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 Richard Bessière

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jeandive
Le Maître des Forges
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MessageSujet: Richard Bessière    Ven 12 Aoû - 23:12

La principale confusion de pseudos concerne celui de F.Richard-Bessiere , également écrit au fil des éditions Richard-Bessiere , ou Richard Bessiere ou encore avec un accent sur Bessière

Avant de monter à Paris pour devenir directeur litteraire au édition Fleuve Noir en 1949 , François Richard habitait à Sète , sa région natale. Il co-ecrivait des poemes , des pieces de theatres , des paroles de chansons et des nouvelles dans les journaux de la région avec un de ses amis Léopold ( barthélemie) Bessière , lequel avait un fils , Henri (dont le deuxieme prénom etait Richard ) lui même écrivain plutôt précoce , qui co-écrivit son premier roman de SF " les conquerants de l'infini"-FN avec son père .
Celui rencontra à paris en 1950 Arnand de Caro , le directeur du Fleuve Noir , grâce a son ami François Richard , pour lui montrer le roman en question : Caro qui cherchait a se diversifier avec justement une collection de science fiction ( la future " anticipation " ) accepta le manuscrit et fit signer par François Richard un premier contrat au père d'henri , contrat contenant certaines clauses permettant à Richard d'apposer son nom , revendiquant la co-paternité des oeuvres , touchant ainsi une partie des droits d'auteurs
Il fallut attendre 1959 a la mort de Léopold pour que Henri Bessière puisse pleinement revendiquer la paternité de ses oeuvres : il fit supprimer le trait d'union entre richard et bessiere
Peut être François Richard est-il intervenu sur les dix ou quinze premiers romans et sa participation ultérieure s'est sans doute borné au rôle habituel de directeur de collection, notamment dans la coupe de longueurs (on peut voir cette " activité " en comparant l'EO au Fleuve et la reedition par Bessiere du roman " inversia " ou une vingtaine de pages en gros avaient été supprimées ) : d'autres auteurs ont subi le même sort ( gilles d'argyr/gérard Klein le confirmait à remy lechevalier )


le blog de Bessière : http://richard-bessiere.blogspot.com/
quelques infos ( une de mes sources , remy le chevalier ) : http://forums.bdfi.net/viewtopic.php?id=626&p=2

leo bartel
-l'assasssin de la famille coll la cible noire / transworld andore 72 et coll cadre noir /ed beaulieu nice 74
- document x k 17 coll la cible noire / transworld andore 74


jerry crayton
- chasse aux documents coll espions et agents secrets no10 ed le trotteru 1952 ( reedité au fleuve noir sous f.h.ribes en 1960 " marché conclu"

ralph anderson
-salomé novelisation de film andre martel
- capitaine tempete andré martel
- a feu et a sang

F.H.Ribes
- marché conclu fleuve noir 1960

F.Richard-Bessière
au fleuve noir ( anticipation , espionnage etc )
porte saint martin " charlotte histoire d'une sans culotte " 1951 puis fleuve noir 1979
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pcabriotpi83
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MessageSujet: Richard Bessière "en questions"...   Sam 2 Mar - 23:26

Richard Bessière “en questions”

Précisons tout de suite que je ne suis pas un spécialiste de ce romancier né dans les années 1920 et décédé fin 2011 ; mais j’ai eu l’opportunité en 2008 de l’avoir au téléphone et d’échanger avec lui un courrier, alors que je travaillais sur Georges Esposito – alias George Maxwell.
Il faut dire qu’à l’époque, je cherchais à connaître le type de relations qui s’était établi entre Georges Esposito et son « agent littéraire » François Richard. Or, sachant d’une part que François Richard était partie prenante de la signature des romans – notamment d’anticipation au Fleuve Noir – écrits par (Henri) Richard Bessière et signés F. Richard-Bessiere, que d’autre part la famille Bessière était de Sète, tout comme François Richard, et qu’enfin Georges Esposito était de Marseille – donc un peu de la « région », je pensais que tout ce petit monde aurait pu se côtoyer dans ce midi si chaleureux, et que j’aurais pu obtenir quelques informations pour mes travaux sur Maxwell par le biais de Richard Bessière, le seul « survivant » en 2008. Hélas, même si le nom d’Esposito lui dit quelque chose, le nom de Maxwell ne lui rappela rien de connu ; mais Richard Bessière prit le temps pour me parler des relations de sa famille avec François Richard, et j’en profitais moi-même pour avoir réponse à quelques questions le concernant personnellement.

Son année de naissance, d’abord.
Devant les dates discordantes indiquées par les pages Web – 20 août 1923 sur le site Quarante-deux / exliibris {1}; 1927 sur le site PocheSF – il semble bien que l’année à retenir soit 1927, puisque Richard Bessière m’indiquait lors de notre entretien téléphonique avoir écrit la saga des Conquérants de l’Univers, avec l’aide « technique » de son père, alors qu’il n’avait que 18 ans, juste après la guerre (faisons alors le calcul : 1945 –18 = 1927). Pour conforter cette date de 1927, on se reportera à l’interview accordée par Richard Bessière au fanzine Le Météore en septembre 2010 (et reproduit dans le n°12 de ladite revue en juin 2012), et dans laquelle Richard Bessière rapporte avoir « commencé à écrire très tôt, entre 9 et 10 ans, à l’école, avec un ouvrage interminable qui s’appelait “Les aventures d’un titi parisien”. Ouvrage qui n’a d’ailleurs jamais été terminé. Il s’agissait uniquement de voyages inter spatiaux, car j’ai été très tôt attiré par ce genre de littérature. Ce qui m’a inspiré, c’est surtout l’ouvrage de R.M. de Nizerolles, intitulé : “Les Aventuriers du Ciel”. J’avais la voie toute tracée. ». Or, Les Aventuriers du Ciel ont été publiés aux éditions Ferenczy entre 1935 et 1937 {2} (108 fascicules de Marcel Priollet sous la signature de R.M. de Nizerolles), et si Richard Bessière était né en 1923, il aurait eu beaucoup de mal à écrire son premier ouvrage à partir de 9 ou 10 ans en prenant modèle sur un livre… qui n’était pas encore paru !. Bizarrement, l’article nécrologique du Midi Libre du 23 décembre 2011 donne 88 ans au romancier au moment de sa mort (naissance en 1923), et précise 1923 dans son article « d’hommage » publié le 24 décembre 2012… Il serait bon de passer à la mairie de Béziers pour confirmer la date exacte de naissance ainsi que la déclaration d’état civil de Henri Richard xxx Bessière, car là aussi, si le premier prénom est bien Henri, le troissième prénom est sujet à caution : Michel, selon Quarante-Deux / exliibris, ou Philippe, selon la mémoire de Rémy Lechevalier {3}…

Les relations de François Richard avec la famille Bessière, ensuite.
Pour ce point, je me propose de mettre en ligne le scan d’une partie de la réponse que m’a faite Richard Bessière à mon courrier du 3 octobre 2008. A la fin de sa lettre, il indiquait d’ailleurs : « Il n’y a rien de confidentiel, il n’y a rien d’intime, ni de secret, tout ce que je vous dis peut être entendu par tout le monde. ».


Ci-dessus, scan partiel du courrier de Richard Bessière à mon intention daté du 7 octobre 2008 en réponse à mon courrier du 3 octobre 2008.

Le contrat signé avec le Fleuve Noir, pour finir : Au nom du Père, du Fils, et du Saint …François Richard !
Richard Bessière avait déjà écrit tout ou partie de la saga des Conquérants de l’Univers en 1945. Fleuve Noir ne commencera la publication de cette saga qu’en 1951, pour élargir son offre d’édition semble-t-il. Et en 1951, la maison Fleuve Noir n’a que deux ans d’existence, les tout premiers titres étant des titres érotiques publiés dès le printemps 1949. Dans son blog richard-bessiere.blogspot.com, Richard Bessière nous dit qu’il n’était pas majeur à l’époque de la signature du contrat avec le Fleuve Noir, et que c’est son père qui dut le signer… « et en collaboration forcée avec Monsieur Richard, nouveau directeur littéraire… ». Fichtre !… car en 1949 (voire même en 1948 si l’on considère qu’il a fallu quelques mois pour créer la société Fleuve Noir), Richard Bessière avait bien ses 21 ans (et beaucoup plus s’il était né en 1923 !). Alors Quid ?… Qui, quoi, où, quand, comment, et pourquoi le contrat a-t-il été signé avec le père de Richard Bessière, et non pas avec le véritable auteur des romans, qui était normalement majeur à cette date !. J’ai posé par écrit la question à Richard Bessière, et lui ai demandé si le contrat était consultable. Je n’ai pas eu de réponse…

Depuis 2008 toutefois, des informations venant d’autres sources me permettent d’échafauder une hypothèse, qui est la suivante :
D’un côté, François Richard arrive à Paris en 1946, et fréquente alors « un éditeur de la rue des Moulins » {4} (vous voyez qui il veut dire…) ; d’un autre côté, Armand de Caro travaille à ce moment-là avec ce fameux “éditeur de la rue des Moulins”. Il en est son secrétaire, son comptable {5}. François Richard, qui s’intitule « homme de lettres », pense qu’il peut avoir un rôle à jouer dans le projet de de Caro, qui est de monter sa propre maison d’édition : pourquoi pas en être le Directeur Littéraire ?. Il faudra bien sûr pour cela amener à de Caro des auteurs, lui apporter des titres... Or, les Bessière ont déjà des manuscrits prêts à être utilisés. François Richard leur demande de lui envoyer ces manuscrits, en échange d’un contrat où François Richard apparaît comme agent littéraire (un « mentor » comme concédera plus tard Richard Bessière), et qu’il fait signer à son ami Bessière-père, le fils n’étant pas encore majeur cette année-là {6}. Peut-être que pour se faire mousser vis-à-vis de de Caro, il s’octroie une part de responsabilité dans l’écriture de ces romans, en apposant son nom à côté de (et même devant) celui de Bessière. Les Bessière, eux, attendront plusieurs années, avant de découvrir, par hasard, la publication du roman Les Conquérants de l’Univers, dans la vitrine d’exposition d’un bar-tabac {7}.


Ci-dessus : détail d’un encart publicitaire « Les Editions du “Fleuve Noir” et les auteurs vous présentent leurs meilleurs vœux », paru dans Radar du 22 décembre 1957, avec la photo du tandem Richard – Bessière.

