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 [Auteur] Duchesne Roger

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arzam
Zigomar
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MessageSujet: [Auteur] Duchesne Roger   Mer 21 Jan - 11:22

j'ouvre une fiche ici pour avoir votre avis sur cette info trouvée ici http://muller-fokker.blogspot.com/2008/02/semaine-noire-4-de-la-production-au.html
Citation :
Roger Duchesne - un acteur des années 30, second rôle notoire jusqu'à une fin de carrière forcée à la libération pour cause de collaboration. Il se reconverti alors en tenancier de cabaret, écrit un roman puis monte un casse de 800 000 Francs et passe deux ans en prison. A sa sortie, il se lance à nouveau dans l'écriture, pour le compte de Roger Dermée, l'homme du 5 rue des moulins aux multiples collections de polars violents, érotiques et bon-marché. Au total, il rend 4 ou 5 romans, dont La Morgue... Terminus !, puis disparaît de la circulation.
Trois ans plus tard, c'est Jean-Pierre Melville qui le retrouve pour lui proposer le role de Bob Le Flambeur, dans le film du même nom. Duchesne est alors garagiste Porte Saint-Ouen. Bob Le Flambeur sera son avant-dernier rôle, celui de toute sa vie, à la fois testament fataliste renié par l'acteur et pierre d'achoppement de l'oeuvre policière de Melville

qu'en pensent les Ardennes bounce
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robo32ex
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mer 21 Jan - 15:34

en fait, j'ai commis une grosse erreur dans cette bio : Duchesne a écrit quelques romans à la fin des années 30, pour le compte de Ferenczi. Il ne reprendra l'écriture qu'au début des années 50 pour le compte de Dermé.

sinon, j'en reparle ici : http://muller-fokker.blogspot.com/2008/12/bonjour-les-degats.html

quant à Bob Le Flambeur : http://www.criterion.com/films/690
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Jean François Le Deist
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mer 21 Jan - 19:57

Mmmmm !!!

Les sites de Robo et de Müller-Fokker cheers Des sites comme je les aime. Continuez, surtout !

Notice du sieur Duchesne dans "Annuaire Biographique du Cinéma 1953-1954"

Citation :
DUCHESNE Roger
Acteur

Né Roger Jordens le 26/07/1906 à Luxeuil les Bains ( Haute-Saône ).

Auteur de romans :

- "Gentleman Jo"
- "Plus un poil de sec"
etc...

Interprétations :

1934 :
- "Vers l'abîme"
1936 :
- "Le Golem"
- "Tarass Boulba"
- "Les loups entre eux"
- "Sept hommes, une femme"
- "L'ange du foyer"
1937 :
- "Le tombeau hindou"
- "Le tigre du Bengale"
1938 :
- "Prison sans barreaux"
- "Tempête sur l'Asie"
- "Gibraltar"
- "Nadia femme traquée"
- "Le joueur"
- "Conflit"
1939 :
- "L'inconnue de Monte-Carlo"
- "Rappel immédiat"
- "La brigade sauvage"
1940 :
- "Le monde tremblera ( La révolte des vivants )"
1941 :
- "Montmartre sur Seine"
- "Cartacalha"
1942 :
- "La femme perdue"
- "L'ange gardien"
- "Le mistral"
- "Le moussaillon"
- "L'auberge de l'abîme"
1943 :
- "Adrien"
- "Jeannou"

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( Halles Centrales de Paris, janvier 1885 )


Dernière édition par Ignatz Mouse le Mer 21 Jan - 20:02, édité 1 fois
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Jean François Le Deist
Zigomar
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mer 21 Jan - 20:01

Sur Opale :

Citation :
Type : texte imprimé, monographie
Auteur(s) : Duchesne, Roger (1906-1996)
Titre(s) : Roger Duchesne. Plus un poil de sec ! [Texte imprimé]
Publication : Paris, Éditions le Trotteur (Impr. du Trotteur), 1952. In-16, 288 p., couv. en coul. 285 fr. [D. L.7287-54] -XcR

Note(s) : Collection Les Tueurs jouent et perdent. N ̊ 1

Citation :
Type : texte imprimé, monographie
Auteur(s) : Duchesne, Roger (1906-1996)
Titre(s) : Roger Duchesne. Gentleman Jô [Texte imprimé]
Publication : Paris, Éditions World Press (Impr. rapides), 1949. In-16 (185 x 120), 221 p., portrait sur la couv. mobile en coul. 195 fr. [D. L.12964] -XcR- .12096

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Belzébuth
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Dim 8 Fév - 21:11

La couv. de Gentleman Jo' avec la photo de l'auteur avec des commentaires de l'éditeur sur un des rabats de la jaquette + le scan de la notice du dico de Mesplède Wink
Autres précisions sur ce site >>> : http://www.lesgensducinema.com/biographie/DUCHESNE%20R.htm

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Maciste
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 20 Fév - 16:49

La partialité des notices du DiLiPo n'en finit pas de me laisser rêveur, pour un ouvrage dont l'ambition avérée est de devenir LA référence dans le domaine.
Ainsi, dans la notice consacrée à Roger Duchesne par Henri-Yvon Mermet, peut-on lire : "Par la suite, il publie encore quelques titres avant de tenter un pâle retour au cinéma avec Bob le flambeur et Marchand de filles."
Il me semble difficile de pouvoir qualifier Bob le flambeur de "pâle film", et je doute que ce jugement soit partagé par les cinéphiles et autres fans de Jean-Pierre Melville (dont, incidemment, je fais partie).
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herbulot
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MessageSujet: Roger Duchesne   Ven 20 Fév - 17:06

lol! avec Maciste; Melville est l'un des grands du cinéma français,une référence pour tout le film policier qui suivra....
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Maciste
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 20 Fév - 21:25

Allez, ne nous laissons pas impressionner par quelques critiques qui n'apprécient pas les bonnes choses Laughing

Roger Duchesne : Plus un poil de sec !
Editions Le Trotteur, collection "Les tueurs jouent et perdent" n° 1, 1952.
(Est annoncé pour paraître, dans la même collection, et du même auteur : Faut les avoir bien accrochées !.. que notre ami Robo32.exe chronique sur son site : http://muller-fokker.blogspot.com/2008/12/bonjour-les-degats.html)



