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 [Auteur] Claude Ferny

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pcabriotpi83
Lupin (Arsène)
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MessageSujet: les "sélections" des oeuvres de Claude Ferny   Ven 4 Mai - 9:54

Les « sélections » des œuvres de Claude Ferny (1)

“La Main qui nourrissait la Mort”, le tout premier roman que son auteur Firmin Pierre Marchand - alias Claude Ferny – fit publier à l’été 1949 dans la collection “La Cagoule” des Éditions La Bruyère, était accompagné d’“Une Sélection” des œuvres de Claude Ferny : Trente-neuf titres (Rien que ça !), répertoriés et différenciés selon deux types d’ouvrages : les “romans policiers”, et les “ouvrages hors-série”. A noter que ce roman y est référencé sous le titre “L’Homme qui nourrissait la Mort”, et non pas “La Main…”.


Ci-dessus : recto de la couverture de “La Main qui nourrissait la Mort”, par Claude Ferny – Éditions La Bruyère, Paris
3ème trimestre 1949 – Collection La Cagoule n°59 (Dépôt légal BNF : 19-11-49)
En fin de roman, l’auteur indique : écrit à Levallois du 27 mars au 08 avril 1944.
Premier titre que l’auteur publia… mais sans doute pas le premier qu’il écrivit.

Ci-dessous : la première “sélection des œuvres de Claude Ferny”, telle que présentée en page d’après titre de son roman
“La Main qui nourrissait la Mort” (Dépôt légal éditeur : 3ème trimestre 1949).
On note que ce titre, qui vient d’être publié (référencé n°21,) y est intitulé
“L’Homme qui nourrissait la mort” (l’intitulé initial ?)
et que le futur
“Maître Leduc… Tueur !” (n°36), porte ici l’intitulé “Meurtres et Spasmes ou Maître Leduc, Rufian moderne”.


En janvier 1950, une nouvelle “Sélection des œuvres de Claude Ferny” est insérée dans son Maître Leduc… Tueur !
Cette seconde sélection reprend la liste de la sélection précédente, en y ajoutant deux titres supplémentaires et en requalifiant les “Romans noirs” en “Romans noirs” améliorés.

Ci-dessous : “Une Sélection des œuvres de Claude Ferny” telle que présentée
dans son roman
Maître Leduc… Tueur ! paru en janvier 1950.
Là aussi, changement de titre de dernière minute :

Maître Leduc… Tueur ! numéroté “36”, était précédemment prévu pour être intitulé
“Meurtres et Spasmes ou Maître Leduc, Ruffian moderne” (voir la “première” sélection).



Ci-dessus : recto et verso de la couverture de “Maître Leduc... Tueur !” par Claude Ferny
Éditions World Press, Paris - 1er trimestre 1950 (janvier) – Collection “Meurtre et volupté”, n°1.
La quatrième de couverture indique que cette collection, nouvelle, qui est plus exactement
« une bibliothèque de criminologie », vient d’être créée pour Claude Ferny.
Ce titre annonce le prochain roman à venir dans la collection :

“Je suis un Fou sanglant” (confession romancée - n°31 des “sélections”).
Un titre qui semble n’avoir été publié que plusieurs années plus tard, en 1956
sous le titre
“J’étais Jack l’éventreur” et par une autre maison d’édition.


Trois mois plus tard, en avril 1950, une “troisième” sélection du même type est insérée dans Poupées ! Attention... N’embarquez pas…, le premier titre de la Collection Noire franco-américaine des Éditions du Globe.
Cette sélection reprend les caractéristiques de classification des précédentes, mais en transférant les “Pièces policières” vers la « Série M. Durand contre Arsène Lupin » et en changeant l’appellation “Ouvrages hors-série” en “Romans « criminels »”.

Ci-dessous : Recto de la couverture de “Poupées ! Attention… N’embarquez pas…” par Claude Ferny
Editions du Globe, Paris – 2ème trimestre 1950 (avril) – Collection Noire franco-américaine, n°1
.



