Ce forum est dédié à ce qu'on nomme littérature populaire, littérature marginale, autre littérature, paralittérature
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 [Auteur] Hank Janson

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Ven 20 Nov - 21:09


L’attitude de Janson vis-à-vis des femmes est quelque peu contradictoire…. Il déclare à plusieurs reprises qu’il est opposé à la violence à l’encontre des femmes, fustigeant amèrement ceux qui maltraitent leurs compagnes ou les filles de leur famille ; c’est le cas dans son premier roman “This Woman Is Death”, où Janson désapprouve vivement la cruauté de Nat Garvin envers sa sœur Gwen. Mais déjà ses actes contredisent ses prises de positions, notamment dans ses toutes premières aventures où, il faut le reconnaître, son personnage est encore en évolution. Dans “Slay-Ride For Cutie”, il libère Eve et Gloria, mais en les laissant à moitié nues dans une contrée déserte ; dans “Gun Moll For Hire”, il contraint Patricia Hale à se placer dans une position où elle a de grandes chances de se faire tuer ; dans “Honey Take My Gun”, il pince sauvagement Pam pour lui faire avouer le lieu d’une réunion ; et dans “Lilies For My Lovely”, il recommande de bonnes paires de claques pour June Miller pour son attitude contredisante.

Dans toutes les turpitudes qu’il fit traverser à ses personnages féminins, jamais Frances ne fit porter la main sur les femmes par Janson, y compris dans les passages les plus prédisposés pour. La cruauté sans retenue envers les femmes disparut d’ailleurs dès la deuxième série, bien que l’opinion de Janson fût encore d’affirmer que certaines femmes ne savaient réagir qu’aux paires de claques, et déclarait que parfois les femmes mariées en demandaient même…On pourrait arguer que ces types d’opinion était relativement répandus à cette époque, et que les placer dans la bouche de Janson servait à renforcer son image de “dur” ; la vérité est que Frances n’a pas laissé Hank exploiter de telles suggestions avec des actes donnant du poids à cette dernière théorie. En effet, lors d’un incident dans “Don’t Dare Me, Sugar”, Jessica Hardiman, une collègue dont Janson est supposé être le coach du fait de son expérience, suppose que la raison pour laquelle Janson lui a donné la fessée est qu’il est sexuellement frustré, n’étant pas marié et n’ayant de ce fait pas d’exutoire pour ses pulsions sexuelles.


Ci-dessus la couverture de Heade qui aurait pu être l’originale du titre “Slay-Ride For Cutie” (nov. 1949), mais qui – de l’avis de Steve Holland – fut gardée en réserve pour une hypothétique réédition en un seul volume des trois premiers courts romans publiés en 1946 chez Ward & Hitchon, en remplacement des couvertures dessinées par Bob Wilkin. L’illustration sera finalement utilisée pour la réédition de “When Dames Get Tough” en 2004 chez Telos. Il eût été dommage de laisser aux oubliettes ce bijou représentatif de l’art de Reginald Heade à cette époque .(from “Reginald Heade, England’s Greatest Artist” – op. cit.)


Janson se fait toujours reprendre l’avantage par le sexe opposé, car ce dernier le rend vulnérable. Sa position de “dur” vis-à-vis des femmes s’exprime par des phrases du style « Je suis un pigeon pour les dames – pour les petites mignonnes », mais en même temps, il doit admettre – comme dans “Sister, Don’t Hate Me” : « Peut-être qu’en apparence, je suis un dur à cuire ; mais si vous creusez un peu sous ma carapace, je suis un tendre, croyez-moi, comme un bébé ».

Frances était souvent aux anges quand il narrait les relations de Janson avec les femmes. Sa rencontre houleuse avec Jessica Hardiman mentionnée ci-dessus est atypique et doit être vue comme un bref moment à caractère bon enfant. Une lecture superficielle des romans de Hank Janson peut faire apparaître le personnage comme un prédateur sexuel, à partir du moment où il ressent toujours et immédiatement une attirance sexuelle pour les femmes, mais ceci est une simplification un peu rapide pour qualifier ses relations avec les femmes. Janson a un code de conduite – identifiable et caractéristique – laissant supposer, comme dans “Gunsmoke In Her Eyes” que le sexe sans romantisme n’a que peu d’intérêt pour lui ; pas plus qu’il n’aime jouer en la matière le rôle de “remplaçant” quels que puissent en être les avantages. Janson peut flirter ou encourager sans cesse le flirt, mais il garde le sentiment que quiconque est infidèle envers sa fiancée n’est pas digne de confiance (“The Bride Wore Weeds”).
Le sexe triomphera parfois, comme dans “Angel, Shoot To Kill”, où Janson sera partagé entre le sex-appeal de Linda Dargale et l’attirance plus complexe de Viola Robins. Le commandement d’infidélité, cependant, semble être couvert par le discours un peu commode consistant à trouver “normal” le coït furtif tout en rejetant la culpabilité sur sa partenaire si cette dernière est mariée ou fiancée.

Janson se trouve souvent tenaillé par un sentiment de culpabilité quant à ses relations : en choisissant Linda Dargale plutôt que Viola Robins, par exemple, il pense qu’il a trahi cette dernière. Pire encore est le béguin qu’il eut pour Mindy Hiller dans “This Dame Dies Soon” qui le réduisit comme un moins que rien, avec le renfort du quelque peu amusé mais un peu plus indulgent Frank Carstairs, dont Mindy est amoureuse. A d’autres moments, Janson est carrément à côté de la plaque (“completely wrong-footed”), comme avec la frigide Cora Reid de “The Jane With Green Eyes” auprès de qui il essuiera une rebuffade ; ailleurs il adopte une attitude d’offensé résigné… un épisode classique dans ses relations avec Sheila Lang, sa collègue de travail avec laquelle il aura souvent l’occasion de bien rigoler, notamment dans les premières pages de “Some Look Better Dead”, ou comme avec sa rivale et reporter Jenny Finton dans “Women Hate Till Death”. Les relations de Janson avec les femmes sont d’ailleurs souvent source d’humour, mais souvent exprimées dans de très brefs passages, sous forme de bons mots, mais jamais exagérés par rapport à l’histoire : « Henry est très bien à sa place, je pense… » dit Sandra avec une grimace un peu fâchée à la fin du troisième chapitre de “Skirts Bring Me Sorrow”, « …mais il n’y est pas encore enterré ».

Janson continue à tenir un langage quelque peu corrosif sur un grand nombre de sujets. Dans la première série, Frances nous fait connaître ses opinions à partir de ses boîtes à savon ; mais à partir de la seconde série, avec Janson installé dans une meilleure condition sociale, on trouve moins d’opinions incendiaires ou sulfureuses, et plus de discussions, avec un Hank Janson dans le rôle d’un homme sain et équilibré. Par bonheur, le fait d’avoir placé Hank dans la peau d’un journaliste ne supprime pas une des grandes capacités de la série : la possibilité de le faire intervenir dans des lieux divers et variés. Chicago devint le point de départ de diverses pérégrinations de Janson et à partir duquel Frances pouvait faire écho à certains problèmes de société comme la haine raciale dans le “Deep South” (“The Jane With Green Eyes”) ou les préjugés entretenus dans les petites villes de province (“Torment For Trixy”).

Justement “Torment For Trixy” fournit un bon exemple où l’on voit Frances profiter des propos mis dans la bouche de Janson pour traiter de ses propres problèmes, en l’occurrence la censure portée sur les livres. Publié en mars 1950, ce titre pressentait avec une certaine inquiétude le type d’actions qui venait juste d’être déclenché par les autorités contre les romans policiers ; il fut sans doute inspiré par les premiers rapports des revendeurs qui avaient eu leurs stocks de livres détruits.

Le début du roman tourne autour de la publication d’un livre “sexy”, “The Inconstant Lover”, écrit par une certaine Jane Grey, que Janson recherche…pour découvrir qu’elle n’est simplement qu’une jeune provinciale sans expérience nommée Trixy Pugh. Dans la petite ville de Little Falls, Janson assiste à un meeting organisé par le “Church Literary Group” qui condamne “The Inconstant Lover” à la disgrâce. Pour Janson cependant, l’histoire ne disait pas ce que les gens rapportaient : « Je répétais posément : “Il n’y a rien de mauvais dans ce livre. La seule chose qui est mauvaise c’est la manière dont les gens le voient. Vous avez une attitude de petits bourgeois. Vous voyez la gangrène là où elle n’est pas. Ce livre n’est pas obscène. Il est comme est la vie ; peut-être avec un peu plus de saveur. Les seuls vices et obscénités de ce livre sont ceux que vos démons intérieurs vous font lire”. »


Les quatre derniers titres de la quatrième série : “Vengeance”, février 1953 ; “Torment”, avril 1953 ; “Amok”, mai 1953 et “Corruption”, juin 1953. “Vengeance” et “Amok” seront deux des sept livres incriminés lors du procès de 1954. “Torment” – à ne pas confondre avec “Torment for Trixy” qui sera réédité en 2003 chez Telos, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa parution.


Un autre aspect original des romans de Janson, et une raison supplémentaire pour laquelle ses lecteurs pensaient souvent qu’il était une personne réelle, était que le personnage de Hank Janson incorporait à l’occasion dans ses intrigues les romans qu’il était censé avoir écrit. Ceci se retrouve notamment dans “Torment”, où Janson vient en aide à Betty Scott, et cette dernière l’invitant à contre cœur chez elle pour une partie de b ’n b (baise et beuverie), car elle est persuadée après avoir lu ses romans qu’elle doit s’attendre à ce genre de comportement….. Déclinant “l’invitation”, Hank lui dit : « Soit c’est vous qui avez mal lu, soit c’est moi qui aie mal écrit ».

“Vengeance” pousse cette notion encore un peu plus loin quand Hank se rend au “Horseshoe” (Le Fer à Cheval), un Club qui figurait déjà dans “It’s Always Eve That Weeps” (un roman signé Hank Janson, mais sans le personnage de Janson). Ce titre se passait à l’époque de la prohibition et, revenant au “Horseshoe” dans les années 50, Hank constate que le personnel a pris de l’âge entre temps… Fats, le propriétaire, et Susan, une des hôtesses, se souviennent de lui depuis ces années, quand il faisait des recherches pour son roman : « J’ai lu votre livre – dit-elle – Tout ce que vous avez écrit dedans me semble être la vérité »…. « Pour beaucoup de choses, oui – répondit Hank - . Exagérées… peut-être, mais foncièrement vraies ». Cette notion de réalisme poussé au-delà de l’extrême est clairement ce que Stephen Frances a voulu essayer dans ses romans de Hank Janson ; et, pour y parvenir, il créa en Janson un personnage d’une profondeur émotionnelle qui reflétait un certain nombre de soucis que lui-même Frances ressentait dans la vie. Janson lui permit d’explorer des domaines inaccessibles dans la réalité ; les comportements et les propos polémiques qui fusaient par intermittence de la bouche de Janson étaient tout au plus forcés pour apparaître comme quelque chose dans lequel croyait l’auteur.


Sa vulnérabilité - notamment sa vulnérabilité émotionnelle - fit de Janson un cas à part dans le genre, où la vertu se situait justement dans l’absence d’émotion. Les histoires de gangsters britanniques étaient pleines de machines à tuer sans états d’âme dont la seule qualité marquante était d’emmagasiner les coups comme un accumulateur pour relâcher toute la violence accumulée sur leurs rivaux. Quand Frances se mit à écrire des récits où ne figurait pas Hank Janson, comme au début de la troisième série, il y eut plus de monotonie, puisqu’il lui fallut conter une histoire en dehors de tous les comportements et de toutes les interprétations qui étaient les fondements de la vision du monde selon Janson. Dans le monde de Janson, l’histoire devait avoir une conclusion vertueuse, avec les innocents préservés des malheurs passés et les méchants recevant la punition qu’ils méritaient.


Parmi les cinquante titres des cinq séries de Hank Janson, seuls deux seront traduits et publiés en France, aux éditions “Le Condor”, une maison d’édition dirigée par Roger Dermée. “Faut Pas crier, Chérie !” (“Baby, Don’t Dare Squeal”) paraîtra fin 1952 et sera le premier numéro de la collection “Votre roman noir, Madame…”, et “Les jupes lui donnent du souci” (“Skirts Bring Me Sorrow”) sera le quatrième numéro de la collection au deuxième trimestre 1953. Les couvertures françaises sont à mettre au crédit de Jihel (Jacques Leclerc)

Dans les romans sans Hank Janson, pas de place au hasard : les personnages centraux masculins, n’ayant ni la force de caractère ni les convictions morales de Janson, peuvent être “manipulés” plus aisément ou réagir plus violemment. Pour eux la vie se révèle souvent cruelle : dans “Baby, Don’t Dare Squeal” (traduction française sous le titre “Faut pas crier, Chérie !” paru fin 1952 aux éditions Le Condor), Amber Blake songe au meurtre pour gagner l’objet de sa passion – Carole -, mais cette dernière n’hésite pas à l’abandonner sans un sou sur le bord de la route quand celui-ci ne lui sert plus à rien ; dans “Sadie, Don’t Cry Now”, l’impassible solution fournie dans les dernières pages par Harry Smith ne peut masquer le fait qu’il est face dorénavant à une vie de fugitif recherché pour vol et pour meurtre après avoir été malgré lui un pion dans les projets de sa partenaire féminine. Dans “Hosty, You’ll Be Chilled”, Hal Burgess, responsable sans le vouloir de la mort de quatre de ses collègues, sombre dans l’alcoolisme et perd ainsi la fille qu’il aimait ; dans “Amok”, Jimmy Martin se retrouve sur le banc des criminels pour un meurtre commis par erreur ; et dans “Pursuit”, Jim Mason perd sa liberté par hasard et sa femme pour une négligence de la police combinée à son passé criminel, ce qui le met face à la mort à cause des actions imprudentes d’un des membres du gang qu’il espérait utiliser pour se faire réhabiliter.

Pour la plupart, ces romans sans Hank Janson sont des récits ternes mêlant tourments et trahisons… sans la moindre intervention de gangsters, ni dans l’intrigue, ni dans les personnages. Mais tandis que Frances semblait se délecter en faisant la chronique de la misère de la condition humaine, dépeignant ses personnages en marge de la Société, se repoussant les uns les autres y compris dans leurs liens partagés du désespoir, le monde n’était pas pour autant aussi noir et aussi pessimiste. Ainsi “Death Wore A Petticoat” demeure optimiste en dépit de la souffrance de son personnage central Frank Hardwick, dont la vie a été bouleversée par une fausse accusation de chantage. Dans la fin du récit, Hardwick trouve la force de tourner le dos à cette civilisation matérialiste pour aller passer une existence tranquille dans les bras de celles qu’il aime.

Au-delà des émotions qui parsèment les récits de Janson, il est aussi intéressant de noter que certains de ses romans sont de solides thrillers avec des intrigues complexes et originales qui leur donnent la garantie d’un haut niveau de divertissement, tel “The Lady Has A Scar”, avec sa distribution de personnages finement observés, et son affaire de meurtre classique qui, une fois lancée, avance implacablement à vitesse V vers une conclusion pour laquelle Janson misera sur sa réputation (et le Chicago Chronicle sur 200.000 dollars). Que dire aussi du titre “Suspense”, qui parle de lui-même, et des deux titres “Women Hate Till Death” et “Tension”, qui ont les ingrédients classiques d’une “procédure de Police” mêlée à d’autres points pour donner des scénarios convergents : dans le premier le point supplémentaire est la traumatisante “histoire dans l’histoire” de deux cousins et de leurs expériences dans une prison pour femmes en Pologne à l’époque des Nazis, alors que dans le second, ce quelque chose qui interfère est réellement plus gai.

