, apparut en 1975 dans la collection Coup de Poing des Éditions Bastille/Beaulieu, sous le titre Secrets à vendre, et sous la (double ?) signature de L. PERKINS en couverture {2} et Léo Barthel en page de titre. Le remaniement porta bien entendu sur le nom des personnages, mais aussi sur les lieux où se passe l’action : tout ce qui se passe à Paris dans Marché Conclu se passe à Genève dans Secrets à vendre, et tout ce qui se passe à Genève dans Marché Conclu se passe à Paris dans la version d’André Guerber.


Ci-dessus : Secrets à vendre – édition remaniée par l’éditeur de Marché Conclu.
Texte à comparer avec
Marché Conclu paru en 1960.

L’auteur Richard Bessière fut-il au courant de cette publication ? J’en doute, le titre Secret à vendre n’apparaissant pas dans la bibliographie de l’auteur. Encore tout bénef pour l’éditeur !

Notes :
{1} Voir à la page 26 de son autobiographie.
{2} De 1973 à 1974, ce fut Roger Dermée qui fut aux commandes des différents labels d’André Guerber.
Après 1974, c’est Henri Trémesaigues, alias Henry T. Perkins, qui « remplaça » Roger Dermée (information Frank Evrard). Or, Henri Trémesaigues était un ami de Richard Bessière ; et c’est certainement par le canal de celui-là que les textes de Richard Bessière « atterrirent » sur le bureau de l’éditeur, et que la signature “Perkins” apparut pour les romans Secrets à vendre et Mourir sans risque, attribués à Richard Bessière.

TontonPierre


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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Sam 22 Oct - 22:32

Les pseudonymes de Richard Bessière

H. SIBERE : Les Paumés. (Le Carnaval des Minables avant la lettre…)
Atterri sur la table de l’éditeur André Guerber, un manuscrit inédit, celui de Le Carnaval des Minables écrit par Richard Bessière, fit l’objet de retouches minimes pour être publié en 1975 dans la collection Coup de Poing des Éditions Bastille sous le titre Les Paumés et sous la signature de H. SIBERE. Une signature facilement décodable en “H” pour Henri et SIBERE pour BESSIERE en verlan.
Qui souffla ce pseudonyme à l’éditeur, quand on note le côté « franchouillard » de la signature, à l’opposé des pseudonymes à consonance anglo-saxonne dont était friand l’éditeur, comme le montrera le prochain et dernier pseudonyme attribué à Richard Bessière ?
Je doute cependant que Richard Bessière fut au courant de la parution de cette édition, et je pense que l’éditeur publia l’ouvrage à son seul profit. Ce titre n’apparaît d’ailleurs pas dans la bibliographie de l’auteur.

Ce roman sera édité dans sa version « officielle » en mars 2000, sous le titre Le Carnaval des Minables, et sous la signature «sans trait d’union» de Richard Bessière.


Ci-dessus : Les Paumés, signé H. SIBERE (à gauche) - une version « piratée » par l’éditeur du futur “Le Carnaval des Minables” (à droite).

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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Mar 25 Oct - 11:10

Les pseudonymes de Richard Bessière

Ted O’CONNORS : Les requins ont la dent longue… très longue !
Il faut croire que le petit roman «d’espionnage» Chasse aux Documents, édité en 1952 par Roger Dermée, plut beaucoup à l’éditeur… puisqu’il en fit publier une version remaniée en 1974 sous le titre Document X. K. 17, et, comme si cela ne suffisait pas, André Guerber en réédita en 1976 une version avec quelques autres minimes retouches. Ce fut Les Requins ont la dent longue, publié dans la collection Les Romans Noirs Franco-Américains des Éditions du Bois de Boulogne et sous la signature très «anglo-saxonne» de l’illustre inconnu Ted O’CONNORS.


Ci-dessus : Les Requins ont la dent longue – réédition à peine retouchée de Document X. K. 17.

Encore une édition où l’auteur n’y vit que du feu !

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MessageSujet: les pseudonymes de Richard Bessière   Mer 9 Nov - 23:20