Ci-dessus : Bibliographie insérée en fin du volume “Poupées ! Attention… N’embarquez pas…”.
On note que les titres “Le Chemin de la Guillotine” et “Gus-Mitraillettes, Marchand de Femmes”, de la sélection précédente,
ont disparu au profit de
“L’Empreinte du vice”, de “Poupées ! Attention… N’embarquez pas …”
(qui vient de paraître et qui correspond à “Gus-Mitraillettes, Marchand de Femmes”),
et de
“M. Fred, protecteur de filles” qui paraîtra dans la même collection deux mois plus tard, en juin 1950.

Auto-bibliographies fantaisistes ? – comme s‘interrogeait l’ami Maciste dans le post d’ouver-ture de ce topic - ou bien réservoir de manuscrits, écrits au fil des années précédentes, dans lequel Claude Ferny va puiser pour faire des propositions à plusieurs éditeurs ? On note en effet que certains titres paraîtront ultérieurement, soit sous le titre annoncé, soit sous un titre voisin.
Pierre Turpin s’était livré, en 1989, à partir de cette “troisième” sélection, à la recherche des titres parus et leur correspondance avec ces listings auto-bibliographiques de Claude Ferny {1}.

(à suivre...)

Note :
{1} Remerciements à Jean-François Le Deist pour m’avoir fait parvenir copie de la bibliographie de Claude Ferny établie par Pierre Turpin en 1989.

TontonPierre


Dernière édition par pcabriotpi83 le Ven 4 Mai - 10:00, édité 1 fois
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pcabriotpi83
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MessageSujet: les "sélections" des oeuvres de Claude Ferny   Ven 4 Mai - 9:55

Les « sélections » des œuvres de Claude Ferny (1bis)

L’hypothèse du réservoir de titres déjà écrits est-elle justifiée ? … Certainement !

Concernant ses “Romans policiers” mettant en scène M. Durand (28 titres répertoriés), on notera, par exemple, que le titre annoncé La Main fumée (n°16), et qui paraîtra fin 1956 chez Jacquier dans sa collection “La Loupe” sous le titre “Le Mort à la main coupée”{1} se passe à Paris dans les années 1930 (les marques et types de voiture, les attributs donnés au personnage principal M. Durand, l’énumération de certaines des dernières inventions en date, … tout cela est typique des années 1930). Je pense que c’est à dans ces années-là que le futur Claude Ferny écrivit ce roman ; cela me paraît être l’hypothèse le plus probable. Et il en fut certainement de même pour d’autres titres.

Concernant ses “Ouvrages Hors-série”, qu’il rebaptisa “Romans « Criminels » dans la bibliographie attachée à son roman qui ouvrit au deuxième trimestre 1950 la Collection Noire Franco-Américaine des Éditions du Globe{2}, et après en avoir extrait ses “Pièces Policières”, il s’agit vraisemblablement des manuscrits qu’il envoya (entre autres ?), vers la fin des années 1940, à Marcel Duhamel, directeur de la “Série Noire” - une collection qui commençait à connaître le succès.
Marcel Duhamel indiquait en effet, dans un rapport rédigé en 1950 à l’attention du service juridique des Éditions Gallimard :
«Si nous publions si peu d’auteurs français malgré l’abondance de manuscrits que nous recevons (une moyenne de 20 par mois), c’est qu’ils sont à peu près tous de vulgaires imitations des romans américains, ou en tout cas d’un caractère nettement érotique et sadique. […] Témoin les œuvres de Claude Ferny qui nous a inondés de manuscrits et qui, après notre refus, a fondé “La Collection Noire” qui n’est qu’un plagiat de notre “Série Noire”»{3}.