{1} 1923 est aussi l'année de naissance attribuée au romancier par la BNF et par le site BDFI Forums.
{2} Titre complet : Les Aventuriers du Ciel, voyages extraordinaires d'un petit parisien dans la stratosphère, la lune et les planètes. Une seconde version sera publiée en 1950, toujours aux éditions Ferenczy, également sous la signature de R.M. de Nizerolles.
{3} Message du 7 avril 2006 sur le forum BDFI.
{4} Selon un courrier de François Richard de 1985 adressé à Frank Evrard qui l'interrogeait sur André Héléna.
{5} Selon les propos rapportés par Roger Dermée à Frank Evrard au milieu des années 1980.
{6} Voir le texte "Richard Bessière vous parle..." in richard-bessiere.blogspot.com - mars 2007.
{7} Voir Le Météore n°12 de juin 2012.

Ce sera tout pour le moment… mais je pense qu’on va bientôt en reparler… Vous avez la parole…
TontonPierre

message réédité le 03/03/2013 avec les notes de fin de texte qui étaient passées à la trappe lors de le première mise en ligne...

Références de documents et de pages Web relatives à Richard Bessière (par ordre chronologique) :
 Catalogue d’une bibliothèque de science-fiction Quarante-Deux Exliibris (1994 ou plus) :
http://www.quarante-deux.org/exliibris/00/17/6e/9b.html
 Site Œil du sphinx (rencontre de Philippe Marlin avec Richard Bessière le 31 juillet 2001 – vaut surtout pour les photos prises à cette occasion et reprises depuis cette date à l’infini sur les pages Web) :
http://www.oeildusphinx.com/r_bessiere.html
 Site PocheSF des livres de Science-fiction (2004 ou plus) :
http://www.pochesf.com/index.php?page=auteur&auteur=2310
 Forum BDFI – message de Remy Lechevalier du 7 avril 2006 à l’adresse :
http://forums.bdfi.net/viewtopic.php?id=626&p=2
 Richard Bessière vous parle… (6 mars 2007) :
http://richard-bessiere.blogspot.fr/2007/03/richard-bessiere-in-veritas.html
 Interview pour “Besoindesavoir.com” diffusé le 22 avril 2010 sur « les mystères de l’après-vie » :
http://www.besoindesavoir.com/interviews/521047/richard-bessiere-manifestations-les-mysteres-apres-vie
 Forum OutreMonde – Message d’Alvin du 27 août 2010 à l’adresse :
http://outremonde.fr/croisiere-au-long-du-fleuve-10e-escale-richard-bessiere
 Articles du Midi Libre (2011 et 2012) :
http://www.midilibre.fr/2011/12/23/dma-l-ecrivain-richard-bessiere-est-mort,434787.php
http://www.midilibre.fr/2012/12/24/un-auteur-mondialement-connu-pour-donner-un-nom-a-une-rue,617218.php
 Le météore - chez Michel Vannereux - 10, rue Raymond Aron, 75013 Paris. n°12 - juin 2012.
http://www.mangani.fr/meteore/fanzine/numeros.php
 Hommage à Richard Bessière aux 9ème Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres décembre 2012 (vidéo + son) :
http://www.actusf.com/spip/9eme-Rencontres-de-l-Imaginaire-de.html


Ci-dessus : couverture du n°12 du fanzine « Le météore » (juin 2012 - numéro essentiellement consacré à Richard Bessière).




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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Dim 3 Mar - 12:16

Et ben, heureusement que Tonton n'est pas un spécialiste de ce romancier, sinon, qu'est-ce qu'il aurait pu nous donner comme détails supplémentaires! Wink
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Dim 3 Mar - 13:20

Réparons un oubli de taille, en citant l’existence d’un ouvrage consacré à Richard Bessière et paru en 2005 aux éditions L’œil du Sphinx. Il s’agit de Richard Bessière, une route semée d’étoiles. Les rédacteurs de cet ouvrage sont Philippe Marlin (voir sa rencontre avec R. Bessière en 2001 citée dans le message précédent), Rémy Lechevalier (dont j’ai référencé dans le message précédent son intervention sur le forum de BDFI), et Richard Bessière lui-même.
Une présentation ainsi qu’une analyse critique en est faite sur le site
http://ghor.hautetfort.com/archive/2010/05/25/richard-bessiere-une-route-semee-d-etoiles.html


Ci-dessus : couverture de Richard Bessière, une route semée d’étoiles.
TontonPierre


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jeandive
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Dim 3 Mar - 16:03

super , com d'hab , c'est propre et net Very Happy . Les precisions sur la naissances seront bien un jour données par un fan passant dans le sud ( pas d'acces par internet pour ce type de docs je suppose ?) .Comme dit je ne sais plus ou par je ne sais plus qui ( et comme souvent ) , ne pas se fier à 100% au principal interessé pour les histoires de dates et les rapports humains avec autrui , c'est souvent compliqué .Pour des infos supplementaires il y aurait sans doute les archives persos ( je crois que des choses ont été donné au fond ecrivains Sf de la BNF ) : sa femme ou sa fille on preté d'ailleurs qq bricoles au dernier festival de Sèvres pour la petite expo fleuve noir : a default du contrat d'entrée , il y avait celui de la sortie et le tapuscrit des conquerants de l'univers
par contre pour avoir des infos sur françois richard , ça m'a l'air costaud...idem sur de caro ( j'ai vu qu'une marie christine de caro a participé a l'ouvrage sur gourdon " regards sur un illustrateur" : de la famille ? ) , l'ouvrage de la bilipo sur le FN est au final un peu maigre
tu dis " alors « un éditeur de la rue des Moulins » {4} (vous voyez qui il veut dire…) " : heureusement que tu cite dermée dans les notes , tout le monde n'a pas les connaissances des intervenants du forum Wink

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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mar 19 Mar - 21:41

Richard Bessière “en questions” : les réponses

Aaaahhh !… Si j’avais lu Richard Bessière, une route semée d’étoiles, je ne me serais pas livré à des supputations et des spéculations tout juste bonnes à semer le doute dans l’esprit des correspondants du Forum…
Quand je vous disais que je n’étais pas un spécialiste de ce romancier…
Avec l’ouvrage en question, qui contient un essai autobiographique de près de 120 pages et la retranscription d’une interview menée par Philippe Marlin en 2004, plus celle de l’interview donnée pour la revue Le Météore en 2010, nous voilà armés pour répondre aux questions soulevées dans mon post du 2 mars dernier.
Disons cependant qu’il subsiste encore quelques trouvailles à faire concernant sa bibliographie…


Henri Michel Richard Bessière naît le 20 Août 1923 à Béziers. Son essai autobiographique précise à 12h20 !… Il obtiendra sa majorité le 20 Août 1944, le jour même de la Libération de Béziers.
Plusieurs années lui seront nécessaires pour écrire la saga des Conquérants de l’Univers. Il en commence l’écriture dans les premières années de la guerre, en 1941. Il a alors 18ans. Il en reprend la suite et la fin au lendemain de la guerre en 1945 (il indiquera dans son essai autobiographique que Les Conquérants de l’Univers étaient à peine achevés en 1950, au moment où François Richard soumettait le roman à Armand de Caro, le directeur des Editions Fleuve Noir). Notons que ce qu’il faut entendre par « la fin » correspond au quatrième tome de la saga, puisque le cinquième et dernier tome, Sauvetage sidéral, sera écrit en 1954, sur l’idée de faire suivre de nouvelles aventures aux héros qui avaient enthousiasmé les lecteurs des volumes précédents, mais qui nécessitera d’attendre d’avoir terminé l’écriture des romans historiques qui lui prenait beaucoup de temps.
Il reconnaît que la lecture du feuilleton de R.M. de Nizerolles Les Chevaliers du ciel, qui parle d’un voyage spatial à bord d’un astronef qui va de planète en planète, l’a incité à écrire Les Conquérants de l’Univers, mais qu’il a voulu dépasser la simple aventure spatiale en introduisant dans ses récits des concepts inédits et révolutionnaires pour l’époque.

Concernant son tout premier écrit, à l’âge de 9-10 ans (vers 1933 donc), qu’il définit comme un « feuilleton à rallonge » écrit chaque semaine et polycopié pour ses camarades d’école, et qui n’a jamais été ni terminé ni publié, l’influence de R.M. de Nizerolles mentionnée dans l’interview de Le Météore ne peut être que celle de son feuilleton publié entre 1911 et 1913 (et/ou sa réédition quelque peu abrégée entre 1933 et 1935) des « Voyages aériens d’un petit Parisien à travers le monde ». Dans son essai autobiographique, Richard Bessière indique qu’à cet âge-là, il dévorait tous les livres d’astronomie et les grands classiques de la science-fiction (Jules Verne, H.G. Wells, R.M. de Nizerolles et bien d’autres). Il n’est cependant pas exclu que le feuilleton du tout jeune Richard Bessière ait porté sur les voyages intersidéraux, car il connaissait déjà à cette époque toute la mécanique du système solaire, que lui avait enseignée son père.

Concernant le contrat avec le Fleuve Noir pour finir : le coup du père François !
En 1951, les Bessière reçoivent l’accord d’Armand de Caro pour la publication en fin d’année des Conquérants de l’Univers, avec la mention « Contrat suit ».
Mais voilà… François Richard a auparavant signé un contrat entre lui et le père de Richard Bessière (Léopold Barthélemy), et semble ne pas vouloir en démordre…Ce n’est qu’à la mort de Bessière père, en 1959, que les signatures des contrats seront actualisées (On notera qu’au moment où Richard Bessière claque la porte du Fleuve Noir en 1990, l’accusé de réception de sa résiliation de son contrat mentionne sa liaison à la maison d’éditions depuis 1951 - voir copie mise en ligne par JeanDive dans le post précédent).
Il y a donc eu un contrat entre François Richard et Léopold Barthélemy Bessière signé avant l’arrivée au Fleuve Noir ; et bien avant semble-t-il, puisque la raison invoquée pour laquelle le contrat dut être signé par le père de Richard Bessière était que le jeune Bessière n’était pas majeur (donc avant 1944). Je pense qu’on n’en saura malheureusement guère plus là-dessus. On repérera toutefois dans l’ouvrage sur Richard Bessière des écrits rédigés dès 1939, dont un sera publié dans le journal Midi-Libre en 1945. Il est possible que dès les premiers romans écrits par le jeune Richard, avant sa majorité, François Richard se soit proposé d’être une sorte d’agent littéraire, et ait fait signer un contrat par le père du jeune Richard… C’est peut-être alors une des raisons qui a fait monter François Richard à Paris, en 1946, pour exrecer cette fonction d'agent littéraire, et qui a occasionné sa rencontre avec Roger Dermée, à la librairie de la rue des Moulins, et par-là avec Armand de Caro, qui était alors le comptable de Dermée.

