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 Jacques AUBURTIN

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Maciste
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MessageSujet: Jacques AUBURTIN   Ven 15 Avr - 10:49

(1898-1969) Son portrait (dans les années 1950) :
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MessageSujet: Jacques Auburtin   Mar 26 Sep - 11:19

Depuis plus de six ans que Maciste a mis en ligne cette simple photo, tirée du verso de la couverture d’un des ouvrages du romancier parus chez Maurice Grillet en 1953/54, pas un seul mot sur l’auteur, ni même un début de recensement bibliographique (hormis celui du DILIPO de Claude Mesplède et celui du site panddricq.wixsite.com… qui voit Auburtin comme un auteur marseillais !)

Il va bien falloir que quelqu’un s’y colle !.. Alors allons-y.

TontonPierre
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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Mar 26 Sep - 11:44

Jacques AUBURTIN (1898 – 1969)

«Jacques Auburtin, turfiste, éditeur, journaliste, conférencier à la T.S.F., pornographe».

La liste de ces quelques activités qu’exerça Jacques Auburtin n’est pas de ma plume : elle provient de celle de Louis Bethléem, un prêtre catholique qui s’illustra dans la censure durant la troisième République {1} et qui écrivit au début du XXème siècle l’ouvrage “Romans à lire et romans à proscrire”, une sorte «d’index» qui fut plusieurs fois réédité dans des versions augmentées {2}. La citation reproduite en en-tête est issue de l’édition de 1932 {3}. Voilà donc comment l’abbé Bethléem cataloguait notre romancier objet de cet article, tout en omettant quelques autres activités que Jacques Auburtin exerça à la même époque sous le pseudonyme de Jacques Saint-Armand.


Ci-dessus, Jacques Auburtin vu par l’abbé Louis Béthléem dans la onzième édition de son livre “Romans à lire et romans à proscrire” paru en 1932.

Mais reportons-nous tout d’abord quelque trente ans plus tôt…

Jacques, Marie Auburtin nait à la fin de l’après-midi du 8 octobre 1898, au domicile parisien de ses parents rue du Mont-Thabor, à deux pas de la Place Vendôme, du Jardin des Tuileries et de la rue Royale. Sur son berceau viendra se pencher l’Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées du moment : Charles-Alfred d’Asbonne, chevalier de la Légion d’Honneur et troisième fils de l’ex Mamelouk et Consul de France Abdalla Dasbune.


Ci-dessus, scan partiel de l’acte de naissance de Jacques Marie Auburtin
(acte n°772 et non 771 comme l’indique par erreur la BNF)

Jacques est le quatrième et avant dernier enfant de la famille de Fernand Auburtin (Marie Jean Alexandre Fernand Auburtin), petit-fils du Docteur Bouillaud et petit-neveu du Docteur Lallemand (tous deux membres de l’Académie des Sciences), Maître des Requêtes au Conseil d’État, Chevalier de la Légion d’Honneur et futur lauréat de l’Académie française.
Que du beau monde donc dans tout cela !

Il aura un petit frère, Jean, de six ans son cadet, qui, après un doctorat en droit, deviendra Avocat à la Cour d’Appel, mais qui sera aussi journaliste, écrivain politique et ami de Charles de Gaulle.
Il est probable que l’abbé Bethléem, dans la "description" qu’il fit de Jacques Auburtin, ait mélangé quelque peu activités de Jacques et activités de Jean - les deux frères ayant en commun l’initiale “J” de leur prénom : s’il semble que l’on puisse créditer Jacques Auburtin de quelques “apparitions radiophoniques” fin des années 1920 {4}, c’est surtout son frère Jean qui exerça à la même époque le métier de journaliste à la TSF, notamment sur Radio LL {5}. Jean Auburtin termina sa carrière comme sénateur. Lui aussi écrivit, comme son frère aîné, mais dans des registres beaucoup plus respectables. Nous aurons l’occasion de reparler de lui ultérieurement.