Que peut-on dire de plus au sujet de ces “Sélections des œuvres de Claude Ferny” ? :

• Que ses romans policiers, dans lesquels M. Durand semble absent (n°1, 2 et 3), seront par la suite abandonnés de ses listes bibliographiques et ne seront visiblement jamais édités ;
• Que ses titres, numérotés I, II et III dans la série «M. Durand contre Arsène Lupin», (n°25, 26 et 27) serviront à alimenter ses futurs “Gentleman en noir” ;
• Que ses “pièces policières” (n°32 à 35), qui furent probablement des textes écrits pour la Radio, ou des pièces de théâtre, semblent ne jamais avoir été montées et diffusées {4};
• Que ses «romans noirs», dont les manuscrits furent vraisemblablement proposés à Marcel Duhamel pour sa “Série Noire”, servirent à ouvrir à la fois la Collection “Meurtre & Volupté” des Éditions World Press et la Collection Noire franco-américaine des Éditions du Globe (la “Collection Noire” que citait Marcel Duhamel dans son « rapport »).

On notera que ces sélections ne disent mot de ses quatre futurs romans «historiques» (La Fille de Mandrin, Mademoiselle Sans-Quartier, La belle négrière, Le Démon blanc) qui paraîtront en 1954-1955, et qui n’étaient certainement pas encore écrits en 1949 (des romans que l’auteur considérera comme «accessoires», et dont la matière «lui a été fournie par les archives familiales»{5}) ; pas plus qu’elles ne parlent des romans érotiques à paraître en 1953-1954 au Condor et au Trotteur, signés Stany Baker et que d’aucuns lui attribueront à tort {6} ; ni de ses futurs romans d’espionnage signés Peter Marsch qui seront édités par l’Arabesque, essentiellement en 1956, tant il semble que Claude Ferny paraissait méconnaître, à l’aube des années 1950, ce registre qui commençait à se faire une place dans le domaine de la littérature populaire.

Lors de son inscription à la Société des Gens de Lettres, fin 1956, [Firmin] Pierre Marchand faisait état des romans dont il était l’auteur et dont il revendiquait les droits, ainsi que de ses « deux seuls » - pseudonymes : Claude Ferny et Peter Marsch (pas de déclaration du pseudonyme Stany Baker pour des romans érotiques publiés en 1953 et 1954).
Il indiquait qu’il avait déjà publié à ce moment précis 17 ouvrages « policiers », 14 ouvrages « sociaux » et 4 ouvrages « historiques » (soit 35 ouvrages au total), et dont 9 sous la signature de Peter Marsch. Et ajoutait que son dernier titre tout juste paru – J’étais Jack l’éventreur – était son 50ème ouvrage !

(à suivre…)

Notes :

{1} Le Mort à la main coupée, par Claude Ferny – Éditions Jacquier, Lyon – 1956 T4 – Collection “La Loupe” n°54.
{2} Poupées ! Attention... N’embarquez pas…, par Claude Ferny - Editions du Globe, Paris – Dépôt légal éditeur : 1950-T2 [avril] – Collection Noire franco-américaine n°1
{3} Cité dans l’article de Franck Lhomeau Les premiers Français de la “Série Noire” – Revue Temps Noir n°13 – pages 39-40. Marcel Duhamel attribue à Claude Ferny la création de la Collection Noire / Franco-Américaine des Éditions du Globe. Une collection qu’il qualifie de plagiat de la Série Noire.
{4} Le titre de la pièce policière “Le Numéro 7288 n’a pas tué” doit nous interpeller : ce numéro – 7288 – n’est autre que le numéro matricule de prisonnière du personnage principal Marie (La Gueuse) du futur roman “Ton Corps n’est pas à Toi”, qui sera publié aux Éditions de l’Arabesque fin 1955.
{5} Selon son dossier d’inscription à la SGDL fin 1956.
{6} Il semble que l’erreur d’attribution - cautionnée par Pierre Turpin - provienne de l’interprétation de deux bibliographies des œuvres de Claude Ferny insérées dans ses romans J’étais Jack l’éventreur (1956) et Cette Rousse est explosive (1960). Dans la partie bibliographie de ces ouvrages, un certain roman La Chair qui flambe – titre identique au titre déjà paru en 1954 aux Éditions du Condor et signé Stany Baker – apparaît respectivement comme “à paraître” (1956), puis comme intégré à la liste des “ouvrages du même auteur” (1960) – ce qui sous-entendrait alors que le titre a bien été publié… mais quand ? normalement après 1956 si l’on en croit la bibliographie de 1956, et pas en 1954 !