Les pseudonymes de Richard Bessière

Avant de refermer cette petite étude sur les pseudonymes de Richard Bessière, il nous faut parler de sa signature RICHARD-BESSIERE, avec «trait d’union».
Dans ses mémoires (page 61), Richard Bessière nous dit que la signature F. RICHARD-BESSIERE utilisée pour ses romans de science-fiction découlait d’un contrat antérieur signé entre François Richard et son père, qui étaient alors amis et associés, et qu’après la mort de ce dernier en 1959, il demanda la révision de son contrat chez Fleuve Noir et la suppression du trait d’union entre RICHARD et BESSIERE.
C’était-là vouloir donner une meilleure lisibilité quant à l’auteur des romans qui étaient publiés, Richard Bessière affirmant avoir été l’unique « rédacteur » des textes soumis à son éditeur, et que les textes publiés étaient, à la virgule près, conformes à ses tapuscrits originaux.
Même si Richard n’était pas un de ses prénoms déclarés à l’État Civil (il s’appelait en réalité Henri Michel Bessière), le fait de garder “Richard” dans la signature ne le gênait pas, car Richard était un prénom d’usage.
Pourtant, la signature F. RICHARD-BESSIERE, utilisée spécifiquement pour la collection Anticipation du Fleuve Noir {1}, perdura jusque vers la fin 1965, date où on elle fut remplacée par la signature RICHARD-BESSIERE, sans le “F.” initial, mais avec toujours le trait d’union entre RICHARD et BESSIERE. Cette modification intervint incidemment au moment où l’éditeur changea d’illustrateur pour les couvertures de la collection (passage de René Brantonne à Gaston de Sainte-Croix) {2}.

Cette « nouvelle » signature RICHARD-BESSIERE allait être utilisée notamment pour les rééditions par le Fleuve Noir de ses romans historiques publiés chez André Martel dans les années 1950 : Pour le Meilleur et pour le Pire, de 1952, réédité en 1969 sous le titre Capitaine Tempête et la signature Richard-Bessière ; Capitaine Tempête, de 1953, réédité en 1970 sous le titre Le Retour du Capitaine Tempête et la signature Richard-Bessière.
Elle fut aussi utilisée pour les rééditions des romans de science-fiction de l’auteur dans la collection “Lendemains Retrouvés” des Éditions Fleuve Noir en 1977 {3}.

Ce n’est qu’après de départ de François Richard du Fleuve Noir, en 1978, que le trait d’union entre RICHARD et BESSIERE tomba, et définitivement.

En 1979, la réédition aux Éditions Fleuve Noir de son “Charlotte, histoire d’une «Sans-Culotte»” sous la forme d’une version « allégée » (468 pages au lieu de 832) et sous le titre “Les Amours de Charlotte”, portera la signature de RICHARD BESSIERE {4}.

Notes :
{1} Mis à part son roman Charlotte, Histoire d’une Sans-Culotte, publié fin 1951 aux Éditions de la Porte Saint-Martin, et qui reçut le prix Robert Gaillard du roman d’aventures 1952.
{2} Est-ce le hasard qui vit correspondre le changement de signature et celui de l’illustrateur de la collection ? J’ai noté dans un post précédent que c’est justement fin 1965 que deux « nouveautés » apparurent dans ses romans d’espionnage : la mise au féminin, mais provisoire, de l’acronyme “C.I.A.”, et l’apparition du matricule “KB-09” du héros Gérard Lecomte. De là à penser qu’il fut décidé de regrouper les “modifs”… ?
{3} Mais les rééditions de ses romans de science-fiction en 1976 aux Éditions du Triangle (une maison d’éditions montée par son ami Henri Trémesaigues et la première Madame Bessière), en dehors donc du “Fleuve Noir”, furent signées Richard Bessière, sans trait d’union.
{4} Les quelques rééditions du romancier dans la série “Les Maîtres Français de la S.F.” des années 1980 au Fleuve Noir portèrent la signature Richard Bessière sans trait d’union.

TontonPierre


Prochain post : La page Wikipédia de F. RICHARD-BESSIERE
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MessageSujet: la page wikipédia de Richard Bessière   Ven 11 Nov - 19:58

“F. RICHARD-BESSIERE” sur Wikipédia

F. RICHARD-BESSIERE : voilà une signature qui a alimenté de nombreuses discussions. En particulier sur ce qu’il convient d’appeler “l’affaire Richard / Bessière”, c’est-à-dire la participation ou non de François Richard à l’écriture des romans publiés sous cette signature, notamment les premiers romans de science-fiction au début des années 1950. Des romans dont Henri Bessière – dit “Richard” Bessière – a revendiqué la pleine et entière paternité. Et selon ses dires « à la virgule près » !

Il serait intéressant de pouvoir accéder à l’interview du tandem Richard / Bessière dans l’émission télévisée Télé-Paris ou Paris Club des années 1950, pour voir ce que les deux invités disaient à ce sujet et à ce moment-là. En attendant, il est difficile d’en savoir plus, les deux protagonistes étant aujourd’hui décédés ; mais Henri Bessière, dans les dernières années de sa vie, nous a livré ses arguments, par l’intermédiaire de l’ouvrage qui lui rend hommage {1}, de son Blog {2}, et d’un certain nombre d’entretiens privés qu’il eut avec les uns et les autres. “L’affaire Richard / Bessière” est aujourd’hui considérée comme classée, au bénéfice du seul Henri Bessière.

