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 Récits et fictions des mondes disparus

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DAR
Atomos (Madame)


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MessageSujet: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 14:52

Bonjour à tous,

à l'intérieur de la littérature populaire, j'ai une préférence personnelle pour les récits de mondes perdus. J'ai donc envie de commander "Récits et fictions des mondes disparus : l'archéologie-fiction" d'Alain Zamaron (Publications de l'Université de Provence). Cependant, avant, j'aimerais demander leur avis sur ce livre aux connaisseurs qui parcourent ce forum : j'ai en effet été souvent été déçu par les ouvrages publiés dans un cadre universitaire. Pour apparaître sérieux aux yeux de leurs pairs, nos universitaires français se croient alors obligés de plus faire référence à Marguerite Duras ou à Alain Robbe-Grillet qu'aux auteurs des ouvrages du corpus qu'ils sont censés étudier Sad

Récits et fictions des mondes disparus

Information publiée le samedi 10 mars 2007 par Marielle Macé

Récits et fictions des mondes disparus. "L'archéologie-fiction"

Alain Zamaron

Presses de l'Université de Provence, 2007

Présentation de l'éditeur:

Qui n'a pas rêvé, à l'occasion de la visite d'un site archéologique prestigieux ou particulièrement bien conservé, de " remonter le temps " et de pouvoir s'entretenir avec nos ancêtres ? Certains auteurs de récits d'aventures ont franchi le pas, mettant en relation des personnages issus de l'Antiquité et des explorateurs ou des voyageurs de l'époque contemporaine.
Ce face à face impossible a séduit beaucoup de romanciers et s'est développé, alimenté par les découvertes les plus récentes de la science archéologique. De Théophile Gautier à Henri Vernes, ou de Rider Haggard à Clive Cussler pour les anglo-saxons, toute une littérature a proliféré et continue d'exister, tirant parti des retrouvailles les plus sensationnelles comme Troie, Toutankhamon, Machu-Pachu ou spéculant sur l'hypothétique découverte de l'Atlantide, du tombeau d'Alexandre le Grand ou de l'Eldorado.
Quelles sont donc les " recettes littéraires " qui ont donné naissance à des succès planétaires, largement relayés entre autres par le cinéma (Indiana Jones) ou les jeux vidéo (Tomb Raider) ?

Alain Zamaron est professeur de Lettres à l'IUFM d'Aix-en-Provence. Spécialiste de littérature populaire et de littérature pour la jeunesse, passionné d'archéologie et de voyages au point d'avoir consacré une thèse, soutenue à l'Université de Provence, aux représentations des civilisations disparues dans la littérature d'aventures fantastiques.
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Dave O'Brien
Kernok-le-pirate
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 15:11

DAR a écrit:
Bonjour à tous,

à l'intérieur de la littérature populaire, j'ai une préférence personnelle pour les récits de mondes perdus. J'ai donc envie de commander "Récits et fictions des mondes disparus : l'archéologie-fiction" d'Alain Zamaron (Publications de l'Université de Provence). Cependant, avant, j'aimerais demander leur avis sur ce livre aux connaisseurs qui parcourent ce forum : j'ai en effet été souvent été déçu par les ouvrages publiés dans un cadre universitaire. Pour apparaître sérieux aux yeux de leurs pairs, nos universitaires français se croient alors obligés de plus faire référence à Marguerite Duras ou à Alain Robbe-Grillet qu'aux auteurs des ouvrages du corpus qu'ils sont censés étudier Sad
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DAR a écrit:
Récits et fictions des mondes disparus. "L'archéologie-fiction"

Alain Zamaron

Presses de l'Université de Provence, 2007

J'avoue l'avoir acheté... et rangé immédiatement dans ma documentation.

Connaissant bien le thème du "lost-race novel", et notamment le domaine français, je n'ai pas cru avoir besoin de le lire dans les plus brefs délais.

Mais en le feuilletant maintenant, je constate qu'AZ cite de très nombreux LRN français issus du roman populaire et que sa biblio française en fin d'ouvrage, même si elle ne m'apprend personnellement aucun titre, comporte de nombreuses raretés fort peu connues.