Pour ceux que cela intéresse, nous aurons l’occasion de revenir sur ces premiers écrits dans de futurs posts…

TontonPierre
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MessageSujet: L'assassin de la famille, de Richard Bessière   Jeu 11 Avr - 0:06

“L’énigme” de l’Assassin de la Famille

Revendiqué par Richard Bessière comme étant le premier roman qu’il écrivit vers l’âge de 15-16 ans, L’Assassin de la Famille est présenté dans l’ouvrage Richard Bessière, une route semée d’étoiles avec les précisions suivantes issues des notes de Jean-Noël Degain {1} :
« Ce roman policier a été écrit immédiatement après le précédent [Le Testament du Docteur Andrew (ndr)] et alors que l’hémorragie allemande commençait à s’étendre dans toute la France. Il a été réalisé dans les mêmes conditions.
Ce n’est qu’au début des années 1950 que le roman sortira aux éditions LA CIBLE, aujourd’hui disparues, sous la signature de Léo Bartel, un nom qui est la contraction de Léopold et de Barthélemy, les deux prénoms du père Bessière. Henri Richard reconnaîtra toujours la profonde admiration qu’il vouait à son père. C’est pour le remercier de son aide et de son encouragement, qu’il a tenu à ce que ce roman porte sa signature.
Ce roman a une histoire : le manuscrit avait été envoyé au directeur des éditions LA CIBLE qui, sans même se soucier de l’auteur, avait tout bonnement publié l’ouvrage à son seul profit. Le fait est, qu’Henri Richard Bessière découvre son roman dans les rayons d’un bureau de tabac. Il n’en croit pas ses yeux et pourtant L’Assassin de la Famille est vendu dans toute la France.
Mis devant le fait accompli, l’éditeur a reconnu ses torts, les droits ont été payés et tout s’est arrangé. »
{2}

Dans son essai autobiographique {3}, ainsi que dans une interview {4}, Richard Bessière lui-même indique que son premier roman « professionnel » fut L’Assassin de la famille : « un roman policier, classique, avec des héros conventionnels… », qu’il écrivit au commencement de la guerre, et qui sera publié plus tard, au début des années 1950 {5}… Il raconte même qu’il en fit taper le texte qu’il dicta à une de ses copines qui avait le béguin pour lui {6}.

Il confirme l’information de sa publication dans le paragraphe de son autobiographie consacré à ses souvenirs de ses débuts dans l’édition, rapportant qu’après avoir décroché, grâce à son père, la publication sous forme de feuilleton dans le journal Midi-Libre (en 1945) d’un « roman policier intitulé Le Testament du Docteur Andrew, une histoire à faire peur qui se passe en Ecosse dans un drôle de manoir », ce fut la sortie de L’Assassin de la famille, un autre roman policier qu’il avait écrit à l’âge de 16 ans {7}.

Il passe ensuite, et toujours dans le même paragraphe, à un autre roman, Charlotte, dont l’action se déroule durant les terribles années de la révolution française. Un roman « historique » écrit, dit-il, sur les encouragements de Cecil Saint-Laurent {8}.
Ce dernier titre, Charlotte – Histoire d’une Sans-Culotte, postérieur donc à L’Assassin de la famille, sera publié au quatrième trimestre 1951 aux toutes jeunes Editions de La Porte Saint-Martin, et l’on est donc en droit de rechercher la publication de L’Assassin de le famille dans cette même période 1950-1951… Eh bien on ne trouve rien ! chez aucun éditeur…, petit ou grand ! Il faut attendre 1972, au moment où le tandem Dermée-Guerber réédite, le plus souvent d’ailleurs en rebaptisant, réécrivant, réactualisant, … dans les collections des éditions de la Transworld Publications, des titres précédemment publiés ou inédits, pour voir apparaître L’Assassin de la famille, signé Léo Bartel, un clin d’œil au père de Richard Bessière, dont les prénoms étaient Léopold et Barthélemy. C’est dans la Collection La Cible Noire que L’Assassin de la famille apparaît comme 5ème titre de la collection {9}. Une seconde version, identique à celle de 1972, verra le jour en 1974 comme 2ème titre de la Collection Cadre Noir aux Editions Beaulieu, un autre label du tandem Dermée-Guerber {10}.

Voilà une situation qui peut paraître énigmatique, car elle semble démentir la propre déclaration de l'auteur quant à la date de publication de la première édition édition de son ouvrage.

Mais l’énigme - si énigme il y a - ne s’arrête pas là ! Car il y a un autre titre, écrit par le jeune Richard Bessière, également au début de la guerre, qui fut, lui, publié au début des années 1950 et réédité par l’équipe Dermée-Guerber, avec quelques remaniements, en 1974. Il comporte les mêmes personnages que L’Assassin de la Famille, et conte une histoire normalement antérieure, puisque le début de L’Assassin de la Famille prend la suite logique de cet autre roman, qui n’est autre que Chasse aux documents. Car Chasse aux documents, signé Jerry Crayton et publié aux Editions Le Trotteur comme numéro 10 de la Série “Espions et Agents Secrets” {11} (série dirigée par Patrick Rossart, c’est-à-dire Roger Dermée) en 1952 est revendiqué par Richard Bessière, bien qu’il n’en parle pas dans son essai autobiographique {12}.

Dans le roman Chasse aux documents, une intrigue policière sur fond d’espionnage qui se déroule en Angleterre, les deux héros masculins sont respectivement Frank Mac Norton, célèbre détective américain surnommé “L’International”, affublé d’un serviteur nommé Budy, et Bill Stones, jeune sergent de Scotland Yard attaché aux affaires criminelles.
Alors qu’au début de l’histoire les deux héros ne se connaissent pas, et semblent même se défier l’un l’autre, les deux hommes deviennent amis à la fin du roman, chacun se fiançant à l’élue de son cœur et annonçant son prochain mariage, tandis que le sergent Stones est promu au grade de sergent chef, pour services rendus tout au long de l’enquête qui vient de s’achever.

Prenons maintenant L’Assassin de la Famille version 1972. A part le nom du détective américain changé de Frank Mac Norton en Frank (ou Franck selon les pages) Barney, « plus connu du grand public sous le nom de “L’International” » (page 5), la galerie des personnages est la même que dans Chasse aux documents : Bill Stones, maintenant sergent chef à Scotland Yard, Budy, le toujours fidèle serviteur de “L’International”, Joan, la fiancée de Frank et son père Lord Cromwell, le colonel Petterson, le chef de Bill Stones,… L’action, strictement policière cette fois-ci, retardera d’autant les mariages prévus de Bill et de Frank.

L’Assassin de la Famille devrait normalement avoir été écrit après Chasse aux documents, comme en témoignent les situations décrites dans Chasse aux documents et dans L’Assassin de la Famille, le début de ce dernier roman faisant le lien avec la fin du précédent {13}.

Nul doute que l’édition de 1972 de L’Assassin de la famille est issue d’une version remaniée du texte original écrit par Richard Bessière, même si c’est là sa première publication {14}. Outre le nom de Frank Mac Norton, qui est changé par l’éditeur en Frank Barney, avec parfois la dénomination de Frank Mac Barney, il faut s’attendre à des parties de chapitres réécrites ou actualisées, ainsi que cela a été fait pour la réédition en 1974, sous le titre de Document X.K. 17 {15}, de la version de 1952 de Chasse aux documents.
On notera par exemple au début du chapitre 1 de L’Assassin de la Famille, page 10 : « La puissante Citroën S M de Frank Barney stoppa devant le perron du merveilleux château de Shompt-House. », ce qui laisse à penser que le texte a été écrit au début des années 1970, 1970 étant la date de la sortie de la Citroën S M . Cependant; on peut lire au début du chapitre 3, page 35, l’intervention d’un haut personnage : « Ronald Scott, le grand procureur du roi, dont les affaires déjà célèbres dans toute l’Angleterre… », ce qui permet d’affirmer que l’auteur a écrit ce texte du temps, non pas de la reine d’Angleterre Elisabeth II vers 1970, mais du temps de son père, le roi Edouard VI, c’est-à-dire avant 1952 !

Cela étant dit, il est plus que probable que L’Assassin de la Famille n’ait pas été publié avant 1972, malgré les allégations de Richard Bessière, qui a peut-être confondu ce titre avec Chasse aux documents, ou qui a amalgamé les deux titres, car visiblement ces deux titres ont été écrits l’un à la suite de l’autre.

Nous verrons dans un futur post une hypothèse privilégiant la publication du titre Chasse aux documents par l’éditeur Roger Dermée, au détriment de L’Assassin de la Famille, qui restera de ce fait en sommeil pendant une vingtaine d’années.
Il faut supposer que le manuscrit de ce roman est resté dans les cartons de l’auteur pendant une vingtaine d’années avant d’être confié au tandem Dermée-Guerber dans les années 1970, au moment où ces derniers cherchaient matière à publier des originaux ou des reprises parmi les textes des auteurs qu’ils connaissaient. Cette supposition conforte l’indication de l’envoi par l’auteur de son manuscrit à l’éditeur, tel que rapporté dans les notes de Jean-Noël Degain. La signature Léo Bartel aurait été, pour une fois, non pas imaginée par les éditeurs, mais celle proposée par l’auteur du manuscrit en hommage à son père.

L’hypothèse d’une publication aux seuls bénéfices de l’éditeur, rapportée dans les notes de Jean-Noël Degain, est tout à fait dans le style d’André Guerber, qui se trouva à cette époque de nombreuses fois face aux réclamations de ses romanciers pour cette même raison, comme certains d’entre eux l’ont rapporté par la suite. On reboucle ainsi naturellement avec “l’histoire” associée à ce roman et reproduite au début de cet article.


Ci-dessus : L’Assassin de la Famille – 1ère édition de 1972 dans la collection La Cible Noire des Éditions Transworld Publications,
et sa réédition en 1974 dans la collection Cadre Noir aux Éditions Beaulieu.

Ci-dessous :
Chasse aux documents – édition originale de 1952 dans la collection Espions et Agents Secrets des Éditions Le Trotteur,
et sa réédition remaniée en 1974 dans la collection La Cible Noire aux Éditions Transworld Publications, sous le titre Document X.K. 17.

L’intrigue de ce titre précède chronologiquement celle de L’Assassin de la Famille. Pour tenir compte de ce fait, repérable à la lecture des deux titres publiés comme n°5 et n°27 dans la collection La Cible Noire, l’éditeur fit précéder le début du roman d’une introduction fantaisiste où il tenta de justifier la publication de ce volume après le précédent, bien que la chronologie logique des histoires fût inversée.