TontonPierre
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Maciste
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MessageSujet: Re: [Auteur] Claude Ferny   Lun 7 Mai - 19:05

Stany Baker ne serait donc pas Pierre Marchand? A-t-on une autre piste pour ce pseudonyme?
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pfinge
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MessageSujet: Re: [Auteur] Claude Ferny   Lun 7 Mai - 22:47

pseudo non déclaré n'équivaut pas à sa négation...
on connait ainsi des auteurs aux pseudos déclarés et qui en ont d'autres (par ex. Musnik)
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pcabriotpi83
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MessageSujet: les "sélections" des oeuvres de Claude Ferny   Jeu 7 Juin - 10:52

En marge des messages sur la bibliographie de Claude Ferny, je me propose dans le message qui suit de parler de “L’étrangleur”, le dernier roman « original » publié de Claude Ferny.

TontonPierre
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pcabriotpi83
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MessageSujet: les "sélections" des oeuvres de Claude Ferny   Jeu 7 Juin - 10:53

“L’Étrangleur” : le «dernier» roman de Claude Ferny.

Publié au second semestre 1963 dans la Collection DETECTIVE POCKET des Éditions Baudelaire, “L’Étrangleur” est le dernier roman «original» de Claude Ferny qui aura été édité.

Comme à son habitude, André Guerber, l’éditeur, nous fait encore des siennes dans le genre du grand n’importe quoi : pas d’histoire d’étrangleur dans ce roman, comme voudraient le faire croire, et le titre, et l’illustration de couverture ; pas plus que d’histoire de mœurs et d’adultère comme semble l’indiquer le texte de la quatrième de couverture {1}.
Passé le premier plat de couverture, qui attribue le roman à un illustre inconnu du nom de Mikey Spilon (une signature « inventée » par l’éditeur et qui s’apparente à celle de Mickey Spillane, pseudonyme du romancier américain Frank Morrison Spillane), le nom du véritable auteur, Claude Ferny, apparaît en page de titre.


Ci-dessus : L’étrangleur. Collection DETECTIVE POCKET #14 – Editions Baudelaire – Paris.
Recto et verso de la couverture, page de titre.
Une illustration certainement « repiquée » par l’éditeur, on ne sait d’où… Que vient faire le petit trèfle noir au droit du « N » de Spilon ? Google renvoie cette image à cet unique titre.
Le texte du verso de la couverture – truffé de fautes de français – est reproduit en fin de message.

Il ne s’agit là que de l‘un des 28 romans policiers mettant en scène M. Durand et répertorié déjà en 1949 dans la liste bibliographique introduite en marge du premier roman publié de l’auteur, intitulé “La Main qui nourrissait la Mort”.
Car “L’Étrangleur” n’est autre que le roman annoncé sous le titre de “Le Mort saigna trop tôt”. L’auteur fait d’ailleurs expressément allusion à ce titre, et par deux fois, dans le texte de son roman : «Tout était presque dit. Mais l’assassiné, s’il saigna peu, saigna trop tôt.» (Page 124) et : «Toujours est-il que si M. Couperet n’avait pas été hostile à Bluffardin et si le mort n’avait pas saigné si tôt… Richard aurait été raccourci, un matin, à l’aube.» (Page 158).