Notes:
{1} Sur l’Abbé Louis Bethléem (1869-1940), voir la page Wikipédia correspondante, et l’article paru dans Le Figaro du 27 février 2014 à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/livres/2014/02/27/03005-20140227ARTFIG00008-l-abbe-bethleem-ou-du-bon-usage-de-la-censure.php
{2} Publié pour la première fois en 1904, l’ouvrage est sous-titré : « Essai de classification au point de vue moral des principaux romans et romanciers de notre époque ».
{3} L’ultime édition de cet ouvrage date de 2015, après un travail de mise à jour à partir de la onzième édition de 1932 des dates biographiques des auteurs, souvent fausses dans les éditions de l’époque du vivant de l’abbé Bethléem. L’ouvrage est disponible en volume broché et en format livre numérique.
Abbé Bethleem, Louis, (2015-02-16T22:58:59). Romans à lire et romans à proscrire (French Edition) (Emplacement du Kindle 20). Ligaran. Édition du Kindle.
{4} Voir note à venir
{5} Voir le site http://100ansderadio.free.fr/HistoiredelaRadio/RadioLL/RadioLL-20.html

(à suivre...)

TontonPierre
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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Mar 26 Sep - 20:17

Voilà une riche idée que de s'intéresser à cet auteur plus qu'oublié! Les lecteurs alléchés attendent la suite des recherches de TontonPierre... bom
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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Jeu 28 Sep - 18:26

Après ces premières “révélations” fournies par notre censeur ecclésiastique sur le “profil” de Jacques Auburtin, il nous faut attendre le début des années 1950 pour voir apparaître d’autres renseignements sur notre auteur.
Le rabat de la jaquette côté recto de Traquenards à Saïgon – un contre-espionnage paru au printemps 1952 {1} – indique :
«Contrairement à bon nombre de ses confrères qui se targuent d’avoir exercé plusieurs métiers avant de prendre la plume, Jacques Auburtin a toujours réservé à la littérature le meilleur de son activité. Né à Paris, au cœur même de la Capitale dont il a si souvent dépeint la vie nocturne et secrète, il composa quelques pièces de théâtre, monta sur les planches, se livra à des études historiques et se consacra bientôt à écrire des romans».
Et de citer un certain nombre de titres qui «obtinrent le plus de succès auprès du public» : Le Couple Noir, La Môme a trop parlé, Dans la vase jusqu’au cou, Mon Amant est un monstre, La Fille aux combines, Les Mâles sont les plus forts et – le dernier en date – La Moucharde.



Ci-dessus, recto et rabat de la jaquette de Traquenards à Saïgon

Cette liste a cependant l’inconvénient d’occulter totalement les romans “d’alcôve” que signa Jacques Auburtin entre la fin des années 1920 et le début des années 1930 - des romans dont certains se vendirent à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, ce qui est bien supérieur aux tirages de 5000 ou 7000 exemplaires des romans noirs des années d’après-guerre susnommés.

Note :
{1} Traquenards à Saïgon, de Jacques Auburtin. Collection Contre-Espionnage n°5 - CPE, Paris – 1952 (T2 ?)

(à suivre...)

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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Jeu 28 Sep - 19:07

Pour ceux qui seraient intéressés par la lecture de l'ouvrage de l'abbé Bethléem - Romans à lire et romans à proscrire, je donne ci-après l'adresse de la page internet où l'on peut feuilleter la version Kindle, enrichie, parue en 2015 :
https://www.amazon.fr/Romans-%C3%A0-lire-romans-proscrire-ebook/dp/B00TXACZ56/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1506614627&sr=8-1&keywords=romans+%C3%A0+lire+et+romans+%C3%A0+proscrire+kindle

ci-dessous, scans des couvertures des dernières éditions de 2015 et 2016:



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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Sam 30 Sep - 18:55

Dans son Dictionnaire des Littératures Policières (DILIPO) paru au début des années 2000, Claude Mesplède précise quelque peu les activités “théâtrales” exercées par Jacques Auburtin et mentionnées sur le rabat de la jaquette de "Traquenards à Saïgon":
«Après des études classiques, il commence à écrire des pièces de théâtre (Bigoudis), une opérette (Deux ans plus tard) et une comédie. Il tient des rôles dans ses pièces au cours de tournées en France et en Allemagne {1}".


Ci-dessus, recto de le couverture du tome 1 (A-I) du Dictionnaire des Littératures Policières de Claude Mesplède.

J’ignore où Claude Mesplède a récupéré ces informations. Peut-être auprès de la famille Auburtin elle-même, ou peut-être tout simplement en puisant dans les innombrables notes de Pierre Turpin, qui avait dû, en son temps, creuser le texte du rabat de la jaquette de Traquenards à Saïgon.