Notes :
{1} Jean-Noël Degain : “admirateur” de Richard Bessière possédant - selon Bessière - tous ses livres, et membre fondateur de l’Académie d’Ufologie. C’est à partir de ses notes préliminaires que fut rédigée la bibliographie commentée des ouvrages de Richard Bessière contenue dans
Richard Bessière, une route semée d’étoiles.
{2}
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, Editions de l’Oeil du Sphinx, Paris - décembre 2005. Pages 329 et 330. Toutefois, le rédacteur du chapitre bibliographie reconnaîtra qu’aucune édition de ce titre n’a pu être relevée dans les années 1950, la première apparition étant celle de 1972 aux éditions Transworld Publications dans la Collection La Cible Noire.
{3}
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. Pages 9 à 127.
{4} Revue Le Météore n°12 – juin 2012. Page 5.
{5}
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. Page 26.
{6}
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. Page 31.
{7}
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. Page 57.
{8}
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. Page 57.
{9} Léo Bartel,
L’Assassin de la Famille – La Cible Noire n°5 – Editions pour la France Transworld Publications – 11 Salles d’Aude – 1972 T1.
{10} Leo Bartel,
L’Assassin de la Famille – Cadre Noir n°2 – Editions Beaulieu – Nice – 1974. A part les pages de titre et de faux titre, cette édition utilise les mêmes planches typographiques que la version de 1972.
{11} Jerry Crayton,
Chasse aux documents, traduit de l’anglais par Jean Descamps – Collection “Espions et Agents Secrets” – Editions Le Trotteur – décembre 1952
{12} Richard Bessière parle de ce roman dans l’interview qu’il accorda à Philippe Marlin en 2004, en évoquant ses débuts dans l’espionnage aux éditions Fleuve Noir - voir
Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. Page 132.
{13} Nous verrons dans un autre post que
Le Testament du Dr. Andrew, publié en feuilleton dans le Midi Libre en 1945, reprend lui aussi les mêmes personnages : Franck Mac Norton, Joan, Bill, Budy… de quoi ajouter une interrogation supplémentaire à la chronologie d’écriture des premiers romans “policiers” de Richard Bessière…
{14} Dans les années 1970, il était dans les habitudes de Roger Dermée de remanier, parfois même personnellement semble-t-il, des textes précédemment publiés et mis à sa disposition en vue d’alimenter de nouvelles collections. Il pouvait par exemple supprimer ou rogner des chapitres, réécrire tout ou partie d’un chapitre, modifier le nom des personnages ou des lieux, actualiser les marques et les types de véhicules… sans oublier de changer les titres des romans et les signatures de leurs auteurs …
L’Assassin de la Famille n’ayant pas été auparavant publié, Roger Dermée n’eut pas de raison d’en changer le titre ni le nom de l’auteur ; mais on sent à la lecture du roman des moments où le style d’écriture change radicalement, ce qui est le signe d’un remaniement du texte par l’éditeur.
{15} Léo Bartel,
Document X.K. 17 – La Cible Noire n°27 – Edition pour la France Transworld Publications – 11 Salles d’Aude – 1974 T1


TontonPierre
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Jeu 11 Avr - 13:59

Voici un nouvel exemple de l'adage qui veut qu'on ne peut se fier aux souvenirs des auteurs!
J'avais noté qu'avant la reprise de Chasse aux documents sous le titre Document X.K. 17, il y avait déjà eu une réédition au Fleuve Noir en 1960, sous le titre Marché conclu, signé F.H. Ribes (« Espionnage » n°245). Si c'est bien le cas, voici une autre version à comparer aux deux autres pour y déceler d'éventuels remaniements!
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Jeu 11 Avr - 15:11

Nous parlerons dans un prochain post du titre Marché Conclu, publié au Fleuve Noir comme le premier roman d'espionnage signé F.H. Ribes. On y retrouve le thème de Chasse aux documents, mais on est très loin d'un simple remaniement de texte du titre Chasse aux documents.
On y retrouve Franck Mac Norton, cette fois-ci lieutenant à la C.I.A. Les documents papiers sont dans ce roman remplacés par un microfilm.

A noter qu'on retrouvera Mac Norton dans les autres titres ultérieurs d'espionnage écrits par Richard Bessière , mettant en avant le héros Gérard Lecomte, agent de la C.I.A. sous le matricule KB-09.

Nous dévoilerons dans ce futur post que ce roman Marché Conclu fut réédité dans une version à peine remaniée par Roger Dermée dans les années 1970, sous la signature de Léo Barthel.
Mais chuuuuutttt... chaque chose en son temps...

TontonPierre
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Jeu 11 Avr - 15:28

pcabriotpi83 a écrit:
Précisons tout de suite que je ne suis pas un spécialiste de ce romancier
Et bien maintenant , ça y'est , on peut te délivrer le diplôme, dont tu pourras faire état , sans mentir ,( à moins qu'il ne s'agisse d'un plagiat !)
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Jeu 11 Avr - 15:43

N'y a plus qu'à attendre, donc Wink
TontonPierre a écrit:
il faut s’attendre à des parties de chapitres réécrites ou actualisées, ainsi que cela a été fait pour la réédition en 1974, sous le titre de Document X.K. 17 de la version de 1952 de Chasse aux documents.
On peut sans doute, sans trop se tromper, attribuer à Dermée l'introduction de deux pages qui voit Léo Bartel, "l'envoyé spécial de Transworld Publications", débarquer à New York à la veille du mariage de Frank Barnay avec "la délicieuse et adorable Jaon Cromwell", et lui demander de raconter l'histoire de leur rencontre, que Bartel transforme en manuscrit intitulé... Document X.K. 17... geek
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Ven 12 Avr - 12:20

tout ça ( et d'autres posts d'ailleurs ) doit finir sous la forme d'une beau petit livret Smile , en attendant un recueil qui serait un premier pas vers une encyclo de la litpop d'apres guerre : mine de rien il y a deja de quoi faire un livre avec ce qu'il y a sur le forum : si un projet voit le jour en souscription , j'achete !
bravo et merci en tout cas

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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Ven 12 Avr - 14:47

JeanDive disait :
Citation :
en attendant un recueil qui serait un premier pas vers une encyclo de la litpop d'apres guerre
Pourquoi "attendre" comme un spectateur ? Pourquoi ne pas être acteur soi-même...

Je me souviens que, quand j'étais en activité, mon chef me disait : "Pierre, fais-moi une monographie sur ceci, ou cela..."
Alors, je me mettais en chasse partout où je pensais trouver des informations... et, au bout de mes recherches infructueuses, je lui disais : "Chef, y'a rien qui exite là-dessus."
Et il me répondait : "Y'a rien ?!... Alors, c'est toi qui va faire... Comme ça, y'aura quelque chose..."

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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Ven 12 Avr - 15:26

ben faut aussi connaitre ses limites et laisser faire ceux qui s'y connaissent vraiment Wink
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MessageSujet: Premiers romans de Richard Bessière   Jeu 25 Avr - 22:55

Les premiers romans de Richard Bessière

La notoriété de Richard Bessière en tant que romancier est avant tout assise sur ses romans de science-fiction, et notamment sur les “Conquérants de l’Univers”, une saga dont il commença l’écriture pendant la seconde guerre mondiale, et qui fut proposée à l’éditeur du Fleuve Noir et retenue pour inaugurer sa collection Anticipation à partir de 1951.

Pourtant, quand Philippe Marlin interviewe Richard Bessière en 2004, au moment où il prépare son livre-hommage consacré à l’auteur {1}, et qu’il lui demande quelles lectures l’ont amené à écrire de la science-fiction, Richard Bessière lui répond : « La science-fiction ! Mais vous savez, avant la science-fiction, il y a eu du policier, de l’espionnage, du roman historique. » {2}.
Car en effet, le premier roman publié de Richard Bessière fut non pas un roman de science-fiction, mais un roman policier : Le Testament du Docteur Andrew, qui fut publié sous forme de feuilleton quotidien de 48 épisodes dans le Midi Libre en 1945.

Dans l’introduction à la bibliographie commentée des ouvrages de l’auteur et contenue dans Richard Bessière, une route semée d’étoiles, il est mentionné qu’après sa première tentative recensée dans le domaine de l’écriture, vers l’âge de 9-10 ans (une sorte de saga écrite sous forme de feuilleton pour ses camarades d’école, ayant pour titre Les Aventures d’un Gamin autour du Monde {3}, mais jamais terminée et jamais publiée), Richard Bessière « rédigea de 1939 à 1945 plusieurs autres romans qu’il jugea inconsistants et qu’il détruisit, à l’exception de trois textes publiés après la guerre, dont notamment le début des Conquérants de l’Univers. » {4}.

C’est sur ces premiers textes-là, publiés après la guerre, que je voudrais faire porter le contenu de cet article, car tout n’est pas aussi clair qu’il semble être indiqué dans l’ouvrage sur Richard Bessière. Hélas toutefois, l’auteur n’est plus là pour pouvoir apporter ses propres éclaircissements.
Prenons d’abord le temps de lister ces textes : citons Les Conquérants de l’Univers, comme nommément mentionné plus haut, et dont les aventures de ses héros seront publiées au Fleuve Noir à partir de l’automne 1951 ; et puis Le Testament du Docteur Andrew (intitulé faussement Le Testament du professeur Andrew dans la bibliographie insérée dans l’ouvrage de Philippe Marlin {5}), le premier roman de Richard Bessière à avoir été publié (en feuilleton, dans le Midi-Libre) ; et puis encore L’assassin de la famille, que Richard Bessière revendique comme « le premier roman “professionnel” » qu’il écrivit alors qu’il avait quinze / seize ans {6}, et qui sera publié après la guerre, mais bien plus tard, dans les années 1970.
Avec ces trois titres, on boucle sur les « trois textes publiés après la guerre », et pourtant, il en manque encore un : Chasse aux documents, écrit - selon ce que nous dit sa bibliographie - en 1940, et publié en 1952 {7}.
Reprenons maintenant plus en détails chacun de ces romans, en traitant d’abord Les Conquérants de l’Univers, même si ce n’est pas le premier roman écrit par Richard Bessière, puis nous traiterons des trois autres romans qui, tous les trois, content les aventures du détective américain Franck Mac Norton et du sergent Bill Stones de Scotland yard.