On ne peut pas dire pour autant que Frances fut un auteur sans défaut. Trop de récits s’appuient sur le simple fait du hasard pour faire avancer l’intrigue, et la quatrième série souffre d’avoir revisité des scénarios ou des thèmes qui avaient été bien mieux traités dans les trente-six romans précédents – bien que ce soit, comme on dit, les impuretés dans le diamant qui lui donnent parfois sa valeur… Les romans de Janson ne sont pas des énigmes criminelles au sens traditionnel du terme, et si le coupable est découvert par le lecteur dès la moitié du livre, et bien soit !… l’arrivée est peu importante comparée à l’émerveillement du voyage…

(à suivre…)
TontonPierre

Informations tirées des livres de Steve Holland “The Trials of Hank Janson” – édition anglaise de 2004 parue chez Telos, et “The Mushroom Jungle”ZEON Books 1ère édition de 1993. Les propos recueillis et rapportés par Steve Holland dans ses ouvrages, et reproduits entre guillemets tout au long du texte mis en ligne ont été traduits de l’anglais par TontonPierre.
Sauf indication contraire, les reproductions de couvertures incorporées à l’étude sont issues du Web.

Avec l’aimable autorisation de Steve Holland pour l’utilisation et l’adaptation des passages de ses ouvrages “The Trials of Hank Janson” et “The Mushroom Jungle”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Ven 27 Nov - 21:15


La pin-up est une tradition de longue date, mais elle a principalement pris son essor dans les années 30’ avec les photographies glamour des actrices d’Hollywood. Betty Grable, avec ses légendaires jambes d’un million de dollars, fut un exemple de pin-up “classique” en faisant la couverture de Movie Story Magazine de décembre 1943. Résultat : 20.000 demandes affluèrent en une semaine à la Twentieth Century Fox pour obtenir cette photo…. Rita Hayworth, Jane Russel, et plus tard Ann Sheridan et Lana Turner rivalisèrent pour être “La Reine des Pin-Ups”. Dans l’Angleterre d’après-guerre, des petites revues de photos des stars d’Hollywood et des studios britanniques apportèrent un peu de glamour dans la grisaille et la déprime du pays – le tout sans sex-appeal… : la photo de nu, elle, était l’apanage des publications reliées et coûteuses. A mesure que les magazines de photos d’art – ou les magazines tout court – avec des pin-up se développèrent, ce fut leur nombre et leur prix bon marché qui amena les autorités à causer les premiers ennuis chez les revendeurs.


Deux pin-up des années 40 : Betty Grable dans son fameux maillot de bain jaune faisant la couverture du numéro de décembre 1943 de “Movie Story Magazine” ; et Rita Hayworth dans le film “Gilda” sorti en 1946….Rapprochez cette photo de la couverture de “This Woman Is Death” dessinée par Heade deux ans plus tard en 1948 !


Les romans policiers, délibérément violents et sexy, et largement diffusés, furent une cible facile pour les autorités. James Hadley Chase [Rene Raymond] et Darcy Glinto [Harold Kelly] furent pris pour cible en 1942 : des libraires vendant “Miss Callaghan Comes to Grief” de Chase et “Road Floozie” de Glinto furent poursuivis, et Raymond, Kelly et leurs éditeurs se retrouvèrent tous au Palais de Justice du Old Bailey le 19 mai 1942. Rene Raymond plaida non coupable pour les charges retenues contre lui pour avoir publié un roman “obscène”, mais fut considéré coupable et condamné à une amende de £100. A la lueur de ce verdict, Kelly plaida coupable et ne fut condamné qu’à une amende de £50. Cependant, à part un ou deux autres cas où des libraires continuèrent à vendre ce genre de titres, il n’y eut plus de problèmes majeurs jusqu’en 1950 quand, les restrictions de papier étant tombées, des centaines de nouveaux magazines et de livres commencèrent à envahir le marché.

Le super-intendant de New Scotland Yard édita le mémo de la marche à suivre dans de tels cas :
1 - Quand une personne est connue ou suspectée de proposer de la littérature pornographique, un achat test est effectué et, si l’ouvrage est considéré comme obscène, l’achat est porté devant un juge qui décide si oui ou non un mandat doit être accordé, selon la section 1 de la loi de 1857 sur les publications obscènes, pour perquisitionner les locaux.
2 – Dans le cas ou le mandat est accordé, la perquisition des locaux est effectuée par la Police et tout ce qui peut être considéré comme obscène est saisi.
En termes pratiques, cela voulait dire que l’attention de la Police pouvait être attirée par l’achat effectué par un particulier ou par un officier de police en civil envoyé délibérément pour se procurer un exemplaire. Une fois la preuve de l’achat faite, la procédure du mandat de perquisition pouvait être lancée.
Dans la majorité des cas, il s’ensuivait un ordre de destruction des revues et livres saisis, et le “coupable” s’en accommodait, plutôt que de devoir défendre son cas devant un jury. Quand le commerçant ne contestait pas la décision, les livres étaient emportés et détruits et on n’en parlait plus.

En avril 1951, F. Thornton du Ministère de l’Intérieur (le Home Office) sortit une circulaire enfonçant le clou en indiquant que le Secrétariat d’Etat souhaitait être informé de toutes les ramifications de ce trafic(sic).
L’effet fut immédiat : alors qu’en 1950, 67 ordres de destructions avaient été donnés ; en 1951, les chiffres montèrent à 271, et 51 personnes furent condamnées contre 19 l’année précédente.
Présumés coupables, les accusés devaient prouver que les ouvrages saisis n’étaient pas obscènes. Ceci ne pouvait se faire que devant un jury et lors d’un procès, en confrontant les livres au test régissant ce qui concernait l’outrage aux bonnes mœurs (“obscenity”)… qui datait de 1868, et connu sous le nom de test de Hicklin (1) : “Il y a outrage aux bonnes mœurs à partir du moment où l’inclination de la chose comportant de l’obscénité est faite pour dépraver et corrompre ceux dont les esprits sont ouverts à de telles influences immorales, et dans les mains desquels ce genre de publication peut tomber.” (ouf !… c’est clair !)


En 1951, le district de Blackburn, dans le Lancashire, fut un des plus actifs en matière de persécution des livres obscènes. En mars, la police locale procéda à une série de perquisitions chez des libraires et saisit des centaines de titres ; le 30 mai, un libraire fut condamné à une amende de £5 pour avoir vendu un exemplaire de “Gunsmoke In Her Eyes” de Hank Janson ; en août, les magistrats eurent à traiter un des plus importants cas connu contre des romans policiers “obscènes”, avec pas moins de seize charges contre dix personnes, parmi lesquels Julius Reiter avec sa Gaywood Press en tant que distributeur, et Bernard Kaye en tant qu’éditeur, pour le roman d’André Latour “Temptation”. Leur avocat, Me Christmas Humphreys, plaida pour l’innocence de ses clients, alors qu’eux-mêmes plaidèrent coupable. Le président invita les magistrats à porter leur attention sur certains passages “particulièrement corsés” du roman, concernant la première visite d’une jeune Anglaise à Paris. Me Humphreys comptabilisa une seule page – “la description de héros cédant à la tentation” – qui serait allé un peu trop loin, et rappela que jusqu’à ce jour, pas un des livres que ses clients avaient publiés et distribués n’avaient été sujets à controverse… Si l’accusation contre Julius Reiter fut classée sans suite, du fait qu’il n’avait jamais lu l’ouvrage qu’il avait publié, Bernard Kaye – absent au procès pour cause de maladie - et Gaywood Press reçurent chacun une amende de £50, plus les frais de justice.

Le roman de Hank Janson “The Jane With Green Eyes”, publié en juillet 1950, reçu vingt-deux ordres de destruction dans le courant de 1951, mais fut déclaré “non obscène” par les magistrats de Stockton-on-Tees en juillet de la même année. Le même titre sera pourtant poursuivi dans le district de Darwen 18 mois plus tard…C’est peu après la décision de Stockton-on-Tees que Reg Carter reprit la publication en son nom des Hank Janson et qu’il décida de retirer temporairement les couvertures de Heade. Lui, l’auteur – Frances - et le distributeur - Reiter - établirent une charte des lignes directrices à suivre pour s’assurer que les livres qu’ils publieraient ne seraient pas obscènes. Si les livres venaient à être saisis, ils pourraient au moins utiliser cette charte comme une pièce à mettre au dossier et essayer de faire clarifier la loi. « Toute scène, action ou mots utilisés dans un quelconque des livres publiés doivent être banals et être en concordance avec les représentations contemporaines de notre Société », dit Frances en commentant la charte. « S’il y a une fille nue dans un livre, on doit montrer que des magazines à large lectorat présentent aussi des femmes nues. Si une femme est attachée à une chaise, on doit montrer qu’un film labelisé “tout public” montre aussi une femme attachée sur une chaise. Si un dialogue grossier est utilisé, on doit démontrer que les journaux nationaux impriment eux aussi des propos similaires. »
Carter et Reiter se sentirent sécurisés par cette charte et continuèrent à publier et à diffuser de nouveaux titres.

Après l’année 1951 qui vit sur l’espace d’un an les actions contre les prétendus livres obscènes être multipliées par quatre, l’année 1952 fut relativement calme : 115 ordres de destruction seulement furent prononcés pour un total d’environ 32.000 livres, soit la moitié de ce qui avait été détruit en 1951.

Le 30 mai 1952, un libraire de Blackburn fut condamné à une amende de £5 pour avoir vendu “Angel Shoot To Kill”, et la Société éditrice S. D. Frances à la même amende. En août, Me Christmas Humphreys revenait au tribunal, pour défendre un cas impliquant “Milady Took The Rap” dans la ville voisine de Darwen. Christmas Humphreys, qui plaidait coupable au nom des Editions Poetry que Carter venait de racheter pour publier les Hank Janson, formula une plainte contre les autorités à qui il avait fallu douze mois pour se décider à poursuivre le titre en question, ajoutant que le livre ne pouvait pas être considéré comme spécifiquement obscène : « Quand il convient de se prononcer sur l’obscénité d’un livre, il n’y a pas de standard pour dire si oui ou non un livre est obscène. Aucun tribunal ne s’est investi pour formuler ce qui constitue l’obscénité ». « Les personnes que je représente ne peuvent prédire si ce qu’ils publient sera ou non considéré comme obscène. Il n’existe pas de censorat, et personne pour les conseiller. Ce livre a été publié en 1951, et voilà le seul district sur les 995 que recouvre l’Angleterre où une poursuite à propos de ce livre a été engagée ».
Les Editions Poetry, plaidèrent coupable, raconta Humphreys, car c’était la politique de la maison de vouloir rester dans le cadre de la loi…


Le 16 avril 1952, l’inspecteur de la Police londonienne John Swain se déplaça de Scotland Yard au 104 de la rue de Southampton (l’adresse de l’entrepôt de livres depuis les éditions Pendulum) pour y rencontrer Stephen Frances et Reginald Carter, alors Directeur Général de la New Fiction Press Ltd. Il leur montra deux livres, “The Jane With Green Eyes” et “Milady Took The Rap”, deux titres tenus pour avoir été écrits par Hank Janson ; et il leur demanda s’ils reconnaissaient les avoir publiés. Le défendant, Frances, répondit : « J’ai bien écrit ces deux livres. Le premier, “The Jane With Green Eyes” a été publié par mes soins lorsque j’éditais sous mon propre nom il y a environ dix-huit mois. “Milady Took The Rap” a été publié par New Fiction Press, qui est l’imprimeur des Editions Poetry Ltd et dont Monsieur Carter est le directeur. »

Le 22 janvier 1953, Stephen Frances était au tribunal devant les juges de Darwen pour répondre à l’assignation à comparaître pour les deux ouvrages. Me R H Rowland, qui avait instruit précédemment le cas du même “Milady Took The Rap”, représentait encore le Ministère Public. Considérant ses précédentes condamnations, Frances plaida coupable pour “Milady Took The Rap”, mais pensa être en terrain plus sûr avec “The Jane With Green Eyes”, compte tenu du classement sans suite de l’affaire devant le tribunal de Stockton-on-Tees en juillet 1951. « La loi est si vague sur ce sujet [de l’obscénité] qu’il m’est impossible pour moi de la définir. J’ai consulté plusieurs juristes, mais en aucun cas, et compte tenu de l’indétermination des textes, un quelconque d’entre eux n’a pu me donner une garantie qu’un livre ne serait pas considéré comme obscène. »
Les juges ajoutèrent encore à la confusion en déclarant la culpabilité de Frances sur les deux titres, et ce dernier fut condamné à une amende de £50 pour chaque livre, et à payer les frais de justice.

Frances était le premier auteur à être poursuivi en justice pour obscénité dans des romans policiers depuis les poursuites de Rene Raymond [James Hadley Chase] et Harold Kelly [Darcy Glinto] en 1942. Il avait fait le voyage depuis sa résidence d’Espagne pour s’occuper personnellement de son cas. Surpris et troublé, il ne comprenait pas pourquoi ses romans qui avaient été publiés pendant plusieurs années sans controverses particulières devenaient de plus en plus sujets à des poursuites judiciaires. Pire encore lui était l’idée que ses romans puissent avoir une influence dépravante et corruptrice. Pour lui, ses livres avaient certes leur franc-parler, mais n’étaient assurément pas obscènes. Ils évitaient le langage et les mots qui pouvaient offusquer la grande majorité des lecteurs, et dans la plupart de ses livres, Frances avait même évité les personnages caricaturaux des romans de gangsters britanniques – la panoplie traditionnelle étant un “boss” intelligent mais sadique, un voyou, un “puncheur” abruti et un chatouilleux de la gâchette. Mettant en scène ces personnages stéréotypés, peu d’auteurs de polars essayaient d’étendre leurs intrigues vers une formule permettant au récit d’inclure une dose régulière de sexe, de violence, ou de violence sexuelle.

Sur les quelques quarante romans de Janson déjà parus au moment de ces poursuites, un quart seulement contenait des personnages de gangsters en tant que tels - précisément “This Woman Is Death”, “No Regrets For Clara”, “Gunsmoke In Her Eyes”, “Slay-Ride For Cutie”, “Sweetie Hold Me Tight”, “Don’t Dare Me Sugar”, “Lola Brought Her Wreath”, “It’s Always Eve That Sweep”, “Broads Don’t Scare Easy” et “The Filly Wore A Rod”. Ceux-là apparaissaient indirectement dans “Gun Moll For Hire” et brièvement dans “Angel, Shoot To Kill” et dans “Don’t Mourn Me, Toots”. La grande majorité des romans de Hank Janson mettait en scène des fonctionnaires corrompus, des membres de la cinquième colonne et toute une variété d’autres bons à rien. Parmi ses romans de gangsters authentiques, “Sweetie Hold Me Tght” et “It’s Always Eve That Sweep” furent des études de personnalités qui étaient loin des gangsters stéréotypés. En évitant les personnages conventionnels, Frances pouvait explorer une gamme de sujets et de comportements sociaux plus étendus.

Quant à écrire des romans “hot”, Frances en était bien conscient ; mais c’était plutôt dans la tradition de l’érotisme que dans celle de la pornographie. Le personnage de Hank était dans tous ses états (“hot under the collar”) chaque fois qu’il se trouvait en présence de filles à la voix quelque peu éraillée et aux appâts moulants découvrant le haut de leurs gorges laiteuses…

Le 24 juillet 1953, le Grand Intendant de l’Ile de Man, Howard Lay, présidait la mise en accusation de cinq libraires contre lesquels 62 charges d’inculpation de vente de livres obscènes étaient retenues. Un nombre considérable de romans de Hank Janson faisaient partie de la liste des 39 titres incriminés : “Death Wore A Petticoat”, “Lady, Mind That Corpse”, “Skirts Bing Me Sorrow”, “Lola Brought Her Wreath”, “Lilies For My Lovely”, “Some Look Better Dead”, “Baby, Don’t Dare Squeal”, “Tension”, “Sister, Don’t Hate Me”,“Conflict”, “Torment”, “Sadie Don’t Cry Now”, “Killer”, “Suspense” et “Accused”.
Ce cas mit en lumière les problèmes posés aux libraires : la police était armée de listes de livres éditées par le Ministère de l’Intérieur, qui, à un moment ou à un autre, avaient été assujettis à des ordres de destruction et qui, à première vue, étaient obscènes ; mais quand les vendeurs demandèrent à voir ces listes, justement pour éviter de vendre de tels livres, il leur fut répliqué que ces listes étaient confidentielles…

Le 11 août, Scotland Yard demanda à Julius Reiter un état relatif à la diffusion des romans de Hank Janson, et une demande similaire fut faite à Reg Carter le 28 août au sujet de leur publication… En septembre, les locaux de Carter furent perquisitionnés par la police armée et tous les livres trouvés sur place furent saisis et empilés dans un camion. Sautant dans sa voiture, Carter fila à Arc Press, là où les derniers Hank Janson étaient en train de sortir des presses. Il tomba sur d’autres policiers en train de charger dans des camions les livres qu’ils avaient saisis… Quand Carter vit cela, il mis sa rotative au point mort…Le même jour, pratiquement au même moment, Julius Reiter ne pouvait que contempler de gros camions emportant au loin tout ce qui était entreposé à la Gaywood Press

Cependant, ni Carter ni Reiter ne furent inquiétés ; mais leurs affaires venaient tout à coup de s’arrêter… Carter re-assembla rapidement ses ressources, créa une nouvelle société – Top Fiction Press – et édita “Corruption”, le dernier de la quatrième série des romans de Hank Janson, suivi par “The Unseen Assassin”, un numéro spécial Hank Janson se situant dans le domaine de la Science-Fiction.