Bob Tracy, détective privé londonien, vient pour une affaire à Paris "où la fête commence. C'est un festival de sang et de mort".
Bref, un roman noir comme on les aime, dans le style "Roger Dermée"
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arzam
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Sam 21 Jan - 13:11

donc Roger Duchesne bien Roger Jordens Rolling Eyes

ce dernier nom me disait quelque chose

vérification faite , il existe une France Jordens auteur d'un titre dans la collection Le Masque

le Vrai visage du Masque nous informe que c'est un pseudo de Charlette Micheline France Jordens née en 1918... et soeur de Roger Duchesne Rolling Eyes
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Jean François Le Deist
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Sam 7 Avr - 15:28

Si vous êtes intéressés, avec "Le Monde" d'aujourd'hui, samedi 7 avril, le DVD du film "Bob le flambeur" avec Roger Duchesne.

Sinon, dispo sur la boutique du "Monde"

http://boutique.lemonde.fr/catalog/product/view/id/5472/?nouveaute=1

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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Jeu 10 Oct - 17:50

Je prépare la mise en ligne d'un post reprenant la bio/biblio de Roger Jordens alias Roger Duchesne.
Avant cela, lavons le "doute" qu'a eu Robo.ex sur les talents de romancier de Roger Duchesne fin des années 1930 pour Ferenczy:
Roger Duchesne n'a rien écrit chez Ferenczy... C'est René Duchesne, qui termina sa longue carrière de romancier au début des années 1950.
Voir à ce sujet la remarque postée ici :
http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t850-collection-police-crime-et-police-editions-ferenczi

TontonPierre
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Jeu 10 Oct - 22:30

Que voilà une bonne nouvelle! Je pense qu'on va entendre parler du sieur Rossard, entr'autres!
Mais attention: il ne s'agira pas de nous ressortir des jugements sur Bob le flambeur du style de ceux qui traînent dans c'fichu DiLiPo, sinon, je sors ma sulfateuse, vous êtes prévenus!
Quant à notre Robo, il devait avoir une petite Kriek dans le nez quand il a confondu René et Roger drunken 
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robo32ex
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 11 Oct - 12:07

Toutafait ! drunken j'avais d'ailleurs remarqué, dernièrement, que c'était un René (et non pas un Roger) qui écrivait les Ferenczi et je m'étais dit "tiens, en fait, ça doit pas être le même ! encore une bourde !"
...puis je m'étais decapsulé une nouvelle bière. Les ravages de l'alcool, tout de même, hein ! What a Face 
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mar 12 Nov - 23:32

Des difficultés de retracer la vie de Roger Duchesne…

Il n’existe pas d’ouvrage, ni de chapitre d’ouvrage, consacré à Roger Duchesne, qui fut connu dans les années 1930 et début des années 1940 comme acteur de cinéma. Pas plus que d’études publiées par des revues et reprenant sa biographie complète et sa carrière.

Seuls quelques articles, publiés au gré de l’actualité, fournissent des informations sur sa personne : d’un côté, les articles des magazines de cinéma ou d’actualité cinématographique, qui font ressortir, parfois en l’enjolivant, le profil « glorieux » de l’artiste ; de l’autre, les coupures de presse, liées à l’actualité tout court, voire celle des faits divers, qui focalisent l’attention sur le côté « heures sombres » du personnage.
Si encore les informations fournies étaient identiques d’un article à l’autre, cela simplifierait le travail… mais elles sont souvent différentes, voire contradictoires ! Nous mentionnerons cela au moment opportun par certaines notes en bas de page.
Parmi ces articles, citons celui du magazine « Vedettes » n°36 du 19 juillet 1941 et intitulé «  Ma vie, par Roger Duchesne », qui permet d’appréhender ce que fut sa jeunesse et les turpitudes de ses débuts de comédien et d’acteur, avant de connaître la célébrité à l’époque où fut réalisé l’interview.

On note également qu’après son dernier « grand » film – « Bob le Flambeur », de Jean-Pierre Melvillle, sorti en 1956, Roger Duchesne tombe dans l’oubli (sauf une fois de plus pour la Justice !), et que l’on n’aura plus aucune nouvelle de lui jusqu’à sa mort, en 1996… soit quarante ans plus tard ! Il faut d’ailleurs imaginer, pour ce dernier point, que la date et le lieu de son décès indiqués sur la toile ont tout simplement été relevés sur un acte d’état civil établi par sa mairie de naissance, à Luxeuil-les-Bains...

La présentation qui suit n’a pas la prétention d’être l’article « qui manque » sur Roger Duchesne. Il reste beaucoup trop de lacunes et de trous dans le récit de sa vie. Les aspects de comédien, ceux d’acteur / séducteur au cinéma, ses activités opaques pendant la guerre et le mauvais garçon qu’il devint après celle-ci, ne sont là que pour donner une idée de la complexité et de la fragilité du personnage. Ces aspects ne sont pas, par ailleurs, dans le champ d’exploration de notre Forum, dédié à la littérature populaire. Nous avons toutefois essayé d’être exhaustifs sur son côté – non prétentieux d’ailleurs, de « romancier ».

Ci-dessous, deux photos de Roger Duchesne, alias Robert Jackson, l’officier anglais héros du film Gibraltar,
de Fedor Ozep, avec Viviane Romance, Erich von Stroheim et Yvette Lebon.



TontonPierre
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pcabriotpi83
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mar 12 Nov - 23:34

Roger Jordens, alias Roger Duchesne (1906-1996)
Comédien, acteur, romancier, mauvais garçon…what else ?

C’est le 26 juillet 1906 que naît à Luxeuil-les-Bains, non loin de Vesoul, le second fils des époux Charles et Anna Jordens, prénommé Roger, André, Charles.
Ses parents se séparent alors qu’il n’a que cinq ans, et c’est du côté maternel que le jeune Roger va être élevé, notamment par une de ses tantes – la tante « Gendarme » comme il l’appelait – qui ne lui ménagera ni les « conseils », ni les fessées.