Notes :
{1} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – Éditions du Sphinx – Paris. La bibliothèque d’Abdul Alhazred, vol. 7 – décembre 2005. ISBN : 2-914405-27-8
{2} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – p.129.
{3} Titre donné dans la biographie commentée de l’ouvrage sur Richard Bessière. Dans son interview pour La revue Le Météore, en 2010, Richard Bessière donne le titre de « Les Aventures d’un Titi parisien ».
{4} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – p.220.
{5} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – p.328.
{6} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – p.26.
{7} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – p.329

TontonPierre
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MessageSujet: Premiers romans de Richard Bessière   Jeu 25 Avr - 22:56

Les Conquérants de l’Univers

Fin 1941 – début 1942, Richard Bessière a 18 ans et demi. Il raconte dans son autobiographie qu’il est à cette époque fiancé et qu’il veut hâter son mariage, car la guerre lui fait peur. C’est aussi à ce moment, dit-il page 38, que le démon de l’écriture resurgit en lui : « C’est ainsi que je commence à rédiger Les Conquérants de l’Univers, un ouvrage en 5 tomes, qui ne sera repris et terminé qu’au lendemain de la guerre, en 1945, mais qui va révolutionner la science-fiction française, dès le début des années 1950. Certes, j’ai lu Les Aventuriers du Ciel, un feuilleton de R.M. de Nizerolles qui parle d’un voyage spatial à bord d’un astronef qui va de planète en planète, mais je rêve de faire autre chose, de dépasser la cadre de la simple aventure spatiale en introduisant des idées nouvelles et révolutionnaires pour l’époque. (…) Je travaille sur les encouragements de mon père qui m’aide aussi dans les calculs à effectuer et la mise en place de l’ouvrage. »
La guerre terminée, il s’inscrit à la Fac de Montpellier, d’abord en Lettres puis en Physique, pour - dit-il - réussir son avenir. Il s’intéresse dans le même temps au jazz, à la batterie et en montant son propre orchestre, mais sans pour autant n’avoir jamais cessé d’écrire : « J’ai achevé, avec l’aide de mon père, Les Conquérants de l’Univers, un ouvrage qui se présente en cinq volumes (…). En 1950, mon père, aidé en cela par M. François Richard avec lequel il écrit des nouvelles et des pièces de théâtre, fait la connaissance, à Paris, de M. de Caro qui est le directeur des Éditions Fleuve Noir, et à qui il soumet Les Conquérants de l’Univers, à peine achevé.
Cela ne se fait pas attendre : trois semaines plus tard, nous recevons confirmation. L’ouvrage est accepté et il doit paraître en fin d’année. « Contrat suit ». Et c’est ainsi que se crée la collection Anticipation du Fleuve Noir dont je suis, comme on le sait, à l’origine. Il n’en faut pas plus, on le comprend, pour faire sauter au plafond un jeune auteur comme moi qui voit enfin ses rêves se réaliser. »
{1}.

Mes commentaires :

Cette saga fut donc écrite en plusieurs temps : une partie pendant la guerre – le premier voire les deux premiers volumes ? – la suite après la guerre, jusqu’au quatrième volume (Planète vagabonde). Le cinquième et dernier volume (Sauvetage sidéral) ne sera écrit qu’en 1954, et semble-t-il sous la pression du succès populaire des volets précédents {2}.
Pour cette saga, Richard Bessière fut aidé par son père, aussi bien sur le plan des “calculs” que sur le plan de la “mise en place” de l’ouvrage, ce qui n’exclut pas une aide à l’écriture…

Les Conquérants de l’Univers parurent sous la signature de F. Richard-Bessière, une signature formée à partir du nom de François Richard - un ami du père de Richard Bessière - et du patronyme Bessière, sans qu’il soit fait mention du père ou du fils. On voit bien là que François Richard n’a rien apporté à cette saga, si ce n’est d’avoir mis en relation le père de Richard Bessière avec Armand de Caro. Richard Bessière date cette rencontre en 1950, alors que le premier tome des Conquérants de l’Univers paraît à l’automne 1951, soit presque un an après la prévision de publication faite à Richard Bessière par le Fleuve Noir.
Toujours concernant l’hypothétique participation de François Richard à l’écriture de cette saga (ainsi qu’à d’autres titres), on note qu’il était monté à Paris dès 1946, alors que Richard Bessière était resté à Béziers. Il aurait été pour le moins difficile d’écrire à quatre mains ou d’écrire un volume sur deux, le tout à 800 km de distance !

Faut-il aussi tenir compte de l’information “révélée” par Richard Bessière dans son interview de 2010 menée pour le compte de la revue Le Météore, comme quoi il découvrit la publication des Conquérants de l’Univers en voyant le roman exposé dans un bureau de tabac, alors que l’éditeur n’avait pas daigné le prévenir de la date de son édition ?{3} Si tel fut le cas, c’est donc à deux reprises que l’auteur aurait découvert par hasard la publication d’un de ses romans, le second étant L’Assassin de la famille, comme raconté dans la bibliographie commentée de l’ouvrage sur Richard Bessière {4} (Nous verrons dans un autre post qu’il y eut même un de ses romans qui fut publié – sous une forme quelque peu remaniée – et dont l’auteur n’en sût jamais rien !)

Notons enfin que parmi les noms prêtés aux personnages des Conquérants de l’Univers, on trouve une dénommée Mabel Peterson, et un certain Jeff Dickson. Mabel et Peterson sont un prénom et un nom qu’on retrouve dans les aventures de l’International Franck Mac Norton (Chasse aux documents, L’Assassin de la famille), rédigées par Richard Bessière avant même le début de l’écriture des Conquérants de l’Univers, et Dickson est un pseudo qu’utilisa François Richard pour signer un roman léger paru à la C.P.E. en 1950 {5}. Un hasard, peut-être…


Ci-dessus, à gauche : Les Conquérants de l’Univers, tome 1, publié en août ou septembre 1951.
Le tome 2, A l’assaut du ciel, publié un mois plus tard, indiquait au verso de sa couverture (au centre) la prochaine publication des deux titres suivants : Le retour du Météore et La planète vagabonde. Avec ce quatrième et dernier titre, la saga des Conquérants de l’Univers parvenait à sa fin… mais qui ne fut pas toutefois définitive : en 1954, devant le succès rencontré par la série, Richard Bessière faisait renaître dans le n°37 de la collection le professeur Bénac et ses amis pour une ultime aventure : sauver la Terre de sa destruction par la planète vagabonde avec le titre Sauvetage sidéral.
A droite, la quatrième de couverture de Sous peine de mort (collection Espionnage), paru en décembre 1952, et qui indique que les quatre tomes de la saga des Conquérants de l’Univers sont en réimpression. Le succès est déjà là !


Notes :
{1} Richard Bessière, une route semée d’étoiles – op. cit. p.50-51. Richard Bessière revient sur cette rencontre dans son interview de 2004 (pages 130-131).
{2} In Revue Le Météore, chez Michel Vannereux – 10, rue Raymond Aron 75013 Paris. N°12 de juin 2012 – ISSN 1965-1392, p.5. Le bibliographe de l’ouvrage sur Richard Bessière propose une décomposition quelque peu différente de la saga, selon deux cycles : le premier, s’achevant au tome 3, à la fin de l’exploration du système solaire, et le second, axé sur l’arrivée dans l’orbite du soleil de la planète Vagabondus et démarrant au tome 4,. Ce deuxième cycle aurait été écrit, selon le bibliographe, sous la pression populaire liée au succès des trois premiers volets. Toutefois, le tome 4 était déjà annoncé dès le tome 2, en 1951, hors donc de la « pression populaire »…
{3} Revue Le Météore, op. cit. - p.6.
{4} Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. p. 329-330.
{5} L’amour s’amuse, signé Franck Dickson (un pseudonyme attitré de François Richard). Editions C.P.E. – Paris. Collection La Mante n°9 – 3ème trimestre 1950

(à suivre...)

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MessageSujet: les premiers romans de Richard Bessière   Dim 2 Juin - 22:50

Chasse aux documents

Avec ce titre, nous entrons dans une série de trois romans où se retrouvent les mêmes héros : Franck (ou Frank) Mac Norton - célèbre détective / agent américain, et Bill Stones - sergent à Scotland Yard, les deux autres titres étant L’Assassin de la famille et Le Testament du Docteur Andrew.

Richard Bessière ne fait qu’une référence discrète à ce roman, dans son interview accordée en 2004 à Philippe Marlin, quand il parle de Marché Conclu, « une modernisation de mon roman antérieur intitulé Chasse aux documents » {1}.

Les notes de Jean-Noël Degain apportent des précisions sur ce roman, dont les suivantes : « Ce roman paru en 1952 aux éditions du Trotteur aujourd’hui disparues a été écrit en 1940. (…) Chasse aux documents est le premier roman d’espionnage écrit par Richard Bessière. Une nouvelle version verra le jour chez Fleuve Noir en 1960 sous le titre : Marché Conclu, sous la signature de F.H. Ribes » {2}.

J’ai choisi de parler de ce titre en premier parce que sa lecture montre que, des trois romans concernés (Chasse aux documents, L’Assassin de la famille et Le Testament du Docteur Andrew), il en est le roman (ou “l’épisode”) “pilote” : celui qui sert de départ à la série, qui met en place les différents personnages qu’on retrouvera par la suite, qui les décrit et les caractérise, à l’inverse des deux autres romans où les personnages sont censés être connus quand démarre l’intrigue. C’est aussi le roman qui est le moins bien écrit, certains passages étant à la limite de l’invraisemblance, d’autres énumérant en raccourci une suite d’actions sans aucun dialogue, faisant alors penser plus à un devoir de dissertation d’un lycéen qu’à un roman habilement construit. Ce sont ces deux constatations - histoire pilote et faiblesse relative de l’écriture - qui me font penser que c’est ce roman-là qui fut le tout premier roman écrit par Richard Bessière, et non pas L’Assassin de la famille, comme l’affirme pourtant l’auteur, et à plusieurs reprises, dans son autobiographie {3}. En tout état de cause, il devrait avoir été écrit avant L’Assassin de la famille, car il se termine sur une situation qui est reprise au début de L’Assassin de la famille, et je ne serais pas étonné que Richard Bessière ait amalgamé ou confondu les deux romans : il suffit en effet de remplacer dans son essai autobiographique L’Assassin de la famille par Chasse aux documents pour que les allégations faites par l’auteur et concernant la publication au début des années 1950 du premier roman qu’il écrivit se trouvent alors satisfaites.