Concernant cette activité théâtrale, on retrouve en effet la trace de deux pièces montées en 1923 et signées (ou cosignées) par Jacques Saint-Armand alias Jacques Auburtin : une comédie en 1 acte et un prologue - “Deux ans plus tard”, qui n’aura semble-t-il aucun succès, et une opérette - “Bigoudis, ou les jumelles audacieuses”, dont le livret fut co-écrit avec Victor Hœrter, et qui fut bien accueillie, à la fois par le public et par la critique.

Note :
{1} Dictionnaire des littératures policières, sous la direction de Claude Mesplède – Joseph K., Nantes, 2003. Page 106.

(à suivre...)

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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Mar 3 Oct - 23:30

Enfin, et pour en finir avec les informations accessibles par tout un chacun sur ce romancier, citons celles repérées sur les quatrièmes de couverture de ses deux romans publiés aux Éditions Maurice Grillet en 1953 et 1954 (Les Femmes sont faites pour ça et Le sale boulot), où l’on retrouve un raccourci du rabat de la jaquette de Traquenards à Saïgon, ainsi que sur les quatrièmes de couvertures de ses deux romans publiés aux Éditions Marc Postel en 1957 et 1958 (Révélation charnelle et Une Femme damnée), où l’éditeur indique que l’auteur, Jacques Auburtin, «a déjà publié sous son nom et sous différents pseudonymes, une quarantaine de volumes qui connurent le plus mérité des succès» ; en les classant dans les registres des «romans d’espionnage, romans noirs et surtout romans d’amour».




Ci-dessus, à gauche : Les femmes sont faites pour ça – Editions Maurice Grillet, Paris - Collection Les Heures Noires – AI novembre 1953
A droite : Une Femme damnée – Editions Marc Postel, Paris – AI janvier 1958.



Prochain message : Jacques Auburtin le turfiste

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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Mar 7 Nov - 17:41

En attendant le prochain message de TontonPierre (qui se fait attendre...), voici la couverture d'un des romans (paru en 1932 aux éditions R.P.) qui ont valu le qualificatif de "pornographe" à notre auteur:

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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Mar 7 Nov - 18:13

Un complément concernant l'activité théâtrale de notre auteur. TontonPïerre s'interrogeait:
pcabriotpi83 a écrit:
J’ignore où Claude Mesplède a récupéré ces informations.
Fort probablement sur le rabat de jaquette de l'ouvrage les brouillards de Londres, paru en 1962 aux Presses du Mail. J'en fournirai un scan sous peu...
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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Mar 7 Nov - 23:17

Bien Bien Bien... Ouète N scie !
j'ai "potassé" le Les Brouillards de Londres à la BNF, mais l'ouvrage n'est dispo qu'en format "NUMM", et donc sans la jaquette et sans ses rabats.
Merci d'avance.

... et puisque Maciste s'impatiente, voici le message "Jacques Auburtin le turfiste"

Bonne lecture - TontonPierre


Dernière édition par pcabriotpi83 le Mar 7 Nov - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Mar 7 Nov - 23:30

Jacques Auburtin le Turfiste

Mise en première ligne par l’abbé Bethléem, que faut-il penser de cette “activité” qu’aurait exercée Jacques Auburtin ? Certainement une manière pour l’ecclésiastique de montrer du doigt un romancier qui s’était livré - ou qui se livrait encore - à ces activités peu recommandables, répréhensibles, immorales : celles qui consistent à jouer aux courses pour gagner l’argent facile, mais qui souvent mènent celui qui s’y adonne à tomber dans la dépendance et la déchéance…

Notre futur romancier aurait-il été un de ces parieurs invétérés ? En tout cas, il fait des clins d’œil au monde des courses dans nombre de ses romans, dont le tout premier qu’il écrivit. Et il en parle en connaisseur.
Il semble toutefois que la fréquentation des champs de courses - notamment ceux de Longchamp et d’Auteuil - ne fut pas l’apanage du seul Jacques Auburtin, mais plutôt celui de sa famille – une famille des plus aisées et des plus en vue comme nous l’avons laissé entrevoir dans le premier message mis en ligne. Un reporter du Figaro relate dans l’édition du 17 juin 1904, au sujet d’un Rallye auto-aérien (un rallye de ballons) : «Tous les habitués de Longchamp, d’Auteuil, des premières, (…) se retrouvent autour des ballons jaunes que la brise déjà balance sur leurs sacs de sable. Comment citer les noms de tous les invités du Figaro et de l’Aéroclub ? (…) Voici ceux qu’il me fut permis de noter en grande hâte». Et de citer “Auburtin”, le père du jeune Jacques alors âgé d’un peu moins de 6 ans.