L’histoire est celle de l’enquête sur le meurtre d’un chef de famille parisien, à la fois Inspecteur des finances et leader de la majorité d’un parti politique : «…le Parti Républicain mi-Central, qui siégeait à droite des Républicains de gauche et à gauche des Républicains centraux.».
Le jeune inspecteur du commissariat du quartier, dépêché sur le lieu du crime, ne parvenant pas à identifier ne serait-ce qu’un suspect, l’affaire sera confiée au commissaire de la P.J. Grasset, dit Bluffardin, à la réputation de fin limier, et que l’auteur ne se gêne pas pour caractériser d’un mélange de Maigret et de Sherlock Holmes :
«Il chaussa ses knickerbockers les plus larges, son veston aux carreaux les plus impressionnants, son foulard le plus écossais et sa pipe au plus volumineux fourneau.» (Allusion à l’accoutrement de Sherlock Homes – Page 56).
«Suivant le genre des enquêtes qu’il menait, il possédait toute une variété de pipes de matière première et de forme entièrement différentes, avec tabac correspondant. Ainsi, pour rechercher une jeune fille disparue, il employait l’écume de mer et le tabac de Virginie. Par contre, la racine de bruyère avec tuyau court et un fourneau moyen bien bourré de « gris », s’imposait dans le meurtre d’un cultivateur, à l’orée d’un bois. La pipe en merisier à long tuyau et fourneau réduit ne valait rien, surtout avec du Maryland, pour les drames passionnels. Mais pour les tragédies de la vengeance, un court brûle-gueule, genre loup de mer, était indiqué, avec du tabac belge.» (Allusion aux pipes de Maigret / Simenon – pages 56-57).
«Ayant beaucoup voyagé Outre-Manche, Bluffardin en avait rapporté une méthode aussi étonnante qu’efficace, à base de brume et de bouffardes. On attendait avec fièvre ses premières investigations.
Les traces de pieds () demeuraient inattribuées. Le commissaire Bluffardin fut tout de suite frappé par leurs dimensions considérables et suivant un système exposé tout au long dans les romans policiers, et qui y avait fait ses preuves, il en avait déduit la taille exacte de l’assassin. C’était un colosse de 2 m 217 millimètres 3/10e. La nature des cigarettes de l’étui, dénotait un jeune homme exalté, portant une chevalière à la main gauche, deux fausses dents et possédant chez lui la collection complète des œuvres de M. Siménon.
L’heure du crime permettait d’affirmer qu’il revenait de faire une excursion aux Indes et que la petite nièce de sa fiancée avait eu la rougeole à l’âge de six ans. Quant au revolver, il était facile d’en déduire que celui qui s’en était servi en dernier lieu, était l’aîné de treize enfants et portait des gilets de flanelle.»
(Allusion aux déductions “fumeuses” de Sherlock-Homes – Page 57).

Voilà pour le Commissaire Grasset, dit Buffardin. On notera au passage qu’il suffit de remplacer le “Gras”, de Grasset, par son contraire - “Maigre”, pour obtenir le patronyme “Maigret”.

Après un mois d’enquête, le Commissaire Bluffardin, remettait un coupable « idéal » entre les mains du Juge d’Instruction Couperet, avant de se voir écarté de l’affaire après le refus du Juge de signer l’ordonnance de renvoi devant la Chambre des Mises en Accusations. Et l’Inspecteur Durand, à l’époque ni plus ni moins que le subalterne du Commissaire Bluffardin, se voyait prié de reprendre l’enquête de fond en comble.
Au bout d’une seule semaine d’enquête conduite «à la Maigret», l’Inspecteur Durand s’entretenait avec le Juge d’Instruction Couperet, qui signait cinq mandats d’arrêt tout en marmonnant : «Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable. (…) Le “Grand Parisien”, en publiant ces nouvelles, ne manqua pas d’en attribuer le mérite et l’éblouissante enquête préparatoire menée par Bluffardin qui fut submergé de félicitations sans nombre.» (Page 116).