Revenons au roman lui-même, dont on peut présenter l’histoire de la manière suivante :

Un document ultra-secret a été volé à Washington, et se trouverait en Angleterre, en passe d’être vendu à une puissance étrangère.
Comment faire pour le récupérer ? sinon monter une action conjointe entre les services secrets US et Scotland Yard, moyennant l’astucieux plan suivant :
1 – Faire croire par voie de presse que le document dérobé est un faux, le vrai ayant déjà été volé quelques temps auparavant et échangé par un semblant sans valeur ;
2 – Faire croire que le prétendu voleur du “vrai” document vient de débarquer lui aussi en Angleterre, pour négocier le document ; et qu’après avoir été suspecté et interpellé par la police à son arrivée, il a été relâché faute de preuves ;
3 – Laisser le camp adverse ayant le soi-disant faux document approcher le prétendu voleur du “vrai” document, qui n’est autre qu’un agent américain ;
4 – Laissez agir l’agent américain, tout en le faisant suivre et protéger par un sergent du Yard.
La tâche ne sera pas facile, le patron du gang détenant le soi-disant faux document étant des plus coriaces et des plus malins. Il faudra quelques morts et beaucoup d’imagination pour récupérer enfin le document ultra secret X.K. 17. Et cela permettra au détective américain Franck Mac Norton et au sergent du Yard Bill Stones de devenir les meilleurs amis du monde…

Ce roman fut édité en 1952, aux Éditions Le Trotteur de Roger Dermée. Il est signé Jerry Crayton, une signature à consonance anglo-saxonne inventée par l’éditeur, comme il était d’usage à l’époque pour faire croire à un roman venant des USA, ce qui avait l’avantage de doper les ventes. Il est prétendument traduit par Jean Descamps (du nom de jeune fille de la mère de Roger Dermée) ; et il fut publié dans la Collection Espions et Agents Secrets, une collection dirigée par Patrick Rossart (toujours Roger Dermée) {4}. Il est à ranger aussi bien dans la catégorie policière que dans la catégorie espionnage, même s’il fut publié dans une collection dédiée à ce dernier registre, et quand bien même Richard Bessière le place dans cette catégorie dans son interview de 2004. Par certains côtés, il s’apparente aussi au roman noir, mettant en avant le milieu de la pègre et ses méthodes expéditives….

A la question de savoir comment le manuscrit de ce roman est arrivé chez Roger Dermée (un éditeur que semble ne pas connaître Richard Bessière), la réponse ne peut être que par l’intermédiaire de François Richard. Ce dernier avait quitté Sète pour monter à Paris en 1946 et fréquentait à cette époque la librairie de la rue des Moulins, que venait de reprendre Roger Dermée. Peut-être avait-il avec lui le manuscrit de Chasse aux documents que lui avait confié les Bessière, ou peut-être demanda-t-il qu’on le lui envoyât afin de le proposer à Roger Dermée pour alimenter la collection Espions et Agents secrets.
On peut se demander pourquoi le titre n’est pas sorti au Fleuve Noir, dans la collection Espionnage, alors que François Richard était déjà le directeur des collections du Fleuve, et que Richard Bessière venait de publier avec succès dans la collection Anticipation. Peut-être parce que le roman était déjà prévu pour paraître chez Dermé, ceci avant même la rencontre de Bessière père et d’Armand de Caro.
Le titre aurait pu également sortir chez Pierre Pic, à la C.P.E. {5}, dans la collection Agent Spécial - une collection “concurrente” de Espions et Agents secrets, car François Richard écrivait lui-même à cette époque pour Pic à la C.P.E. dans les collections La Mante et La Guêpe, et était donc en relation avec cet éditeur. On notera à ce propos que l’intrigue d’un titre publié en 1950 dans la collection La Mante Les Points sur les « i » - et signé William Moore {6}, un des pseudonymes de François Richard, ressemble étrangement à celle de Chasse aux documents : des documents, pouvant intéresser certaines nations, ont disparu. Est mis sur le coup un certain Peter Rutheford, ancien espion US, qui se voit demander d’infiltrer la pègre car on pense que les documents vont se négocier dans ce milieu-là… Que doit-on en penser ? Nous reparlerons de tout ça dans un futur post qui sera réservé à Chasse aux documents, à sa réédition de 1974 – sous le titre Document X.K. 17 {7}, et à sa « modernisation » (comme dit Richard Bessière) en 1960, sous le titre Marché conclu, lui-même réédité sous une forme quelque peu retouchée en 1975 sous le titre Secrets à vendre.


Ci-dessus : Chasse aux documents, signé Jerry Crayton (recto et verso de la couverture, et page de titre). Illustration de Salva.
« – Vite, cria-t-elle, vite… Rattrapez-le…
Elle désignait l’escalier de service.
Frank allait s’élancer lorsqu’il se rendit compte que Laura était blessée. De sa main gauche la jeune femme comprimait nerveusement son ventre et ses traits crispés dénotaient une vive souffrance. » - page 169.
« Soudain, une douleur atroce le fit vaciller.
L’homme qui le maintenait venait de lui plonger la garde d’une lame effilée d’un poignard dans la gorge. Un flot de sang avait jailli, tandis que s’éteignaient les dernières velléités de résistance chez Fred qui, comme une masse, s’écroula sur le tapis de la chambre. » - page 136.



Notes :
{1} Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. p. 132.
{2} Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. p. 331. Il semble que Jean-Noël Degain n’ait pas fait le rapprochement entre Chasse aux documents et Document X.K. 17, les deux romans étant présentés l'un après l'autre dans le chapitre bibliographique. Pourtant, c’est bien la même histoire, et le document X.K. 17 est nommément désigné dans Chasse aux documents…
{3} Voir le post suivant et relatif à L’Assassin de la famille.
{4} Chasse aux documents – sous le pseudonyme de Jerry Crayton, traduit de l’anglais par Jean Descamps. Éditions Le Trotteur – Paris, Série “Espions et Agents Secrets” dirigée par Patrick Rossart, n°10 – décembre 1952.
{5} C.P.E. : Compagnie Parisienne d’Édition(s) – 80 rue René Boulanger, Paris 10.
{6} Les points sur les « i » - sous le pseudonyme de William Moore. Éditions C.P.E. – Paris, Collection La Mante, n°8 – 2ème trimestre 1950.
{7} Document X.K. 17 – sous le pseudonyme de Leo Bartel. Éditions Transworld Publications – Salles d’Aude, collection “La Cible Noire” n°27 – 1er trimestre 1974.


(à suivre...)
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 5 Juin - 1:49

on vient d'inaugurer une rue richard bessiere en son honneur à Béziers ( photos sur facebook)
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 5 Juin - 10:05

Ce n'est que rendre un hommage bien mérité à Henri Richard Bessière.
Et un hommage... quasiment éternel !

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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 25 Mai - 10:04

L’assassin de la famille

«C’est à l’âge de 16 ans que j’écris mon premier roman, disons, professionnel. Il a pour titre L’Assassin de la famille. C’est un roman policier, classique, avec des héros conventionnels, certes, mais qui n’est quand même pas trop mal. Bien sûr, c’est le début de la guerre et l’époque est mal choisie pour trouver un éditeur ; je n’y songe même pas. Cela sera fait plus tard, au début des années 1950…».
C’est ainsi que Richard Bessière présente ce roman à la page 26 de son essai auto-biographique en 2004. Il confirme dans l’interview accordée à la revue Le Météore en 2010 {1} que ce roman fut le premier qu’il écrivit. Toujours dans son essai autobiographique, page 31, il raconte qu’il fit taper ce roman sur sa machine à écrire par une de ses amourettes qui avait son diplôme de sténo, qui venait tous les jeudis et même le dimanche matin. Et il confirme que le roman ne sera édité qu’en 1950 {2}.
Premier roman ou pas, selon l’écho que l’on donne à l’argumentation de mon analyse du roman Chasse aux document, ce roman ne nous est pas parvenu dans sa version originale, mais seulement dans une version remaniée par le tandem Dermée-Guerber, compte tenu que ce roman apparaîtra pour la première fois en 1972, dans la collection La cible Noire des éditions Transworld Publications {3}. Cette maison, dirigée par André Guerber et Roger Dermée, éditait alors une série de textes pour la plupart déjà publiés et qui étaient «retravaillés», parfois à l’insu de leur auteur. J’ai eu l’occasion dans un précédent post de montrer que la version de L’Assassin de la famille publiée en 1972 (la première édition donc) avait été retouchée, par une actualisation des véhicules pour les rendre contemporains de la date de publication, et par le changement de nom du héros principal, passant de Franck Mac Norton à Frank Barney (ce changement se retrouvera à l’identique dans la réédition du roman Chasse aux documents - publié en 1974, sous le titre Document X.K. 17, aux mêmes éditions, même collection, avec bien sûr l’incontournable remaniement de texte).

Les notes de Jean-Noël Degain pour ce roman précisent «Première aventure du détective américain Frank Barney.» Mis à part le fait que le Frank Barney en question n’est autre que le Franck Mac Norton de Chasse aux documents rebaptisé par Dermée-Guerber, L’Assassin de la famille ne fait que prendre la suite logique de Chasse aux documents {4} (réédité sous le titre Document X.K. 17, avec à nouveau Frank Barney comme héros), comme nous allons le montrer :
Reportons-nous à la fin de Chasse aux documents : Après avoir récupéré le fameux document X.K. 17, fait mettre sous les verrous le chef des gangsters qui voulait vendre le document secret à une puissance étrangère, et avoir reçu les félicitations du Colonel Peterson, le patron de Scotland Yard et du sergent Bill Stones, le discret et riche marchand de fourrures qui se faisait appeler Jim Hopkins, accompagné de son fidèle serviteur Budy, et qui avait assisté de sa bienveillance tout au long du roman la famille de Lord Cromwell, peut enfin révéler sa véritable identité : il n’est autre que le célèbre détective américain Franck Mac Norton, «connu des milieux policiers internationaux». Il peut aussi révéler sa flamme à la belle Joan, la fille de Lord Cromwell et demander sa main.
De son côté, Bill Stones, ayant épaulé avec succès et sans le savoir le grand détective américain, et qui devient de ce fait son “ami pour toujours”, passe au grade de sergent chef, et sait qu’il peut maintenant, grâce à cette promotion, demander la main de Mabel, sa bien aimée.
C’est sur les fiançailles des quatre jeunes gens que se termine Chasse aux documents.

Ouvrons maintenant L’Assassin de la famille :
L’histoire débute sur le réveil de Frank Barney (Franck Mac Norton) par son fidèle serviteur Budy. Le mariage de son maître avec « la plus ravissante et la plus délicieuse des jeunes londoniennes : miss Joan Cromwell » a été fixé au surlendemain, et leur départ pour New York, où les deux époux doivent habiter, est fixé à deux semaines plus tard. C’est à ce moment-là qu’il reçoit la visite de Bill Stones, le jeune sergent-chef de Scotland Yard avec lequel il s’est lié d’amitié, qui lui aussi doit se marier, avec miss Mabel Hopson. Alors que les deux amis parlent de leur futur mariage, un appel téléphonique de Lord Cromwell demande à Frank de venir de toute urgence au château de Shompt-House : le frère bien-aimé de Lord Cromwell, Tomas, ancien gouverneur général de sa Gracieuse Majesté, s’est suicidé la nuit précédente dans sa résidence de Nothingham Manor d’une balle de revolver...
Voici un mariage qui semble bien compromis ! Puis un deuxième, lorsque Frank demandera au Colonel Peterson, de Scotland Yard, de se faire assister par le sergent-chef Bill Stones pour résoudre l’énigme du meurtre de Lord Thomas Cromwell : un meurtre maquillé en suicide, et qui sera suivi par trois autres cadavres…

Ce titre sera réédité à l’identique deux ans plus tard, en 1974, dans la collection Cadre Noir des Éditions Beaulieu {5}, un autre label d’éditions du tandem Guerber-Dermée.

Pour en savoir plus sur les péripéties de l’édition de ce roman, je conseille de lire mon post intitulé “L’énigme” de L’Assassin de la Famille, à l’adresse :
http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t3804-richard-bessiere?highlight=bessiere

Notes :
{1} Revue Le Météore, chez Michel Vannereux – 10, rue Raymond Aron 75013 Paris. N°12 de juin 2012, p.5.
{2} Richard Bessière, une route semée d’étoiles, op. cit. p.31.
{3} L’Assassin de la famille – sous le pseudonyme de Leo Bartel. Éditions Transworld Pubications – Salles d’Aude, collection “La Cible Noire”, n°5 – 1er trimestre 1972.
{4} Chasse aux documents – sous le pseudonyme de Jerry Crayton, traduit de l’anglais par Jean Descamps. Éditions Le Trotteur – Paris, Série “Espions et Agents Secrets” dirigée par Patrick Rossart, n°10 – décembre 1952.
{5}L’Assassin de la famille – sous le pseudonyme de Leo Bartel – Éditions Beaulieu – Nice. Collection Cadre Noir, n°2 – 1er trimestre 1974.


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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 25 Mai - 10:05

Le Testament du Docteur Andrew

Dernier roman retenu pour notre étude et écrit pendant la guerre, il met en scène une fois de plus le détective Franck Mac Norton et son ami le sergent Bill Stones.
C’est l’un des trois romans « policiers » qu’écrivit le jeune Henri Richard Bessière pendant la guerre, à partir de 1939, alors qu’il n’avait pas encore vingt ans ; et c’est le troisième volet des aventures du détective américain Franck Mac Norton, accompagné de son fidèle serviteur Budy, et de son ami le sergent Bill Stones de Scotland yard.
Le Testament du Docteur Andrew fait suite à L’assassin de la Famille, dont la première édition ne vit le jour qu’en 1972 aux éditions de La Cible, sous la signature de Leo Bartel (un clin d’œil aux prénoms Léopold et Barthélémy du père de Richard Bessière), qui lui-même prenait la suite de Chasse aux documents, publié en 1952 aux éditions Le Trotteur dans la collection Espions et Agents secrets, sous la signature “éditeur” de Jerry Crayton.

Le Testament du Docteur Andrew est le roman de Richard Bessière qui fut le premier à avoir été publié, six ans avant la publication du premier tome de ses Conquérants de l’Univers. Et il fut publié non pas chez un éditeur “traditionnel”, comme le furent ses autres romans, mais dans le quotidien “Midi Libre”, en 48 épisodes, en 1945. Il reste à ce jour inédit en volume.
La version publiée par Midi Libre attribue le roman à Fr. Richard et H.-B. Bessière, autrement dit à François Richard, qui était alors un ami et « associé » du père de Richard Bessière, avec qui il écrivait des chansons, des nouvelles et des pièces de théâtre, et les “Bessière” père et fils, si l’on se fie aux initiales “H.” comme Henri, et “B.” comme Barthélémy {1}.


Ci-dessus, l’illustration qui accompagnait une partie des 48 épisodes du roman dans sa publication du Midi Libre, entre le 12 septembre et le 17 novembre 1945.

C’est d’ailleurs grâce au père Bessière, qui connaissait le numéro 2 du journal Midi Libre, Maurice Bujon, que le roman fut publié dans le quotidien qui n’avait alors qu’à peine plus d’une année d’existence et qui était imprimé sur une simple feuille recto-verso. Ce fut le tout premier roman « à suivre » que publia le quotidien, entre le 12 septembre et le 17 novembre 1945.

L’action se passe dans un vieux manoir à Long Island, à côté de New York. Sur ce point, Jean-Noël Degain, qui prépara la partie bibliographique de l’ouvrage-hommage “Richard Bessière, Une route semée d’étoile” {2}, ainsi que l’auteur lui-même, Richard Bessière, situent tous les deux l’action du roman ailleurs, sur le sol britannique : Degain en Angleterre, dans un château médiéval, et Bessière en Ecosse dans un drôle de manoir ! {3}. Mon sentiment est qu’il est hautement probable que le texte original fut quelque peu retouché avant passation au journal, peut-être pour faire plus « américain » - ce qui était dans le vent à l’époque. L’auteur de ses retouches ne pouvant être alors que François Richard, qui justifiait, ainsi, sa place comme un des signataires du roman {4}. On note d’ailleurs au tout début du roman que le principal héros de l’aventure, Mac Norton, arrivant en voiture, «vit la grande porte du manoir s’ouvrir et il dirigea la voiture à l’intérieur de la voûte qui, autrefois, servait de corps de garde aux défenseurs de Old Manor.». Je crains qu’il n’y ait jamais eu de tels manoirs avec salle de corps de garde construits sur Long Island ; cette remarque allant dans le sens de privilégier le décorum britannique plutôt qu’américain… mais, en continuant sur cette hypothèse, il devient nécessaire de justifier une autre modification, plus importante celle-là, et qui touche à une partie de l’énigme rencontrée au cours du roman.

Cette fois-ci, nos deux héros sont mariés. Franck et Joan, habitent un appartement à New York ; et visiblement, les Stones Bill et Mabel ont suivi leurs amis jusqu’en Amérique.
Les Mac Norton ont promis de passer prendre avant de rentrer à New York Bill et Mabel, invités par Mrs Andrew, la jeune veuve d’un professeur décédé depuis deux ans, à Old Manor, un manoir situé en haut d’une colline de Long Island. Le temps est tellement mauvais que Mrs Andrew propose à Mac Norton et à son épouse de rester passer la fin de soirée au manoir. Il y a justement parmi les invités un certain professeur Warren, ami de feu le professeur Andrew, et adepte de spiritisme, qui se targue de pouvoir converser avec les disparus, et qui vient d’achever, sans succès, une telle expérience avec les hôtes du manoir …
Mac Norton, quelque peu septique, se laisse entraîner par un autre invité, l’agent d’assurances Fleming, dans un petit salon, à l’écart, pour se soustraire aux boniments du professeur Warren. C’est là qu’ils découvrent le corps sans vie, un couteau planté entre les deux épaules, de Donald Morriss, le secrétaire de Mrs Andrew…
Le hasard ayant fait du détective Mac Norton le témoin d’un crime, car c’est bien d’un crime qu’il s’agit, son devoir sera de commencer l’enquête qui facilitera celle du procureur chargé de l’affaire.
C’est au cours de l’enquête que Mac Norton va découvrir le mausolée du professeur Andrew, édifié dans le parc de Old Manor, et son tombeau… désespérément vide ! Le détective s’intéressera de ce fait au testament du professeur, et constatera que les deux derniers feuillets, rajoutés après coup par le professeur sous forme d’une énigme à découvrir, ont été déchirés…

Notes :
{1} La signature mentionnée dans le journal Midi Libre subira toutefois quelques fluctuations : D’abord Fr. RICHARD et A. B. BESSIERES pour les sept premières livraisons, puis Fr. Richard et A. S. Bessieres pour les deux suivantes, avant de se fixer définitivement sur Fr. Richard et H.-B. Bessiere. On retrouvera cette signature, « composée », Fr. Richard et H.- B. Bessière, à partir de 1950 dans l’hebdomadaire humoristique Le Hérisson, pour la publication en bande dessinée de plusieurs romans, dont le fameux Les Conquérants de l’Univers.
{2} RICHARD BESSIERE, UNE ROUTE SEMÉE D’ÉTOILES – Éditions du Sphinx – Paris. La bibliothèque d’Abdul Alhazred, vol. 7 – décembre 2005. ISBN : 2-914405-27-8
{3} in RICHARD BESSIERE, UNE ROUTE SEMÉE D’ÉTOILES, op .cit. Respectivement page 329 et page 57.
{4} Dans ses “mémoires”, Richard Bessière ne concède à aucun moment une quelconque participation de François Richard dans l’écriture de ce roman.

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Dernière édition par pcabriotpi83 le Ven 7 Oct - 23:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 25 Mai - 10:06

C’est avec le roman Le Testament du Docteur Andrew que se terminent les aventures de Franck Mac Norton et de son ami Bill Stones.
Richard Bessière fera revivre, à partir de 1960, Franck Mac Norton, cette fois-ci seul, sans son ami Bill ni son fidèle serviteur Budy. On le retrouvera célibataire et agent de la CIA, dans le remaniement en profondeur de l’histoire de Chasse aux documents sous le titre Marché conclu {1}. L’auteur signera ce roman d’espionnage d’un nouveau pseudonyme, F.- H. Ribes (avec F. pour François, H. pour Henri, Ri pour Richard et Bes pour Bessière… contrat avec le Fleuve Noir dont François Richard est le Directeur Littéraire oblige !), ainsi que les suivants dans lesquels Franck Mac Norton viendra au départ épauler l’agent Gérard Lecomte, alias KB-09, futur super héros de Richard Bessière.

Mais ce ne sont pas là les seuls agents secrets créés par Richard Bessière, car en effet on trouve sous sa plume, fin des années 1940, un autre agent secret du gouvernement français, André Valère, dont l’auteur nous conte deux missions sous forme de planches dessinées dans l’hebdomadaire humoristique Le Hérisson.
Nous en parlerons dans un futur post…

Note :
{1}Marché conclu, de F.-H. RIBES. Fleuve Noir – Paris. Collection Espionnage n°245 – 3ème trimestre 1960.


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MessageSujet: Re: Richard Bessière    Mer 25 Mai - 12:28

bon , va falloir se replonger sur cette tres riche page , que d'infos , merci
as-tu lu le dernier ouvrage sur Bessiere chez riviere blanche ?

http://www.riviereblanche.com/bessiere.htm

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MessageSujet: Richard Bessière - Météore   Mer 8 Juin - 17:41

Je viens de le recevoir, et j'ai commencé à le feuilleter, avant de le lire.
On note page 40 un paragraphe intitulé "L'affaire Richard Bessière", se rapportant aux mises au point faites sur la contribution de François Richard aux romans de Richard Bessière, où le rédacteur considère que "l'histoire est close".
Je note aussi page 326 une reproduction de la couverture de la reprise par notre bouquiniste / éditeur belge de la BD des Conquérants de l'Univers (novembre 2014), dessinée par Raoul Giordan et publiée initialement en novembre 1968 dans la collection de bandes dessinées pour adultes Sidéral. Fort belle adaptation.... mais qui ne fut pas la première... ! Car la première adaptation en BD - plus exactement en "roman en images" - des "Conquérants de l'Univers" fut publiée à partir de fin 1950 (avant donc la publication en volume au Fleuve Noir) dans le Hérisson. Adaptation signée.... : François Richard et H.-B. Bessière !
Nous en reparlerons ultérieurement dans un chapitre que nous réserverons aux premières mises en BD des romans de Richard Bessière...


Ci-dessus : première planche de "Les conquérants de l'Univers, par François Richard et H.-B. Bessière"
(illustrateur non indiqué, mais dessins de Marculeta, comme en témoigne sa signature dans une des vignettes)
dans le n°243 du journal Le Hérisson du 07 décembre 1950.


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MessageSujet: Charlotte - histoire d'une sans-culotte   Lun 4 Juil - 18:26

Les lauriers de Charlotte…
(Histoire d’une Sans-Culotte)
, de F. RICHARD-BESSIERE
Éditions de La Porte Saint-Martin – T4.1951
Prix du Roman d’Aventures Robert Gaillard 1952


Après le policier et la science-fiction, Henri Bessière{1} se lance dans un registre qu’il n’a pas encore abordé : le roman historique. Avec à la clé un gros pavé de plus de 800 pages.
A cette époque, en 1950-1951, le jeune Henri démarre sa carrière de romancier « professionnel » : il vient en effet de livrer au Fleuve Noir, par l’intermédiaire de son agent littéraire François Richard, le début de sa saga des Conquérants de l’Univers. Dans le paragraphe de son autobiographie “Mes débuts dans l’édition”, insérée dans l’ouvrage Richard Bessière – Une route semée d’étoiles – pages 56-57, l’auteur indique que ce roman historique est un roman «dont l’action se passe durant les terribles années de la Révolution Française, et que j’ai écrit sur les encouragements de Cecil St Laurent, dont je venais de faire la connaissance au moment où il sortait son inoubliable Caroline Chérie».

Mouais !?.....je ne sens pas très bien cette allégation de Bessière vis-à-vis de Cecil St-Laurent. Rappelons que la première édition de Caroline Chérie date de 1947 ! Je vois mal le jeune Henri Bessière « faire la connaissance » - de visu ou par d’autres moyens – de Jacques Laurent cette année-là… voire même la ou les suivantes, lui qui ne quitte jamais son Béziers natal… Et qui plus est par rapport à un futur roman qui sortira avec une préface du romancier à succès à l’appui !

Je penche plutôt pour une action en sous-main de François Richard, “le mentor” du jeune Bessière. Celui-ci vient de prendre le poste de Directeur Littéraire chez Fleuve Noir. Constatant l’énorme succès de Caroline Chérie, publié chez Froissart en 1947, puis celui de Marie des Isles, de Robert Gaillard et publié chez Martel en 1948, François Richard voit dans ce genre de roman «d’aventures historiques» un créneau «juteux». D’ailleurs, le même Robert Gaillard vient de se faire éditer en 1949 au Fleuve Noir avec La Danseuse de l’Orégon… J’imagine très bien François Richard demandant au jeune Henri Bessière de se lancer lui aussi dans ce genre d’aventure éditoriale, et lui assurer qu’il aura l’appui de son agent littéraire qui se débrouillera pour que le roman soit bien accueilli.
Henri Bessière se met donc au travail. De son côté, François Richard va lui trouver un éditeur. Chose aisée pour celui qui fréquente, depuis plusieurs années maintenant, Roger Dermée, un éditeur / distributeur en affaires avec tout un groupe de maisons d’éditions : Froissart, Martel, La Pensée Moderne, le Faucon Noir, Pic et sa CPE, La Porte Saint-Martin, LME,… sans oublier le Fleuve Noir. Ecartons ceux qui viennent de « donner » dans ce genre d’aventures : Froissart, Martel et Fleuve Noir, comme nous l’avons signalé plus haut. Restent les autres. Ce sera pour cette fois-ci les toutes nouvelles Éditions de la Porte Saint-Martin{2}. Bien entendu, le prix à payer sera la signature F. Richard-Bessière pour le futur roman; signature déjà retenue pour les premiers titres de la Collection Anticipation du Fleuve Noir.

L’ouvrage, de 832 pages, paraît au quatrième trimestre 1951, avec une couverture illustrée par Jacques Leclerc, et une préface de Jacques Laurent, certainement obtenue par l’intermédiaire de François Richard.



Ci-dessus : couverture, page de titre et préface de Charlotte (Histoire d’une Sans-Culotte), parue au quatrième trimestre 1951 aux éditions de la Porte Saint-Martin.


François Richard ne perd pas de temps pour faire connaître le titre de son protégé : dans le journal Le Hérisson, avec lequel il collabore depuis deux ans, il fait paraître, à partir du 24 janvier 1952, une version « dessinée » de Charlotte, sur un texte issu du roman qu’il a sans nul doute composé de sa plume{3}, et une mise en images de Marcouleta. Le tout signé Richard-Bessières{4}.



Ci-dessus, première planche de Charlotte (Histoire d’une Sans-Culotte), parue le 24 janvier 1952 dans le numéro 302 du journal Le Hérisson.
La signature, habituellement “François Richard et H.-B. Bessière” pour ce genre d'adaptation, est ici “Richard-Bessière(s)”.


Mais ce n’est pas tout. Le mardi 11 mars 1952, alors que la version dessinée de Charlotte, l’histoire d’une sans-culotte poursuit sa parution, le roman est présenté au jury d’un nouveau prix littéraire – celui du Prix du Roman d’Aventures Robert Gaillard{5} – et remporte la palme… (après trois tours quand même !). C’est François Richard, lui-même et tout seul semble-t-il, qui reçoit le prix, ainsi que les félicitations du journal Le Hérisson qui sont insérées dans son prochain numéro :

F. RICHARD – BESSIERE vient d’être couronné pour son roman « Charlotte ».
Le Prix du Roman d’Aventures Robert Gaillard a été attribué pour la première fois mardi soir, au Tabou. Après trois tours, le jury a décerné ce prix au roman Charlotte (Histoire d’une Sans-Culotte) de notre collaborateur F. Richard-Bessière.
Le Hérisson, qui publie en ce moment ce roman sous forme de bandes dessinées, est heureux de ce succès et tient à adresser ses félicitations au lauréat.
F. Richard-Bessière n’est d’ailleurs pas un inconnu pour nos lecteurs qui ont déjà eu l’occasion de lire à la même place, sous sa signature :
Les Conquérants de l’Univers, Les Démons de l’or noir et le Treizième Passager a disparu.
Il a également publié une série de romans d’anticipation : Les Conquérants de l’Univers, A l’assaut du ciel, Le Retour du Météore, La Planète vagabonde, Croisière dans le temps.
Et tout cela en l’espace de deux ou trois années. Beau début, annonciateur d’encore bien d’autres succès.
Rappelons que Le Hérisson a été le premier à insérer les manuscrits de notre ami F. Richard-Bessière.


… l’article étant illustré d’un dessin croquant Robert Gaillard plaçant une couronne de lauriers sur la tête de François Richard alors qu’un bouchon saute d’une bouteille de champagne…



Ci-dessus l’article sur la remise du Prix du Roman d’Aventures Robert Gaillard 1952 paru dans le numéro 309 du journal Le Hérisson le 13 mars 1952.
A gauche de l’article apparaît une partie d’une vignette de la version du roman en bandes dessinées, ainsi qu’une partie du texte qui lui est associé.


J’ose imaginer qu’à l’époque Henri Richard Bessière ne fut pas informé de cette remise de prix… puisqu’il semble qu’il fut absent de la cérémonie, pas plus que de l’article paru dans Le Hérisson, où son agent littéraire s’appropriait sous son seul nom les premiers romans de son protégé publiés dans la Collection Anticipation du Fleuve Noir.

Notes :
{1} Nous devons dire “Henri” Bessière, et non “Richard”, la signature “Richard Bessière” (sans tiret entre Richard et Bessière) n’apparaissant que bien plus tard.
{2} Maison d’éditions domiciliée au 34 de la rue du Faubourg St Martin, à Paris. Crée en 1950, avec semble-t-il le concours de Pierre PIC, déjà responsable de la Compagnie Parisienne d’Édition (CPE), en lieu et place d'une librairie-maison d'éditions spécialisée dans l'érotisme. Les deux maisons d'éditions - CPE et La Porte Saint-Martin, se trouvant à deux pas de la Porte Saint-Martin, près de la Place de la République.
{3} François Richard réécrivit plusieurs romans de Bessière et de lui-même, pour les faire entrer dans le format imposé par la mise en images sous forme de bandes dessinées dans le journal Le Hérisson. Les textes étaient évidemment bien plus courts que les textes originaux. C’est peut-être là la raison pour laquelle il se considéra comme co-auteur d’Henri Bessière et qu’il « imposa » la signature composée F. Richard-Bessière.
{4} Les romans de Bessière précédemment retravaillés par François Richard pour une adaptation en « bandes dessinées » dans le journal Le Hérisson (voir l’article en "jaune") étaient attribués à “François Richard et H.-B. Bessière”, alors que Charlotte est signé “Richard-Bessière(s)” (avec un tiret entre Richard et Bessière(s)) Il ne faut pas voir là une reconnaissance de la part de François Richard d’une quelconque paternité du roman à Richard Bessière (sans tiret entre Richard et Bessière). L’appellation “Richard” s’appliquait alors à François Richard, alors que pour Bessière, la bonne appellation était “Henri”, Richard n’étant que son troisième prénom.
{5} Si quelqu’un a des infos sur les lauréats des années suivantes, je suis preneur, car je n’en ai trouvé aucun… A croire que ce prix ne fut décerné qu’une fois… ce qui ne serait pas impossible !


édition du 11 juillet pour corrections et précisions sur les éditions de La Porte Saint-Martin

TontonPierre


Dernière édition par pcabriotpi83 le Lun 11 Juil - 10:36, édité 1 fois
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