On trouvera ci-après quelques incursions dans le monde des courses et contenues dans les romans de Jacques Auburtin :

«Qu’un camarade de monsieur vienne faire miroiter à ses yeux l’aléa de « la thune placée sur un tocard qui a des chances sérieuses… » ou « la certitude de la mise doublée avec le favori imbattable dans la troisième… et paroli du tout, dans la dernière, sur le crack Ramasse-ta-Veste… », et le voilà qui va prendre l’habitude de jouer aux courses. Il gagnera quelquefois, il perdra toujours, en fin de compte. Il voudra « rattraper » son argent… il aura l’esprit obsédé par la pensée des pertes subies, le sens faussé par l’espoir fallacieux de « se refaire ». Il contractera des emprunts, il cherchera des expédients, pour alimenter la passion du jeu qu’il aura contractée. Mais il perdra aussi le gout du travail, l’estime de ceux qu’il aura « tapés » et qu’il n’a pu rembourser… Bien heureux s’il ne perd, en même temps, sa place, son emploi, sa situation.»
(Les Joies de l’amour conjugal, sous la signature de Jacques Saint-Armand – Éditions R.P. (Le Rire Parisien) – 1928 - § “Ne jouez pas aux courses, Monsieur”, page 77).

«Le dimanche, quand il faisait beau, nous sautions, après le déjeuner, dans un taxi qui nous menait à Auteuil ou à Longchamp. La première fois qu’entraînés par le comtesse Lisa, nous étions allés aux courses, Georges pourtant ne s’était guère amusé à ce spectacle nouveau pour lui. D’abord distrait par la cohue du pesage, où se mêlaient et se heurtaient les robes printanières aux tons assez vifs cette année-là, amusé par l’exhibition professionnelle des mannequins, par la foule qui se pressait aux guichets, surpris par les aboiements des vendeurs de cotes, intéressé, enfin, par l’épreuve elle-même, par le rude empoignade des chevaux à la lutte depuis l’entrée de la ligne droite jusqu’au poteau d’arrivée, le petit, néanmoins, avait bien vite réprimé un bâillement et qualifié de monotone cette journée qui s’éternisait. Mais quand, un mois plus tard – car tout de même nous avions résolu d’aller une fois à Auteuil voir le saut de la rivière des tribunes – après avoir joué trois louis sur un cheval dont le nom l’amusait, Georges gagna mille francs, je vis une flamme de joie briller dans ses yeux.»
(Confession charnelle - Éditions R.P. (Le Rire Parisien) – 1932, pages 179-180).

«…Il était en train de boire un demi, quand l’appareil Havas, enregistrant le résultat des courses, se mit à crépiter… Il se leva, s’avança, l’air faussement indifférent.
Le Tremblay… Prix de Nogent… Premier… Les lettres s’imprimaient avec un léger bruit mat et bientôt Février, qui regardait discrètement, esquissa une légère grimace.
Le matin même, avant de se diriger vers son bureau, il était entré rapidement dans un petit bistrot, rue Bridaine, à deux pas de son domicile et, s’approchant d’un vieux bonhomme qui, accoudé au comptoir en zinc, sirotait paisiblement un café crème dans lequel il trempait un croisant et lui avait glissé rapidement quarante francs dans la main.
— La moitié de chaque côté sur Bilboquet dans la troisième…
Et le cheval finissait péniblement quatrième !!».

(La Fille aux combines – C.P.E. – 1950, pages 112-113).

(Prochain article : Jacques Auburtin l'homme de théâtre)

TontonPierre


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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Jeu 9 Nov - 16:03

Voici le rabat de jaquette de l'ouvrage Les brouillards de Londres, qui donne des détails sur l'activité théâtrale de notre auteur.


Maciste, plus fort que la BnF!
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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Jeu 9 Nov - 16:27

Tout à fait...
Heureusement que les forumeurs de Litt'pop' veillent...

TontonPierre
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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Jeu 9 Nov - 16:38

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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Jeu 9 Nov - 21:06

Voilà un rabat de jaquette dont l’information qu’elle contient va me relancer vers de nouvelles pistes de recherche et me permettre de combler quelques lacunes que j’avais sur la biographie de cet auteur, et notamment sur la période des années 1940.