Sa vie de collégien est, selon ses propres dires, mouvementée, puisqu’il est mis successivement à la porte de cinq établissements, le dernier en date de son internat à Paris où il ne trouve rien de mieux que de se faire la belle pour aller rejoindre sa mère, qui s’était remariée, à Boulogne-sur-Mer.

Ne trouvant pas d’entente parfaite au sein de sa « nouvelle » famille, il décide de voler de ses propres ailes et revient à Paris, avec une valise pour tout bagage, et l’idée de faire du théâtre, comme le fait son père dans son pays d’origine, en Belgique. Pour survivre, il doit vendre un à un les costumes qu’il a apportés avec lui dans sa valise ; et pour se payer des cours de théâtre, il est ouvrier boulanger et travaille dans une maison d’exportation.

Il fait un jour la connaissance d’un comédien qui part en tournée avec Les Comédiens Circus et qui, apitoyé, lui propose de le suivre.

— Je n’avais jamais fait de théâtre, raconte-t-il, mais l’espoir me donnait tous les courages. Mon père était acteur, et, mon imagination aidant, je voyais mon nom en lettres lumineuses à la porte du théâtre. Le désastre, c’est que je devais chanter, et, malgré ma bonne volonté, le chef d’orchestre me maudit bien des fois {1}.

Il n’a qu’un peu plus de 16 ans. Il parcourt ainsi la France, pendant plus de quatre mois. Il vit, enfin. Rentré à Paris, il fait un saut à Boulogne pour annoncer à sa mère qu’il a trouvé sa voie. Devant son attitude énergique, et devant surtout le fait accompli, sa mère s’incline.

Roger est devenu un grand et beau jeune homme. Ses yeux clairs, son large sourire qui illumine son visage, ses cheveux bruns et denses, son élégance, le font classer parmi les « séducteurs ». Il décroche un rôle de jeune premier au théâtre, pour Mon gendre est un satyre, qu’il joue toute une saison à Calais, puis part au service militaire, avant de remonter sur les planches pour quatre années, avec les tournées Charles Baret, qu’il enchaîne par un contrat de deux mois en Egypte.

De retour à Paris, il pense au cinéma, dont on commence à beaucoup parler. Il rencontre un jour Raoul Ploquin {2}, qui semble s’intéresser à lui. Ce dernier, après un silence de deux mois, lui fixe rendez-vous :
J’arrive le cœur battant. Le metteur en scène est là. Après un long conciliabule entre les deux hommes, il est décidé que je pars le soir même pour Berlin, afin de faire des essais. La U.F.A. {3} m’engage pour tourner le rôle principal de « Vers l’abîme », aux côtés de Brigitte Helm. Deux mois en Allemagne, un mois en Yougoslavie. Un enchantement ; tous le espoirs me semblent permis. La gloire vient à moi à pas de géant…{4}

Le film sortira en 1934 avec au générique « Roger Duchesne », le nom de scène qu’il a choisi.

Ses compétences de cavalier, acquises depuis sa tendre enfance, font qu’il décroche en 1935 un rôle dans Tarass Boulba, aux côtés de Harry Baur. Il part ensuite avec ce dernier pour un autre film, tourné à Prague : Le Golem. Puis, coup sur coup, il tourne quatre autres films, dont Le Roman d’un Tricheur, du grand Sacha Guitry. Le succès arrive, car il séduit : son regard fait rêver les midinettes, son élégance plaît aux bourgeoises et sa voix charme les femmes du monde.

Ci-dessous, de gauche à droite :
Vers l’abîme – film franco-allemand de 1934 (sortie nationale le 13 juillet 1934) – 1ère apparition, et pour un rôle majeur, de Roger Duchesne au cinéma ; Photo de Roger Duchesne au début des années 1930 ;
Tarass Boulba (tourné en 1935 – sortie nationale le 13 mars 1936) ; Le Golem (tourné en 1935 – sortie nationale le 06 février 1936) et Le Roman d’un Tricheur (tourné en 1936 – sortie nationale le 02 octobre 1936)



Il enchaîne film sur film, jouant le plus souvent des rôles d’aventurier. En 1937, il est le seul interprète masculin de Prison sans barreaux, où il est le médecin d’un pénitencier de jeunes filles, puis on le retrouve en haut de l’affiche en 1938, aux côtés de Viviane Romance, dans un film d’espionnage : Gibraltar. C’est au cours de ce tournage qu’il rencontre la jeune et belle Yvette Lebon, dont on dit d’elle qu’elle est « le plus beau regard du cinéma français », et avec laquelle il nouera une idylle sérieuse sans toutefois semble-t-il aller jusqu’à passer devant Monsieur le Maire {5}. Toujours son côté séducteur, qui lui va si bien : les jeunes filles lui écrivent, et les femmes voient en lui un homme qui aime et qui sait aimer les femmes. Il signe un contrat qui lui garantit 1.200.000 francs pour trois films par an. C’est le succès, et la grande vie… On le voit à la fois au cinéma et sur les scènes de théâtre. Il se met à rêver de faire de la mise en scène…

Puis c’est la guerre. Il est mobilisé à l’automne 1939 et part pour l’est de la France, comme simple soldat ; mais, plus chanceux que beaucoup de ses camarades, il rentre dès août 1940.
Il joue au théâtre à Paris et en province (Je vivrai un grand amour, Le Bossu), et poursuit sa carrière cinématographique. Notons deux films, tournés en 1941 : Montmartre sur Seine, relatant les débuts de chanteuse d’Edith Piaf, dans lequel il partage la vedette masculine avec Jean-Louis Barrault, et Cartacalha, Reine des Gitans, où il retrouve Viviane Romance. Il aurait refusé des offres de contrats proposées par la compagnie allemande U.F.A., qui lui avait pourtant offert son premier rôle au cinéma en 1934.