La Science-Fiction avait en effet depuis toujours fasciné Frances. A l’époque de Pendulum, il avait édité le magazine “New Worlds” et, après avoir monté sa maison d’édition S. D. Frances , il avait passé commande pour un roman de science-fiction prévu pour paraître sous la signature de Astron Del Martia, imaginant que lui-même aurait pu écrire d’autres titres sous cette signature.


Les deux numéros parus de la revue “New Worlds” (juillet 1946 et octobre 1946) et édités par Pendulum. L’illustration du premier numéro, de Bob Wilkin, ne dopa pas les ventes…(3000 ex vendus sur les 15000 imprimés !) ; aussi, il fut réédité en réutilisant la couverture du deuxième numéro.[/i]


Le premier Del Martia, “The Trembling Word” (1949), fut écrit par John Russel Fearn – plus connu sous le pseudonyme de Vargo Statten – et un second titre, “Dawn Of Darkness”, était annoncé pour paraître dans la foulée.


Les quatre titres de Science-Fiction signés Astron Del Martia – signature inventée par Frances – et publiés par Gaywood Press entre 1949 et 1952. Le premier “The Tremblig World” est à porter au crédit de John Russel Fearn – alias Vargo Statten. Les trois autres furent écrits par un auteur “inconnu”. Deux autres romans écrits par Ralph L. Finn vinrent s’intercaler dans cette série, dont toutes les couvertures sont de Leroi.
Un cinquième titre signé Astron Del Martia apparaîtra en 1969 : “One Against Time”, que certains attribueront faussement à John Russel Fearn alors qu’il s’agit d’une réédition du second roman dans le domaine de la Science-Fiction de S.D. Frances, annoncé fin 1953 chez New Fiction Press et publié en 1956 chez Alexander Moring.


Cependant, l’accroissement des volumes d’impression des titres de Hank Janson accaparait toutes les ressources de Frances, et c’est finalement Gaywood Press qui publia ce titre en 1951, qui fut suivi de deux autres titres toujours signés Del Martia, mais de très pauvre qualité, ces trois titres ayant été écrits par une même main inconnue. En 1953, Frances se sentit plus assuré pour se lancer lui-même dans la Science-Fiction et s’introduisit dans le domaine par “The Unseen Assassin”, un titre dont il fit la promotion en quatrième de couverture de ses autres romans édités à la même époque, et qui fut présenté comme un numéro “spécial”.

Les numéros “spéciaux” sont, comme on peut s’en douter, des romans qui se situent en dehors des cinq séries référencées par Frances et ses éditeurs. Ils traitent de plusieurs genres différents, et le héros Hank Janson n’y figure pas. “Auctionned” fut le premier roman de ce type en juin 1952. C’est la première histoire d’une trilogie contant les aventures d’une jeune orientale capturée par un commando et vendue comme esclave pour le harem du calife de Ripel. L’histoire se continue avec “Persian Pride” (novembre 1952) et se termine par “Dessert Fury” en juillet 1953. En août 1953, New Fiction Press publie “The Unseen Assassin”, et réédite “One Man In His Time” sous la forme d’un numéro spécial et sous la signature de Hank Janson à la place de Stephen Frances de la version de 1946. Une anthologie “Deadly Mission”, regroupant une nouvelle originale “Kill This Man” et les deux nouvelles signées Hank Janson et publiées dans les deux numéros du magazine “Underworld” (mais sous une forme allégée), sortira en septembre 1953, alors qu’un second titre de Science-Fiction – “One Against Time”, pourtant annoncé, ne paraîtra qu’en janvier 1956 chez Alexander Moring.


Les trois premiers numéros “spéciaux” formant la trilogie des aventures d’une jeune orientale : “Auctionned” – juin 1952 (from “The Trials…” op. cit.), “Persian Pride” – novembre 1952 et “Desert Fury” – juillet 1953


Les trois derniers numéros “spéciaux” : A gauche “The Unseen Assassin” – 1er roman de science-fiction écrit par Frances paru en août 1953 (from “The Trials…” op. cit.) …cachez ce sein que je ne saurais voir !… Ce roman sera réédité en avril 1956 chez Alexander Moring… et le sein sera effectivement caché… Au centre, réédition du premier roman de Frances “One Man In His Time” – cette fois-ci signé Hank Janson à la place de S.D. Frances (août 1953). A droite, “Deadly Mission”, qui sera le dernier titre publié par New-Fiction Press…. avant le procès retentissant de janvier 1954.


L’avènement des numéros “spéciaux” peut être vu comme une indication qu’à la fois pour l’auteur et l’éditeur la fin des romans de gangsters était inéluctable. En tous cas, cela montrait que Frances souhaitait élargir son répertoire au-delà des polars à suspense. Même dans les Hank Janson “réguliers”, il avait prévu que la cinquième série – surnommée la série “continentale” - verrait Hank partir en mission en Europe, loin des USA. Le premier de ces titres, “Silken Menace”, aura pour cadre Amsterdam, et le second, “Nyloned Avenger”, Bonn.. Le troisième, “Woman Trap”, devait se dérouler à Berlin, mais l’escalade des soucis juridiques qui assaillit la collection fit qu’il ne fût jamais publié, de même que ne furent jamais publiés “Perfumed Nemesis” – pourtant annoncé par la quatrième de couverture de la 12ème édition de “Blonde On The Spot”, “Blonde Dupe” (dont la couverture sera utilisée par Steve Holland comme couverture de sa nouvelle édition de “The Trials Of Hank Janson” chez Telos en 2004), et “Dainty Dynamite”.


La cinquième série – dite “Continentale” parce que Hank Janson partait en mission en Europe : Amsterdam pour “Silken Menace” – juillet 1953 ; Bonn pour “Nyloned Avenger” – août 1953 ;… et on s’arrêtera là compte tenu des ennuis avec la Justice. Pourtant, la suite était déjà prête comme en témoignent les couvertures des titres ci-dessous. Rien ne dit que certains d’entre-eux n’ont pas été imprimés… les camions de la Police ayant perquisitionné les locaux de Arc Press où étaient imprimés les romans ont peut-être emporté avec eux certains de ces titres… Il faut toutefois constater qu’aucun d’entre eux n’a émergé depuis.


Les quatre titres annoncés de la cinquième série et non parus : “Woman Trap”, qui paraîtra en 1955 chez Alexander Moring sous le titre “Framed”. La couverture initialement prévue sera réutilisée pour la réédition en 2003 chez Telos de “Women Hate Till Death”. “Perfumed Nemesis”, qui devait apparaître après “Woman Trap” ; “Blonde Dupe”, dont la couverture sera utilisée par Steve Holland pour sa deuxième édition de “The Trials Of Hank Janson”, parue chez Telos en 2004 ; et, from “Reginald Heade, England’s Greatest Artist” – op. cit., “Dainty Dynanite”… tout un programme…[/


Le 19 octobre 1953, Reg Carter et Julius Reiter furent à nouveau entendus par la Police, cette fois-ci pour trois titres de Hank Janson : “Amok”, “Vengeance” et “Killer”, et le 23 novembre, les deux hommes étaient au Guidhall Justice Hall pour répondre de la publication de sept écrits obscènes, symbolisés par sept romans de Hank Jansonles 7 péchés capitaux….

(1) du nom du Recorder Benjamin Hicklin chargé de présider un appel en procès d’un certain Scott qui avait édité cette année-là un pamphlet intitulé “Le confessionnal dévoilé”.

(à suivre…)
TontonPierre

Informations tirées des livres de Steve Holland “The Trials of Hank Janson” – édition anglaise de 2004 parue chez Telos, et “The Mushroom Jungle”ZEON Books 1ère édition de 1993. Les propos recueillis et rapportés par Steve Holland dans ses ouvrages, et reproduits entre guillemets tout au long du texte mis en ligne ont été traduits de l’anglais par TontonPierre.
Sauf indication contraire, les reproductions de couvertures incorporées à l’étude sont issues du Web.

Avec l’aimable autorisation de Steve Holland pour l’utilisation et l’adaptation des passages de ses ouvrages “The Trials of Hank Janson” et “The Mushroom Jungle”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Sam 5 Déc - 1:31


L’affaire est officiellement dénommée “R[egina]. Contre Reiter”, et s’ouvrit le 14 janvier 1954, devant le doyen des Juges de la Cour Criminelle Centrale - le “Recorder” de Londres (Gerald Dodson en 1953), dans les locaux abritant cette Cour Criminelle Centrale d’Angleterre, plus communément appelée “Old Bailey”.
Dans son ouvrage “The Trials Of Hank Janson” – version 2004 chez Telos – Steve Holland reprend sur plus de 50 pages les minutes du procès de janvier 1954 et de son appel en mars 1954. Les lecteurs intéressés y retrouveront en détails les échanges entre le Ministère Public – représenté par Mervyn Griffith-Jones, et les avocats de la défense – le bâtonnier Christmas Humphreys, représentant Julius Reiter et sa Gaywood Press, et le bâtonnier Gerald Howard, représentant Reginald Carter, ses New Fiction Press et Arc Press.


The Trials Of Hank Janson (Les procès de Hank Janson), de Steve Holland. A gauche Edition de 1991 chez Books Are Everything (US) A droite,Edition de 2004 chez Telos (UK). Pour l’édition de 1991, Steve Holland avait utilisé la couverture de “Quiet Waits The Grave”, le septième roman signé Hank Janson et publié par Roberts & Vinter en 1960 après la vente du nom de Hank Janson à Jim Roberts par Carter en 1959. Pour la seconde édition – augmentée - de 2004, Steve Holland a choisi la couverture du roman annoncé au deuxième semestre 1953 mais non paru : “Blonde Dupe”(scan présenté au chapitre “Ça va être ta fête”). Cette deuxième édition est encore disponible sur Amazon.fr au prix de 12,53 euros, port gratuit (prix août 2009)


La charge retenue était la publication et la mise en circulation de sept écrits obscènes sous la forme de sept romans, entre le 31 mars 1952 et le 1er octobre 1953 : “Accused”, “Auctionned”, “Persian Pride”, “Pursuit”, “Amok”, “Killer” et “Vengeance”, tous en vente au travers le Pays à 2 shillings le livre. Cinq de ces livres traitaient de meurtre, de vol et d’autres sortes de crimes, les deux autres d’esclavage dans le désert avec des nomades et des arabes asservis par le calife local. Le thème principal rencontré tout au long de ces livres était le sexe ; le second était la cruauté, avec des descriptions du héros torturé et des jeunes filles ligotées. La thèse de l’Accusation était que le seul effet de ces livres était de corrompre et de dépraver.
En plus de fournir au Jury le test dit de Hicklin (1) sur l’obscénité, le Procureur Griffith-Jones souleva deux autres points de la Jurisprudence : que l’intention des coupables de corrompre ou de dépraver n’avait pas d’importance, et que si une partie du livre était obscène, alors le livre entier était obscène.
Le procureur lut de brefs extraits des livres et donna un résumé des histoires. Il prit notamment comme exemple le titre “Accused”, le considérant peut-être comme le plus délictueux, avant même que le Jury ait eu la possibilité de le lire, en annonçant les numéros des pages où le caractère d’obscénité était présent, et en ajoutant : « Il y a plein d’autres passages dans ce livre, et quand vous les aurez lus, vous penserez certainement que celui que j’ai sélectionné est loin d’être le pire. »

A la fin de la première journée, le Jury fut autorisé à se retirer entre 14h12 et 16h00 pour lire les livres. Le Recorder Gerald Dodson demanda alors ce qu’il en était et le premier juré répondit que le Jury avait suffisamment lu les livres pour se faire une bonne idée de leur contenu.
Quand il fut suggéré que le jury pourrait avoir un peu plus de temps pour examiner et lire les livres, Dodson répliqua : « Non. Ils ont dit qu’ils en avaient assez lu et qu’ils ont pu en parcourir l’ensemble. Que cette déclaration soit acceptable, je l’ignore. Pour ma part, je l’accepte. Personnellement, j’ai parcouru rapidement les livres et je suis tout à fait capable de me forger une opinion, sans aucune difficulté ». Cette opinion fut contrecarrée le second jour des débats par l’avocat de la défense Gerald Howard, qui représentait les intérêts de Carter, Arc Press et New Fiction Press, et qui maintint que les charges devaient être apportées contre les livres dans leur intégralité, et que le Jury devait lire les livres en entier ; aussi, le Jury se retira une seconde fois entre 10h48 et 12h45 le vendredi, puis la suite de l’affaire fut renvoyée au lundi suivant.
Durant les débats, la Défense fit remarquer qu’il lui fallait une heure et demie pour lire chaque roman, alors que le Jury considérait que trois heures trois-quarts suffisaient pour lire l’ensemble des sept livres. L’opinion de Dodson semblait avoir été arrêtée dès le premier jour, comme le montrèrent quelques réflexions du style : « Mais je vois une chose dans la lecture de ces livres par le Jury, quoique je n’ai pas envie de leur infliger cette tâche… Une façon abominable de lui faire perdre son temps ».



Les “7 péchés capitaux”, qui sont sept romans de Hank Janson jugés obscènes. Des sept titres, un seul- “Vengeance” – fait apparaître le personnage de Janson. “Accused” – considéré comme le plus délictueux – sera réédité, de même que “Killer”, par Telos en 2004 avec les mêmes illustrations de couverture ; “Pursuit sera réédité en 1958 chez Alexander Moring sous le titre “Flight From Fear”, “Amok” et “Vengeance” seront réédités en 1960 chez Roberts & Vinter sous les titres respectifs de“Fireball” et “This Hood For Hire”


La plaidoirie de la Défense s’ouvrit le lundi 18 janvier, après les formalités prouvant que Carter et Reiter étaient bien les éditeurs des livres incriminés. Gerald Howard et Christmas Humphrey avaient rassemblé un vaste panel de contre preuves : une large sélection de films à l’affiche, des paquets de magazines et une cinquantaine de livres récemment publiés, qui, disaient-ils, contenaient des scènes beaucoup plus obscènes que tout ce que Hank Janson avait décrit, et qui étaient librement et largement répandus, sans soulever une quelconque récrimination. Howard fit aussi remarquer dans son discours introductif que c’était de l’obscénité des livres dont il était question, ce qui était réellement écrit, et pas de ce que le lecteur pouvait imaginer de certains passages. Il est important de savoir que ces livres étaient exempts de tous détails sexuels précis. Stephen Frances disait, en parlant de ses premiers Hank Janson : « Mon boniment était basé sur l’insinuation.. Un homme et une femme étaient-ils assis côte à côte pendant une minute… vous aviez lu la page entière et aviez eu l’impression d’un contact physique, mais vous ne pouviez pas en être sûr. ».
« Toutes les expressions qu’utilisent les romanciers occasionnent la création d’images dans l’esprit des lecteurs. Le lecteur a pour habitude d’ajouter quelque chose de son crû au texte de l’auteur. Si un écrivain écrit “une eau claire et froide étincelante sous le soleil”, l’un va imaginer une fontaine, un autre un bassin de poissons rouges et un troisième un paysage de l’Artique.
« Le mot “Femme” évoque des images visuelles dans la plupart des esprits des hommes, mais il est sûr que ces images sont très différentes. Un auteur peut écrire : “Ils s’enlaçaient tous les deux”, et dans l’esprit du lecteur, ces mots peuvent sembler décrire un acte de rapport sexuel, bien qu’il n’y en ait eu aucune description. »
« Si le Jury avait été autorisé à lire les livres convenablement, il aurait pu constater que ce le procureur [Griffith-]Jones disait comme étant dans les livres, n’était pas dans les livres du tout. »


Les majeures parties du lundi et du mardi matin furent employées à la lecture d’extraits de beaucoup de livres tirés de la liste que la Défense avait soumise à la Cour, puis le Recorder résuma le cas au cours d’un discours récapitulatif moraliste à l’extrême que ne put supporter Christmas Humphrey qui s’emporta en se levant, jetant à terre ses papiers et partant précipitamment du tribunal, très remonté, sa robe tourbillonnant dans son sillage.