J’avais bien repéré ses deux premières pièces des années 1920 (voir l’article à venir sur Jacques Auburtin et le théâtre), mais je n’avais rien repéré sur son rôle de comédien ambulant. Et pour cause… car c’est dans les années 1940 que Jacques Auburtin monta sur les planches.
Il y monta, d’ailleurs, sur ces planches, entre les deux séjours qu’il fit en Extrême-Orient : un premier séjour avant la guerre, où il écrira “La Belle Vie – Étude de Milieux Saïgonnais” et qui sera publié en 1937 chez un éditeur de Saïgon, et un second, après la guerre, où il fera publier “Exotisme” – Trois nouvelles de la Vie Saïgonnaise, en 1947, édité lui aussi chez un éditeur saïgonnais.
Je n’avais rien justement sur ce que fit notre auteur pendant la guerre… à part son mariage à Paris en 1940 !

Pour reparler du texte mis en ligne par Maciste, je note qu’il fait, lui aussi, l’impasse sur les ouvrages gais et les romans d’alcôve qu’écrivit notre auteur dans la période 1927-1934 (nous en parlerons évidemment dans un futur post), même si son “Femmes de Palaces”, qu’il présente là comme un des ouvrages «psychologiques» qu’il aurait publiés après-guerre, et «où sont dessinées d’étranges silhouettes féminines», fut publié normalement dès 1929-1930 !

Pour conclure ce post, force est de constater que l’équipe de Claude Mesplède, si elle a utilisé ce texte pour préparer la bio de Jacques Auburtin, aurait pu mieux faire et plus précis que le texte qui nous est proposé par le Dilipo…

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MessageSujet: Re: Jacques AUBURTIN   Ven 10 Nov - 10:52

Nombre de notices du DiLiPo ont été établies à partir d'informations biographiques glanées sur des romans et non vérifiées. Rien à voir avec les recherches approfondies que mène notre TontonPierre. I love you
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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Mar 28 Nov - 0:09

Jacques Auburtin l’homme de théâtre – “Acte I”

Si l’abbé Bethléem reste muet sur le sujet en parlant de Jacques Auburtin, c’est sans doute parce que ce dernier exerça cette activité sous pseudonyme. Un pseudonyme qui aura échappé à l’ecclésiastique.
L’incursion de Jacques Auburtin dans l’écriture pour le théâtre, qu’il fit sous la signature de Jacques Saint-Armand, est l’un des fruits des études classiques qu’il suivit et qu’il mentionne dans les éléments de sa biographie joints à son roman “Les Brouillards de Londres”.

En avril 1923 était annoncé dans la presse spécialisée le premier spectacle du Théâtre de la Bohème au Théâtre Michel, à Paris :
«La Bohème n’est pas un théâtre d’avant-garde ; son directeur, M. Victor Hœrter, fait appel, non pas aux auteurs dits “d’art”, mais aux auteurs de pièces légères susceptibles d’être jouées sur une scène régulière. M. Victor Hœrter présentera aujourd’hui au jugement de la critique la première pièce d’un jeune auteur : Deux ans plus tard, comédie en un acte et un prologue de M. Jacques Saint-Armand.» {1}

Dans un de ses romans d’alcôve, qu’il publia en 1931 – “Le Vertige de la volupté” – sous la signature de Serge Nitrubau, Jacques Auburtin semble faire allusion à cet épisode par la voix des personnages de son roman :
Citation :
«Parce que l’idée fixe, de faire représenter sa comédie, hantait Maurice, qu’il en parlait à chaque instant, accusait sa maîtresse de ne pas vouloir l’aider, la suppliait – avec l’accent d’un enfant qui réclame un jouet – de l’emmener chez un directeur, Rosette, voyant que le jeune homme prenait la chose très au sérieux, lui avait dit : (…)
– Es-tu capable d’écrire un petit acte drôle ?
– Oui …
– Même leste ?
– Oui.
– Je connais le directeur du Select Théâtre… tu sais bien… c’est une petite boîte qui se trouve à Montmartre… On ne me refusera pas ton petit acte… écris-le…» {2}

La critique, sévère, ne tardera pas à tomber :
«La Bohème voulant sans doute justifier son appellation nous a donné un spectacle un peu “à la flan” {3}. (…). Deux ans plus tard, comédie en un prologue et un acte de M. Jacques de Saint-Armand (sic !), nous prouve l’erreur d’un jeune auteur d’esprit croyant que le dialogue suffit à faire une pièce. Melles Lucette Derlys, qui a de l’allant et de l’espièglerie ; Bracoin, aimable débutante ; Cappella, un peu trop débutante ; MM. Pierre Lambert, qui a de la sincérité et de l’élégance ; Robert Serval, de l’émotion comique, l’ont joué avec une hésitation bien excusable.» {4}.