Ci-dessous, de gauche à droite :
Prison sans barreaux (tourné en 1937 – sortie nationale le 18 février 1938) ; Gibraltar (tourné en 1938 – sortie nationale le 30 novembre 1938) ; Yvette Lebon et Roger Duchesne - les fiancés de “Gibraltar” ;
Montmartre sur Seine (tourné en 1941 – sortie nationale le 19 novembre 1941) et Cartacalha – Reine des Gitans (tourné en 1941, sortie nationale le 21 janvier 1942)



(à suivre…)

Notes :
{1} « Ma vie, par Roger Duchesne », in Vedettes n°36 du 19 juillet 1941.
{2} Raoul Ploquin (1900-1992) : producteur, scénariste et réalisateur. Dans les années 1930, il est entre autres dialoguiste des versions françaises de plusieurs productions franco-allemandes, tournées simultanément en version allemande et française, avec des distributions différentes. Ce sera le cas du premier film tourné par Roger Duchesne.
{3} U.F.A. : Universum Film AG. Compagnie allemande créée en 1917 de la volonté d’Erich Lunderdoff « d’influencer les masses dans l’intérêt de l’Etat ». Roger Duchesne tournera plusieurs films pour cette Compagnie, outre Vers l’abîme : Le Tombeau Hindou, Le Tigre du Bengale, Le Joueur… mais il aurait refusé de tourner pour cette compagnie pendant la seconde guerre mondiale.
{4} « Ma vie, par Roger Duchesne » - op. cit.
{5} Les informations sur la liaison de Roger Duchesne et d’Yvette Lebon sont contradictoires. Pour certains, Roger Duchesne fut le premier mari d’Yvette Lebon. Yvette Lebon aurait épousé « brièvement » (sic !) Roger Duchesne à la fin du tournage de Gibraltar, en 1938, tandis que le supplément du journal Eve du 19 novembre 1939 les présente comme fiancés, et annonce leur futur mariage à la prochaine permission du soldat Roger Duchesne. Pour d’autres, l’idylle n’ira pas jusqu’au mariage. Il faut savoir par ailleurs que Roger Duchesne était déjà marié en 1938, à l’époque où il rencontra Yvette Lebon, et qu’il avait une petite fille de deux ans, prénommée Nicole…

TontonPierre


Dernière édition par pcabriotpi83 le Mer 13 Nov - 10:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mer 13 Nov - 10:18

Etonnant que les divers dictionnaires du cinéma n'aient pas accordé ne serait-ce qu'une petite notice à notre acteur-écrivain! Voilà un oubli réparé grâce au travail de notre Tonton! cyclops 
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Mer 13 Nov - 23:48

Très occupé pendant l’Occupation…

Courant 1943, brusque changement de programme : Il arrête le cinéma, «  l’air des studios ne lui plaisant pas », dira-t-il dans une interview à la libération. Il préfère devenir « bistrot ». Il rachète à Paul Azaïs, un comédien gravement accidenté et avec qui il vient de tourner dans Adrien, le restaurant « Le Poulet de Bresse », un restaurant coté du XVIIème arrondissement de Paris (par l’intermédiaire de sa maîtresse du moment - l’actrice Gilberte Jonay, qu’il a rencontrée au cours du tournage de Cartacalha); puis il se lance dans la tenue d’un bar / cabaret à Pigalle, « L’Heure Bleue » {1}, qu'il rachète en association avec un repris de justice connu dans le commerce de la limonade : Auguste Ricord {2}.
Ricord est à la Direction commerciale, Duchesne à la Direction artistique.
Mais il faut de l’argent, beaucoup d’argent pour monter luxueusement le « cabaret ». Auguste Ricord met alors en relation Roger Duchesne avec Henri Lafont, un homme de la « carlingue » - la « Gestapo française ».
Roger Duchesne lui écrit : « Je suis artiste. Je vais avoir des échéances. Il me manque 600.000 francs. On m’a parlé de votre bon cœur. Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ? Si vous acceptez de me prêter cette somme, vous pouvez compter sur ma reconnaissance… ».
Henri Lafont le fait venir :
— C’est vous Roger Duchesne ?
— Oui Monsieur. J’ai besoin d’argent.
{3}
Lafont, qui a « le cœur sur la main », met celle-ci au portefeuille, et fait immédiatement verser la bagatelle des 600.000 francs demandés…

Il reçoit dans ce « cabaret » ses camarades de studio. On y retrouve Yvette Lebon ; mais on y voit aussi des « amis » beaucoup moins recommandables : des gangsters et des membres de la Gestapo, et Henri Lafont, celui qui a eu pour Roger Duchesne « le cœur sur la main »…

En mai 1944, un mois avant le débarquement, il quitte la capitale et rejoint un maquis dans l’Eure-et-Loir. Il réapparaît à la libération de Paris, en lieutenant FFI, créant la surprise de ses amis {4}. Dans le quartier Montmartrois, il passe pour être le “F.F.I. n°1” de la rue Lepic {5}. Il est arrêté au soir du 28 septembre 1944. Considéré comme un résistant « de la treizième heure », on l’accuse d’avoir travaillé pour la Gestapo (on lui demande en particulier ce qu’il a fait ou donné en échange des 600.000 francs reçus d’Henri Lafont), d’avoir perpétré des « casses » sur la Butte Montmartre, et on lui reproche même d’avoir ordonné quelques exécutions sommaires dans un garage de la rue Marcadet. Il reste plusieurs semaines en prison {6}, le temps que l’on s’aperçoive que c’est un autre « Duchesne » qui a commis toutes ces exactions. Il en ressort avec un non-lieu, et la commission d’épuration du spectacle « l’acquitte ».

Roger Duchesne peut reprendre sa place sur les écrans ; mais en dépit de ses certificats de patriote, il est « boycoté ». Deux fois on annoncera son retour à l’écran : pour La Passagère, on lui préférera Georges Marchal, et pour L’Homme de la Jamaïque, le rôle de l’aventurier Jacques Mervel, qui avait été écrit spécialement pour lui par son ami le romancier Robert Gaillard, sera finalement offert à Pierre Brasseur.