Le Jury se retira le mardi 19 janvier pour délibérer à 11h41 et rendit son verdict à 14h30 : Reg Carter et Julius Reiter étaient déclarés coupables des sept chefs d’accusations. Le Recorder, s’adressant à Reginald Carter et à Julius Reiter, prononça une sentence des plus sévères :
« […] Devant l’attention préoccupante accordée à cette affaire, j’en suis venu à la conclusion qu’elle ne pourra être résolue par une simple question d’argent. Les amendes ne sont rien pour des gens qui peuvent faire de l’argent à cette échelle, et il est grand temps que les éditeurs se rendent compte de leurs responsabilités, comme je ne doute pas que beaucoup d’entre eux le font déjà. Dans votre cas, vous avez reconnu avoir eu des doutes, et, en dépit de ces doutes sur l’obscénité de ces livres, vous avez continué [à les publier]. On peut simplement espérer que ce procès sera un pas dans une autre direction, vers le domaine de la pure et exaltante littérature, et pas cette espèce de boue avilissante, qui tôt ou tard ferait sombrer l’ensemble des lecteurs dans un véritable lagon de dépravation.
« Eu égard à ces circonstances la sentence de la Cour est de six mois d’emprisonnement pour chacun d’entre-vous, et une amende de deux mille Livres pour chacune de vos compagnies ».

Carter et Reiter furent accompagnés du banc des accusés vers le sous-sol où chacun fut enfermé dans une cellule. Un peu plus tard, ils furent menottés et reconduits dans la cour du Palais de Justice où, toujours menottés, il furent enfermés dans un fourgon cellulaire et transportés à la Prison de Brixton.

Beaucoup de Jurys pensent à tort qu’une affaire peut être rejugée en Cour d’Appel sur la simple demande de la Défense. En fait, la Cour d’Appel a été instituée uniquement comme une protection contre les verdicts des Jurys suite à un procès déloyal, et la Défense peut demander à faire appel contre une décision seulement sur un point de législation ou si elle pense qu’il y a eu mauvaise conduite du procès par la Cour.
L’audience du procès en appel de Reg Carter et Julius Reiter eut lieu à la Cour Criminelle d’Appel le lundi 15 mars 1954 devant le Président de la Haute Cour de la Justice Anglaise Lord Goddard et Messieurs les Juges Slade et Gerrad. Gerald Howard et Christmas Humphreys étaient de nouveau les défenseurs et Mr Griffith-Jones représentait à nouveau la Couronne. L’appel était justifié notamment par le fait que le Recorder Gerald Dodson aurait influencé le Jury sur ce qu’il lui paraissait être une évidence, et avait fait part de ses propres points de vue de manière trop prononcée dans son discours de synthèse, avec pour effet d’enjoindre au Jury de trouver les livres coupables. Dodson n’avait pas suffisamment recommandé au Jury de juger chaque livre indépendamment les uns des autres, pas plus qu’il n’avait fait de différence entre les sept ouvrages incriminés et les nombreux livres que la Défense avait cités en contre-exemples quand il avait critiqué “l’arrivée d’un déluge d’écrits immoraux”. Howard affirmait que le Recorder avait orienté le jury de manière fallacieuse, comme pour le test de l’obscénité, utilisé antérieurement pour l’affaire R –v – Hicklin, qui, s’il était un bon test, ne prenait aucunement en compte les réalités d’aujourd’hui. La réaction de Lord Goddard fut qu’il déclara qu’il ne pouvait imaginer une époque où ces livres ne seraient pas ou plus obscènes.
Lord Goddard rappela au cours de son discours de synthèse que l’appel du jugement était entièrement fondé sur le discours récapitulatif de son éminent confrère, et que ce dernier avait certes usé d’une rhétorique un peu plus poussée que les accusés eussent souhaité, mais qu’il était difficile pour un juge de contrôler ses sentiments quand il se trouvait, comme c’était le cas, devant des choses pareilles ; et il termina en lançant cet avertissement : « Il est grand temps que les publications de cette sorte s’arrêtent, et s’arrêtent de telle manière qu’elles indiquent à ceux qui voudraient ainsi violer la loi qu’ils auraient à faire avec la Justice. […] »
Avec l’appui du syndicat des éditeurs, Carter et Reiter demandèrent l’autorisation à l’Avocat de la Couronne (“Attorney General”) de se pourvoir en cassation auprès de la Chambre des Lords, mais cela leur fut refusé car il n’y avait pas eu d’anomalie de procédure et il fut considéré qu’il n’était pas de l’intérêt public qu’un tel appel fût fait.

Carter et Reiter firent donc leurs six mois de prison…


Frances était reparti en Espagne après sa comparution en justice à Darwen (22 janvier 1953), lorsqu’il apprit que Carter et Reiter avaient été accusés de la publication de plusieurs Hank Janson et qu’ils devraient affronter un Jury. Frances pensa qu’il avait là une chance de justifier par lui-même, en tant qu’auteur, que ses livres n’étaient pas obscènes, bien qu’ayant été jugés comme tels par les magistrats de Darwen.
Une citation à comparaître avait bien été établie à son encontre, mais comme il se trouvait en Espagne, elle était inopérante.
« J’écrivis à mon avocat que je voulais rentrer pour être aux côtés de Carter et Reiter pour le procès, mais ce n’était pas possible. Carter et Reiter avait déjà comparu au Guidhall et un procès avait déjà été fixé pour eux au Old Bailey. Mon avocat s’arrangea pour que j’attende l’issue du procès. Si elle était favorable, la citation tomberait. Si elle était défavorable, je retournerais en Angleterre pour être présent moi-même au procès ».
A la suite de l’échec de l’appel à la Cour d’Appel Criminelle le 24 mars 1954, un mandat d’arrêt fut lancé à l’encontre de Stephen Frances. « J’étais un homme recherché – se souvint Frances – C’était contraire à l’accord que j’avais passé avec mon avocat ; aussi je considérais cela comme une décharge à mon engagement de retour immédiat à Londres, que j’effectuerais de ce fait comme il me plairait ».
Arrivant par avion à Lydd, dans le Kent, le mardi 14 décembre 1954, Frances se fit connaître à un officier de la Sécurité qui était prévenu de son arrivée. Un ami était venu le chercher et Frances fut autorisé à se rendre en voiture, sans escorte, jusqu’à Bishopsgate, où il se présenta de lui-même au brigadier de Police. De là, il fut accompagné par deux inspecteurs de Police et par son avocat jusqu’au Guidhall, où il fut présenté quelques minutes à un magistrat qui le remit aussitôt en liberté provisoire jusqu’à sa prochaine convocation la semaine suivante.
Le 22 décembre, il retourna au Guidhall où il lui fut signifié qu’il serait jugé au Old Bailey pour la publication de sept livres obscènes. Frances fut libéré contre le paiement de deux cautions de £500, dont l’une fut payée par un ami de Carter.


La Cour Criminelle Centrale d’Angleterre – dénommée “The Old Bailey”, du nom de la rue où elle se situe, dans l’Ouest de Londres


Le procès débuta le mardi 1er février 1955.
Frances aborda le procès avec un système de défense à double “étage”. D’abord, il nierait avoir écrit les livres, « ce qui ferait se prendre la tête à l’Accusation ». Il était officiellement chargé de “publier” les livres, ce qui, selon la terminologie du métier, incluait aussi un certain travail sur le manuscrit plutôt que la simple mise en circulation de copies.
Frances choisissait ses mots avec discernement et clamait de manière pédante qu’il n’avait pas écrit ces livres, puisque – et c’était la stricte vérité – il les avait dictés. C’était un argument qui ne tenait pas debout, mais qui servait – pour Frances du moins – de prétexte à la non culpabilité de l’accusation portée contre lui.
Le second “étage” de sa défense était que, même s’il avait écrit ces livres, ils n’étaient pas obscènes. Quand il fût arrivé au Tribunal, il avait eut l’espoir que le Jury aurait lu tous les livres dans leur intégralité et aurait confondu l’Accusation en trouvant les livres non obscènes.
La ligne de conduite de l’Accusation, à l’inverse, était de tenter de prouver par comparaison de style d’écriture que les sept romans “obscènes” de Hank Janson avaient bien été écrits par l’auteur qui avait écrit “The Jane With Green Eyes” et “Milady Took The Rap”, que Frances avait reconnu avoir écrit lors du procès de Darwen deux ans plus tôt. Les douze jurés – tous des hommes – furent conduits dans une pièce avec consigne de lire les neuf romans. Excepté une pause pour déjeuner, le Jury fut consigné dans cette pièce tous les jours de la semaine de 10h30 le matin à 16h00 l’après-midi, et il lui fut demandé de comparer les styles d’écriture, les répétitions et l’usage de certains mots et phrases. L’Accusation conduite par Griffith-Jones (encore lui !) et Maxwell Turner, avait préparé une analyse complète des livres, cherchant des indices, comme par exemple l’utilisation régulière du terme “animal”. Cette analyse fut faite pour plus de douze mots ou expressions.


L'Evening Standard du 1er février 1955 : "Le Jury bouclé pour lire neuf livres" - from Introduction à "Accused" - réédition Telos 2004


En réponse, la Défense avait elle aussi préparé sa propre analyse, se servant de 40 romans policiers criminels, écrits par James Hadley Chase, James Mcain, Mickey Spillane, Bruno Fischer, Gil Brewer, Darcy Glinto, et des concurrents dans le style histoires de gangsters tels Brad Shannon, Danny Spade, Ben Sarto, Nat Karta, Hans Lugar, Hans Vogel et Ross Angel.
Finalement, les assistants zélés qui avaient préparé ces analyses, de même que les jurés qui avaient lu les livres, perdirent leur temps… car à l’occasion du discours de synthèse prononcé par Griffith-Jones le vendredi 11 février, celui-ci annonça que la preuve avait été faite que Frances n’était pas l’auteur pour au moins quatre des sept titres incriminés !
Il faut rappeler que dans le premier procès Hank Janson, les trois sociétés impliquées, New Fiction Press, Arc Press et Gaywood Press avaient écopé chacune d’une amende de £2000. New Fiction Press avait été mise en liquidation à cause de cette amende, et les livres comptables de la Société étaient passés dans les mains des liquidateurs et avaient été examinés pour contrôler les factures, et il se trouva deux documents qui apparurent être les enregistrements de paiements faits à un autre auteur : Pardoe(2) … Le premier était de £20 pour un livre de gansters, où apparaissait le mot “Accused”, le second était de £125, pour plusieurs manuscrits : “Persian Pride”, “Amok”, “Desert Fury” et “Pursuit”.
Se tournant vers les jurés, Sir Anthony Hawke déclara : « L’accusé a déclaré sous serment que bien qu’il ait écrit un grand nombre de livres sous le nom de Hank Janson, il n’a pas écrit les livres qui sont l’objet de son inculpation. Il a déclaré sous serment qu’au moment où ces livres avaient été publiés, il avait vendu tous ses droits pour l’utilisation de son nom de plume Hank Janson… et que tous ces livres avaient été écrits par son successeur ».
Hawke enjoignit au Jury de déclarer Frances non coupable pour les quatre chefs d’accusation concernant “Accused”, “Persain Pride”, “Amok” et “Pursuit”, et suggéra qu’il pourrait en être de même pour les trois autres.
Sans avoir besoin de se retirer, le Jury acquitta Frances sur l’ensemble de l’inculpation, et il fut libéré sur-le-champ.

(à suivre…)

(1) Voir supra au chapitre “Bien joué, Mesdames“
(2) Geofrey Pardoe, dont nous avons parlé au chapitre “Ces Messieurs de la Famille”, était décédé 20 mois auparavant d’une péritonite à l’âge de 63 ans.

TontonPierre

Informations tirées des livres de Steve Holland “The Trials of Hank Janson” – édition anglaise de 2004 parue chez Telos, et “The Mushroom Jungle”ZEON Books 1ère édition de 1993. Les propos recueillis et rapportés par Steve Holland dans ses ouvrages, et reproduits entre guillemets tout au long du texte mis en ligne ont été traduits de l’anglais par TontonPierre.
Sauf indication contraire, les reproductions de couvertures incorporées à l’étude sont issues du Web.

Avec l’aimable autorisation de Steve Holland pour l’utilisation et l’adaptation des passages de ses ouvrages “The Trials of Hank Janson” et “The Mushroom Jungle”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Ven 11 Déc - 20:43

édition du 12/12/2009 avec l'ajout d'une couvertuer d'une réédition d'un titre écrit par Frances

Fin 1954, Reginald Carter commença à reconstruire son empire de la publication. New Fiction Press avait été mis hors circuit par l’amende infligée, et Carter ferma la maison d’édition Top Fiction Press qu’il avait montée juste avant son procès au Old Bailey. Sous ce label d’édition avait été publiée en 1953 une poignée de titres de Hank Janson (voir partie bibliographique) et une anthologie bouche-trou “Deadly Mission”, qui venait à peine de sortir des travaux d’impression au moment de la grande perquisition de septembre 1953.
On avait tellement parlé du procès dans les journaux que beaucoup de détaillants évitèrent de stocker des Hank Janson et des romans similaires, et les éditeurs reçurent bientôt le message que les romans de gangsters étaient devenus indésirables. Des auteurs connus comme Ace Capelli, Duke Linton, Griff, Brett Vane, Nat Arta, Nick Pirrelli – pour la plupart des signatures “maison” attachées à des romans de violence sexuelle de qualité douteuse - étaient consignés aux oubliettes. Lorsque les éditeurs voulurent mettre sur le marché des polars à suspense, les couvertures, le langage et l’action furent descendus de plusieurs crans en comparaison de ce qu’ils avaient été précédemment… Les femmes au foyer, les soubrettes et les jeunes collégiennes en mal de frissons devaient aller chercher ailleurs…