Ce roman, annoncé dès 1949 sous le titre “Le Mort saigna trop tôt… (Un problème policier type)”, était répertorié dans la série des romans policiers «M. Durand bat Maigret» : une manière pour Claude Ferny de faire valoir son Inspecteur M. Durand au-dessus du Commissaire Maigret de Simenon. Ce qu’il veut démontrer dans ce roman - en particulier si l’on identifie Maigret au commissaire Grasset / Bluffardin de l’histoire.
Claude Ferny semble toutefois vouloir se dédouaner de son immodestie en mettant en exergue à son roman un mot d’excuse adressé à Georges Simenon :
Citation :
Avec toutes mes excuses,
A Simenon
très amicalement
Claude Ferny

Connaissait-il réellement Georges Simenon ? qu’il orthographie Siménon, avec un accent, dans son roman. On peut en douter. Car Claude Ferny ne se gênait pas pour nous faire croire qu’il connaissait nombre de sommités, qu’il considérait pour certaines comme ses «amis», ainsi qu’en témoignent ses insertions d’éloges en marge d’un certain nombre de ses romans.

Note :
{1} Voir la reproduction du texte en fin de message.

Texte du verso de la couverture :
Citation :
Croyez-vous que cela est (sic !) tellement d’importance pour moi que vous soyez la maîtresse de mon mari ? Vous voyez dans quel état je suis, je ne me fais pas d’illusions, si ce n’est pas vous qui me remplacerait (re-sic !), ce sera une autre…
A vous, je suis presque accoutumée et les plus grandes folies que mon mari soit
(re-re-sic !) prêt à faire pour une femme, il les a faites pour vous et avec vous. Avec une autre, bien des choses qui sont passées, seraient à supporter de nouveau.
Non, ce n’est pas dans cette voie qu’il faut plaider pour me convaincre. Vous êtes une rivale qu’on peut supporter sans honte, et le monde lui aussi, a pris son parti d’une liaison qui ne provoque presque plus de scandale.


TontonPierre
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MessageSujet: les "sélections" des oeuvres de Claude Ferny   Lun 18 Juin - 16:39

Dans le numéro 14 de la revue Encrage (juillet/août 1987), Pierre Turpin, dans son article bibliographique “Du Moulin Noir à Détective Pocket”, faisait apparaître la publication du titre antérieurement annoncé et inédit “Le Mort saigna trop tôt”, sous le titre “Passeport pour l’Au-delà” et sous la signature de Peter Marsch (#32 de la collection “Détective Pocket” – 1964-T1).



Ci-dessus : extrait de l’article de Pierre Turpin “Du Moulin Noir à Détective Pocket” – page 35

Petite erreur de Pierre, puisque “Passeport pour l’Au-delà” est en réalité la réédition de “Le Mort à la Main coupée” publié chez Jacquier en 1956. C’est en fait le roman “L’Étrangleur” (#14 de cette même collection “Détective Pocket” – 1963-T3-4), qui cache l’édition du roman alors inédit de “Le Mort saigna trop tôt”. Pierre avait toutefois perçu que ce titre, annoncé dès 1949, avait bien été édité et publié, et sous un autre titre. Dans ses listes bibliographiques de 1989, Pierre Turpin avait de lui-même corrigé cette erreur d’affectation.
Quelques années plus tard, Frank Evrard présentait, sans erreur cette fois-ci, dans la bibliographie de Claude Ferny qu’il avait rédigée pour la réédition de “J’étais Jack l’Éventreur” chez Florent Massot en 1994, le titre “Passeport pour l’Au-delà” comme la réédition de “Le Mort à la Main coupée” (page 169). Mais alors, pourquoi présenter celui-là comme un « inédit » à la page 129 de son “André Héléna – Les secrets d’un auteur de romans noirs” publié en 2000 ?
Allez comprendre ces deux méprises ! certainement la conséquence, pour Pierre comme pour Frank, d’un gros coup de fatigue…

TontonPierre… lui aussi atteint d’un gros coup de fatigue, et qui va bientôt partir en vacances…
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