Sa carrière semble brisée. Il revend « L’Heure Bleue », et part s’installer à Villiers-sur-Marne, chez une veuve qui tient un commerce de bonneterie, la mère de Madeleine, sa dernière conquête {7}. C’est à ce moment-là qu’il se met à écrire. Des romans noirs, comme il les aime, avec l’arrière pensée de les faire adapter à l’écran, une fois la disgrâce apaisée et la chance revenue.

Son premier roman est « achevé d’imprimer » en août 1949, aux éditions World Press, un label éphémère créé par Roger Dermée {8}. Il a pour titre Gentleman Jo. C’est l’histoire d’un agent secret, style Lemmy Caution à la française, que l’éditeur présente de la manière suivante :

Citation :
GENTLEMAN JO !
Racé, élégant, « cavaleur effréné », sentimental et féroce à la fois, d’une audace à toute épreuve, gouailleur dans les situations les plus tragiques, tel est Gentleman Jo.
C’est le plus remarquable agent secret du monde jouissant de l’estime la plus absolue du F.B.I. de New York avec lequel il est souvent amené à travailler.
Les femmes ne le laissent pas indifférent, mais il s’en sert avec une désinvolture déconcertante. Il en est pourtant une qu’il préfère et vous la connaîtrez mieux en lisant ce premier ouvrage.
Gentleman Jo. vous emmène à un train d’enfer et vous fait passer des situations les plus drôles au drame le plus « noir ».
Le début du premier chapitre, intitulé « Faisons connaissance », précise le pedigree de Gentleman Jô, qui ressemble à s’y méprendre à l’auteur du roman : né le 26 juillet 1916 (au lieu du 26 juillet 1906), 1 m. 80, yeux bleus, cheveux bruns, et une faiblesse pour les mômes bien roulées…

Ci-dessous : Gentleman Jô – 1er roman de Roger Duchesne. Jaquette d’André Gosselin ; 1er plat de couverture et page de titre.


En avant-page de titre, l’auteur dédiait ainsi son roman : « A Robert Gaillard – Hommage reconnaissant – Toute mon affectueuse amitié »


Selon Roger Duchesne, Gentleman Jo « n’a pas fait un sou ». La suite de ce premier roman est d’ores et déjà annoncée « sous presse » : Un poing… c’est tout !, contant cette fois-ci les aventures de Gentleman Jo à New York.
En réalité, ce titre n’est pas encore écrit {9}. Roger Duchesne a par ailleurs deux autres romans tout prêts, mais il pense qu’ils n’auraient eux aussi aucun succès.



Notes :
{1} C’est dans ce « cabaret », situé au 54 de la rue Pigalle et aujourd’hui disparu, qu’après la Libération Pierre Loutrel (dit Pierrot le fou) et Jo Attia se réunissaient pour préparer leurs premières attaques à main armée motorisées : le fameux « Gang des tractions avant ».
{2} Ce proxénète et trafiquant d’or et d’alcool marseillais, « extrait » de sa prison pour épauler la Gestapo, avait monté plusieurs maisons closes pour les soldats allemands, à Saint Omer, à Roubaix, et à Boulogne-sur-Mer (le pays de la famille Jordens !…). Il racheta, en compagnie de Roger Duchesne, ce « cabaret » où « défileront les officiers allemands, les stars de l’époque  et les piliers de la Carlingue ».
{3} Informations tirées de l’interrogatoire d’Henri Lafont à son arrestation en septembre 1944.
{4} Selon certains, Roger Duchesne serait réapparu à la Libération dans un élégant uniforme de lieutenant F.F.I. Roger Duchesne démentira l’information dans une lettre ouverte envoyée à la Presse parisienne à la veille de son arrestation : « Quant à l’uniforme dont il est question dans certains journaux bien informés, je tiens à préciser que je n’ai jamais porté qu’un pantalon rapiécé, un blouson crasseux et des bottes en caoutchouc… ».
{5} in Libération du 11 septembre 1944.
{6} Les informations sur la durée de son emprisonnement sont contradictoires : 51 jours selon France Dimanche, quatre mois selon Le Figaro, sept mois !… selon Détective. Roger Duchesne lui même indiquera avoir « passé 40 jours au dépôt II, à Fresnes ».
{7} Il s’agit de Madeleine Renou, une jeune comédienne âgée de 29 ans que l’on vit au théâtre dans quelques petits rôles sous le nom de Manuella, et qui eut avec Roger Duchesne une petite fille.
{8} Pour comprendre pourquoi ce roman a été publié aux éditions World Press plutôt qu’ailleurs, il suffit d’appliquer l’équation suivante, en partant de Robert Gaillard, ami comme nous l’avons dit de Roger Duchesne : Robert Gaillard = éditions du Carrousel = éditions Fleuve Noir = Armand de Caro = Roger Dermée = éditions World Press
{9} Ce deuxième « opus » des aventures de Gentleman Jo, pourtant annoncé par l’éditeur comme « à paraître », « sous presse », n’est jamais paru. D’aucuns disent qu’il aurait été interdit par la censure… Il n’y a que les livres déjà publiés qui peuvent être interdits, et si tel avait été le cas, le livre de Daniel Bécourt Livres interdits – Livres condamnés l’aurait répertorié. Par ailleurs la loi de 1949 sur la protection de la jeunesse n’était pas encore suffisamment active pour pouvoir agir sur ce type d’ouvrage. Non… Si le roman avait été effectivement écrit, il faudrait en conclure que c’est tout simplement la faillite des maisons de Dermée (La Licorne, World Press), en 1950, qui aurait été la cause de cette non- parution. Mais je penche plutôt pour un simple effet d’annonce, posté sur la jaquette de Gentleman Jo. Peut-être que l’écriture de ce second titre était déjà envisagée en 1949, mais que, la justice allant rattraper Roger Duchesne en février 1950, le roman resta à l’état de projet. D’ailleurs, dans une interview accordée à la presse en février 1950, à la prison de Fresnes, Roger Duchesne précisera qu’outre Gentleman Jo, il avait écrit deux autres romans, mais sans parler d’un « second » Gentleman Jo.


(à suivre…)

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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Jeu 14 Nov - 19:41

De Gentleman Jô à gentleman… « cambrioleur » !