Alexander Moring Ltd était une maison d’édition qui remontait à la fin du 19è siècle, disparue depuis et reprise en 1951 par la “Richards Press Ltd”. Carter racheta la société après sa sortie de prison et bâtit un plan pour le retour de Hank Janson avec son auteur et atout maître : Stephen Frances.
« Carter et moi réaffirmâmes notre “gentleman’s agreement” expliqua Frances. Nous navigâmes pour sortir de la tempête. Je mis à sa disposition tout ce que j’avais gagné en Grande Bretagne, y compris mes assurances vie qui étaient arrivées à leur terme, pour lui donner du cash. Je dis Adios à mon petit bateau, à Adrian et à Pépita et me mis à vivre très modestement en Espagne, avec considérablement moins que le salaire d’un anglais moyen .»
Frances avait travaillé sur un roman dans le style qu’il affectionnait : semi-autobiographique. Il s’agissait d’une fiction contant les exploits d’un désillusionné nommé Robert Harrison, un ex-taulard de 29 ans, objecteur de conscience et idéaliste, qui voyageait à travers l’Espagne et se découvrait une nouvelle vie dans un petit village de pêcheurs (ceci ressemblant – à part le séjour en prison – à une tranche biographique de la vie de Frances). Ce roman, titré “Contraband”, fut le premier de la nouvelle série des Hank Janson sous la marque d’édition Alexander Moring. Il ne prêtait pas à controverse et, fait inhabituel pour un “Janson”, n’était pas écrit à la première personne. La couverture, montrant un membre de la Garde Civile scrutant l’horizon devant un paysage de montagne, était elle aussi sans controverse possible.
Mais Carter et Frances étaient malgré tout inquiets : des romans de poches “obscènes” avaient encore été saisis et poursuivis. En septembre 1954, Bernard Kaye (pour qui Frances avait créé la signature de Ace Capelli) et son frère Alfred, en tant que directeurs de Kaye Publications, étaient condamnés respectivement à neuf mois et six mois de prison, toujours par le Recorder Gerald Dodson
Carter imagina alors l’idée de faire imprimer les livres à l’étranger, et de les faire venir en passant par la Régie des Douanes, qui les inspecterait. Les services des douanes étaient connus pour être intransigeants avec les produits “obscènes” entrant dans le Pays et, selon la logique de Carter, s’ils étaient autorisés à entrer, c’est qu’ils n’étaient pas présumés obscènes.
Carter contacta l’imprimerie Léonard Danel à Loos, une commune dans la banlieue sud-ouest de Lille, en France, et un petit tirage du nouveau Hank Janson y fut effectué et importé vers l’Angleterre avec la mention “Hank Janson” clairement indiquée sur les papiers. Comme il n’y eut pas de remarques de la Douane, un second roman fut édité de la même manière, avec cette fois-ci le personnage de Hank Janson pour une aventure se déroulant en Espagne. Il s’agit de “Untamed”, un récit développant une histoire que Frances avait prévue pour la cinquième série (dite “continentale”) à paraître chez Top Fiction Press en 1953. “Framed”, le second titre avec Hank Janson à être publié chez Alexander Moring, fut la suite de “Nyloned Avenger”, et devait initialement paraître sous le titre de “Woman Trap”. De même qu’“Escape”, publié en 1956, fut un autre développement pour une histoire de la série “continentale”, se déroulant dans le pays imaginaire d’Europe centrale de Routanie


Les premiers titres publiés par Alexander Moring Ltd, à partir de mai 1955, et imprimés en France pour tester la réaction de la Douane Britannique sur une supposée obscénité des ouvrages. Dorénavant, les illustrations de couvertures ne sont plus signées ; certaines seront de Heade et d’autres non.(Heade mourra subitement et prématurément le 14 octobre 1957…) “Framed”, publié en septembre 1955 est le “Woman Trap” annoncé en 1953, et sa couverture est celle du titre “Deadly Mission” de 1953 retouchée. Quant au titre “Deadly Mission” publié chez Moring en décembre 1955, c’est une autre histoire que celle de 1953 éditée sous le même titre.
Le bandeau rouge et jaune placé en haut de la couverture, et qui fait penser immanquablement aux couleurs de la Catalogne, tant espagnole que française est un clin d’œil à “l’exil” volontaire de Frances sur la Costa Brava. Quant au prix des volumes, on est passé à 2/6… Tout augmente mon pauvre Monsieur….

Frances donna libre cours à son ressentiment vis-à-vis de son précédent procès dans un certain nombre de ses nouveaux romans. Le roman sans Janson “Menace” mit en scène des flics véreux, mais encore plus vénéneux que dans les histoires précédentes ; un juge sectaire nommé Dobson (à rapprocher du nom de Dodson, le Recorder du Old Bailey) fit son apparition dans “The Big Lie”.
Un troisième roman ayant pour cadre l’Espagne fut intitulé “Deadly Mission”, mais n’avait rien à voir avec le même titre déjà publié par Top Fiction Press en 1953.
Le troisième et dernier roman de science-fiction écrit par Frances sous la signature de Janson - “One Against Time” - qui avait été programmé pour une publication chez Top Fiction Press fin 1953 sortit finalement chez Alexander Moring en janvier 1956, deux mois après un second roman de science-fiction titré “Tomorrow And A Day” ; et une réédition de “The Unseen Assassin” – le premier roman de science-fiction de Frances – paru en avril 1956. A noter que le titre “One Against Time” fut initialement publié en Espagne en 1955 sous le titre “La violación del Tiempo” par EDHASA dans sa collection Nebulae, une maison d’édition de romans de poche espagnole à qui Frances avait vendu le roman.


Les trois titres de Science Fiction écrits par Frances et publiés chez Moring : “Tomorrow And A Day”- nov. 1955 ; “One Against Time” – janv. 1956 – annoncé dès 1953, et “The Unseen Assassin” – avril 1956, qui est la réédition de l’édition chez New Fiction Press d’août 1953. Notez que le vêtement de la jeune femme pour ce dernier titre a été retouché par Heade par rapport à la version de 1953. A droite, la version espagnole de “One Against Time”, “La Violación del Tiempo”, publiée chez Nebulae dès 1955 (texte intégral de la version espagnole disponible sur le site http://www.esnips.com/doc/0b55ee99-afba-4440-a16f-9a6305ed34ab/Janson-Hank-La-Violacion-Del-Tiempo-doc ). A l’extrême droite, la réédition de “One Against Time”en 1969 chez Mayflowers Books – London, sous la signature d’Astron Del Martia, signature inventée par Frances à la fin des années 40.

La nouvelle série de Janson eut un départ percutant, avec Frances écrivant au mieux de sa forme et Carter n’ayant aucun souci dans l’importation de ses livres, et Alexander Moring Ltd commença à élargir sa gamme par des romans d’amour, des rééditions de romans noirs américains, des titres originaux de romanciers contemporains de “Janson”, des westerns et des reprises de polars britanniques de la maison d’édition Comyns comme ceux de Mark Shane, Max Clinten et Dave Steel.



“48 Hours” – déc. 1955, qui fait apparaître le héros Hank Janson, tout comme dans “Hell’s Angel” – avril 1956 et “Escape” en mai 1956. “Devil’s Highway” – mars 1956 et “The Big Lie” – juin 1956, où Frances règle ses comptes avec le Recorder Dodson.

En 1955, Frances acheta les droits de la signature Darcy Glinto à Harold Kelly, l’auteur phare de Robin Hood Press. (Darcy Glinto = Harold et Hector Kelly + Ernest Warr). L’épopée Darcy Glinto avait démarré en décembre 1940, avec “Lady, Don’t Turn Over”, et avait été suivie en 1941 par “No Mortgage On A Coffin”, “Road Floozie”, Snow Vogue” et “You Took Me – Keep Me”. Harold Kelly avait été poursuivi en Justice en 1942, ainsi que Rene Raymond [James Hadley Chase], et plus aucun Darcy Glinto n’était sorti depuis jusqu’à l’avènement de la Robin Hood Press en 1947 chez qui il écrivit treize romans jusqu’à la disparition de la maison d’édition en 1953. Le nom de Glinto fut réactivé par Carter et Frances par Alexander Moring en 1956 par une série de rééditions des précédents romans écrits par Frances sous la signature de Duke Linton et de Steve Markham qui réapparurent sous la signature de Darcy Glinto (voir partie bibliographique).

Ci-contre une réédition en 1958 du roman "Its not easy to die" écrit par Frances en 1949 sous la signature de Steve Markham et réactivé sous la signature de D'arcy (sic) Glinto avec un nouveau titre en 1958. Notez le prix de 2', alors quà la même époque, les Hank Janson étaient affichés à 2'6


Ci-dessus : “Cactus” – juil. 1956 ; “Bring Me Sorrow” – réédition de “The Skirts Bring Me Sorrow” – août 1956 ? ; “They Diev Alone” – sept. ou oct. 1956 ; “Strange Destiny” – nov. 1956 et la réédition de “Tension” en janv. ou fév. 1957
Ci-dessous : 5 aventures avec Hank Janson parues au premier semestre 1957 : “Bewitched ; les rééditions de “Whiplash”, “Conflict” et “Murder” et un nouveau titre original “Sweet Fury”. Notez la couverture de “Wiplash” sur laquelle la bretelle de la robe de la jeune femme a été remontée par Heade depuis la version de 1952…




“Hellcat”, une nouvelle aventure avec Hank Janson parue en juillet ou août 1957 ; les rééditions des 2ème et 3ème volets de la saga du Persian : “Persian Pride” – sept. 1957 et “Desert Fury” – oct. 1957 (à noter que le premier volet de la saga, paru en 1953, ne sera pas réédité) ; “Don’t Cry Me Now” – réédition de “Sadie, Don’t Cry Me Now” – nov. 1957, et un nouvel original avec Hank Janson : “Enemy Of Men” – oct. ou nov. 1957.



Ci-dessus : “Sinister Rapture”, avec Hank Janson – oct. 1957 ; “Revolt” – nov. 1957 ; “Mistress Of Fear”, avec Hank Janson – fév. 1958 ; 6 rééditions : “Too Soon To Die” (“This Dame Dies Soon”) – mars 1958 ; “Kill This Man” (Deadly Mission de 1953) – mai 1958 ; “Flight From Fear” (“Pursuit”) – juin 1958 ; “Lose This Gun” (“The Filly Wore A Rod”) – juil. 1958 ; “Don’t Scare Easy” (“Broads Don’t Scare Easy”) – août1958 ; “Situation – Grave !” (Sweetheart, Here’s Your Grave”) – sept. 1958 ; et un original sans Hank Janson : “Sugar And Vice” – oct. 1958.
A cette époque, les ouvrages étaient toujours imprimés en France, par Brodard et Taupin en 1958 – Paris, et firent l’objet d’un dépôt légal à la Bibliothèque Nationale, où ils peuvent donc être consultés.



Ci-dessus : “Hate” – réédition de “Women Hate Till Death” – nov. 1958 ; “Avenging Nymph” et “Invasion” – deux nouveaux titres parus au 1er trimestre 1959 ; “Silken Snare” – réédition de “Silken Menace” – mai 1959 et “Sultry Avenger” – réédition de “Nyloned Avenger” – juin 1959. On a atteint les 13 millions d’exemplaires vendus…


(à suivre…)
TontonPierre

Informations tirées des livres de Steve Holland “The Trials of Hank Janson” – édition anglaise de 2004 parue chez Telos, et “The Mushroom Jungle”ZEON Books 1ère édition de 1993. Les propos recueillis et rapportés par Steve Holland dans ses ouvrages, et reproduits entre guillemets tout au long du texte mis en ligne ont été traduits de l’anglais par TontonPierre.
Sauf indication contraire, les reproductions de couvertures incorporées à l’étude sont issues du Web.

Avec l’aimable autorisation de Steve Holland pour l’utilisation et l’adaptation des passages de ses ouvrages “The Trials of Hank Janson” et “The Mushroom Jungle”[b]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Ven 18 Déc - 20:27


Les éditions Alexander Moring eurent le vent en poupe, et Carter commença à s’investir lourdement dans d’autres activités…

« Hank Janson était le moteur du business, et il était logique que je sois déchargé de tous soucis pour pouvoir me concentrer sur l’écriture, se rappela Frances ; à cause de cela, ma seule connaissance de savoir comment allaient nos affaires me venait des dires de Carter.

« Pendant les quelques années qui suivirent, je travaillais dur et vivais simplement ; mais j’étais content, sachant que les gains acquis étaient réinvestis dans le business en l’établissant solidement. Quand nous démarrâmes les impressions en France, le prix de vente était de deux shillings et six pences. Depuis, je délivrais un nouveau livre toutes les quelques semaines et ne recevais qu’une simple rétribution de salarié, c’est dire si mon investissement dans l’affaire était considérable.

« Je n’effectuais que de brèves visites en Angleterre, et j’acceptais les yeux fermés les rapports d’activité de Carter. Néanmoins, je devins petit à petit conscient que Carter avait de nouveaux amis, peu recommandables, qu’il avait pour certains rencontrés en prison, et avec lesquels il semblait avoir des arrangements personnels. Il parlait tout le temps et avec une certaine délectation des “menottes”, presque comme s’il se réjouissait de flirter avec l’illégalité. Il me proposa des projets divers et surprenants que je rejetais tant ils semblaient risqués et probablement illégaux. Puis j’appris qu’il faisait des propositions similaires à d’autres relations d’affaires. Certaines d’entre elles suivirent imprudemment ses conseils et se retrouvèrent en faillite ou dans l’illégalité. »

« Durant mes brefs séjours, je ne fus pas capable de lui arracher plus qu’un minimum de deniers. Il n’avait pas de liquide, tout l’argent étant soi-disant immobilisé dans les stocks de papier et de livres ; mais finalement, il admit qu’il avait investit, contrairement à notre accord mutuel, dans d’autres affaires. Quand ces affaires porteraient leurs fruits, me promit Carter, il me réglerait ce qu’il me devait. Cependant ce que je pus constater de tout cela, c’est qu’il n’avait pas organisé le business… mais plutôt le désastre. Il était très engagé dans un fast-food, une petite boutique d’impression, une affaire de recyclage d’épaves automobiles, un club pour hommes d’affaires, une bijouterie, un garage et un centre d’exposition. Rien de tout cela était rentable et du fait de la voix majoritaire de Carter dans ces affaires, elles passaient toutes, et inutilement, outre la loi.

« Je fus scandalisé quand il me montra un immense entrepôt plein à craquer de tonnes de pulps qu’il avait achetées en Australie et qu’il n’arrivait pas à vendre. Il avait prévu de les revendre avec un bon bénéfice à un grand distributeur, mais l’acheteur s’était désisté.

« Il devint évident que Carter ne serait certainement jamais capable de respecter notre gentleman agreement. Au lieu de se concentrer sur notre gagne-pain qu’était Hank Janson, il avait gaspillé nos profits dans des affaires désastreuses. »


En 1956, Carter avait constitué une seconde maison d’édition, George Turton (Publishers) Ltd, chez laquelle il publia des albums pour enfants et remit sur le marché des bandes dessinées et des histoires achetées à bas prix à des maisons qui avaient laissé tomber le marché des comics dorénavant en déclin.
Frances, en Espagne et ignorant à quel degré ses finances étaient en péril, écrivit cependant d’excellents romans signés Hank Janson. Un titre comme “Sugar and Vice” le montra au mieux de sa forme. Et Frances n’eut pas peur d’essayer de fournir de temps à autre à ses lecteurs quelque chose de très différent : “Revolt” est l’histoire sans Hank Janson d’une armée privée dénommée Tom Hugget qui se rebelle contre les traitements inhumains en refusant d’obéir aux ordres et qui finalement s’échappe du corps de garde pour s’évanouir dans la nature vers l’Armée et la Police ; “Invasion” fait un retour en arrière et fait intervenir Hank Janson pendant les journées du débarquement en 1944 ; “The Amorous Captive” est une série historique un peu décousue en trois volumes se passant au temps du règne de la Reine Elisabeth I d’Angleterre et se focalisant sur les exploits d’une petite paysanne envoyée dans la Vieille Cité de Londres où elle sera “dévalisée”, à la fois de son argent et de sa vertu, avant de fréquenter le monde des brigands et de se retrouver impliquée dans la guerre avec l’Armada Espagnole.


La trilogie de l’“Amorous Captive”, publiée sur 1958 et 1959. Le volume 3, publié chez Turton au lieu de Moring, sera le dernier titre que Frances écrira pour Carter.


La plus étrange de toutes les idées de Frances fut celle d’écrire une bibliographie d’un réel caïd criminel du nom de Jack Comer, plus connu du public sous le nom de Jack Spot. Comer était un juif de l’Est qui avait combattu les Chemises Noires de Mussolini dans les années 30’, qui avait été réformé de l’Armée pour déficience mentale, et qui, après une période de violences passée à Leeds, retourna à Londres après la guerre pour ouvrir une salle de jeu avant de prendre le contrôle des paris sur les champs de course de Ascot. Comer, une armoire à glace, habillé très chic, se maria avec un jeune Top Modèle irlandaise et annonça sa retraite de “Roi du Milieu”. En 1956, il avait été violemment attaqué au rasoir par un voyou et, en 1957, il était considéré comme ruiné. Sa demande de séjour au Canada ayant été refusée, il avait ouvert une “boîte” à Lancaster Gate (dans Londres), juste pour la voir partir en fumée quelques mois plus tard.


“Jack Spot, The Man Of A Thousand Cuts” – déc. 1958 : étrange roman biographique, illustration de couverture hors norme pour la collection, et une quatrième de couverture illustrée – très rare.