Au moins, lui, contrairement à Lauric Guillaud qui ne connaît que la partie anglo-saxonne, semble maîtriser la partie française.
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Dave O'Brien
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 15:15

D'ailleurs je dois avoir aussi quelque part la thèse précitée, publiée à l'époque sous forme d'un très fort broché de format A5 (passablement cher, dans mon souvenir).

J'ai également son étude sur Abraham Merritt parue en 1986 (déjà !) chez Recto-Verso dans la collection "Ides et Autres" (laquelle n'accueillait que des gens intéressants ! Laughing )
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M.L.
Rocambole


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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 16:01

Citation :
Cependant, avant, j'aimerais demander leur avis sur ce livre aux connaisseurs qui parcourent ce forum : j'ai en effet été souvent été déçu par les ouvrages publiés dans un cadre universitaire. Pour apparaître sérieux aux yeux de leurs pairs, nos universitaires français se croient alors obligés de plus faire référence à Marguerite Duras ou à Alain Robbe-Grillet qu'aux auteurs des ouvrages du corpus qu'ils sont censés étudier

Des exemples?

Rien ne m'agace plus que cette affirmation qu'on entend régulièrement est qui est presque toujours démentie par les faits: les travaux de Limoges et de PULIM, ceux du CIEREC, ceux de Belphégor, des chercheurs de Nantes, sans même citer Daniel Compère, Kalifa, Mollier, Bleton... sont le témoignage de ce que cette affirmation est totalement infondée et injuste et qu'elle témoigne d'une méconnaissance complète de ce que publient les chercheurs en littérature de masse.
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 17:13

DAR a écrit:
... nos universitaires français se croient alors obligés de plus faire référence à Marguerite Duras ou à Alain Robbe-Grillet qu'aux auteurs des ouvrages du corpus qu'ils sont censés étudier
Alain Robbe-Grillet est tout à fait lisible, et pourrait même faire partie du corpus.

Comme Michel Butor, pourquoi pas ?
Bon, pas Marguerite Duras Very Happy
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Léon Rude
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 17:36

Dave O'Brien a écrit:
DAR a écrit:
Bonjour à tous,

à l'intérieur de la littérature populaire, j'ai une préférence personnelle pour les récits de mondes perdus. J'ai donc envie de commander "Récits et fictions des mondes disparus : l'archéologie-fiction" d'Alain Zamaron (Publications de l'Université de Provence). Cependant, avant, j'aimerais demander leur avis sur ce livre aux connaisseurs qui parcourent ce forum : j'ai en effet été souvent été déçu par les ouvrages publiés dans un cadre universitaire. Pour apparaître sérieux aux yeux de leurs pairs, nos universitaires français se croient alors obligés de plus faire référence à Marguerite Duras ou à Alain Robbe-Grillet qu'aux auteurs des ouvrages du corpus qu'ils sont censés étudier Sad
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DAR a écrit:
Récits et fictions des mondes disparus. "L'archéologie-fiction"

Alain Zamaron

Presses de l'Université de Provence, 2007

J'avoue l'avoir acheté... et rangé immédiatement dans ma documentation.

Connaissant bien le thème du "lost-race novel", et notamment le domaine français, je n'ai pas cru avoir besoin de le lire dans les plus brefs délais.

Mais en le feuilletant maintenant, je constate qu'AZ cite de très nombreux LRN français issus du roman populaire et que sa biblio française en fin d'ouvrage, même si elle ne m'apprend personnellement aucun titre, comporte de nombreuses raretés fort peu connues.

Au moins, lui, contrairement à Lauric Guillaud qui ne connaît que la partie anglo-saxonne, semble maîtriser la partie française.
Je partage l'avis de Dave sur la dimension française (ce qui est somme toute rare) et sur la mention de raretés dans le livre d'AZ mais certaines erreurs de date - L'Epouse du Soleil de G. Leroux, qui n'est pourtant pas une rareté, est datée de ... 1930 - me gènent légèrement...
Une maîtrise à confirmer donc.
Sinon, j'ai trouvé cela intéressant (mais j'ai une certaine tendance à trouver tout intéressant...) justement parce que les travaux sur les LRN puisent surtout dans le domaine anglo-saxon et que nous avons là plusieurs exemples de LRN bien de chez nous, ce qui rétablit certaines perspectives.
(et puis AZ n'est pas un vrai universitaire, il travaille à l'IUFM Laughing )