Il décroche par protection une tournée pour jouer des rôles mineurs dans La Femme perdue et Pour avoir Adrienne. Mais la tournée en province tourne au fiasco. A Perpignan, des perturbateurs montent sur la scène, lui « balancent » des oranges pourries et manquent de saccager le théâtre ; il faut le reconduire à la gare sous la protection de la police. Duchesne, c’est encore, et toujours, la Gestapo, une étiquette qui lui colle à la peau.
Par la suite, il doit partir pour une tournée théâtrale dans le Proche-Orient, mais l’affaire ne se fait pas…

De retour à Paris, à court d’argent, il s’installe à l’hôtel Pax, rue de Trévise, et s’imagine vendeur de cravates à la sauvette. Christian Logez, un jeune ex-compagnon maquisard qu’il retrouve et qui est entre temps devenu un petit voyou, l’en dissuade : plutôt monter « un coup », qui serait plus rentable et plus immédiat… Après avoir refusé une première fois, il accepte l’idée et lui propose « l’affaire », chez les époux Auffray, qu’il connaît bien, des grossistes rue Réaumur à Paris, où il était allé réassortir en cravates sa bonnetière de Villers-sur-Marne {1}.

Le 8 février 1950, au moment de la fermeture, Logez et un complice raflent sous la menace d’un revolver une sacoche contenant 800.000 francs et quelques bijoux dans la boutique des époux Auffray et de leurs associés, les époux Chambon. Le partage est fait dans un café : Roger Duchesne touche pour sa part 270.000 francs. Ce qu’ont oublié les deux malfrats, c’est que le complice de Logez, Jean Heurtier, dit « Jeannot le bigleux », connu dans le quartier même où a été perpétré le hold-up, est un homme qui louche. Un signalement suffisant pour que les hommes du commissaire Clot arrêtent l’un après l’autre les deux voyous, qui « donnent » leur indicateur.

Le 27 février au matin, Roger Duchesne est arrêté dans son lit. « Je n’ai pas de chance », dira-t-il simplement aux trois policiers venus l’interpeller. Il a sur son chevet un des tout derniers « polars » de la Série Noire – Vide ton sac, et, au cours de la perquisition qui s’en suivit, on trouve deux manuscrits, presque terminés : Plus un poil de sec et Les Carottes sont cuites… Ce dernier titre s’applique opportunément à la situation de Roger Duchesne, qui écopera deux années de prison…
Il n’a pas peur alors d’afficher tout haut sa déchéance et la honte qu’il a de lui-même, en reconnaissant qu’avec cette affaire-là, il a tout gâché…

Le 20 avril 1951 s’ouvre le procès de l’affaire des marchands de cravates de la rue Réaumur. Roger Duchesne est défendu par deux avocats dont Me René Floriot. Deux de ses camarades comédiens, Renée Saint Cyr et François Périer, viennent à la barre dire toute l’injustice dont il a été victime{2} ; et le président Leser, lisant quelques extraits de son roman Gentleman Jo, lui dit :
— Vous écrivez : « Gentleman Jo aimait les femmes bien roulées, la bonne table et boire un coup ». C’est votre portrait, ça, allons, c’est vous !
Et Duchesne de répondre, avec un demi-sourire :
— Gentleman Jo n’était pas un gentleman cambrioleur. Il faisait partie du 2e bureau…

A sa sortie de prison, son éditeur Roger Dermée publie aux éditions Le Trotteur, au second trimestre de 1952, son Plus un poil de sec, un volume de près de 300 pages. L’occasion pour Dermée d’ouvrir une nouvelle collection « Les Tueurs jouent et perdent », et qui annonce un second titre signé Roger Duchesne : Faut les avoir bien accrochées.... Il faudra attendre toutefois le début de 1953 pour voir paraître ce titre, juste avant un autre publié en mars 1953 : La Morgue… Terminus !.
Ce dernier titre, La Morgue… Terminus !, est pour partie autobiographique, Roger Duchesne y transposant son « expérience » de mauvais garçon arrêté, interrogé, et mis sous les verrous. Il est aussi, de l’avis des connaisseurs, le meilleur roman qu’il écrivit, se démarquant des pâles copies « à la Peter Cheyney ». C’est certainement la raison pour laquelle il sera repris, remanié, et attribué à Roger Rossard {3} (= Roger Dermée), sous le titre La Dernière étape, fin 1973, dans la collection International Pocket des éditions Transworld Publications, puis en 1977 aux éditions Œdip, dans la collection Rhinocéros (toujours Roger Dermée), sous la même signature et sous le titre La Morgue… Rideau !
Une adaptation de La Morgue… Terminus ! sera faite en roman dessiné, sous le titre Fallait pas revenir – dessins de Salva, en 1953 aux Presses Mondiales (encore Dermée) dans la collection Les romans en images / Amour et Police.

Mentionnons un dernier titre signé Roger Duchesne : Alerte au Polygone, un roman d’espionnage publié en mai 1953, qui alimentera la collection « Espions et Agents Secrets » des éditions Le Trotteur.

Il est plus que probable que le manuscrit trouvé lors de la perquisition qui suivit l’arrestation de Roger Duchesne et intitulé Les Carottes sont cuites, corresponde à l’un des titres édités par Roger Dermée en 1953. Ce titre sera utilisé en 1973 pour la reprise de Plus un poil de sec, dont Dermée a confié la réécriture à Jacques Bourdais qui signera pour la circonstance Phil Conroy (éditions Transworld Publications, collection Special Pocket).


Les autres romans de Roger Duchesne après Gentleman Jô :


Plus un poil de sec – écrit en 1949, publié au 1er trimestre 1952 ( à sa sortie de prison !) comme premier titre d’une nouvelle collection des éditions Le Trotteur : Les tueurs jouent et perdent. Illustration de couverture de Salva.
Sera « réécrit » en 1973 par Jacques Bourdais, qui signera Phil Conroy, et publié sous le titre
Les Carottes sont cuites, aux éditions Transworld Publications dans la collection Special Pocket.