La biographie qu’écrivit Janson “Jack Spot, The Man Of A Thousand Cuts”, est l’une des plus étranges jamais publiées. Frances l’écrivit comme un roman. Il prétendit dans le texte qu’il avait contacté Spot et que « selon un plan préparé, Jack Spot et moi-même suivirent des chemins détournés vers un rendez-vous secret quelque part en Europe ». D’un discret hôtel de voyageurs, assura Janson, il enquêta impitoyablement sur la vie jour après jour de Spot jusqu’à ce que « je fus tellement imbibé de Jack Spot que je pouvais presque penser comme aurait pensé Jack Spot lui-même ». Toutefois, cette biographie de Spot n’osa pas être présentée comme véritable, et Hank Janson, du haut de ses treize millions de livres vendus, fut encore considéré comme un auteur de “romans de merde”.

Pourtant, Janson fut le modèle parfait pour Daniel Farson, qui présentait régulièrement un show télévisé d’une demi-heure ayant pour titre Success Story. En décembre 1958, Frances fut interviewé dans une boîte de strip-tease de Soho (l’équivalent de notre Pigalle), assis à un bar au milieu de filles légèrement vêtues. Comme il était en réalité “maigrichon” et qu’il ne ressemblait en rien au portrait de costaud endurci qu’il avait fait de Janson, Frances s’enveloppa dans deux épais manteaux pour donner l’apparence de son héros et, pour couronner ses efforts de mimétisme, il se coiffa d’un feutre et insista pour que son visage fût caché derrière un masque…


« Beaucoup de lecteurs croyaient que Hank Janson était un être de chair et de sang – se rappela Frances – et je ne voyais pas de raison de dissiper cette illusion. Mais comme je ne ressemblais pas beaucoup à Hank Janson, j’insistais pour être interviewé masqué. Le cadre d’un club de strip-tease fut choisi avec des filles se déshabillant en arrière plan tandis que j’étais assis à un bar, discutant avec Daniel Farson, et coiffé d’un Fedora et revêtu de deux manteaux qui me donnaient une carrure impressionnante… » (from “The Trials…” op. cit.)


Carter, lui, n’eut pas besoin de ce déguisement éléphantesque : il s’habilla du plus chic pour recevoir Farson devant un immense entrepôt, désignant les piles de titres de Hank Janson, mis en colis et prêts à partir, énumérant le total des ventes de chaque titre, bien qu’elles fussent à cette date bien inférieures à leur apogée où il se vendait 4.000 exemplaires par jour.

Au moment où Success Story était diffusé en décembre 1958, Stephen Frances commençait à avoir de sérieux doutes sur la poursuite de ses relations avec Reg Carter. Au printemps suivant, il se convainquit lui-même que, finalement, ils ne pouvaient plus continuer à travailler ensemble. Dans les premiers mois de cette année 1959, Alexander Moring avait publié le second volume de “Amorous Captive” et un roman se passant pendant la Guerre :“Invasion”. Il est possible que la prévision de la séparation entre Frances et Carter incita ce dernier à transférer la publication des Hank Janson à ce moment là vers sa seconde maison d’édition, George Turton Ltd.

Un titre écrit par Frances et signé Desmond East “Blood On The Sand”, paraîtra chez Turton courant 1959 et qui, si l’on en croit l’illustration de couverture, pourrait bien être un roman du type de la saga du Persian, et pourquoi pas la réédition de “Auctionned”, le premier titre de la trilogie non réédité chez Alexander Moring


Le troisième et dernier volume de “Amorous Captive” fut publié par Turton en août. Ce fut le dernier titre original écrit par Frances / Janson que Carter publia ; il continua un court moment avec deux autres titres inédits signés Hank Janson : “Wild Girl” et “Torrid Tempress”, tous deux écrits par un autre auteur imitant le style de Frances. Enfin, “Bad Girl”, une réédition retitrée de “Frails Can Be So Tough” termina les éphémères publications de Turton et, en octobre 1959, Carter vendit le nom de Hank Janson.


Les trois derniers titres publiés chez Turton, avant la vente du nom de Hank Janson par Carter à Jim Roberts en octobre 1959. “Wild Girl” et “Torrid Temptress”, deux titres écrits par un auteur imitant le style de France, et une dernière réédition, celle de “Frails Can Be So Tough”, qui clôturera la collaboration de Stephen Frances / Hank Janson avec Reginald Carter


Frances se rappela une conversation quand Carter lui disait : « Laissez-moi vous dire que quoi que vous fassiez, ils vous attendent avec les menottes. Quitte à être puni, autant que ce soit pour quelque chose. J’avais Scotland Yard au téléphone ce matin… Ils veulent me voir cet après midi, et ils m’ont recommandé de venir avec mon avocat ».
Et Frances commenta : « Il ne semblait pas perturbé. Au contraire, il semblait attendre cette visite avec impatience, bien qu’il se trouvât sur un terrain très dangereux.
« J’avais été insensé de me fier à Carter, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Il avait été influencé par ses diverses tentatives, et son esprit était devenu perverti. Il ne pouvait jamais faire simple et cherchait toujours une voie compliquée. Toutes ses autres aventures dans le business, teintées d’un fond d’illégalité, avaient échoué ».



Jim Roberts était un chef… un vrai, qui avait servi sur le Queen Mary pendant la deuxième guerre mondiale puis avec la même énergie pour la British Railways. Au milieu des années 50’ il se désillusionna pour son travail et, avec sa femme, monta une affaire de vente en gros – A & P Roberts. Au démarrage Jim Roberts conduisait lui-même sa vieille Ford A, achetant et revendant des livres. Mais en 1959 le monde du roman de poche explosa et l’affaire de Jim Roberts, connu comme “l’ami des marchands de journaux”, grossit rapidement et, comme le nombre de ses clients augmentait, sa charge de travail aussi. Roberts engagea un ami, Derek Vinter, pour diriger l’affaire. Vinter, dont les parents habitaient la porte à côté de celle des Roberts, était ingénieur, mais saisit cette opportunité pour changer de vie.
Un des fournisseurs de Roberts était Reg Carter, dont la société Alexander Moring touchait le fond et dont le principal atout, Stephen Frances, voulait se séparer. Carter monta la vente de l’affaire. Roberts et son manager créèrent une maison d’édition – la Roberts & Vinter Ltd – et achetèrent les droits de Hank Janson pour £15.000.

« Si ma mémoire est bonne, raconta Vinter, Steve Frances était ailleurs en Espagne, et [Carter] vendit le copyright pour se faire de l’argent à son insu. Jim Roberts pensait qu’il y avait du potentiel dans le nom de Hank Janson et décida d’acheter le copyright et de monter une maison d’édition ».
« Des résultats de cette vente
– se rappela Frances – je pensais tirer un peu de cash de la part de Carter le temps de me retourner pour trouver une autre source de revenus.

« J’avais eu beaucoup de chance et j’avais échappé au travail routinier avec l’aide d’Harry Whitby. Mais le manquement de Carter à notre accord m’y faisait retourner. Je n’avais plus rien en Grande-Bretagne, et tous mes contacts professionnels avaient été rompus ou gâchés par Carter, et il me restait tout juste de quoi survivre. Je n’avais certainement pas assez de capital pour faire imprimer un livre, quand bien même j’en eus un prêt à être publié. Ironie du sort, j’avais mon chez-moi dans un pays où je n’avais aucune chance de pouvoir pratiquer ma profession. Je pouvais me faire comprendre oralement en espagnol, mais écrire de manière grammaticalement correcte en espagnol pour des lecteurs espagnols était pratiquement impossible.

« Les nouveaux propriétaires de Hank Janson étaient prêts à discuter sur la suite à donner à mon nom d’auteur, mais ils souhaitaient changer l’image de Hank Janson. Ils insistèrent également sur l’achat des droits de copyright de tout ce que je pourrais écrire pour eux. On ne put arriver à s’entendre…

« J’aurais pu retourner à Londres et y chercher un job, ou écrire quelque chose et trouver un éditeur avant de me retrouver à court d’argent. Je choisis l’alternative la plus risquée… parce que j’aimais l’Espagne et que j’aimais écrire… »





(Dernière mise en ligne à venir : Bibliographie)

Informations tirées des livres de Steve Holland “The Trials of Hank Janson” – édition anglaise de 2004 parue chez Telos, et “The Mushroom Jungle”ZEON Books 1ère édition de 1993. Les propos recueillis et rapportés par Steve Holland dans ses ouvrages, et reproduits entre guillemets tout au long du texte mis en ligne ont été traduits de l’anglais par TontonPierre.
Sauf indication contraire, les reproductions de couvertures incorporées à l’étude sont issues du Web.

Avec l’aimable autorisation de Steve Holland pour l’utilisation et l’adaptation des passages de ses textes issus de “The Trials Of Hank Janson” – Editions Telos – Londres – 2004 et “The Mushroom Jungle” – Edition Zeon Books – Westbury – 1993.

Un clin d’œil à l’inoubliable interprète de Lemmy Caution que fut Eddie Constantine, dont la filmographie a servi de source à la nomination des sous-titres tout au long de l’étude, et qui incarna ce héros qui fut le modèle de départ de la saga des Hank Janson.

TontonPierre
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Ven 25 Déc - 19:43

Pas évident de présenter d’une manière simple la bibliographie de Frances / Janson compte tenu et du nombre de pseudos utilisés par l’auteur, et des titres où Frances n’a été qu’impliqué, + les quelques titres signés Janson et écrits par d’autres, + les diverses rééditions – retitrées ou non – + les différentes maisons d’édition…
Dans son livre “The Trials Of Hank Janson” – version 2004 chez Telos, Steve Holland fait une présentation bibliographique en deux temps :
> Premier temps : les ouvrages signés Hank Janson, classés d’une manière synchrone par date de parution et par éditeur (puisque Frances n’a pas dispersé la signature de Hank Janson à un moment donné auprès de plusieurs éditeurs) ;
> Deuxième temps : les ouvrages écrits par Stephen Frances chronologiquement sous ses différentes signatures, y compris la signature Hank Janson.

Rappelons les dates des différentes étapes retracées au cours de l’étude pour nous aider à nous y retrouver plus facilement :
> Eté 1945 : création par Frances et un associé des éditions Pendulum. Frances y publiera une nouvelle pour la première anthologie publiée par la maison d’édition, puis en 1946 un roman semi-autobiographique.
> Automne 1946 : Pour répondre à une demande de l’éditeur Ward & Hitchon, Frances écrit un court roman faisant apparaître le personnage de Hank Janson - nom utilisé également comme signature d’auteur. ce court roman sera suivi en fin d’année de deux autres, regroupés en un seul volume, et publiés par ce même éditeur.
> 1947 : Vente par Frances et son associé de la maison d’édition Pendulum, qui fait rapidement faillite. Frances se retrouve alors sans maison d’édition.
> Fin 1947 – début 1948 : Frances vient d’écrire un western qu’il se propose d’éditer chez un ancien de Pendulum, Bernard Henry Kornberg, et de faire distribuer par la toute nouvelle maison de diffusion Gaywood Press Ltd. de Julius Reiter. Le western sortira sous la signature de Tex Ryland, et sera le premier des trois westerns qu’écrira Frances pendant la période de bibliographie considérée.
> Printemps 1948 : A la demande de Reiter, Frances va retourner vers le roman de gangsters et vers son héros fétiche Hank Janson. La première aventure sera inspirée par un roman de Peter Cheyney ; la couverture sera dessinée par Heade, qui continuera d’illustrer la grande majorité de cette série. Frances éditera ses ouvrages dans sa propre et petite maison d’édition créée pour la circonstance – la S.D. Frances Ltd.
> Début 1949 : Premières vacances de Frances passées en Espagne ; coup de cœur pour le village de Rosas ; décision de Frances d’y avoir un petit pied à terre.
> Mars 1949 : Pour payer ses tirages de plus en plus importants et pour payer sa résidence en Espagne, Frances conclut un accord avec Bernard Kaye et sa Rotaprint Agency pour lui fournir des romans. Utilisation des pseudos Link Shelton, Ace Capelli, Steve Markham et Dave Steel.
> 1949 : Entrée de Frances comme auteur maison aux éditions Scion. Second western sous la même signature que le premier et utilisation du pseudo Duke Linton, dans lequel Frances fut impliqué et pour lequel il utilisa des nègres pour écrire à sa place.
> Fin 1949 : accord entre Frances et l’imprimeur Reginald Carter pour imprimer sur rotatives, ce qui raccourcit le temps de fabrication des ouvrages.
> 1950 : Les tirages des romans de Hank Janson étant montés à 50.000 exemplaires, Frances s’arrête d’écrire pour Bernard Kaye et Scion.
> Début 1951 : Pour tester le marché d’une nouvelle série sans Hank Janson, Frances écrit un titre sous la signature de Max Clinten, et l’édite, mais le résultat attendu n’y est pas.
> Printemps 1951 : Autre tentative de Frances pour créer un magazine trimestriel en utilisant le nom et le logo de Hank Janson. Là encore, le résultat attendu n’est pas au rendez-vous. Frances part en Espagne suivre les travaux de sa résidence et utilise un dictaphone pour enregistrer les ébauches de ses prochains romans
> Août 1951 : Carter rachète à Frances ses parts dans l’affaire Hank Janson. Finie la maison d’édition S.D. Frances Ltd. – Vive la New Fiction Press !… et le début des emm…avec les mesures de censure.
> Mars 1952 : les tirages sont de 100.000 exemplaires par titre. Reiter et Carter s’associent, achètent une nouvelle rotative et créent la Arc Press Ltd. Parallèlement, Carter vient de racheter les Editions Comyms et va y réactiver les signatures de Dave Steel – pour quelques romans signés par Frances, et de Max Clinten.
> Juillet 1952 : Frances part s’installer à demeure à Rosas en Espagne, tout en continuant à fournir ses romans à Carter.
> Eté 1953 : Descente de Scotland Yard chez Reiter et Carter – Création par Carter d’une nouvelle société Top Fiction Press…. Qui ne survivra pas longtemps !
> Septembre 1953 : Perquisition dans les locaux de Arc Press et de Gaywood Press. Plus rien ne va être publié jusquà la sortie de prison de Carter et Reiter.
> 1954 : Procès retentissant contre Carter et Reiter, condamnés à de lourdes amendes et 6 mois de prison ferme. Frances sera jugé et acquitté en février 1955
> Début 1955 : Carter reprend la maison d’édition Alexander Moring. C’est le retour de Hank Janson et de son atout maître Stephen Frances
> 1956 : Carter constitue une seconde maison d’édition, la George Turton Ltd, pour publier d’autres ouvrages que les Hank Janson.
> Eté 1959 : La collaboration Carter / Frances va s’arrêter. Carter aiguille les publications des derniers Hank Janson chez Turton au lieu de Moring, alors qu’il a préparé la vente des droits de Hank Janson.
> Octobre 1959 : Carter vend les droits de Hank Janson à Jim Roberts, ce dernier créant pour l’occasion la Roberts & Vinter Ltd. Frances ne peut s’entendre avec Roberts pour la suite à donner, et préfère rester en Espagne pour redémarrer une nouvelle carrière… toujours dans l’écriture.

La bibliographie présentée ci-après est chronologique, et s’arrête à la vente du nom de Hank Janson à Roberts et à Vinter en octobre 1959. Elle prend en compte jusqu’à cette date les éditions originales et les rééditions sous un autre label, uniquement en Grande Bretagne et aux USA (sauf exceptions) ; elle ne prend pas en compte les nombreuses réimpressions – parfois avec des changements de couverture – notées “xxth edition” sur les couvertures.
 Les titres précédés d’une croix font l’objet d’un scan de leur couverture dans la présente étude ;
 Lorsque le personnage de Hank Janson figure dans un roman, son nom apparaît dans la parenthèse qui suit le titre du roman ;

Titres de la première "vague" de romans de 1948 à 1953
 La première vague de romans (1948-1953) comporte 50 titres repartis en séries de 12 romans (4 séries de 12 romans + le début d’une 5è série couvrent la numérotation proposée par l’éditeur allant de 01 à 50) + 6 “Spéciaux” non numérotés mais repérés chronologiquement par une lettre allant de “a” à “f”. ;
Ainsi, l’annotation suivante prise comme exemple, “25/S3-01”, signifie qu’il s’agit à la fois du 25ème titre de la collection, et du 1er titre de la 3ème série Hank Janson.
Pour les numéros spéciaux, l’annotation “nn/Sp-d” signifie qu’il s’agit d’un n° spécial (Sp), non numéroté dans la classification des Hank Janson (nn), mais qui en fait est le 4è n°spécial (d = 4è lettre de l’alphabet).
 La deuxième vague de romans (1955-1959) comporte 50 titres (dont 2 ont été écrits par un autre auteur que Stephen Frances) non numérotés. La numérotation de 01 à 50 que j’ai ajoutée n’est là que pour permettre de s’y retrouver plus rapidement s’il le fallait.
 Le nom de l’éditeur est donné à la suite du nom de l’auteur :
 Lorsque des ordres de destruction ont été donnés, ils sont dénombrés entre parenthèses.