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Dernière édition par le Dim 2 Déc - 17:39, édité 1 fois
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Dave O'Brien
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 17:38

M.L. a écrit:
Rien ne m'agace plus que cette affirmation qu'on entend régulièrement est qui est presque toujours démentie par les faits
Et que certains écrivent dans un jargon universitaire totalement abscons pour le commun des mortels, c'est aussi démenti par les faits ?
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Léon Rude
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 17:44

Dave O'Brien a écrit:
M.L. a écrit:
Rien ne m'agace plus que cette affirmation qu'on entend régulièrement est qui est presque toujours démentie par les faits
Et que certains écrivent dans un jargon universitaire totalement abscons pour le commun des mortels, c'est aussi démenti par les faits ?
Ah les réflexions sur les restrictions du métadiscours et les suppressions du discours commentatif ! Twisted Evil

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M.L.
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 17:58

Citation :
un jargon universitaire totalement abscons pour le commun des mortels

Quand les universitaires (de lettres, droit, mathématiques, ou toute autre matière) écrivent pour leurs pairs, ils emploient un langage spécialisé. Je ne vois pas pourquoi, alors qu'on l'accepte aisément pour toutes les spécialités, on le refuserait pour les universitaires de lettres. Ils ne le font pas par plaisir, ils le font parce qu'ils s'appuient sur les travaux d'autres, dont ils reprennent les notions. De fait, la théorie littéraire emploie un jargon (car c'est surtout d'elle qu'il s'agit), mais cela a toujours été le cas (voir les ouvrages de rhétorique). Et rares sont les ouvrages universitaires à jargonner pour le plaisir.

Et cela ne se limite pas à l'université: quand un bouquiniste parle avec un autre bouquiniste aussi il emploie un langage spécialisé, idem pour un dentiste, un cuisinier, etc.

Par ailleurs, les lettres sont infiniment moins jargonnantes que la majorité des spécialités: la preuve, un ouvrage de mathématiques, de physique, de droit, de philosophie, de sociologie, de psychanalyse, etc. est infiniment plus difficile d'accès que les ouvrages littéraires. La preuve en est que leurs publications ne sont même pas proposées au grand public (qui n'a accès qu'à la vulgarisation). Certes, l'Histoire est plus accessible que les lettres (mais pas la géographie), mais il n'y a pas beaucoup d'autres disciplines aussi lisibles que les lettres. C'est finalement peut-être cela qu'on reproche aux chercheurs en lettres: leur lisibilité. Alors on pense qu'ils ne parlent que de choses très simples de façon compliquée. Pourtant, s'il n'est pas plus difficile de faire une carrière de chercheur en physique qu'en lettres, c'est peut-être que ce n'est pas si simple, les lettres. Alors pourquoi s'offusquer du (peu de) jargon des uns alors qu'on trouve normale l'illisibilité totale des autres?
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Léon Rude
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 18:07

Je crois en effet que chaque discipline produit son propre vocabulaire par besoin de mettre en mots des concepts.
Et puis steampunk, cyberpunk, dystopie, uchronie, Heroïc Fantasy, Dark Fantasy, space Fantasy, hard science fiction, planet opera, space opera... Ca parle vraiment au grand public? Laughing

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Dave O'Brien
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 18:07

M.L. a écrit:
(...) mais il n'y a pas beaucoup d'autres disciplines aussi lisibles que les lettres.

Citation :
Ontogenèse et phylogenèse à travers l’œuvre de Jean Ray / John Flanders, Ed. Recto-Verso, Bruxelles, 1995, 202 p.
Les lettres, individuellement ça va, mais ce sont les mots qui posent problème... Smile

M.L. a écrit:
Alors pourquoi s'offusquer du (peu de) jargon des uns alors qu'on trouve normale l'illisibilité totale des autres?
Les Maths et la Physique, qu'elles soient pour les universitaires ou les autres, ont leur propre "langage", non ?

Partir d'un matériau éminemment lisible par vocation (le populaire) pour arriver à un salmigondis ésotérique est une tout autre affaire.
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DAR
Atomos (Madame)


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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 18:53

M.L. a écrit:
Des exemples? (...) cette affirmation est totalement infondée et injuste et qu'elle témoigne d'une méconnaissance complète de ce que publient les chercheurs en littérature de masse.

Le premier qui me revient en mémoire est "Le roman d’aventures depuis L’île au trésor" d'Isabelle Guillaume (université de Pau, toujours de mémoire). Elle y parle un peu de tout sauf du coeur de son sujet, si l'on se base sur le titre de l'ouvrage. Rolling Eyes
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Belzébuth
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 19:56

M.L. a écrit:
Et cela ne se limite pas à l'université: quand un bouquiniste parle avec un autre bouquiniste aussi il emploie un langage spécialisé....
C'est vrai et cela mériterait peut-être un jour une petite plaquette du style "du parler des bouquinistes, broc et autres malfaisants :-) ... Un jour peut-être je m'y attèlerai , pour l'instant je prends des notes .... : "came", "drouille", "faire la passe", "faire une adresse", "taper", "pousser" ... etc Wink
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arzam
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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 20:09

DAR
Citation :
"Le roman d’aventures depuis L’île au trésor" d'Isabelle Guillaume (université de Pau, toujours de mémoire). Elle y parle un peu de tout sauf du coeur de son sujet, si l'on se base sur le titre de l'ouvrage.

si c'était pour le passage de sa thèse, elle a dû se faire saquer Exclamation

bien fait Twisted Evil
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DAR
Atomos (Madame)


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MessageSujet: Re: Récits et fictions des mondes disparus   Dim 2 Déc - 20:50

arzam a écrit:
si c'était pour le passage de sa thèse, elle a dû se faire saquer Exclamation

Visiblement non hélas puisqu'elle enseigne aujourd'hui Rolling Eyes

Je ne suis d'ailleurs pas le seul à penser qu'au moins certains universitaires français agissent encore un peu à la manière T. Todorov. Voici ce que je viens de trouver :

le Roman d'aventures depuis l'Île au trésor
essai
Isabelle GUILLAUME
l'Harmattan, collection "Critiques littéraires", septembre 1999, 336 p., 170 FRF.

Compte rendu de lecture : Sébastien Cixous

---------------------------===oooO§Oooo===---------------------------

Je ne ferai pas l'injure de rappeler aux lecteurs de KWS les liens qui unissent le roman d'aventures à la littérature conjecturale. Dans une récente étude [1], Dominique Warfa a remarquablement montré en quoi la S.-F. est redevable à cette catégorie de récits — même si, pour les besoins de sa démonstration, il élimine un peu trop vite, à mon sens, le rôle, actif ou passif, joué par le Fantastique dans la maturation du genre science-fictif. C'est la raison pour laquelle, l'ouvrage d'Isabelle Guillaume, enseignante à l'Université Stendhal (Grenoble III), mérite une mention en ces pages.

Évacuant d'emblée toute interrogation générique, l'auteur s'attache à mettre en lumière les thèmes et stratégies narratives du roman d'aventures, en fondant sa réflexion sur l'étude comparée de quelques ouvrages publiés depuis la parution du classique de Stevenson, l'Île au trésor (1881). Pour une fois, nous n'entrerons pas dans le détail de l'exégèse (délimitation de l'espace romanesque, part de l'inconscient, aspects idéologiques…). L'analyse proposée par Isabelle Guillaume semble juste, cohérente… à condition toutefois de se contenter du corpus étudié, dont on déplorera l'étroitesse. En effet, même si Joseph Conrad, John Meade Falkner, Jack London, Pierre Mac Orlan et Robert Louis Stevenson se voient conférer les places d'honneur, nous demeurons circonspects quant au reste de la sélection. Que dire d'une étude sur le roman d'aventures où Louis-Ferdinand Céline est cité plus souvent que Jules Verne, où Sartre est six fois plus cité que Melville et Kessel vingt-sept fois plus que Kipling ? Que dire d'un essai sur le roman d'aventures où l'on cherche désespérément les noms de Pierre Boulle, Edgar Rice Burroughs, James Oliver Curwood, Arthur Conan Doyle, Henry Rider Haggard, mais dans lequel l'œuvre d'André Malraux est étudiée de long en large ? Je ne parle même pas des littérateurs populaires français qui sont —une fois de plus ! — passés à la trappe : exit les Jean d'Agraives, Arthur Bernède, André Couvreur, Paul Féval, Léon Groc, Jean de La Hire, Paul d'Ivoi, Gustave Le Rouge… Il même possible qu'Isabelle Guillaume ignore le catalogue historique des éditions Tallandier. Travailler sur un éventail élitiste, comme elle le fait, n'a rien de répréhensible, tant que l'on ne cherche pas à soumettre le genre à des “lois” vérifiées pour une poignée de récits seulement. C'est un peu comme si quelqu'un se livrait demain à une description thématique et narratologique de la Science-fiction francophone en limitant ses recherches aux productions de Lionel Évrard, Colette Fayard, Jacqueline Harpman, Emmanuel Jouanne, Michel Lamart et Antoine Volodine. Je pense que beaucoup d'amateurs n'y retrouveraient pas leurs petits ! Le même défaut entache l'Introduction à la littérature fantastique [2] où Tzvetan Todorov a choisi son corpus de manière à éliminer tous les textes susceptibles de démentir son propos : on connaît l'inanité de cet essai dénoncé en son temps par Jean Bellemin-Noël.

En se dispensant, dès le départ, de délimiter son champ d'étude, Isabelle Guillaume éveille la suspicion légitime du lecteur. Au lieu de tenter de définir le roman d'aventures, elle se livre à un bref inventaire frappé du sceau de la subjectivité : « Au nombre de ces romans figurent en belle place Moonfleet que John Meade Falkner a fait paraître à Londres en 1898, the Sea-wolf de Jack London, Heart of darkness de Joseph Conrad, les Clients du Bon Chien Jaune et l'Ancre de miséricorde que Pierre Mac Orlan publie respectivement en 1926 et en 1941 » (p. 5). De plus, Isabelle Guillaume n'explique pas clairement en quoi l'Île au trésor constitue un point de départ pertinent, un livre-charnière. Pourquoi ne pas remonter jusqu'aux romans maritimes d'Eugène Sue, au Négrier d'Édouard Corbière (1832), au Pilote de Fenimore Cooper (1823) ou mieux, aux Aventures du chevalier de Beauchêne, capitaine de flibustiers dans la Nouvelle France de Le Sage (1732) ?

Prise d'un soudain remords, Isabelle Guillaume esquisse, à la page 77, une “généalogie” du roman d'aventures en deux points : Robinson Crusoe et les romans populaires des années 1830. Ces derniers sont rejetés pour des considérations éthiques qui laissent perplexe : « S'ils traduisent une fascination pour le bandit qu'ils ont choisi pour héros, ces derniers se réfèrent en effet à une morale qui le condamne et propose pour dénouement un châtiment exemplaire » (p. 79). Malheureusement, Isabelle Guillaume a tort d'appuyer une description aussi caricaturale sur les récits d'Eugène Sue. En janvier 1832, ce dernier écrivait dans sa préface à la Salamandre : « J'ai toujours été convaincu qu'il y avait une autre logique à suivre que celle des drames et des romans, où d'ordinaire l'auteur anticipe sur la justice divine, et paye largement ici-bas chacun selon ses œuvres […]. Or cette pensée d'une juste rémunération est, à elle seule, la religion chrétienne. Mais cette pensée toute divine, en la rapetissant, en tâchant de l'habiller à votre taille d'homme vous la faussez : car la déduction que vous en tirez, pour l'appliquer à l'humanité, est démentie par les faits de chaque jour, de chaque heure, par le présent, par le passé, par des exemples de la vie privée ou de la vie publique. Parce que, au lieu de regarder à la tête du corps social, vous cherchez à ses pieds qui plongent dans la fange ; parce que vous ne flétrissez du nom de criminel que l'assassin obscur qui tue pour vivre ou par vengeance, et qu'il est certain que la police et le bourreau seraient tôt ou tard la providence et le dieu vengeur de celui-là. Et parce que, arrêtant au grand jour, un homme sanglant, le couteau à la main, vous le jetterez sur un échafaud, vous croirez prouver une vérité ; vous irez proclamant comme un fait vrai, moral et consolant, que le crime est puni sur la terre. Ceci est une amère dérision, un cruel mensonge et un paradoxe bien immoral. C'est une dérision, et un mensonge : car il y a d'autres crimes bien plus véritablement crimes, bien plus nombreux que ceux-là, et qui n'ont pourtant jamais l'échafaud pour dénouement ! Pour ceux-là au contraire, c'est une vie somptueuse et honorée, des louanges, des insignes, le respect des hommes, les jouissances du luxe et de l'orgueil, des réputations éclatantes, des noms qui retentissent dans la postérité ».

Isabelle Guillaume écarte également Robinson Crusoe de son champ d'étude car son héros « ne fuit l'Occident que pour mieux le retrouver » et parce que « tous les efforts qu'il met en œuvre visent la restauration de la civilisation perdue » (p. 78). Cette position paraît doublement critiquable. Primo, parce que l'objectif colonial est indissociable de la genèse du roman d'aventures ; secundo, dans la mesure où Isabelle Guillaume oublie que la production de Daniel Defoe ne se résume pas à Robinson Crusoe. Que deviennent, par exemple, le Captain Singleton (1720) et le Colonel Jack (1722), respectivement pirate et brigand ? Ont-ils été sacrifiés eux aussi sur l'autel de la morale ?

Dans sa conclusion, Isabelle Guillaume développe l'opinion selon laquelle « loin de conférer la première place à l'événement, les récits se trament à partir du projet de parler de soi » (p. 319). Elle s'oppose en cela à Stevenson qui, dans son Essai sur l'art de la fiction, notait : « Ce n'est pas le personnage mais l'événement qui nous arrache à notre réserve. Quelque chose se passe que nous avions désiré pour nous-mêmes ; une situation que nous nous sommes longtemps plus à imaginer, se trouve réalisée dans le roman avec tous les détails nécessaires, et les plus séduisants. Alors nous oublions les personnages, alors nous écartons le héros, alors nous plongeons dans le récit, en nous-mêmes, et nous vivons une expérience neuve, alors, et alors seulement nous pouvons dire que nous venons de lire un récit romanesque » [3]. Il faut tout de même une bonne dose de courage — ou de vanité ! — pour étudier une œuvre et affirmer connaître le projet de son auteur mieux que l'auteur lui-même !

Il existe évidemment une tradition ancrée du récit d'aventures homodiégétique qui participe de l'imitation du mémorial, des relations de voyage, avec son cortège d'effets réalistes, son exotisme verbal : « si dans quelques endroits vous trouvez le style un peu trop marin, souvenez-vous que c'est celui d'un flibustier » prévenait Le Sage en défense du Chevalier Beauchêne [4]. De là à déprécier le rôle de l'action au profit d'un dessein narcissique, il y a un pas qu'il est périlleux de franchir. Le roman d'aventures n'est sans doute pas le monolithe lisse exhibé par Isabelle Guillaume. Il présente des milliers de facettes, d'arêtes, d'aspérités. Ses strates s'imbriquent dans des blocs voisins (le poème épique, la saga, le Fantastique, la Science-Fiction, le Policier, l'Espionnage…). Il est protéiforme, peut-être irreprésentable et, même si certains éprouvent quelque difficulté à l'admettre, il abrite Joseph Conrad aussi sûrement qu'Henri Vernes.

—Sébastien Cixous

[1] "le Roman d'aventures aux sources de la Science-Fiction" in les Univers de la Science-Fiction, supplément à Galaxies nº 8, Galaxiales, mars 1998.

[2] le Seuil, "Poétique", 1970.

[3] Phébus, 1992, p. 216.

[4] Les Aventures du chevalier de Beauchêne, capitaine de flibustiers dans la Nouvelle France, Antoine-Augustin Renouard, 1732, p. II.
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