Faut les avoir Bien accrochées…, publié au 1er trimestre 1953 dans la collection Les Grands Romans Noirs des éditions le Trotteur. Illustration de couverture de Marculeta.
Etait annoncé dans
Plus un poil de sec comme « à paraître » dans la collection Les tueurs jouent et perdent. Serait-ce le “Les Carottes sont cuites”, trouvé en même temps que “Plus un poil de sec” au moment de l’arrestation de Roger Duchesne en février 1950 ? Possible…


La Morgue… Terminus !, publié en mars 1953, dans la collection Les Grands Romans Noirs des éditions Le Trotteur. Illustration de couverture de Salva. Certainement le plus « vrai » des romans écrits par Roger Duchesne ? Il y décrit des scènes d’arrestation, d’interrogatoires et d’arrivée en prison qui sentent le vécu. Il démarre l’action à Boulogne sur Mer, la ville où a vécu toute sa famille et qu’il connaît bien ; il situe son logement parisien à l’hôtel Pax, rue de Trévise, là où il a été arrêté…Ce titre fait l’objet d’une immédiate adaptation en roman dessiné par Salva sous le titre Fallait pas revenir (éditions des Presses mondiales – collection Les Romans en images – série Amour et Police)
Ce titre sera remanié en 1973 et re-titré
“La Dernière Etape”, et « signé » Roger Rossard (Roger Dermée), pour être publié au 4ème trimestre aux éditions Transworld Publications dans la collection International Pocket ; puis “La Dernière Etape” sera re-titré La Morgue… Rideau ! pour être « réédité » en 1977 aux éditions Œdip dans la collection Rhinocéros.



Ci-dessus :
Alerte au Polygone – dernier titre signé Roger Duchesne et publié en mai 1953 aux éditions Le Trotteur, collection Espions et Agents secrets.

(à suivre…)

Notes :
{1} Il semble bien que ce fut Roger Duchesne lui-même qui fut l’instigateur et le cerveau de l’affaire. Il aurait été, en plus et à ce moment-là, l’objet de trois plaintes pour émission de chèques sans provisions.
{2} Ce procès, aussi difficile qu’il fût à supporter pour l’ex-vedette de cinéma, est toutefois à considérer, grâce à l’habileté de Me René Floriot, comme une reconnaissance publique (la seule d’ailleurs) pour disculper définitivement Roger Duchesne des accusations portées contre lui et relatives à sa conduite pendant l’occupation.
{3} T’avais raison, Maciste, on parle bien de Rossard…

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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 15 Nov - 12:57

Encore une fois, bravo à Tonton Pierre pour la minutie de ses recherches et ses articles bien documentés. Le voilà bien placé pour remporter le titre de Reporter de l'année Wink 
Un aspect de la biographie de Roger Duchesne continue à m'intriguer: pourquoi a-t-il pris ce tournant en 1943, délaissant le cinéma pour se lancer sur une pente plutôt savonneuse? Il y a sans doute eu un élément déterminant, ou bien cela couvait-il depuis plusieurs années? Le mystère subsiste!
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 15 Nov - 15:18

Je ne peux, comme d'habitude, que féliciter notre Tonton à nous.

Cependant, il brouille mon système d'archivage : que dois-je mettre comme auteur par exemple pour La Dernière Etape ?
Et, puis-je considérer qu'il s'agit du même ouvrage ?

Bon, il n'y est pour rien, c'est encore la faute à Dermée, qui n'a pas pensé que des années après, viendrait l'informatique !
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 15 Nov - 16:05

J'ai entre les mains Les carottes sont cuites, signé Phil Conroy, et qui met en scène un détective privé de Londres nommé... Phil Conroy. Est-ce déjà le nom du héros de Plus un poil de sec, qui aurait donc donné l'idée du nom de l'auteur à Dermée, ou le nom a-t-il été changé? Merci aux heureux possesseurs de Plus un poil d'éclairer ma lanterne.
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 15 Nov - 18:07

Dermée est un malin. Quand il "remanie" un roman, il change bien sûr le nom des héros, au minimum celui du héros principal; il change parfois aussi les lieux, il met à jour les marques de voitures et réévalue les pépettes en conséquence...
Pour Les carottes sont cuites, le héros Bob Tracy, détective londonnien de Plus un poil de sec, s'est transformé en Phil Conroy (prononcer "conne-roeille")
A ma connaissance, cette signature Phil Conroy a été utilisée sur le territoire français pour ce seul titre... mais Frank Evrard me disait que cette signature aurait été utilisée pour des romans publiés en Italie. Pas étonnant... Dermée ayant eu une importante période d'édition "italienne"...
Ci-dessous, la 4ème de couverture de Plus un poil de sec!


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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 15 Nov - 19:39

Grosse erreur de ma part.
Le Phil Conroy est inconnu en Italie; on le retrouve une seconde fois en France, mais pour un titre uniquement annoncé dans la collection Spécial suspense en 1977 (Presses Européennes de Dermée!) : C'est pas du gâteau !
Titre qui n'est jamais paru ... et à ne pas confondre avec le "C'est du gâteau" de George Maxwell.

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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Ven 15 Nov - 20:23

Bob le Flambeur

En 1955, Roger Duchesne renoue enfin avec le cinéma. C’est Jean-Pierre Melville qui lui redonne sa chance, dans son premier film policier : Bob le Flambeur. Jean-Pierre Melville semble à tout prix vouloir faire tenir le rôle titre par Roger Duchesne. A cause de ses connaissances du « Milieu » et de ses voyous ? A cause de la ressemblance de sa personnalité avec celle du personnage du film ? {1}… ou simplement pour réhabiliter celui qui était tombé dans une disgrâce injustifiée ?
Roger Duchesne s’explique sur cette rentrée cinématographique dans une interview accordée au magazine Festival, en novembre 1956 :
— Et pourtant, j’étais bien décidé à ne plus faire de cinéma, car je ne voulais pas, après avoir tourné tant de films en vedette, retomber dans les seconds rôles. D’un autre côté, j’ai bien failli ne pas tourner Bob le Flambeur. Jean-Pierre Melville m’a cherché pendant cinq mois. Il allait se décourager lorsque, grâce à Auguste le Breton, l’auteur du Rififi chez les hommes, qui connaissait un de mes amis, il a pu enfin me joindre dans ma retraite campagnarde…{2}.