1945
- No Lady ! – 1945/07 – nouvelle signée S.D. Frances et intégrée au premier numéro de l’anthologie “Stories For All Moods” - Pendulum, Londres.

1946
+ One Man In His Time – 1946/10 – signé S.D. Frances Pendulum, Londres. Sera réédité sous le même titre sous la signature de Hank Janson en 1953 par New Fiction Press, Londres.
+ When Dames Get Tough (Janson) – 1946/T4 – signé Hank Janson Ward & Hitchon, Londres. Sera réédité dans la compilation titrée “When Dames Get Tough – with Scarred Faces & other rarities” en mai 2004 par Telos Publishing, Tolworth
+ Scarred Faces (Janson) – suivi de “Kitty Takes The Rap” – 1946/T4 – signé Hank Janson Ward & Hitchon, Londres. Sera réédité dans la compilation titrée “When Dames Get Tough – with Scarred Faces & other rarities” en mai 2004 par Telos Publishing, Tolworth.

1948
+ Bushwhacked (western) – 1948/S1 – signé Tex Ryland Bernard Henry, Londres, Distribution Gaywood Press. Sera réédité sous la même signature et sous le titre “Bushwacked” en 1957/T2 ou T3 par Alexander Moring, Londres ; puis sous le titre “On The Vengeance Trail” en 1963 sous la signature de Carl C. Hanson par Consuls Books, Londres ; et sous le titre “Trail Of Revenge” en 1968 par Mayflowers Books, Londres.
+ This Woman is Death (Janson – 01/S1-01) – 1948/06 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (41 ordres de destruction).
+ Lady, Mind That Corpse (Janson – 02/S1-02) – 1948/09 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (47 ordres de destruction). Sera édité sous le même titre en 1949 par Cherckerbooks Inc., New York.

+ Gun Moll for Hire (Janson – 03/S1-03) – 1948/12 – signé Hank Janson – S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (22 ordres de destruction).

1949
+ No Regrets for Clara (Janson – 04/S1-04) – 1949/03 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (20 ordres de destruction). Sera réédité sous le titre “Rave for A Roughneck” en 1962 par Roberts & Vinter, Londres, et dans une version revisitée sous le titre “Cold Dead Coed” en 1964 dans la collection Goldstar de Derby, New York.
- Dead Men Don’t Love – 1949/#03 – signé Link Shelton S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press.
+ Smart Girls Don’t Talk (Janson – 05/S1-05) – 1949/04 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (11 ordres de destruction). Sera publié en 1951 en tant que premier numéro du “Hank Janson Detective Magazine”, de Flamingo Publications, New York.
+ Lilies for My Lovely (Janson – 06/S1-06) – 1949/05 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (32 ordres de destruction). Sera réédité en avril 2006 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Blonde on the Spot (Janson – 07/S1-07) – 1949/06 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (7 ordres de destruction). Sera réédité en avril 2006 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Honey, Take My Gun (Janson – 08/S1-08) – 1949/07 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (23 ordres de destruction). Sera édité la même année sous le titre “Orchids to You” par Weldun Pony Books, Toronto.
- Sweetheart, Here’s Your Grave ! (Janson – 09/S1-09) – 1949/08 – signé Hank Janson – S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (27 ordres de destruction). Sera rédité en 1958 sous le titre “Situation – Grave !” par Alexander Moring, Londres. Cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ Gunsmoke In Her Eyes (Janson – 10/S1-10) – 1949/09 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (42 ordres de destruction).
+ Angel, Shoot To Kill (Janson – 11/S1-11) – 1949/10 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (49 ordres de destruction). Sera réédité en 1961 sous le titre “Outcast” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Slay-Ride For Cutie (Janson – 12/S1-12) – 1949/11 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (27 ordres de destruction).
+ Sister, Don’t Hate Me (Janson – 13/S2-01) – 1949/12 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (44 ordres de destruction). Sera réédité en 1961 sous le titre “Prey For A Newshawk” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Get Me Headquarters – 1949/xx – signé Ace Capelli Bernard Kaye Agency, Londres. Ce titre sera réédité en 1996 par Gryphon Books, New York
- This Man Is Death – 1949/xx – signé Ace Capelli Bernard Kaye Agency, Londres
- Chicago Payoff – 1949/xx – signé Ace Capelli Bernard Kaye Agency, Londres
- Death At Every Door – 1949/xx – signé Ace Capelli Bernard Kaye Agency, Londres
- Lilies for Laura – 1949/xx – signé Steve MarkhamArt Publicity, Londres
- It’s Not Easy To Die – 1949/xx – signé Steve Markham Art Publicity, Londres. Sera réédité en 1958 sous le titre “Protection Pay-off” et sous la signature de Darcy Glinto par Alexander Moring, et en 1964 sous le titre initial mais la signature de Steve Coleman par Consul Books, Londres.
- Lady Take the Chair – 1949/xx – signé Dave Steel Kaye Publications, Londres. Sera édité en 1953 sous le titre “Call Her Savage” et sous la signature de Johnny Grecco par Kaye Publications, Londres, et en 1964 sous le titre initial mais sous la signature de Stephen Coleman par Consul Books, Londres.
- A Grave For A Coyote (western) – 1949/xx – signé Tex Ryland Scion, Londres. Sera réédité en 1957 sous le même titre et la même signature par Alexander Moring, puis en 1965 sous le titre “A Grave for Coyotes” sous la signature de Stephen Frances par Consul Books, Londres, et en 1968 sous le titre “Keep the Wagons Rolling” par Mayflower Books, Londres.
- Death is the Payoff – 1949/xx – signé Simon Burke Scion, Londres
+ Lady, Mind That Corpse (Janson – 1949/S2) – signé Hank JansonCheckerbooks Inc., New York. Edition américaine du même titre paru en 1948 chez S.D. Frances, Londres.
+ Orchids To You (Janson – 1949/S2) – signé Hank Janson Pony Books., Toronto. Edition canadienne du titre “Honey, Take My Gun” paru en juillet 1949 chez S.D. Frances, Londres.

1950
+ Some Look Better Dead (Janson – 14/S2-02) – 1950/01 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (49 ordres de destruction). Sera réédité en 1962 sous le titre “Play It Quiet” par Roberts & Vinter, Londres, et en novembre 2003 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Sweetie, Hold Me Tight (Janson – 15/S2-03) – 1950/02 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (33 ordres de destruction). Sera réédité en 1960 sous le titre “Come Quickly Honey” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Torment For Trixy (Janson – 16/S2-04) – 1950/03 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (41 ordres de destruction). Sera réédité en 1961 sous le titre “Suddenly It’s Sin” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Don’t Dare Me Sugar (Janson – 17/S1-05) – 1950/05 – signé Hank Janson – S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (30 ordres de destruction).
+ The Lady Has A Scar (Janson – 18/S2-06) – 1950/06 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (32 ordres de destruction). Sera réédité en 1960 sous le titre “Sentence For Sin” par Roberts & Vinter, Londres.
+ The Jane With Green Eyes (Janson – 19/S1-07) – 1950/07 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (27 ordres de destruction).
+ Lola Brought Her Wreath (Janson – 20/S2-08) – 1950/09 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (40 ordres de destruction). Sera réédité en 1961 sous le titre “Downtown Doll” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Lady Toll the Bell (Janson – 21/S2-09) – 1950/10 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (21 ordres de destruction). Sera réédité en 1960 sous le titre “Beloved Traitor” par Roberts & Vinter, Londres.
+ The Bride Wore Weeds (Janson – 22/S1-10) – 1950/12 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (35 ordres de destruction).
- Never Turn Your Back – 1950/T2 ? – signé Ace Capelli Bernard Kaye Agency, Londres. Sera réédité en 1964 sous le titre “Deadline Death” et la signature Desmond Corbett par Consul Books, Londres.
- Shrouds Are Cheap – 1950/03 ? – signé Duke Linton Scion, Londres. Sera réédité en 1965 sous le même titre mais la signature Peter Lamont par Consul Books, Londres.
+ Lips of Death – 1950/xx – signé Duke Linton Scion, Londres. Sera réédité en 1965 sous le même titre mais la signature David Steel par Consul Books, Londres.
- Crazy To Kill – 1950/xx – signé Duke Linton Scion, Londres. Sera réédité en 1956 sous le titre “Wild Blood” et la signature Darcy Glinto par Alexander Moring, Londres, et en 1964 sous le titre “Trouble With A Woman” et la signature Frank Corbett par Consul Books, Londres.
- Dames Die Too ! – 1950/xx – signé Duke Linton Scion, Londres.
- Bury Me Deep – 1950/xx – signé Duke Linton – Scion, Londres.
+ Too Late For Death – 1950/xx – signé Duke LintonScion, Londres. Sera réédité en 1965 sous le titre “Now Is For Dying” et la signature Preston Elliot par Consul Books, Londres.
- Kill And Desire – 1950/xx – signé Duke Linton Scion, Londres. Sera réédité dans une version revisitée en 1957 sous le titre “Hounded” et la signature Darcy Glinto par Alexander Moring, Londres ; en 1964 sous le titre “To Kill Or Be Killed” et la signature Munro Carson par Consul Books, Londres ; et en 1997 sous le titre et la signature d’origine par Gryphon Books, New York..
- Enough Rope – 1950/09 – signé Duke Linton Scion, Londres. Sera réédité dans une version révisée en 1957 sous le titre “Snatched” et la signature Darcy Glinto par Alexander Moring, Londres.

1951
+ Don’t Mourn Me Toots (Janson – 23/S2-11) – 1951/01 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (42 ordres de destruction).
+ This Dame Die Soon (Janson – 24/S2-12) – 1951/02 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (58 ordres de destruction). Sera réédité en 1958 sous le titre “Too Soon To Die” par Alexander Moring, Londres, cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1962 ; et en 1968 sous le titre “Fanny” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ Baby, Don’t Dare Squeal (25/S3-01) – 1951/03 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (76 ordres de destruction). Sera traduit et publié en France en 1952 sous le titre “Faut pas crier, Chérie !” dans la collection “Votre roman noir… Madame” aux Editions le Condor, Paris, et sera réédité en 1960 sous le titre “Cool Sugar” par Roberts & Vinter, Londres.
+ No Flowers For the Dead – 1951/T1 – signé Max Clinten S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. Sera réédité en 1964 sous le titre “The Unlucky Break” et sous la signature de Mark Stephens par Consul Books, Londres
+ Death Wore A Pettitcoat (26/S3-02) – 1951/04 – signé Hank JansonS.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (70 ordres de destruction).
+ Hosty, You’ll Be Chilled (27/S3-03) – 1951/05 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (23 ordres de destruction).
+ It’s Always Eve that Weeps (28/S3-04) – 1951/06 – signé Hank Janson S.D. Frances, Londres, Distribution Gaywood Press. (11 ordres de destruction).
+ Double Double-Cross (nouvelle) – 1951/T2 – signé Hank Janson –, in le premier numéro du Magazine “Underworld”S.D. Frances, Londres. (28 ordres de destruction pour l’ensemble des deux numéros parus).
+ Frails Can Be So Tough (29/S3-05) – 1951/08 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (20 ordres de destruction). Sera réédité en 1959 sous le titre “Bad Girl” par George Turton, Londres, et en novembre 2004 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Milady Took The Rap (Janson – 30/S3-06) – 1950/09 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (15 ordres de destruction).
+ Women Hate Till Death (Janson – 31/S3-07) – 1951/10 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (27 ordres de destruction). Sera réédité en 1958 sous le titre “Hate” par Alexander Moring, Londres, cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962 ;.et en juillet 2003 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Broads Don’t Scare Easy (32/S3-08) – 1951/11 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (14 ordres de destruction). Sera réédité en 1958 sous le titre “Don’t Scare Easy” par Alexander Moring, Londres, cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961 ; et en mai 2005 par Telos Publishing, Tolworth..
+ Skirts Bring Me Sorrow (Janson – 33/S3-09) – 1951/12 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (22 ordres de destruction). Sera traduit et publié en France en 1953 sous le titre “Les jupes lui donnent du souci !” dans la collection “Votre roman noir… Madame” aux Editions le Condor, Paris ; sera réédité en 1958 sous le titre “Bring Me Sorrow” par Alexander Moring, Londres, en 1964 sous le titre “The Sexy Vixen” dans la collection Goldstar de Derby, USA, et en novembre 2003 par Telos Publishing, Tolworth.
- Smart Girls Don’t Talk (Janson) – 1951/xx – signé Hank Janson – in “Hank Janson Detective Magazine” n°1 – Flamingo Publications, New York.

1952
+ Sadie, Don’t Cry Now (34/S3-10) – 1952/01 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (28 ordres de destruction). Sera réédité en 1957 sous le titre “Don’t Cry Now” par Alexander Moring, Londres, et en 1961 sous le titre “Delicious Danger” par Roberts & Vinter, Londres.
+ The Filly Wore A Rod (Janson – 35/S3-11) – 1952/02 – signé Hank Janson [écrit ? par Geoffrey Pardoe] – New Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (11 ordres de destruction). Sera réédité en 1958 sous le titre “Lose This Gun” par Alexander Moring, Londres ; cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961
+ Kill Her If You Can (Janson – 36/S3-12) – 1952/03 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Gaywood Press. (16 ordres de destruction). Sera réédité en septembre 2005 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Murder (Janson – 37/S4-01) – 1952/04 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press ? (22 ordres de destruction). Sera réédité en 1957 sous le même titre par Alexander Moring, Londres, et en 1964 sous le titre “Expectant Nymph” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ Conflict (Janson – 38/S4-02) – 1952/05 ou 06 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (24 ordres de destruction). Sera réédité en 1957 sous le même titre par Alexander Moring, Londres, cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962 ;.et en 1964 sous le titre “Her Weapon Was Passion” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ The Dead Guy (nouvelle) – 1952/T2 – signé Hank Janson –, in le second numéro du Magazine “Underworld”S.D. Frances, Londres. (28 ordres de destruction pour l’ensemble des deux numéros parus).
+ Auctionned (Persian – nn/Sp-a) – 1952/06 – signé Hank Janson [écrit ? par Geoffrey Pardoe] – New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (20 ordres de destruction).
+ Tension (Janson – 39/S4-03) – 1952/07 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (21 ordres de destruction). Sera réédité début 1957 sous le même titre par Alexander Moring, Londres.
+ Whiplash (Janson – 40/S4-04) – 1952/08 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. Sera réédité au printemps 1957 sous le même titre par Alexander Moring, Londres.
+ Accused (41/S4-05) – 1952/10 – signé Hank Janson ( avec la participation de Geoffrey Pardoe) – New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (27 ordres de destruction). Sera réédité en juillet 2004 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Killer (Janson – 42/S4-06) – 1952/11 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (18 ordres de destruction). Sera réédité en novembre 2004 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Persian Pride (Persian – nn/Sp-b) – 1952/11 – signé Hank Janson (avec la participation de Geoffrey Pardoe) – New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (16 ordres de destruction). Sera réédité en 1957 par Alexander Moring, Londres.
+ Suspense (Janson – 43/S4-07) – 1952/12 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (17 ordres de destruction)
- Lovely But Deadly - 1952/xx – signé Dave Steel Comyns, Londres
- Beauty Found A Grave - 1952/xx – signé Dave Steel Comyns, Londres