La fiche consacrée sur le site Wikipédia à cette signature, et en même temps à un survol de la bibliographie de Richard Bessière, et dont la dernière mise à jour date du 4 mars 2016, reprend cependant les allégations du duo d’auteurs François Richard et Henri Bessière, écrivant « à quatre mains » sous cette signature pour leurs romans de science-fiction, et sous la signature de F.-H. RIBES pour leurs romans d’espionnage (voir le scan de la fiche ci-dessous).




L’auteur de la fiche ne fait en cela que reprendre la “Notice Bibliographique” de la BNF {3}, qui présente la signature comme étant le
«Pseudonyme collectif de : Richard, François (1913-....) et de : Bessière, Henri, Michel, Richard (1923-....). - Auteurs de science-fiction qui publient ensemble sous divers pseudonymes collectifs depuis 1951. - Richard Bessière publie également sous son patronyme». Une notice d’autorité qu’il sera difficile de faire évoluer, les informations qu’elle contient semblant s’être figées après le décès des deux « auteurs » concernés.

Si toutefois j’avais eu à rédiger cette fiche Wikipédia, voici quel aurait été son contenu :


F. RICHARD-BESSIERE {4} est la signature qui fut attachée au romancier Henri BESSIERE - dit Richard BESSIERE (Henri, Michel BESSIERE – Béziers, 20 août 1920 – Béziers, 23 décembre 2011), à la demande expresse de son agent littéraire François RICHARD (François, Henri RICHARD – Sète, 7 avril 1913 – Auxerre, 28 mars 2001) pour signer une série de romans de Science-Fiction dont les premiers titres inaugurèrent en 1951 la Collection Anticipation des Éditions Fleuve Noir {5}. Cette signature fut également utilisée pour un roman historique du même auteur – Charlotte, Histoire d’une Sans-Culotte – publié fin 1951 aux Éditions de La Porte Saint-Martin et qui reçut le Prix du Roman d’Aventures Robert Gaillard 1952.
D’aucuns ont vu dans cette signature la participation active, tout au moins au début, de François RICHARD à l’écriture de ces romans, soit sous la forme d’une co-écriture, soit sous la forme de corrections apportés aux manuscrits de l’auteur ; mais Henri BESSIERE a toujours revendiqué la pleine et entière paternité de ces romans, alléguant de n’avoir accepté de partager cette signature « composée » qu’en reconnaissance d’un contrat antérieur liant François RICHARD – son agent littéraire et en même temps directeur littéraire des Éditions Fleuve Noir – et son père Barthélémy Léopold BESSIERE, du temps où il n’était pas encore majeur. Cette paternité lui sera « officiellement » reconnue à l’occasion de la remise du prix du Grand Prix de la Science-Fiction 1973 qu’il obtint pour son roman Les Seigneurs de la Nuit {6}.


Ci-dessus, le tandem François RICHARD / Henri BESSIERE dans une publicité pour les Éditions Fleuve Noir fin 1957.

Évolutions de la signature
A la mort de son père en 1959, Henri BESSIERE demanda la révision de son contrat avec le Fleuve Noir et la modification de la signature utilisée pour ses romans. Un de ses prénoms d’usage étant Richard, et Richard étant déjà présent dans la signature de ses romans de science-fiction, il demanda la suppression du “F” initial et du trait d’union entre RICHARD et BESSIERE.

Ce n’est cependant qu’en 1965, à l’occasion du changement de l’illustrateur des couvertures de la Collection Anticipation des Éditions Fleuve Noir, que la signature sera « raccourcie », passant de F. RICHARD-BESSIERE à RICHARD-BESSIERE, toujours en gardant le trait d’union. Cette signature raccourcie sera également utilisée pour les rééditions de ses romans publiés avant 1965, aussi bien ses romans de Science-Fiction que ses romans historiques.

Après le départ de François RICHARD des Éditions Fleuve Noir, fin des années 1970, les nouveaux titres de Science-Fiction du romancier, ainsi que ceux de ses reprises de romans historiques et de science-fiction, porteront la signature de RICHARD BESSIERE.

Notes :
{1} "Richard Bessière, une route semée d’étoiles", publié en 2005 par les Éditions Œil du Sphinx (ISBN : 2-914405-27-8.).
{2} http://richard-bessiere.blogspot.fr/
{3} http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11921835c
{4} Avec F. pour “François”, et un trait d’union entre RICHARD et BESSIERE
{5} Les quatre premiers titres de la collection, ainsi que le sixième, sont en effet signés F. RICHARD-BESSIERE. L’auteur publiera 98 titres dans cette collection, entre 1951 et 1985.
{6} Monté à Paris à l’Hôtel Méridien pour recevoir son Prix, Henri BESSIERE sera présenté à l’assemblée comme étant l’unique auteur des romans de Science-Fiction publiés sous la signature de RICHARD-BESSIERE.

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