Pour incarner ce personnage de truand repenti, l’acteur a été terriblement vieilli. Notamment par le port de cheveux argentés – ce qui ne lui plaira guère – et les traits burinés ; alors qu’en réalité, il avait fort peu changé depuis dix ans !


Ci-dessus : deux affiches du film Bob le Flambeur, de Jean-Pierre Melville, tourné en 1955, sortie nationale le 24 août 1956.
Ci-dessous : Roger Duchesne. A gauche, maquillé et vieilli pour Bob le Flambeur ; à droite, photo insérée dans le magazine Festival en 1956.



Les critiques ne seront pas tendres, ni avec le film, ni avec l’acteur principal. « Roger Duchesne a vieilli, gagné de la prestance, c’est tout », note le journal Combat.
Ce nouveau départ, très remarqué, lui vaut un contrat pour trois autres films… dont un seul sera tourné, l’année suivante, pour un dernier « second rôle » : cette fois-ci, celui d’un patron de bar, membre d’un réseau de trafic de drogue et de traite des blanches, dans le film de Maurice Cloche Marchand de filles.


Ci-dessus : affiche du film de Maurice Cloche "Marchands de filles" – dernier film où apparaît Roger Duchesne (tourné en 1957 – sortie nationale le 04 octobre 1957) et photo de l’acteur Roger Duchesne issue du film.

Fin 1958 - début 1959, il s’essaye dans la représentation commerciale des enseignes lumineuses, puis dans celle des trousseaux de lingerie. Le secret de sa « réussite » tient à la rédaction de faux bons de commandes et aussi à la confusion entre autographes au bas des photos et signatures au bas des chèques ; ce qui lui vaudra d’être condamné le 3 octobre 1960 pour escroquerie, abus de confiance et émission de chèques sans provisions, à deux ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour.
Juste avant son procès, Roger Duchesne a disparu de la circulation, sans laisser de traces. Un mandat d’arrêt est délivré contre lui. On n’aura plus jamais aucune nouvelle de lui.
A-t-il terminé sa carrière comme vendeur de voitures d'occasion, du côté de la porte de Montreuil, comme certains veulent bien le dire {3} ? puis ne s’est-il pas retiré, avec sa dernière femme qu’il a épousée en 1954, une fois de plus, dans sa « campagne » ou en Bretagne, au bord de la mer, un autre de ses lieux de prédilection ?
Au milieu des années 1980, sa demi-sœur, France Jordens {4}, sans nouvelles de lui, pensait qu’il avait pu partir en Amérique du Sud et tourner dans de petites productions locales…{5}

Le 11 juillet 1996, son dernier « grand » film, Bob le Flambeur est diffusé à la télévision sur Paris Première. L’hebdomadaire Télé 7 jours, présentant l’acteur comme peut-être décédé (n’ayant pu retrouver sa trace via les historiens du cinéma), interroge ses lecteurs : « Si quelqu’un sait ce qu’est devenu Roger Duchesne… ». Un des lecteurs confie alors au journal les coordonnées de l’ancien acteur, près de Paris… Contacté, Roger Duchesne ne souhaitera pas s’exprimer : « Trop fatigué », répondra sa femme.
Il mourra quelques mois plus tard, aux Mureaux, le jour de Noël 1996.


TontonPierre

Notes :
{1} Si le personnage de Bob le Flambeur peut faire penser à Roger Duchesne, qui fut effectivement et toute sa vie un « flambeur », un autre personnage, celui de « Georges Mounier », issu du scénario non abouti d’un film (Un Flic, de Jean-Pierre Melville, ca 1945-1950), colle encore plus à la peau de Roger Duchesne (voir à l’adresse suivante : http://www.bifi.fr/public/print.php?id=354&obj=article).
{2} Sa « retraite campagnarde » est probablement la ferme qu'il possédait du côté de Chartres. Il semblerait que ceux qui voyaient Roger Duchesne « extrait » de son garage de la Porte Champerret ou de celle de Saint-Ouen pour tourner Bob le Flambeur en soient pour leurs frais… à moins que Roger Duchesne ait voulu occulter une situation personnelle peu glorieuse…
{3} Activité confirmée par la femme de son neveu Robert Jordens.
{4} Charlette Micheline France Jordens, née en 1918 (donc après la séparation des parents de Roger), n’est que la demi sœur de Roge Duchesne. Elle fera du théâtre dès son plus jeune âge et, en complément à sa carrière de comédienne, écrira deux romans d’espionnage et tournera dans « Mystère à Shangaï » en 1949 sous le nom de Krisha Duchesne. Elle épousera le romancier Stanislas André Steeman.
{5} Information issue d’un entretien entre France Jordens et Frank Evrard dans les années 1980, à priori démentie par le neveu de Roger Duchesne, Robert Jordens.


Crédits bibiographiques :
Les journaux et magazines suivants ont été consultés pour rédiger cet article :
Journaux : L’Humanité, Le Franc-Tireur, Défense de la France / France-Soir, L’Aurore, Le Figaro, Le Parisien Libéré, Libération, France Dimanche.
Magazines : Vedettes, Ciné Miroir, Festival, Eve, Détective

Crédits illustrations :
Affiches et Photos : Web
Couvertures des romans : Collections TontonPierre et Frank Evrard

Remerciements à Frank Evrard et à Paul Paoloni pour les pistes de recherches et les coupures de presse qu’ils m’ont communiquées.
Remerciements à Robert Jordens, neveu de Roger Jordens / Duchesne, pour la validation du contenu de cet article.
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MessageSujet: Re: [Auteur] Duchesne Roger   Sam 16 Nov - 11:16

Pour répondre à l'ami pfinge, je considère les éditions - ou rééditions - remaniées comme des titres et des auteurs différents.
Et je note en marge du classement "l'historique" du titre, du style :
... sera réédité dans une version remaniée sous le titre....
... version remaniée du titre...

Les amis du forum ont peut-être d'autres moyens de classements ?!

TontonPierre
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