Ci-dessus : Article paru dans le quotidien Comoedia du 16 avril 1923, suite à la présentation de “Deux ans plus tard”, comédie de Jacques Auburtin alias Jacques Saint-Armand.

On n’entendra plus parler de cette comédie, ainsi que semble le concéder l’auteur lui-même, toujours dans son roman “Le Vertige de la volupté”, à la page 189 :
«Déjà, grâce à Rosette Ninon, un acte de lui avait le feu de la rampe, mais vraiment cela ne comptait guère. C’était un début, rien de plus.»

Retenons cependant le nom de Victor Hœrter, le directeur de ce tout nouveau groupement dramatique dénommé “Théâtre de la Bohème”, qui fut pour l’occasion co-auteur de l’une des deux autres pièces présentées ce 11 avril 1923 (“La Porte à gauche”), et que nous allons retrouver quelques mois plus tard de nouveau à l’affiche et avec notre “auteur” Jacques Saint-Armand {5}.

En juillet de la même année, Victor Hœrter, qui assure maintenant la direction intérimaire du théâtre Le Moulin Bleu {6}, annonce la nouvelle opérette dont il a signé le livret avec Jacques Saint-Armand, sur une musique de Maurice Bellecour : une opérette “moderne”, en trois actes - Bigoudis ou les jumelles audacieuses. La première représentation, jouée en matinée au Moulin Bleu le 13 juillet, obtient «un véritable triomphe», repoussant «en raison des grandes chaleurs, la “générale” pour la presse [] à la semaine prochaine.» {7}.

La critique se montre pour le moins enthousiaste :
«L’opérette Bigoudis ou les jumelles audacieuses, et le sketch Une Gaillarde, soulèvent le plus franc enthousiasme. Dame ! tout cela est spirituel, grivois et original ! Mmes Pearl Rantza ; Képha Ramondou, F. Nyssor, L. Lyer ; MM. Pastor, Derblais, Rosenthal sont aussi charmants comédiens que bons chanteurs !... Et les petites femmes ? Des amours !» [8] ;
ou encore :
«Cet ouvrage, qui est plutôt un long sketch en trois actes, n’est pas désagréable à écouter. Ainsi qu’il est de coutume au Moulin-Bleu, le sujet est un tantinet grivois mais sans être grossier ; et c’est beaucoup et pour ce les auteurs méritent d’être félicités.» {9}.

Tandis que le critique de Comoedia se montre plus circonspect :
Citation :
«Opérette moderne, nous dit l’affiche : sous-entendez livret un peu “à la flan”, ne visant qu’à recréer et à être sautillant … comme la musique. Avec une belle franchise, les auteurs nous donnent dans le programme la recette pour faire une bonne opérette… faisant recette.
«Au fond, disent-ils textuellement, ce n’est pas si difficile que ça… Vous prenez un musicien qui a du talent, deux auteurs qui voudraient bien avoir de l’esprit, et vous enfermez le trio… Au bout de deux heures, prudemment, vous délivrez les fauves… Comme ils n’avaient rien de drôle à se raconter, ils ont imaginé un sujet, c’est-à-dire une petite histoire extrêmement banale… Une fois que vous avez le sujet, lardez-le d’une valse, d’un fox-trott, d’un tango, saupoudrez-le de quelques mots spirituels, puis servez le tout bien à point…  
«MM. Victor Hœrter et G. Saint-Armand (sic !) se sont-ils efforcés de se conformer exactement à cette recette ? Leur petit ouvrage, sans prétention, tient du sketch et de la farce…»."


Ci-dessus : photo de la troupe de l’opérette “Bigoudis”, parue dans le numéro de Comoedia du 21 juillet 1923.

La pièce sera jouée près d’une soixantaine de fois durant tout l’été 1923.

Après cette « opérette », au succès encourageant mais mitigé et que l’auteur a dû partager avec Victor Hoerter, Jacques Auburtin semble mettre un frein subit à ses ambitions théâtrales. J’y vois là la concomitance de la «disparition» du monde de la revue et de l’opérette légère, fin 1924, de son mentor ou alter-ego Victor Hoerter, qui priva ainsi Jacques Saint Armand d’un soutien bénéfique à sa carrière d’auteur de théâtre, obligeant ce dernier à se tourner vers autre chose : ce sera l’écriture de romans légers. Toutefois, Jacques Auburtin «renverra l’ascenseur» à Victor Hoerter en lui donnant l’opportunité de publier un ouvrage à La Renaissance Moderne en 1929, et reviendra au théâtre au moment de la seconde guerre mondiale, comme nous le verrons dans un futur post.

Notes :
{1} In le quotidien Comoedia du 11 avril 1923.
{2} Le vertige de la volupté – pages 84-85.
{3}  “A la flan” : se dit de ce qui est mal fait, de ce qui n’est pas sérieux (Le Larousse).
{4} In le quotidien Comoedia du 16 avril 1923 – article signé Armory.
{5} Victor M. Hoerter fut omniprésent dans le monde de la revue et de l’opérette légère dans les années 1910-1920. Membre influent de la Direction de “La Revue Mondaine” à partir de 1901, directeur des “Spectacles de l’Inédit” en 1909, Directeur du “Groupement dramatique du Théâtre de la Bohème” et directeur intérimaire du Moulin Bleu en 1923, il écrivit, ou plutôt co-écrivit, de nombreuses fantaisies-revues et courtes opérettes avec de nombreux auteurs « légers » en herbe, qu’il propulsa sous les feux de la rampe, avant de disparaître lui-même de la scène fin 1924, pour se retrouver chargé de la critique dramatique au journal “La Rue de la Paix”.
{6} Le Théâtre du Moulin Bleu (directeur Martial Tallien), situé à deux pas du prestigieux Moulin Rouge dans le quartier de Pigalle, prit la suite en novembre 1920 du théâtre Arlequin où se jouaient des pièces grivoises ; lui-même ayant remplacé le théâtre Little Palace créé en 1905. Continuant dans le même registre, le Moulin Bleu fut l’un de ces petits théâtres spécialisés dans les spectacles lestes, grivois, licencieux, voire obscènes.
Pour en savoir plus sur ces théâtres des années 1920, on pourra se reporter à l’excellent site de Jacques Gana, ciblé sur la comédie musicale entre 1918 et 1944 (http://comedie-musicale.jgana.fr/index.htm ), et notamment au compte-rendu de la séance du Sénat du 10 juin 1920, cité en référence à la page “Moulin Bleu” dudit site, et traitant de l’affichage et du contenu des programmes licencieux de l’époque :
(http://comedie-musicale.jgana.fr/content/presse/19200610joff.pdf )
{7} Rubrique “Courrier des Théâtres” in Comoedia du 14 juillet 1923. Cette rubrique semble être alimentée au jour le jour par des courts textes produits par les théâtres eux-mêmes… donc forcément à leur avantage.
[8] Rubrique “Courrier des Théâtres” in Comoedia du 23 juillet 1923.
{9} Article de Pierre Landry, dans  “La Rampe” – 05 août 1923

Prochain article : Du théâtre grivois au roman d'alcôve...

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MessageSujet: Jacques Auburtin [biographie]   Sam 16 Déc - 9:55

Du théâtre grivois au roman d’alcôve…

Au milieu des années 1920, Jacques Auburtin abandonne, mais non définitivement, le théâtre, et se tourne vers l’écriture d’ouvrages légers.
Lui-même justifie d’une façon implicite cette attirance pour la production littéraire par la voix d’un des personnages de son roman “La Fille aux combines”, publié à la C.P.E. en 1950 :
«Il sentait sourdre en lui une intelligence inemployée. Il se croyait des aptitudes littéraires et philosophiques. Il avait écrit un volume mais il s’était heurté à l’incompréhension des éditeurs qui se refusaient à le publier.
«Il ne lui restait plus qu’à porter son manuscrit chez un imprimeur, qu’à payer pour que son ouvrage vît le jour…»
(pages 184-185).

Son premier roman, “L’Alcôve”, qu’il qualifie de «Roman d’aujourd’hui», paraît en 1927 comme second titre des éditions “La Renaissance Moderne” (r.m.), une maison d’éditions dont Jacques Auburtin semble avoir été partie prenante dans sa création et dont il deviendra l’éditeur en titre un peu plus tard {1}.


Ci-dessus : L’Alcôve - La Renaissance Moderne, Paris – mai 1927.
Page et contre-page de titre.

L’Alcôve” est représentatif de la série de romans «d’amour» qu’écrira Jacques Auburtin jusqu’au début des années 1930. Dans ses romans se mélange une palette de personnages bigarrés : femmes de la haute - « expérimentées », filles de mauvaises vie, séducteurs - jeunes ou grisonnants, amants d’un jour, auteurs en herbe,… le tout dans l’ambiance feutrée des boudoirs de la bourgeoise parisienne, ou dans celle plus interlope du théâtre de boulevard ou des boîtes de nuit – un milieu que l’auteur venait de quitter. A plusieurs reprises, leur écriture partira du récit, fait par un personnage se voulant « romancier », des souvenirs amoureux d’une héroïne de circonstance.
L’Alcôve” sera suivi de plusieurs titres de la même veine : “Les Jeux de l’amour – récits d’aujourd’hui” et “Femmes de palaces”, en 1929 ; “L’Heure amoureuse” (sous la signature de Jacques Saint-Armand) et “L’Esclave de volupté”, en 1930 ; “Le Vertige de la volupté” (sous la signature de Serge Nitrubau) en 1931 ; “Confession Charnelle” en 1932 ; “Névrose d’amour” en 1933 et “L’Enfant parmi les filles” en 1934.
Tous ces romans auront un certain succès. En 1934, “L’Enfant parmi les filles”, le dernier roman d’alcôve de la série écrite par Jacques Auburtin, indique, dans la rubrique «ouvrages du même auteur» : “L’Alcôve” : 35e mille ; “Les Jeux de l’amour” : 9e mille ; “L’Esclave de volupté” : 15e mille ; “Femmes de palaces” (épuisé) : 7e mille ; “Confession Charnelle” : 8e mille.


Ci-dessus : L’Enfant parmi les Filles – Les Cahiers Noirs, Paris - AI le 10 janvier 1934
Page et contre-page de titre.

Un de ses titres ira jusqu’à faire de la publicité «in texte» pour le romancier, par l’intermédiaire d’un des personnages du roman :
«Que deviens-tu Jacques ? Tu es content ? Tes romans se vendent bien ? Je vois ton nom et leurs titres de temps à autre à la devanture des libraires et sur les journaux… J’ai admiré ta photo parue dans Le Sourire et dans La Vie Parisienne… Et deux ou trois fois je t’ai entendu parler par T.S.F. J’ai lu tes bouquins : l’Alcôve… Les jeux de l’amour… l’Esclave de volupté…
«Et, aimablement, elle m’adressa un compliment, m’offrit des félicitations.»
{2}
… on n’est jamais si bien servi que par soi-même !!!


Ci-dessus : publicité pour les romans de Jacques Auburtin, insérée avec la photo de l’auteur,
et à plusieurs reprises, dans la revue “La Vie Parisienne”, fin 1929 et début 1930.

De tous ces titres, le dernier, “L’Enfant parmi les filles”, peut être assimilé par certains côtés à un roman noir, menant le personnage clé du roman sur le chemin de la guillotine ! Il fut édité par Les Éditions des Cahiers Noirs, une maison d’éditions créée vers 1933 par Jacques Auburtin après la cessation d’activité de La Renaissance Moderne {3}.

Notons toutefois qu’un certain nombre de titres annoncés ne paraîtront pas (bien que leur annonce fût parfois assortie d’un extrait de texte). Tels “Le Désir qui rôde” - annoncé par “L'Alcôve” ; “Griserie” et “Nuits de Riviera” - annoncés par “L’Esclave de volupté” ; “Le baiser de minuit” – annoncé par “Confession charnelle” et par “L’Enfant parmi les filles”.

Notes :
{1} Voir le post à venir “Jacques Auburtin éditeur”.
{2} Confession Charnelle, Editions R.P. – Paris, 1932 – page 11. L’auteur fait ici référence aux publicités pour ses ouvrages passées dans des journaux légers de l’époque, ainsi qu’à ses quelques interventions à la Radio. Interventions dont je n’ai pu retrouver trace, mais qu’aurait repérées l’abbé Bethléem qui indique que notre auteur fut « conférencier à la T.S.F. ».
{3} Voir le post à venir “Jacques Auburtin éditeur”.

TontonPierre


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