1953
+ Pursuit (44/S4-08) – 1953/01 – signé Hank Janson ( avec la participation de Geoffrey Pardoe) – New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (23 ordres de destruction). Sera réédité en 1958 sous le titre “Flight From Fear” par Alexander Moring, Londres.
+ Vengeance (Janson - 45/S4-09) – 1953/02 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (19 ordres de destruction). Sera réédité en 1960 sous le titre “This Hood For Hire” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Britain’s Great Flood Disaster – 1953/03 – signé Hank JansonNew Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press.
+ Torment (Janson - 46/S4-10) – 1953/04 – signé Hank Janson New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (11 ordres de destruction). Sera réédité en juillet 2003 par Telos Publishing, Tolworth.
+ Amok (47/S4-11) – 1953/05 – signé Hank Janson ( avec la participation de Geoffrey Pardoe) – New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (13 ordres de destruction). Sera réédité en 1960 sous le titre “Fireball” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Corruption (Janson - 48/S4-12) – 1953/06 – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (8 ordres de destruction). Sera réédité en 1960 sous le titre “Secret Session” par Roberts & Vinter, Londres.
+ Desert Fury (Persian – nn/Sp-c) – 1953/07 – signé Hank Janson (avec la participation de Geoffrey Pardoe) – New Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. (9 ordres de destruction). Sera réédité en 1957 par Alexander Moring, Londres, cette édition étant elle-même rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962
+ Silken Menace (Janson - 49/S5-01) – 1953/07 – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. Sera réédité en 1959 sous le titre “Silken Snare” par Alexander Moring, Londres.
+ Nyloned Avenger (Janson - 50/S5-02) – 1953/08 – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. Sera réédité en 1959 sous le titre “Sultry Avenger” par Alexander Moring, Londres.
+ The Unseen Assassin (Science-Fiction – nn/Sp-d) – 1953/08 – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. Sera réédité en 1956 par Alexander Moring, Londres.
+ One Man In His Time (nn/Sp-e) – 1953/08 – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. Réédition du même titre publié en 1946 sous la signature de Stephen D. Frances par Pendulum, Londres.
- Deadly Mission (Anthologie Janson – nn/Sp-f) – 1953/09 – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres, Distribution Arc Press. Sera réédité en 1958 sous le titre “Kill This Man” par Alexander Moring, Londres.
+ Woman Trap (Janson - 51/S5-03) – annoncé mais non paru – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres. Sera édité en 1955 sous le titre “Framed” par Alexander Moring, Londres.
+ Perfumed Nemesis (Janson - 52/S5-04) – annoncé mais non paru – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres.
+ Blonde Dupe (Janson - 53/S5-05) – annoncé mais non paru – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres.
+ Dainty Dynamite (Janson - 54/S5-06) – annoncé mais non paru – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres.
- One Against Time (Science-Fiction – nn/Sp-g) – annoncé mais non paru à la date prévue – signé Hank Janson Top Fiction Press, Londres. Sera édité début 1956 par Alexander Moring, Londres.
- Too Tough For Death - 1953/xx – signé Dave Steel Comyns, Londres
- You’ll Live to Talk - 1953/xx – signé Dave Steel Comyns, Londres
- Call Her Savage - 1953/xx – signé Johnny Grecco Kaye Publications, Londres. Réédition du titre “Lady Take the Chair” paru sous la signature de Dave Steel chez le même éditeur en 1949.

1954- Aucune publication, compte tenu des procès en cours.

1955
+ Contraband (nn01) – 1955/05 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Untamed (Janson – nn02) – été 1955 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Framed (Janson - nn03) – 1955/09 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Correspond au titre “Woman Trap” annoncé en 1953 chez Top Fiction Press et non paru.
+ Menace (nn04) – automne 1955 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Tomorrow And A Day (Science-Fiction – nn05) – 1955/11 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Deadly Mission (nn06) – 1955/12 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Histoire différente du roman portant le même titre et publié par Top Fiction Press en 1953.
+ 48 Hours (Janson – nn07) – 1955/12 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ La Violación del Tiempo – 1955/xx – signé Hank Janson EDHASA, Barcelonne – coll. Nebulae. Sera publié en anglais en 1956 aux éditions Alexander Moring sous le titre antérieurement prévu “One Against Time”

1956
+ One Against Time (Science-Fiction – nn08) – 1956/01 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Correspond au n° spécial “g” annoncé chez Top Fiction Press en 1953. Avait été publié dès 1955 en espagnol sous te titre “La Violación del Tiempo” par les éditions EDHASA, Barcelonne. Sera réédité en 1969 sous la signature Astron Del Martia par Mayflowers Books, Londres, et en 1970 par Paperback Library, New York.
+ Devil’s Highway (nn09) – 1956/03 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Hell’s Angel (Hank Janson – nn10) – 1956/04 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres ; cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ The Unseen Assassin (Science-Fiction – nn11) – 1956/04 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en 1953 chez Top Fiction Press.
+ Escape (Janson – nn12) – 1956/05 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ The Big Lie (Janson – nn13) – 1956/06 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres.
+ Cactus (Janson – nn14) – 1956/07 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Bring Me Sorrow (Janson – nn15) – 1955/07 ou 08 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Skirts Bring Me Sorrow” paru en décembre 1951 chez S.D. Frances, Londres.
+ They Die Alone (Janson – nn16) – 1956/09 ou 10 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Sera réédité en 1964 sous le titre “The Exotic Seductress” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ Strange Destiny (Janson – nn17) – 1956/11 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres.

1957
+ Tension (Janson – nn18) – 1957/01 ou 02 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en juillet 1952 chez New Fiction Press, Londres.
+ Bewitched (Janson – nn19) – 1957/02 ou 03 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres.
+ Whiplash (Janson – nn20) – 1957/03 ou 04 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en août 1952 chez New Fiction Press, Londres.
+ Conflict (Janson – nn21) – 1957/04 ou 05 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en mai ou juin 1952 chez New Fiction Press, Londres ; cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ Murder (Janson – nn22) – 1957/05 ou 06 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en avril 1952 chez New Fiction Press, Londres.
+ Sweet Fury (Janson – nn23) – 1957/06 ou 07 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Sera réédité en 1965 sous le titre “The Affairs of Paula” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ Hellcat (Janson – nn24) – 1957/07 ou 08 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres.
+ Persian Pride (Persian – nn25) – 1957/09 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en novembre 1952 chez New Fiction Press, Londres.
+ Desert Fury (Persian – nn26) – 1957/10 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en juillet 1953 chez New Fiction Press, Londres ; cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ Don’t Cry Now (nn27) – 1957/10 ? – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Sadie, Don’t Cry Now” de janvier 1952 1951 chez New Fiction Press, Londres.
+ Enemy Of Men (Janson – nn28) – 1957/10 ? – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Sera réédité en 1965 sous le titre “A Nympho Named Sylvia” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ Sinister Rapture (Janson – nn29) – 1957/10 ? – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres ; cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962. Sera réédité en 1965 sous le titre “Becky” dans la collection Goldstar de Derby, USA.
+ Revolt (nn30) – 1957/11 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Bushwacked (western) – 1957/T2 ou T3 – signé Tex RylandAlexander Moring, Londres. Réédition de “Bushwhacked” paru au 1er semestre 1948 chez Bernard Henry
- A Grave For A Coyote (western) – 1957/xx ou 1956 – signé Tex Ryland Alexander Moring, Londres. Réédition du même titre paru en 1949 chez Scion, Londres.
- Death Rides A Bullet (western) – 1957 ou plus ? – signé Tex Ryland Alexander Moring, Londres.
- Hounded – 1957/xx – signé Darcy Glinto Alexander Moring, Londres. Réédition remaniée de “Kill And Desire” paru en 1950 chez Scion, Londres, sous la signature de Duke Linton.
- Snatched – 1957/xx - signé Darcy Glinto Alexander Moring, Londres. Réédition remaniée de “Enough Rope” paru en 1950 chez Scion, Londres, sous la signature de Duke Linton.


1958
+ Mistress of Fear (Janson – nn31) – 1958/02 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1962.
+ Too Soon To Die (Janson – nn32) – 1958/03 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “This Dame Dies Soon” paru en février 1951 chez S.D. Frances, Londres. Cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ The Amorous Captive Vol. 1 (nn33) – 1958/04 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Kill This Man (Anthologie Janson – nn34) – 1958/05 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Deadly Mission” paru en septembre 1953 chez Top Fiction Press, Londres. Cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961.
+ Flight From Fear (nn35) – 1958/06 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Pursuit” paru en janvier 1953 chez New Fiction Press, Londres. Cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1962.
+ Lose This Gun (Janson – nn36) – 1958/07 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du titre “The Filly Wore A Rod” paru en février 1952 chez New Fiction Press, Londres.
+ Don’t Scare Easy (Janson – nn37) – 1958/08 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du titre “Broads Don’t Scare Easy” paru en novembre 1951 chez New Fiction Press, Londres.
+ Situation – Grave ! (Janson – nn38) – 1958/09 – signé Hank JansonAlexander Moring, Londres. Réédition du titre “Sweetheart, Here’s Your Grave” paru en août 1949 chez S.D. Frances, Londres. Cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ Sugar and Vice (nn39) – 1958/10 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Hate (Janson – nn40) – 1958/11 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Women Hate Till Death” paru en octobre 1951 chez New Fiction Press, Londres.
+ Avenging Nymph (Janson – nn41) – 1958/12 ou 1959/01 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Jack Spot the man of thousand cuts (bibliographie-fiction – nn42) – 1958/12 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Cette édition sera rejaquettée pour les éditions Roberts & Vinter en 1961.
+ Protection Pay-off – 1958/xx – signé Darcy Glinto Alexander Moring, Londres. Réédition de “It’s Not Easy To Die” paru en 1949 chez Art Publicity, Londres, sous la signature de Steve Markham.

1959
+ Amorous Captive Vol. 2 (nn43) – 1959/02 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Sera rejaquetté pour les éditions Roberts & Vinter en 1961/1962.
+ Invasion (Janson - nn44) – 1959/03 ou 04 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres.
+ Silken Snare (Janson – nn45) – 1959/05 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Silken Menace” paru en juillet 1953 chez Top Fiction Press, Londres.
+ Sultry Avenger (Janson – nn46) – 1959/06 – signé Hank Janson Alexander Moring, Londres. Réédition du titre “Nyloned Avenger” paru en août 1953 chez Top Fiction Press, Londres.
+ Amorous Captive Vol. 3 (nn47) – 1959/08 – signé Hank JansonGeorge Turton, Londres.
+ Wild Girl (nn48) – 1959/09 – signé Hank Janson mais non écrit par Stephen Frances – George Turton, Londres.
+ Torrid Tempress (nn49) – 1959/10 – signé Hank Janson mais non écrit par Stephen Frances – George Turton, Londres.
+ Bad Girl (nn50) – 1959/11 – signé Hank Janson George Turton, Londres. Réédition du titre “Frails Can Be So Tough” paru en août 1951 chez New Fiction Press, Londres.
+ Blood On The Sand – 1959/xx – signé Desmond East George Turton, Londres.

From “The Trials Of Hank Janson” – Steve Holland – Telos Publishing, Tolworth - 2004

TontonPierre
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
Maciste
Zigomar
avatar

Nombre de messages : 4793
Age : 48
Localisation : La Dombes et Le Coutançais
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Dim 16 Jan - 21:57

TontonPierre (ou quelqu'un d'autre) a-t-il une idée du titre original de cet ouvrage signé Hank Janson :
Razzia sur la drogue (éd. Bel-Air, Détective-Pocket n° 61, 1965) ?
Rien trouvé d'approchant dans la bibliographie de Hubin (Crime Fiction IV).
Je me demande finalement s'il s'agit bien d'un Hank Janson...
Quelqu'un aurait-il le texte sous la main pour se faire une idée?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.le-rayon-populaire.com En ligne
pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
avatar

Nombre de messages : 727
Age : 72
Localisation : Derrière Versailles
Date d'inscription : 03/04/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Lun 17 Jan - 0:49

Ce titre me pose en effet un problème. Et depuis un petit bout de temps. Si j'avais les infos sur ce titre, j'aurais pu mettre en ligne un message sur "les titres de Hank Janson publiés en France". Hélas...
Il est possible que ce soit la traduction d'un titre non écrit par Stefen Frances lui-même, mais par un des 3 ou 4 romanciers qui lui ont succédé après la disparition des éditions Alexander Moring. Mais il y a tellement de titres entre 1960 et 1965, l'année de publication de Razzia sur la drogue...

Robo 32 exe en a fait un résumé critique sur son blog à l'adresse suivante:
http://muller-fokker.blogspot.com/search/label/%5BEDITEUR%5D%20BEL-AIR
et Pierre Turpin rappelait la galerie des personnages du roman dans les années 80 dans sa Fiche Collection Du "Moulin noir" à "Détective pocket" : Hank Janson, Fleur de Lotus alias cap. Yasmine, Baptiste Bastori, insp. Guy Miranda et Ralph Boyle...

A bonne en tendeur...
TontonPierre
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leblogdetontonpierre.blogspot.com/
robo32ex
Ellery Queen
avatar

Nombre de messages : 166
Date d'inscription : 11/10/2008

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Lun 17 Jan - 1:01

oups... on s'est croisé de peu avec Tonton Pierre. je re-poste donc ma reponse à Maciste (faite sur le topic bel-air) :

je connais pas du tout Janson en dehors des Fleuve Noir / L'Aventurier...
en tout cas, dans Razzia sur la Drogue, le héros s'appelle bien Hank Janson, il bosse bien au Chicago Chronicle et c'est narré à la première personne du singulier.
par contre, il est aussi agent du FBI ( Suspect ) et le style d'écriture est transparent : rien à voir avec la peter cheneyzerie (tu m'excusera) de ceux publiés au Fleuve.
bref, ça sent le gros traficotage made in bel-air.
quant à l'intrigue, c'est Hank Janson qui démantèle avec l'aide de sa superbe compagne asiatique Fleur De Lotus le réseau de drogue super-international d'un ponte de la maffia, Batiste Bastori dit Le Requin.
un petit extrait pour vérifier la qualité de la prose :

"Il détenait un tel pouvoir, que pour en mesurer la puissance et la portée, il faut noter que malgré toute son existence criminelle et en marge de la loi, Bastori n'avait jamais passé, même pas quelques heures, dans une prison."

ça donne mal au crane !
j'en avais causé sur le muller, tonton pierre donne le lien mais on y apprend rien d'intéressant Very Happy

Citation :
Il est possible que ce soit la traduction d'un titre non écrit par Stefen Frances lui-même, mais par un des 3 ou 4 romanciers qui lui ont succédé après la disparition des éditions Alexander Moring. Mais il y a tellement de titres entre 1960 et 1965, l'année de publication de Razzia sur la drogue...

ça doit sans doute être ça... mais une traduction, effectuée par un gars de chez bel-air, peut on encore nommer cela une traduction ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://muller-fokker.blogspot.com/
Maciste
Zigomar
avatar

Nombre de messages : 4793
Age : 48
Localisation : La Dombes et Le Coutançais
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   Lun 17 Jan - 10:18

Aaahhhh, mon petit problème a suscité la curiosité, j'en suis bien aise!
Deux pistes se profilent :
1/Une traduction/adaptation/réécriture à coups de truelle d'un Hank Janson des années 60; dans ce cas, muni des noms des personnages et de la quintessence de l'intrigue, je vais soumettre le problème à mes correspondants anglo-saxons.
2/ Un besogneux de chez Bel-Air a piraté le nom de Hank Janson et celui de quelques personnages d'un de ses romans, pour les substituer à ceux d'un autre roman bien de chez nous, sans doute déjà publié sous un autre titre, et la filouterie est dans la poche! Reste à découvrir la source de ce roman...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.le-rayon-populaire.com En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Auteur] Hank Janson   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Auteur] Hank Janson
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» [Auteur] Hank Janson
» [Collection] Détective Pocket ( Bel Air )
» Recherche auteur pour livre éducatif pour enfant
» Le journal de Tite Kubo! (Les interviews de l''auteur)
» P.G Wodehouse : auteur comique

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A propos de Littérature Populaire :: Romans policiers et d'espionnage :: Toute la littérature policière moderne (après 1950)-
Sauter vers: